23.03.2006
Examen de conscience
La question des conditions de gestion de la crise du CPE est en train de l'emporter sur le fond du débat lui-même. En effet, le CPE s'il ne comportait pas le droit de licencier sans motif, ce qui est une aberration à la fois au regard du droit français et aux conditions de fonctionnement d'une entreprise normalement constituée et s'il avait vu réduire la période probatoire à six mois aurait constitue incontestablement un progrès par rapport aux successions de CDD et de stages peu ou pas rémunéré qui sont aujourd'hui proposés à notre jeunesse.
Les conditions de mépris dans lesquelles sont tenus les Français et en particulier les jeunes qui n'ont strictement aucune place dans le système institutionnel pour s'exprimer sont devenues insupportables et c'est ras-le-bol massif qui s'exprime dans les manifestations anti CPE.
Le sujet le plus important aujourd'hui est bien celui-ci de définir les bases d'une nouvelle gouvernance qui implique une sixième république qui laisse toute sa place à la société civile.
Mais, le débat s'est largement déplacé vers les conditions de la gouvernance et la généralisation d'une politique de passage en force sur tous les sujets de société. Nous ne sommes manifestement plus en démocratie lorsque les partenaires sociaux ne peuvent débattre des sujets qui les concernent et encore moins en décider . Nous ne sommes pas en démocratie lorsque 80 % des Français ne veulent pas d'OGM et que le parlement s'apprête à voter la loi la plus laxiste d'Europe (avec le soutien mou du PS qui médiatise une opposition de façade dans les régions mais ne dépose aucun amendement au Sénat).
Nous ne sommes pas en démocratie lorsque le en matière de sûreté nucléaire, le gouvernement en revient à la situation des années 70 d'un lobby nucléaire tout-puissant, sans aucun contre-pouvoir, alors que seulement 8 % des Français (soit un score très inférieur à la moyenne européenne qui est de 12 %) sont prêts à investir dans le nucléaire.
Nous ne sommes pas en démocratie lorsque le lobby autoroutier est en train de d'obtenir, avant l'échéance de 2007, la relance de tous les vieux projets abandonnés dans les cartons depuis 30 ans, alors même que la priorité absolue des fonds publics devrait être le rail.
Les conditions de mépris dans lesquelles sont tenus les Français et en particulier les jeunes qui n'ont strictement aucune place dans le système institutionnel pour s'exprimer sont devenues insupportables et c'est ras-le-bol massif qui s'exprime dans les manifestations anti CPE.
Je ne peux pour ma part que me trouver du côté des jeunes qui sont notre avenir et à l'égard desquels un examen de conscience approfondi de notre génération serait particulièrement bienvenu.
En effet, comment nous sommes nous comportés lorsque nous regardons les dégâts environnementaux, sanitaires et même économiques si l'on s'intéresse à la dette publique, que notre mode de consommation a généré.
Cela ne signifie pas qu'il faille être d'accord avec le blocage des facultés lorsque une majorité d'étudiants qui est opposée ou avec les actes de violence quels qu'ils soient.
Mais, globalement nous devons être solidaires nos enfants qui nous renvoient de manière très crue l'image de la société du tout-jetable à laquelle nous avons peu ou prou contribué.
Comprendre, puis chercher ensemble des solutions qui bien entendu ne peuvent se trouver qu'en étant pragmatique et réaliste et en partant de ce qu'est la réalité économique d'aujourd'hui.
Ceci ne nous dispense pas de rechercher l'intelligence collective, de dynamiser chacun et de rechercher globalement un projet collectif qui ne peut comme son nom l'indique être que le fruit d'une élaboration commune et non le fruit d'un diktat qui ne laisse la place au dialogue que dans la virtualité.
Le sujet le plus important aujourd'hui est bien celui-ci de définir les bases d'une nouvelle gouvernance qui implique une sixième république qui laisse toute sa place à la société civile.
Sans cette transformation initiale, qui permettra aux de mettre en place des réformes dans lesquelles les perdants ne sont pas toujours les mêmes, il est impossible que la confiance, base indispensable d'un redémarrage de la société française, puisse s'établir.
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Commentaires
le fond du débat, ça reste le refus du gouvernement d'interdir définitivement le lapin en gibelotte, et ça c'est pas rien de le dire, il faut que tu respires
Ecrit par : l'ami des lapins | 23.03.2006
e*
Ecrit par : l'ami des lapins | 23.03.2006
Bonjour Madame Lepage,
je trouve votre analyse très bonne et effectivement nous devons être à côté de nos jeunes et non pas contre eux, car c'est nous qui avons et qui sommes encore en train de créer le monde dans lequel ils vivent. Ne nous voilons pas la face, nous sommes les responsables de l'état de notre environnement, et de nos choix de société.
J'espère que vous serez à la prochaine manifestation anti-CPE pour affirmer votre point de vue.
Ecrit par : Daniel Beaufils | 23.03.2006
Bonjour Corinne,
je partage une grande partie de votre analyse, notamment sur les problèmes de gouvernance que souvève le CPE (mais aussi la loi DADVSI...).
Cela dit, pour revenir au point de départ et au CPE, que signifie être solidaire avec nos enfants ?
Mes enfants sont bien trop jeunes pour aller manifester, mais je ne suis pas suffisamment vieux pour oublier comment se passe les mobilisations étudiantes et lycéennes....
Les décisions sont prises de manière totalement anti démocratiques, par des syndicats non représentatifs (comme dans les entreprises d'ailleurs), dont ont connait les relations politiques (et familiales en l'occurence, car Bruno Julliard est le fils de la maire PS du Puy en Velay, mais baste....).
Pour moi être solidaire de nos enfants, c'est effectivement dénoncer la crise de gouvernance, mais c'est aussi dialoguer avec les jeunes pour leur expliquer que le monde dans lequel on vit n'est pas celui décrit par leurs enseignants ou les syndicats. CPE ou pas CPE, cela ne changera rien à leur difficultés ni au chomage d'ailleurs.
Alors oui construisons autre chose, avec les plus jeunes d'entre nous, mais ne nous félicitons pas de ces mouvements "spontanés" qui ne sont que des "scènes de vie" de notre vie sociale et politique depuis plus de 30 ans.
Faire croire aux jeunes qu'ils vont changer le monde en défilant et en bloquant les facs pour le compte d'intérêts qui les dépassent, c'est leurrer ces jeunes et les résultats de ce combat risquent de laisser la plupart d'entre eux bien amers.
Les convaincre de s'engager durablement dans la vie politique (ou syndicale) et d'être force de proposition pour les échéances à venir, voila un vrai enjeu.
Ecrit par : Guillaume | 23.03.2006
Une trop grande liberté, "un fais ce que tu veux" commode, met la jeunesse dans l'impossibilité de désobéir, alors que rien d'audacieux n'existe sans la désobéissance à des règles. (Cocteau).
Dans notre monde de "libertés" sans repaires, sans ligne tracé vers l'avenir, ou seulement la ligne qui va d'une élection à une autre, ou la jeunesse que l'on crée (sic) pouvions nous attendre autre chose, nous qui depuis tant et tant d'années n'avons pas su imposer les règles de la vraie démocratie "la participative".
On ne peut pas leur reprocher de vouloir bousculer nos "hommes politiques trop installés", on peut seulement leur reprocher de le faire en suivant d'autres "hommes politiques trop installés" également.
L'avenir n'appartient à personne, il n'y a pas de précurseurs, il n'existe que des retardataires.
Pour ne pas être en retard d'une démocratie, redonnons lui ses lettres de noblesses, la force de la collectivité et de la liberté avec les mêmes règles et les mêmes chances pour tous.
Une bonne loi ne passe pas en force et s'établit en commun. Monsieur de Villepin, le dialogue n'est pas une fleur spontanée, il se cultive tout comme la modestie.
Ecrit par : jf broggio | 23.03.2006
Tout à fait d'accord avec Guillaume. Je ne pense pas que les leaders de l'UNEF et autres organisations n'aient quelque leçon à donner à qui que ce soit (à part peut-être à Kim Jong Li) en matière de démocratie.
Je suis jeune et croyez-moi les AG où les "débats" ont lieu et où sont "votées" les décisions font plus penser à Tintin au pays des Soviets qu'à un régime démocratique...
De manière générale, j'ai été fortement déçu par votre post. J'avais beaucoup plus d'estime pour vous avant de le lire. Je mets ça sur le compte de l'ignorance de la réalité des mouvements étudiants et lycéens. Ne surestimez pas les manifestants dans leur réflexion. Aller dans une manifestation et interroger des gens sur leur connaissance du dossier est un exercice extrêmement intéressant et instructif. C'est moins vrai pour le CPE (car il est assez facile de connaître les tenants et aboutissants du contrat) mais c'était flagrant pour les réformes Fillon.
Apporter de manière aveugle un soutien à ces mouvements pour des raisons démagogiques comme le fait par exemple le PS contribue chaque jour de plus à plonger le pays dans l'immobilisme.
Ce même immobilisme qui fait qu'aujourd'hui on a une éducation totalement inadaptée au marché de l'emploi. Le résultat de ce dysfonctionnement est connu de tous...
J'aimerais également ajouter que les mouvements représentant les jeunes dans les grands médias ne sont à mon avis absolument pas représentatifs (même si une majorité de jeunes est effectivement opposée au CPE). Je suis en école d'ingénieur, et j'ai beaucoup plus de mal à trouver les étudiants anti-CPE que les étudiants anti-UNEF. Et je ne pense pas que les jeunes réellement difficulté, auxquels s'adresse le CPE (même si je ne crois pas vraimnet à ce contrat) ont quoi que ce soit en commun avec l'UNEF.
Ecrit par : Prag | 23.03.2006
L'affaire du CPE illustre ce qui arrive quand on n'écoute ni le Parlement, ni les partenaires sociaux !
Mais la gauche doit en tirer, elle aussi, toutes les leçons: la Ve République est à bout...
Prolonger le débat:
http://c6r-paris.blog.lemonde.fr/c6rparis/2006/03/discours_sur_la.html
et
http://c6r-paris.blog.lemonde.fr/c6rparis/2006/02/d_de_villepin_m.html
Ecrit par : G. | 23.03.2006
Votre analyse de la situation chaotique du pays sur le problème du CPE est pertinente Mme Lepage et d'autres commentaires sur ce blog le sont tout autant avec beaucoup de discernement. Etant militant syndical d'une centrale syndicale qui a pour habitude de discuter et de ne pas s'opposer systématiquement, je crois que c'est la méthode de Mr Villepin qui pose problème. Peut être un problème de forme aussi important que de fond. Il est vrai que nous avons affaire à un"grand commis de l'Etat" qui est certes très respectable mais qui manque singulièrement d'expérience et peut être d'humilité. Il aurait été bien plus judicieux à mon avis de s'attaquer au problème des charges des entreprises et en particulier des plus petites, des artisans et commerçants qui souhaiteraient embaucher mais qui ne le peuvent pas faute de lourdeur administrative et étouffés par ces charges sociales. Le résultat serait largement meilleur avec peut être des embauches durables et une bien meilleure cohésion sociale que celle que prône les ministres-énarques. Je crois aussi qu'il faudrait être un peu plus déterminé, n'est ce pas Mr Chirac pour abaisser la TVA des restaurateurs et ne pas demander la permission cycliquement à l'Allemagne de Mme Merkel; Les Anglais se passent souvent des autorisations de leurs comparses européens et ne s'en portent pas plus mal. J'ai peur enfin que ces troubles anti CPE ne traçent une large avenue au PS (ce qui serait moindre mal) et au FN pour des élections prévues très bientôt et que ce soit la déconfiture des partis modérés comme l'UDF et CAP 21.
Ecrit par : Alain Foselle | 23.03.2006
je suis d'accord avec votre analyse en ce qu'elle porte sur le mauvais fonctionnement du système, mauvais fonctionnement qui est complètement inhérent à la constitution soit dit en passant. C'est en cela que cette crise dépasse et de très loin l'objet mis en avant à savoir le CPE. C'est la Vème qui est sclérosée et ne fonctionne plus.
Quand je vois que certains de se disent que le PS serait un moindre mal je me dis que finalement on n'en a pas encore assez pris dans la figure et qu'on a que ce qu'on mérite (enfin pas moi) .
Ecrit par : Blogbrailleur | 23.03.2006
Corinne, ne te laisse pas embrigader par les manipulateurs de nos enfants. Ils ne leur veulent pas de bien. Faisons de la politique autrement. Bon courage.
Ecrit par : Gérard | 23.03.2006
Tout à fait d'accord avec le commentaire de Gérard et la pertinente analyse de Guillaume.
Il faut cesser de mentir à notre jeunesse, lui offrir une formation adaptée à la réalité sociale, lui donner les moyens de penser librement (cela suppose une refonte en profondeur de notre système scolaire!).
Les dogmes que les partis qui poussent aujourd'hui les jeunes à descendre dans la rue - sans les inviter à réfléchir sur le sens de leur action - sont au mieux creux (absence totale de vision d'avenir, négation de la valeur du travail...); au pire ils font frémir.
Certes, nous devons penser à notre jeunesse.
Cessons de lui mentir et ne la déresponsabilisons pas.
N'encourageons pas en revanche ces démonstrations de force dans la rue ; ce n'est pas cela la démocratie.
Ecrit par : Marilys | 24.03.2006
je suis ravie de la qualité de ce débat. le choix ne peut pas être d'une forme de totalistarisme contre une autre et d'un sectarisme contre un autre.
la gouverannce actuelle est insupportable et ce d'autant plus qu'elle est "exemplaire" pour le reste de la société. on fait autant de la politique, par l'exemple et par ce que l'on fait sans le dire que par ce que l'on dit sans le faire , ce qui est devenu un sport national.
La raison et ceux qui l'incarnent ou essayent de le faire n'est pas la mollesse mais la rigueur et la seule chance de sortir du trou dans lequel nous ne cessons de nous enfoncer
Ecrit par : corinne lepage | 24.03.2006
je suis ravie de la qualité de ce débat. le choix ne peut pas être d'une forme de totalistarisme contre une autre et d'un sectarisme contre un autre.
la gouverannce actuelle est insupportable et ce d'autant plus qu'elle est "exemplaire" pour le reste de la société. on fait autant de la politique, par l'exemple et par ce que l'on fait sans le dire que par ce que l'on dit sans le faire , ce qui est devenu un sport national.
La raison et ceux qui l'incarnent ou essayent de le faire n'est pas la mollesse mais la rigueur et la seule chance de sortir du trou dans lequel nous ne cessons de nous enfoncer
Ecrit par : corinne lepage | 24.03.2006
Le CPE ce n'est pas juste un problème de période d'essai, c'est aussi un problème de charges sociales. Le CPE n'est donc à ce jour qu'un cadeau au patronnat. Il faut réformer le système de charges sociales pour nous rendre compétitif vis à vis de l'étranger tout en rendant notre système social robuste et bon. Des voies sont par exemple: Taxe sur la consommation qui touche tout y compris les importations de pays à dumping social!
Ecrit par : Olivier | 24.03.2006
Je comprends bien la position de Gérard et Marilys : le CPE ne changera rien sur leur facilité à trouver un emploi, et c'est difficile de s'afficher aux côtés des autres leaders de la manif sans leur apporter notre caution.
Cela étant dit, on a dépassé depuis longtemps le seul débat sur le CPE, et le fait de manifester nous aussi montrerait que l'on est passé à un niveau politique et a-politicien.
Et si demain Corinne est interrogée sur ce qu'elle pense du CPE et qu'elle tient le discours ci-dessus, que repondra-t-elle si on lui demande pourquoi elle n'a pas été manifester ?
Ecrit par : Benoit | 24.03.2006
Nous constatons effectivement jour après jour de graves dysfonctionnements de la gouvernance actuelle et bien entendu il serait préférable que les citoyens puissent s'exprimer différemment : votation, referendum d'initiative populaire, sénat remplacé par une instance représentative de la société civile, etc.
Bref tout ce qui peut permettre de retrouver les fondements même de la démocratie avec et pour le peuple !
Mais malheureusement tout cela n'existe pas pour le moment en France. Il ne reste alors que les urnes et la rue. Mais manifester de veut pas dire cautionner les débordements ou les blocages d'établissements.
Je suis farouchement opposé au CPE et au CNE et serais dans la rue mardi pour soutenir nos jeunes.
Grégory GIAVARINA
Délégué CAP21 pour le Vaucluse
Délégué National "Démocratie Participative"
Ecrit par : Grégory giavarina | 24.03.2006
Ne mélangeons pas tout : le CPE recouvre de multiples enjeux, qu'il s'agisse de l'emploi des jeunes, du mode de gouvernance ou encore de la liberté d'étudier face à la liberté de faire grève. Chacun peut avoir des positions différentes selon l'enjeu concerné...
Si l'on prend par exemple FAC VERTE, qui est une organisation étudiante et écologiste représentative (plusieurs élus CROUS, parfois en tête devant l'Unef), leur position est contre le CPE, mais aussi contre le blocage des facultés... c'est également le cas de la Confédération Etudiante (la Cé)...
Bref, il n'y a pas d'un côté les pro-CPE anti-blocage et de l'autre les anti-CPE pro-blocage... penser cela, c'est justement entrer dans le jeu de l'UNEF, de SUD, de l'UNI et du gouvernement... c'est une vision bipolaire des choses qui les arrange bien (vu qu'ils sont chacun aux extrêmes du mouvement).
La question se pose donc de savoir s'il faut manifester... et sans l'ombre d'un doute, je réponds 'OUI'.
OUI parcequ'il ne faut justement pas laisser la contestation aux seules mains des organisations étudiantes pro-blocage, et à une certaine gauche qui utilise la colère des étudiants pour se refaire une santé politique.
OUI parcequ'il ne faut justement pas laisser le gouvernement penser que seuls quelques gauchistes expriment leur désapprobation, et que la majorité silencieuse soutien le CPE
OUI parcequ'il est important que les démocrates centristes fassent entendre leur message et leur voix.
OUI parceque ce CPE est contraire à tous les principes sociaux du développement durable : dialogue social, durabilité, solidarité, vision qualitative des politiques d'emploi et sociales (et pas uniquement quantitative), ...
OUI parceque la transparence, la démocratie participative et la cohésion sociale sont mis en péril par l'obstination de nos dirigeants
OUI parceque l'expression de notre desaccord doit justement se faire dans la rue, et non en bloquant les facultés
OUI parceque c'est l'ultime moyen que nous avons à notre disposition pour nous faire entendre
Peu importe ce que pensent les autres mouvements qui appellent à manifester... lorsque nous nous engageons contre les OGM, l'EPR, ou encore les incinérateurs, nous manifestons souvent avec des mouvements et partis qui n'ont rien à voir avec notre projet et nos valeurs (LCR, PCF, etc...)... cela ne veut pas dire que nous pensons pareil qu'eux, bien au contraire.
C'est cela aussi, le sens du pluralisme politique : exprimer plusieurs points de vue...
Benoit PETIT
Ecrit par : Benoit PETIT | 24.03.2006
Et bien pour ma part, sans hésitation je réponds NON.
NON, parce que je ne crois en aucun cas que la visibilité de Cap 21 sera accrue du fait de la participation de Corinne Lepage aux manifestations.
NON parce qu'il me paraît que les manifestations qui se déroulent actuellement sont fortement associées à une gauche qui ne propose RIEN (cf. les dernières déclarations édifiantes de F. Hollande !).
Cap 21 serait simplement assimilé aux discours ambiants creux qui n'épatent que ceux qui les prononcent.
Aucune nuance ne sera faite par les journalistes sur les positions précises des différents participants (or tout justement est question de nuance ici).
Les manifestations n'ont pas vocation exprimer le pluralisme politique mais à montrer au contraire l'unité des participants face au pouvoir en place.
NON parce que bien des personnes non favorables au CPE ne se retrouvent pas dans les discours de ceux qui appellent à descendre dans la rue.
Personnellement, c'est d'elles que je me sens proche.
NON parce que la position de Corinne Lepage sur le CPE a été à ce point relayée dans les blogs et les journaux que personne ne peut lui reprocher son silence sur le sujet.
NON parce que nous ne ferions ainsi que cautionner une manière de faire de la politique (dans la rue et par des démonstrations de force) que nous réprouvons par ailleurs.
Comment regarder ensuite vers les pays du Nord et parler de négociation, de consensus ?
Pour que Cap 21 garde sa crédibilité, il me semble dangereux de descendre dans la rue mardi et de s'ajouter au cortège de ceux qui font des manifestions, outre un sport national (nous sommes la risée de l'Europe!), un moyen de gouvernance.
Ecrit par : Marilys | 24.03.2006
Il est bien dommage, Marilys, que votre apparente haine de la gauche l'emporte sur les sujets de fond.
Expliquez nous donc comment l'on peut faire pour obtenir le retrait du CPE, alors que les partenaires sociaux ont été court-circuités, que les députés ont été court-circuités, et que le PM reste sourd, depuis plus d'un mois maintenant, à la colère de la jeunesse....
A moins que votre réelle motivation, c'est d'assurer le maintien du CPE et de soutenir le gouvernement. Parceque je ne vois vraimment pas comment faire autrement que de manifester pacifiquement, vu que le gouvernement nous interdit l'expression démocratique.
De tte maniere, on le sait tous que les journalistes ne parlerons pas de Corinne... mais vous faites de la politique juste pour que les journalistes parlent de vous ? Curieuse conception des choses, je croyais que l'on faisait de la politique pour exprimer une opinion !
Allez plutot voir du côté de chez Sarko-Villepin... vous êtes tout à fait dans leur mode de pensée et leur discours.
Personnellement, je suis d'accord en tout point avec Benoit, et je vais plus loin, je considères meme que ne pas aller manifester, c'est faire preuve de lacheté politique. C'est se fondre dans la masse des ceux que le gouvernement veut réduire au silence, pour mieux nous berner et nous manipuler.
Ecrit par : François | 24.03.2006
Je suis vraiment désolée que mes propos soient ainsi interprétés.
Il n'y a pourtant aucune haine mais la simple conviction que les rapports de force que l'on voit aujourd'hui ne mènent à rien.
Je suis très loin de soutenir Sarko ou Villepin et je suis plutôt blessée de votre proposition mais je ne soutiens pas non plus ceux qui posent le retrait d'une mesure votée comme condition préalable eu dialogue.
Or si j'ai bien lu les dépêches, c'est ce que proposaient les organisations syndicales cet après-midi.
Le dialogue, cela suppose des concessions des deux côtés : le CPE tel qu'il a été voté ne me satisfait pas. Pour autant, il me semble possible de l'améliorer largement et de sortir ainsi de la crise.
Cela suppose qu'aucun des partenaires ne s'enferment sur ses positions.
Quant à la lâcheté politique, vous comprendrez qu'une fois encore je ne partage pas votre position : il est loin d'être évident de faire entendre une voix médiane sans se faire taxer de gauchiste d'un côté et de pétainiste de l'autre.
La preuve...
Ecrit par : Marilys | 24.03.2006
François fait de la provocation Marilys... et avec assez peu d'arguments je trouve. Car sa crainte, comme celle des grandes centrales moribondes et des partis d'opposition sans preojet, sa grande craient, c'est qu'il y ait des gens qu'il ne puisse pas cataloguer dans sa vision binaire "pro et anti CPE". Il te met en demeure de choisir un camp, car ta position est plus fine, plus nuancée que la sienne, quelque part entre les deux pôles manichéens qui llui tiennent lieu de vision politique...
Pauvre François : tes gesticulations cachent mal la faiblesse de tes arguments.
Marilys, je vous rejoins en tout point. On se fout de ce que les médias pourront dire de Corinne, de CAP 21. Défiler avec des gens qui n'ont rien à proposer à part dire "NON" c'est triste.
Poser en préalable le retrait du CPE pour négocier le CPE, c'est non seulement anti-social, mais aussi absurde : comment négocier sur un projet qu'on a supprimé.
La démagogie arrive lorsqu'il n'y a plus d'idées, d'imagonation.
Dans le CPE, il y a des choses bien. Un contrat unique là où les jeunes enchaînent CCD sur CDD, c'est un lmieux. Acquérir des heures de formation, dès le premier mois, à raison de 22 heures par an, c'est bien aussi. bénéficier de Locapass' pour pouvoir sortir une caution, c'est également bien....
Si l'opposition, et les médias n'aiment pas la nuance, moi si. Et ce que j'ai lul du CPE : il y a du bon et du moins bon.
Ecrit par : Alexis | 24.03.2006
Excusez-moi mes chers enfants, mais si c'est la rue qui doit imposer ses choix (et d'ailleurs lesquels pour ce 28 mars ?), on n'est plus en démocratie. Les manifestants préparent le lit du borgne et du facteur pour les Présidentielles de 2007. Moi, je n'ai envie de coucher ni avec l'un, ni avec l'autre. Amusez vous bien.
Ecrit par : Gérard | 24.03.2006
Je serais plutôt du même avis que Prag. Je suis étudiante et moi aussi j'ai voulu me mobiliser contre le CPE. Je l'ai fait au début car il me semblait que le mouvement était cohérent dans ses actes et ses propos mais depuis la situation s'est passablement dégradée et radicalisée, ceci étant grandement du aux militants extrême gauche qui sont venus politiser à outrance l'affaire. Les gens en fac sont plus intéressés par la mobilisation en tant que telle, à celui qui ira le plus loin, que sur le thème du CPE. Avant de cautionner, venez donc voir ce qui se passe dans les AG et leur soi disant représentativité démocratique.
Moi j'y suis allée et ce que j'ai vue ce sont de jeunes naïfs enfiévrés par 3 semaines de blocage qui s'imaginent que leur vie va changer seulement parce que le CPE sera retiré, qui balancent des propos agressifs à tous ceux qui tentent tant bien que mal de modérer le mouvement, qui huent tous ceux qui expliquent que leur avenir passe aussi par le fait de pouvoir préparer leurs examens sans les voir forcément repoussés (et oui, y'en a qui bossent l'été, tous les étudiants ne sont pas des jeunes bourges fils à papa).
Je suis en master 1 et ce que je vois c'est que malgré toute ma bonne volonté, je n'aurai pas plus de boulot avec mon diplome bac + 5 parce que la fac ne m'a pas du tout formée, en balançant cours théoriques sur cours théoriques, elle m'a plus éloignée du monde du travail qu'autre chose. CPE ou pas CPE ça ne changera rien à cet état de fait. Alors plutôt que de bloquer les facs et de brailler contre le CPE, il faudrait peut être se poser les bonnes questions et surtout arreter de croire que les étudiants ont la science infuse concernant le monde du travail. Que peut dire quelqu'un comme moi qui a passé 4 ans en fac, sans avoir jamais eu d'emploi ? Je me vois bien mal placée ainsi qu'un certain nombre de mes collègues pour aller donner de grandes leçons sur ce qu'est le monde du travail. Par contre dire que les facs sont des usines à chomeurs, ça oui.
Ecrit par : chevalier_bougnat | 24.03.2006
Après un tel débat, très instructif, il serait peut être préférable de voir ce que nous pourrions proposer comme alternative réelle et efficace au CPE.
Une fois de plus, ce n'est pas seulement un problème d'ouverture de l'emploi aux jeunes auquel il faut réfléchir, mais ouvrir le débat à ce qui empêche les entreprises d'embaucher alors que tant d'offres d'emplois ne trouvent pas preneur.
Faire baisser les charges sociales comme souvent on l'entend (serait-ce le seul obstacle ?) n'apporterait pas grand chose de mieux puisque ceci à déjà été fait mainte et mainte fois. Peut être serait-il plus intéressant de réformer en profondeur le système de calcul des cotisations sociales (aussi bien patronnales que salariales) en les calculant non plus sur le salaire lui même mais sur la base du chiffre d'affaire de la société après déduction du versement des salaires. En effet, coment concevoir de maintenir l'emploi ou en créer, si les charges sociales ne sont pas calculer sur la courbe de variabilité du chiffre d'affaire ou de la croissance.
Ceci aurait l'avantage de pouvoir préserver plus facilement l'emploi en cas de baisse du chiffre d'affaire ou de dégager des moyens supplémentaires pour former et assurer des niveaux de salaires plus élevés ( se rapprochant du système scandinave).
L'autre avantage apportée serait une meilleur répartition des charges sociales entre les entreprises qui créent de l'empois et celles qui ne vivent que sur les délocalisations ou les importations à bas coûts vendues à forte marge.
Cette solution aurait l'avantage de n'avoir besoin que d'un seul type de contrat de travail.
Bien d'autres idées peuvent être mis en avant et améliorées au fil des échanges, mais maintenant il faut vraiment proposer pour avancer.
Ecrit par : jf broggio | 24.03.2006
Effectivement, le post de François est provocant et agressif... comme finalement, l'est notre société aujourd'hui, en matière de CPE comme sur plein d'autres enjeux d'ailleurs.
En ce qui me concerne je maintiens ma position (voir mon précédant post).
Je rebondis juste sur les post de Marylis, Gérard et Alexis.
Vous posez le problème en disant : les opposants demandent le retrait du CPE comme préalable à toute négociation, et la rue tente d'imposer ses vues sur la démocratie...
Je pose le problème différemment : le gouvernement avait l'obligation LEGALE de consulter les partenaires sociaux, il ne l'a pas fait. Il avait le devoir de débattre avec l'assemblée nationale (dont on rapl qu'il y a autant de députés UMP que de jours dans l'année, il n'y avait donc pas de dangers pour son projet), il passe en force avec le 49-3. Ou est la démocratie dans tout ca ?
Les jeunes sont pour le retrait du CPE parcequ'outre le fait que ce texte est une abération de notre droit social, il a surtout été imposé par le gouvernement SANS JAMAIS AVOIR FAIT L'OBJET D'UNE DISCUSSION DEMOCRATIQUE PREALABLE.
Il y a détournement manifeste de notre Constitution : le 49-3 doit s'appliquer en cas de blocage insurmontable... avec la majorité dont dispose VILLEPIN, je ne vois pas en quoi il y avait blocage insurmontable... on a même pas essayé de discuter.
La démocratie, c'est prendre une décision APRES le dialogue... pas l'inverse.
Je rappelle également quelques points essentiels :
1 - le recours devant le Conseil constitutionnel met justement en évidence que le CPE est contraire aux conventions de l'OIT et à la jurisprudence constante de la Cour de Cassation
2 - le CPE est le fruit d'un amendement déposé a la va vite par Matignon quelques jours après que BORLOO ait donné officielement et publiquement des orientations très différentes sur l'emploi des jeunes dans la présentation du projet de loi sur l'égalité des chances... pourquoi un tel revirement aussi rapide ?
3 - Modifier le CPE est une idée completement absurde, car cela reviendrait à consacrer un CDI classique : tout l'intérêt du CPE (si l'on peut dire) c'est l'absence de motivation du licenciement, et le faible coût de sa rupture... si vous revenez sur ces deux axes, vous obtenez un CDI classique.
4 - Le CPE est contraire aux demandes des entreprises (ntm PME) qui demandent une flexibilité dans la durée des contrats de travail et non une flexibilité dans la protection des salariés. La période d'essai de 2 ans, qui permet de se séparer d'un salarié facilement, ne répond que très partiellement au problème : souvent, les variations d'activité mettent plus de 24 mois pour se péreniser.
Je rapl enfin que les opposants au CPE ont des propositions alternatives, qu'il s'agisse des contrats de mission, du service civil, du contrat unique... bref, il y a foison d'idées (comme il y a foison de rapports officiels enterrés par les gouvernements alors qu'ils regorgent de propositions intéressantes)... svp, ne caricaturez pas ceux qui n'ont pas les mêmes idées que vous.
Personnellement, pour faire un clin d'oeil à Gerard, je crois que ce qui prépare le lit du facteur ou du borgne, c'est justement l'autisme du gouvernement, son manque de transparence, son mépris pour la démocratie et le dialogue avec le peuple, sa vision ultraconservatrice de la société, son bilan desastreux depuis 2002 sur les questions sociales, environnementales et culturelles, et les gué-guerres entre bonnet blanc (Villepin) et blanc bonnet (Sarkozy)....
Mais c'est une question de point de vue... et mon premier droit et devoir, entant que citoyen d'une république démocratique, c'est celui de l'exprimer dans la rue quand mon gouvernement verrouille tous les modes d'expression démocratique
Mon deuxieme droit et devoir, c'est celui de respecter l'avis contraire exprimé par les autres, sans agressivité ni haine (pour François)
Benoit PETIT
Ecrit par : Benoit PETIT | 24.03.2006
Pour répondre au post de chevalierbougnat et de prag,
Je suis également étudiant et aussi enseignant (étant ATER-doctorant en droit)... je suis aussi administrateur national de FAC VERTE (donc aux premières loges de tout ce raffut dans les facs)...
1 - je suis tout à fait d'accord avec vous sur l'idée que l'université est une usine a chomeurs
2 - je suis également d'accord avec vous sur le comportement pour le moins scandaleux des principales organisations étudiantes a l'orgine des blocages, l'UNEF en tête...
Pour information, nous venons de vivre une semaine d'élections pour les CROUS... et outre le fait que FAC VERTE talonne l'UNEF (voir les dépasse dans certaines académies... il faut croire que le discours anti-CPE, anti-blocage, et pro-écologiste a une bonne audience chez les étudiants), nous avons constaté énormément de violence de la part de ces organisations à notre égard, et des irrégularités dans le déroulement des élections (des recours au TA trancheront sans doute ce dernier point).
Pour autant, ce n'est pas parcequ'une poignée de responsables syndicaux étudiants ont un comportement absolument honteux, et profitent du CPE pour se faire une place dans les médias et les partis politiques, qu'il faut jeter le discrédit sur le mouvement étudiant.
Oui, il y a des AG où l'on dit tout et n'importe quoi. Oui, il y a beaucoup d'étudiants qui sont mobilisés uniquement parceque cela empêche les cours et leur fait des vacances...
Mais il y a beaucoup d'autres AG où les choses se passent très très bien.
J'ai été invité la semaine dernière, entant qu'enseignant en droit social, à venir expliquer de manière objective (j'insiste bien sur l'objectivité) le CPE. Les étudiants étaient nombreux, et les questions fusaient, toutes aussi intéressantes et pertinentes les unes que les autres.
Comme dans tout mouvement de masse, il y a les cons et les autres.... cela ne change rien au fond du problème.
En tout cas, je tiens a exprimer ma solidarité avec vous, et avec tout ceux qui sont, comme moi, attérés par le CPE mais qui veulent néanmoins préparer leurs examens et faire leur cours. C'est une position courageuse à tenir dans les facs, et la seule qui soit respectueuse de tous.
Ne tombons pas dans leur piège : manifester, c'est pas forcemment etre d'accord avec le blocage des facs... de la meme manière que ne pas manifester, ce n'est pas forcemment être d'accord avec le CPE.
Nous ne sommes peut être plus vraimment en démocratie quand on voit l'attitude et l'action gouvernementale. Nous ne sommes peut être plus non plus vraimment en république quand on voit l'attitude et l'action de certains syndicats étudiants dans les facs...
Mais nous sommes LIBRES... libres de descendre dans la rue manifester si c'est notre choix, et libres de refuser les amalgammes que les pro et anti CPE veulent faire concernant les étudiants comme nous.
Benoit PETIT
Ecrit par : Benoit PETIT | 24.03.2006
Merci mon cher (et brillant) Benoît pour ta leçon. J'espère que tu me croiras si je te dis que je suis complètement d'accord avec toi sur tes trois derniers paragraphes. En ce qui concerne le gouvernement, s'il a, en effet, un comportement anti-démocratique, le démocrate ringard que je suis lui donne rendez-vous en 2007. Mais pas dans la rue. Parce que la rue n'a rien à proposer d'autre que des négations : c'est tellement plus simple de ne pas réfléchir... Essaie donc de proposer aux manifestants tes solutions alternatives et tiens moi au courant. Ou alors garde les pour les prochaines élections et je t'apporterai mon soutien.
Ecrit par : Gérard | 24.03.2006
T tro sexe Corinne ! J'te kiffe tro ta race !
Ecrit par : richard | 24.03.2006
Tout à fait d'accord avec Benoit.
Ecrit par : chevalier_bougnat | 24.03.2006
Nous marchons sur la tête.
Cette mobilisation de la jeunesse n'est en rien un front contre le CPE. C'est un front contre la Société que l'on nous propose depuis 25ans: libéralisée et financiarisée à outrance; où l'humain n'a plus aucune valeur.
Les Jeunes sont perdus et desemparés, car ils ne savent plus se projeter dans l'avenir. Nous vivons au jour le jour, sans savoir de quoi sera fait demain.
Cette mobilisation traduit une desespérance, et un ras le bol généralisé.
Les Jeunes ne se mobilisent pas contre le CPE mais contre la Société dans son ensemble.
Or je trouve que l'on se stigmatise sur un mauvais thème.
Ca n'est pas contre le CPE que l'on doit se battre, mais contre la Société que l'on nous propose.
Or les médias, les centrales syndicales étudiantes, lycéenne et professionnelles prouvent encore une fois qu'à force de se mobiliser contre un tel, contre une démarche, contre une mesure en particulier, le débat est stérile, et n'avance pas.
L'exemple parfait de cette perte de repère, c'est l'attitude de l'UNEF. Je m'explique:
Mardi, mercredi et jeudi avait lieu les élections au CROUS.
Toutes les centrales syndicales étudiantes étaient là.
UNEF, UNI, Fac Verte (soutenu par CAP21 et les Verts), FAGE, etc...
Autant vous dire que compte tenu du blocage des facs, il fut impossible de mener campagne pour inciter au vote citoyen.
L'UNEF a pratiqué, tenez vous bien: le vol et la détérioration d'urnes, le gang cagoulé à ROUEN pour menacer les scrutateurs et les votants, le vol de bulletins, etc...
Voilà ce que sont les pratiques d'un syndicat qui se veut representatif de la jeunesse et qui prone la démocratie et le dialogue dans les manifestations contre le CPE.
Il s'agit là en fait d'un gachis monumental, ou la parole de l'étudiant a été confisquée par une frange syndicale étudiante qui n'a toujours rien compris à ce qu'attend la jeunesse aujourd'hui en France.
En fait, ces élections CROUS s'en sont tenues à une bataille rangée entre partisans d'un report ou d'un maintien, selon des stratégies de pures représentations pour conserver le pouvoir coute que coute dans les CA des CROUS. Bref, le fond n'a jamais été abordé.
Les étudiants sont sortis de là dégoutés.
POur la 1ère année, le CROUS menait campagne pour inciter au vote, et faire décoller les chiffres de la participation à plus de 3%...
Resultats des courses, la répartition des votes s'est fait dans certains bureau sur 100 bulletins mis dans l'urne.
Autrement dit, vous mobilisiez votre groupe de potes pour venir voter, vous vous assuriez un élu au CA.
Bref, on marche sur la tête.
Le pire dans tout cela, c'est que les médias sont en train d'encenser des centrales syndicales qui aujourd'hui font le jeu de l'abstention et de la montée des extrèmes en pourrissant le débat, en volant ou en détériorant des urnes pour invalider les résultats!!
Mais quelle image de la jeunesse sommes nous en train de donner.
Regardez la une des journaux étrangers et notamment américains: voitures brulées, manifestations, etc.
Nous sommes en train de faire le lit d'un chaos général qui voit la mobilisation desespérée d'une population paumée, a bout de nerfs et qui veut du changement.
Or, ceux qui sois disant prennent la parole au nom de tous le font contre l'avis général qui veut un débat apaisé, des facs ouvertes, une démocratie interne apaisée et constructives.
La fronde justifiée contre le CPE patie de tout cela, puisqu'il n'y a aucun débat.
Le seul débat valable aujourd'hui consiste à prendre du recul, et à se poser la question de savoir ce que l'on veut pour la jeunesse et pour l'éducation plus tard!
Cessons d'encenser dans les médias des leaders syndicaux étudiants qui ne provoquent que l'amalgame dans les pensées, et qui font le jeux du gouvernement en refusant le débat, en défendant des positions suicidaires desespérées, et en mettant au point des pratiques revendicatives dignes des plus grand régimes totalitaires en interdisant le vote, la reprise des cours, cagoulés, violent, pratiquant le vol d'urnes, etc.
Se mobiliser contre le CPE, oui. Mais je suis perplexe quant à la pertinence d'aller manifester au coté de leaders syndicaux et de mouvements qui ne font absolument aucune propositions, ni dans la démarche, ni dans le projet de Société que l'on doit construire pour 2007.
On nourrit le chaos ambiant, avec en spectateur sur les startings blocks De Villiers, LePen et Sarko.
Arretons les frais, balayons tout ca. Reprenons le débat, construisons notre futur, mais avec du révolutionnaire pragmatique.
Frédéric
Ecrit par : Frédéric | 24.03.2006
Frédéric, ton commentaire prouve bien la dérive qui a eu lieu dans le mouvement : politisé à outrance.
Ce qui est nécessaire c'est une réforme de l'éducation et des universités surtout. Après c'est beau d'avoir des symboles mais je crois que c'est un peu naïf de croire qu'on peut se mobiliser contre un "système" (conception abstraite par excellence) à coups de manifs et de grands discours. Il y a des exigences dans le monde du travail et dans la société en général induites par la mondialisation et la compétitivité, il faut accepter ces faits même si c'est pas joli à voir et d'essayer de s'adapter au mieux.
On ne changera pas le "système", les gens se mobilisent contre le CPE du moins c'était le cas au début et il faut accepter qu'au niveau de la formation on est à la ramasse par rapport aux autres pays.
Au lieu de grands discours politiques, de symboles et de luttes abstraites, changeons les méthodes de formation. Moi j'en ai marre des grands discours, je veux du concret et je me fiche pas mal du parti qui sera derrière.
Ecrit par : chevalier_bougnat | 25.03.2006
je suis entierement d'accord avec Benoit. c effectivement tres rassurant de constater que certaines personnes ont une vraie reflexion sur ces sujets. sachant qu'il est en charge du social chez cap 21 (si j en crois le blog social) c prometteur pour cap 21.
moi j'irais manifester le 28 parce que je crois qu'il est important de dire au gouvernement qu'il y en a assez !
frederic a raison quand il dit que c'est une revolte qui depasse le cadre du cpe. je ne le suis pas qd il dit que manifester ca serait s'amalgamer avec les syndicats. on s'en fous des syndicats, et d'ailleurs, le 28 il y aura bien d'autres personnes : des non-etudiants, des politiques du ps, de l'udf, des verts, et peut etre meme des gens de l'ump (parcequ'ils ne sont pas tous d'accord).
le message doit être unanime : retirez le cpe... les raisons sont sans doutes differentes selon les engagements, mais peu importe, ce qui compte c'est le retrait du cpe.
apres, viendra le temps des propositions, en 2007. et la, chacun pourra exprimer sa difference.
mais la premiere etape, c exiger le retrait du cpe. si ceux qui sont contre le cpe ne manifestent pas (et c'est leur droit, comme dit Benoit) alors nous aurons moins de chances d'obtenir gain de cause.
j'espere que corinne lepage sera avec nous dans la rue, et que cap 21 aussi. c'est important, ne serais-ce que parce qu'il y aura bcp de personnes contre le cpe mais aussi contre les blocages des facs. nous aussi nous avons le droit d(être representes par des personnalites politiques qui portent nos convictions. ca me ferait suer si il n'y avait que besancenot, hollande, buffet et la cgt.
Ecrit par : jacques | 25.03.2006
Corinne Lepage vous avez été claire et nette lors de son intervention à Toulouse devant Science Po et Fac Verte contre le CPE.
Là je vous trouve moins claire... Le fait que le bureau national s'oppose à ce que l'on s'affiche CAP21 lors des manifestations m'interpelle sur le rôle que CAP21 veut jouer en politique. Ne pas s'afficher clairement sur ce sujet qui dépasse la simple durée de la période d'essai mais traite aussi de fiscalite (charge sociale) droit social (le CNE pour les petites boites, dont le cheval de troyes est le CPE dans les grandes), du respect humain lors du licenciement...Le CPE montre l'esprit UMP majoritaire, il ne me semble pas que ce soit celui de CAP21 alors ne laissons pas la place au PS, Verts et autre dans la rue car les électeurs sauront dire plus tard qui peut réellement défendre leurs idées...
Ecrit par : Olivier | 25.03.2006
Deux constats que je livre à la discussion et qui devraient éveiller quelques remarques complémentaires ainsi que la volonté ferme de se démarquer des uns et des autres:
- sur les OGM: le PS certes a accueilli mollement le projet de Loi sur les OGM... et l'UDF lui c'est courageusement abstenu;
- Serge Dassault a tenu une réunion avec des chefs d'entreprises moyennes, réunion au cours de laquelle a été réaffirmé un CPE au service des entreprises.
Ecrit par : Evelyne Planeix | 25.03.2006
lire bien évidemment "courageusement" avec l'ironie nécessaire.
Et si nous décidions de ne plus nous référer constamment aux positions de Pierre de droite ou de Paul de gauche dont les habits on le voit bien se désagrègent sous les yeux d'une population, jeune et moins jeune qui n'y croit plus et se gausse, en préliminaire à d'autres actions probablement plus violentes.
Décortiquons précisément les questions du CPE et des OGM et affirmons clairement ce qui est acceptable pour nous et ce qui ne l'est pas. Est-il acceptable par exemple au regard de nos valeurs qu'un licenciement ait lieu sans justification.. ?
Sur les OGM, est -il acceptable oui ou non de s'abstenir ou de voter mollement?
Dégageons ainsi un programme d'actions fort, pertinent que nous développerons le moment venu. Ne diluons pas nos énergies, capitalisons sur elles, renforçons nos convictions de rassemblement sur une dizaine de thématiques : santé, éducation, économie, emploi, environnement, justice, affaire étrangeres, culture, défense etc. Quel positionnement sur ces domaines d'actions? qu'acceptons nous, que rejetons nous? que proposons nous?
L'heure n'est plus au positionnement sur un trait horizontal allant de la droite à la gauche mais sur la capacité à produire des idées capables de gérer l'enthousiame et la volonté d'agir.
Ecrit par : Evelyne Planeix | 25.03.2006
Quelques remarques rapides pour poursuivre le débat :
- triste vote tout d'abord au Sénat et absence totale de réflexion sur un sujet pourtant aussi grave que celui des O.G.M (les Verts exceptés);
- sur le CPE ensuite.
Une nouvelle fois, il ne me semble pas pertinent de poser le débat en terme de retrait/non retrait du CPE.
Pourtant, bien des aspects de ce texte me dérangent (il me semble néanmoins possible de le modifier sans que cela conduise à en faire un CDI classique).
Il est évident que le gouvernement, en ne discutant pas avec les partenaires sociaux (dont il faudrait au passage revoir la représentativité) et en utilisant le 49.3 qui a vocation à lui permettre de lier son sort à celui des textes qu'il juge important, a manqué à tous les principes qui font d'un pays une vraie démocratie.
Mais le fond du problème me semble d'abord être celui de l'article 49-3, dépourvu de verrous dans son utilisation.
Sur le fond et parce que nous sommes tout de même en démocratie, le Conseil constitutionnel et les juges du fond (puisque le Conseil ne peut statuer au regard d'une convention internationale) se prononceront.
Mais je reste convaincue qu'en posant le retrait du CPE comme un ultimatum, la rue et les centrales/partis qui la représente ne se démarquent pas vraiment des méthodes employées par l'exécutif.
En refusant ce matin de rencontrer le gouvernement, les syndicats étudiants n'ont pas tenté de sortir de la crise. Fortement politisés, ils ont opposé la force à la force.
Ce n'est pas cela la démocratie.
A nouveau, on peut s'opposer aux méthodes du gouvernement sans trouver pertinent - bien au contraire - de descendre dans la rue (je suis en accord avec les remarques de Gérard et Frédéric notamment).
Ce n'est pas là que le pluralisme s'exprimera et les manifestations étant politiquement très fortement colorées, nul ne retiendra la méthode consensuelle que Cap 21 s'efforce de véhiculer sans relâche.
Il serait à mon sens très dommage que notre discours soit noyé dans un flot de contestation sans proposition. Cela lui ferait perdre de sa crédibilité.
Ce n'est pas en 2007 que les propositions doivent se faire.
Quant à l'incapacité de l'Université à former à les étudiants au monde du travail, je la constate chaque jour et ne peut que souscrire aux propos de Chevalier Bougnat.
Ecrit par : Marilys | 25.03.2006
J'aimerais dire deux mots sur les positions du syndicat "FAC VERTE". Contrairement à ce que racontent certaines personnes ici, FAC VERTE n'est pas contre le blocage s'il a été décidé démocratiquement. Voici un des communiqués de ce syndicat (14 mars) :
"CPE : la politique de l'autruche du
gouvernement va le conduire dans une impasse. Dimanche soir, le Premier Ministre nous a très pédagogiquement enseigné ce que pouvait être un dialogue de sourd. Pour se faire entendre, la jeunesse va donc devoir continuer à faire du bruit. Contre le CPE, Fac Verte appelle à l'intensification de toutes les actions non-violentes, aux manifestations du 16 et du 18 mars, ainsi qu'aux bloquages des universités quand ceux-ci sont décidés massivement et démocratiquement par les étudiants.
Fac Verte souhaite trouver une issue démocratique à un conflit né d'une décision unilatérale (le CPE est un amendement d'une loi adoptée via l'article 49.3 de la constitution), et qui n'avait fait l'objet d'aucun débat préalable avec les partenaires sociaux. Nous exigeons maintenant du gouvernement qu'il fasse enfin preuve de courage et nous l'invitons à mettre en place une votation citoyenne pour tous les jeunes de moins de 26 ans : "Acceptez vous la mise en place du Contrat Première Embauche ?" En attendant l'organisation d'un débat enfin démocratique, nous appelons les jeunes, leur parent et leur proche à écrire aux députés UMP de leur département pour leur signifier leur désaccord.
En 2006, ils précarisent la jeunesse... En 2007, précarisons les députés anti-jeunes !"
Ecrit par : René | 25.03.2006
Avec le CPE nous sommes dans un dialogue de sourds et dans une situation qui ne va cesser de s'aggraver dans les jours et les semaines à venir si des décisions courageuses et intelligentes ne sont pas prises très rapidement.
A ce stade, le plus sage ne serait-il pas de retirer purement et simplement le CPE, de remettre tout à plat, et avec l'ensemble des interessés de construire un véritable programme durable de lutte contre le chomage des jeunes ( et des autres salariés d'ailleurs ). Mais cela demanderait du temps et n'aurait peut-être pas d'impact avant les élections de 2007 ! Et c'est bien là le probléme du PM (et des autres...) actuellement: marquer des points coûte que coûte très rapidement pour être en " pôle position" dans la course électorale ( nous sommes comme toujours dans cette optique qui empêche toute politique dans le sens réel et noble du terme ).
A propos des OGM, je note que le projet de loi a été adapté au Sénat par la majorité qui se fout comme de sa première culotte de l'environnement et de l'agriculture biologique. Les seuls à voter contre ont été les socialistes, les communistes et les verts...Quand à l'UDF, toujours le c.. ente deux chaises elle ne s'est pas mouiller en s'abstenant !
Courage Mme Lepage et continuez à pratiquer un langage de vérité plutôt que la langue de bois, et gardez votre CAP...21. Beaucoup de gens comme moi attendent que vous présentiez maintenant un programme de gouvernement clair, qui rassemble et fédère des gens d'horizon divers et qui veulent faire de la politique autrement.
Michel O.
Ecrit par : Mihel O. | 25.03.2006
Je rejoins tout à fait ce que disent ces derniers commentaires: urgence d'un programme de propositions et positionnement ouvert de négociation sans arrières pensées politiciennes, pas de canalisation des uns et des autres dans des postures fermées dont ne peut jaillir qu'une violence dévastatrice.
Ecrit par : Evelyne Planeix | 25.03.2006
Je rejoins tout à fait ce que disent ces derniers commentaires: urgence d'un programme de propositions et positionnement ouvert de négociation sans arrières pensées politiciennes, pas de canalisation des uns et des autres dans des postures fermées dont ne peut jaillir qu'une violence dévastatrice.
Ecrit par : Evelyne Planeix | 25.03.2006
Je suis d'accord avec les derniers commentaires et c'est pour ça qu'il est parfaitement ridicule de la part des syndics étudiants de boycotter les rencontres avec les ministres. Ne serait ce que par respect pour ceux qui veulent passer leurs examens, il serait temps que tout le monde mette un peu d'eau dans son vin.
Il faudrait franchement que les étudiants arrêtent de se croire au dessus du lot et de taper du pied "non non non" sans chercher à discuter. Le côté caprice d'un gamin de 5 ans qui tape du poing pour avoir raison, ça me dépasse.
J'ai été plus outrée par l'utilisation du 49.3 et de l'absence de négociations avant la mise en place du texte que par le CPE lui même. Je suis opposée au CPE mais pas à l'ouverture d'un dialogue bien au contraire.
Il faudrait peut être que les étudiants se modèrent un peu (ce qui franchement loin d'etre le cas quand on se rend aux AG), arrêtent le blocage et surtout arrêtent de se braquer en étant persuadés qu'il y a une conspiration anti jeunes. La crise d'ado ça va bien 5 minutes mais quand on veut jouer dans la cour des grands il faut en accepter les règles et intégrer que la recherche d'un compromis dans des négociations ça passe par l'abandon de certains points pour trouver la meilleure solution pour tous. Mais bon, à croire que la recherche de l'intéret général en sabrant quelques points au passage pour permettre les négociations, c'est passé aux oubliettes dans les cours magistraux des facs.
Ecrit par : chevalier_bougnat | 25.03.2006
En tant qu'administrateur national de Fac Verte, je souhaite apporter un précision au post de René.
Le communiqué que vous citez est en effet très clair : notre position de principe est contre les blocages des facultés, mais pour des actions non-violentes et des manifestations dans la rue.
D'une manière marginale (et théorique même), lorsque les blocages des facultés est votée démocratiquement et massivement par les étudiants, nous respectons le choix des étudiants, même si fondamentalement, ce n'est pas notre vision des choses.
Or, justement, c'est la tout le problème : les blocages des facultés ne répondent nullement aux conditions que nous posons : non seulement elles ne sont pas toutes massivement votées par les étudiants, car beaucoup ne participent pas aux AG (taux d'absention très important sur l'ensemble des étudiants inscrits dans les UFR), et ces votes ne sont pas effectués de manière démocratique (pressions violentes exercées par les syndicats 'traditionnels', votes à main levée, exclusion des syndicats comme le notre aux débats d'AG).
Ne faites pas dire à Fac Verte ce qu'elle ne dit pas. Nous avons toujours été farouchement opposés au 'hold-up' politique réalisé par certains syndicats... d'ailleurs, l'attitude scandaleuse de ces derniers à l'égard de Fac Verte lors des élections CROUS (vols d'urnes, pressions, bourrage d'urnes) est le signe qu'ils nous font payer chèrement notre position anti-blocage.
Ecrit par : Benoit PETIT | 25.03.2006
FAISONS TOUS NOTRE EXAMEN DE CONSCIENCE
On est d'accord le fait de pouvoir licencier sans motif est contraire aux principes de droit défendus jusqu'à présent. S'il fallait donner de la marge aux entreprises - c'est cela aussi dont il est question : est-ce le droit qui fait l'économie ou l'économie qui fait le droit? - ne pouvait-on pas seulement élargir la gamme des motifs acceptables?
Maintenant l'examen de conscience doit aller jusqu'au bout.
Si la logique qui veut qu'une loi, vécue comme injuste et illégitime car mettant en cause des acquis sociaux sans que cela ait été discuté au préalable contrairement aux engagements pris, doive être retirée - faut-il une loi pour cela? - ou simplement suspendue - à défaut de décret d'application, ce ne serait pas la première loi à ne pas être appliquée, l'examen de conscience en tant que démarche sincère et honnête devrait vous conduire d'une part, à reconnaître au Premier Ministre M. De Villepin que sa démarche est motivée par des objectifs louables - permettre d'augmenter le taux d'activité des jeunes pour lequel la France est malheureusement championne en la matière puisqu'il s'agit de l'un des plus bas des pays dits développés (on ne se demande jamais pourquoi? Mais parce qu'à ce jour les partenaires sociaux que ce soit les "patrons", dont on fustige le nom à tort et à travers, ou les "syndicats", qui sont malheureusement rarement dans un démarche de co-gestion et les hommes politiques, quelque soit leur tendance, tous autant qu'ils sont ont accepté de gérer la problème du chômage en France par deux leviers socio-économiques dont aujourd'hui nous - en tout cas les générations montantes dont je suis (n'est-ce pas là un question de développement durable dont vous êtes férus? - payons les frais. A savoir des jeunes qui n'entrent sur le marché de l'emploi que très tardivement, et des retraités qui partent très jeunes, en bonne santé (c'est bien mais on m'a toujours pas dit comment cela sera financé ou j'ai trop bien compris : les générations futures. BRAVO!)
Voilà l'origine du problème. Alors qu'aujourd'hui d'aucuns surfent sur le mécontentement et l'angoisse des jeunes, cela paraît facile lorsqu'on se trouve dans l'opposition ou en situation de ne pas gouverner.
Et si le débat s'oriente aujourd'hui plus sur la forme que sur le fond, pourquoi pas, car après tout, même le meilleur candidat de la gauche (du point de vue des sondages), Mme Ségolène Royal n'a fait aucune déclaration tonitruante contre le CPE, sauf récemment pour critiquer la méthode de notre premier Ministre et là elle n'a pas tort. Mais sur le fond, elle n'a jamais dit qu'il ne fallait aller dans le même sens, elle seulement fait comprendre aux auditeurs que si elle était au pouvoir elle n'aurait pas agi de la même manière. Ceux qui veulent y voir une critique du CPE sur le fond devraient être prudents.
Mais à tous ceux-là, je dis que la critique de la forme peut être renvoyé aux syndicats et aux manifestants. Il est temps que ce pays deviennent adulte et abandonner le mythe du bonnet phrygiens. C'est Alexis de Tocqueville qui a parfaitement montré que la Révolution française avait fait certes coulé beaucoup de sang, mais que le modèle social n'en avait pas été pour autant renversé. Alors arrêtons de nous bercer d'illusions. Ce n'est pas en défilant dans la rue, en créant des mouvements de masse que personne ne contrôle, mais que beaucoup aiment infiltrer et/ou pensent pouvoir manipuler que l'on fait avancer le débat, De Villepin n'a peut-être pas été bon sur ce coup là, mais en même temps on ne peut pas dire que les syndicats soient meilleurs.
Car si on en revient au fond : pourquoi tant d'agitations aujourd'hui? Contre le CPE? D'accord, mais alors pourquoi n'y a-t-il pas eu la même vindicte contre le CNE, dont le CPE n'est que le petit frère? Ma réponse est simple : parce que la perspective de l'échéance électorale de 2007 offrait là un trop belle occasion de mobiliser les masses "piétinantes" dans un rapport de force. En attendant, il est difficile, à si peu de mois de cette échéance dont l'importance est à mesurer à l'aune du séisme de 2002, d'appréhender quel serait l'alternative à gauche, et là bien sûr je parle pas seulement de Cap 21.
J'ai bien peur que le ver "démagogique" de la démocratie française finisse par la ronger à un tel point qu'elle risque pour de bon de s'effondrer sur elle-même et dieu sait quel monstre politique naîtra de ce brûlot.
Ecrit par : Citoyen | 25.03.2006
D'accord à 99% avec Corinne comme très souvent d'ailleurs.
Quant aux commentaires acerbes de certains sur le fait que "la rue ne doit pas dicter la loi", je crois qu'il faut d'abord bien avoir en tête qu'aujourd'hui la représentation nationale (Assemblée,Sénat) ne traduit plus les aspirations des français, regardez avec quels pourcentages des français en âge de voter ils sont élus + les effets néfastes du scrutin majoritaire + la fameuse discipline de partis et vous arrivez au constat de Corinne: le déficit démocratique. Alors dans ces cas là ne nous étonnons pas des réactions de la rue, et tirons en plutôt toutes les conséquences.
Et n'oublions pas que le blocage, ici des universités, hier ou ailleurs des usines, a toujours été un outil efficace pour faire avancer le combat syndical. Les casseurs et les provocations-défouloirs, c'est tout autre chose.
Ecrit par : jean-Luc | 25.03.2006
Outil efficace ou pas, ce que je sais moi c'est que je n'ai pas le choix et que je suis obligée de me plier à la bonne volonté des piquets. Quand je vois qu'un gars se fait huer alors qu'il propose un referendum, que les gens qui votent contre le blocage dans les AG se font siffler, je doute du caractère sain de ceux qui décident de prendre tout le monde en otage.
On peut avoir son opinion sur le CPE sans pour autant pénaliser ceux dont l'avenir dépend des examens qu'ils passent. De plus retirer le CPE ne changera rien au fait que les facs sont les voies royales vers le chomdu. Alors vous êtes bien gentils avec votre blocage mais ça suffit. De plus, on propose des réunions pour dialoguer, on trouve porte close alors quand on est pas capable de mettre de l'eau dans son vin, de regarder la réalité en face sur l'état de l'emploi, quand on pique des caprices et des délires paranos sur une pseudo conspiration d'état anti jeunes, on ne s'érige pas en porte parole de tous les étudiants.
Même si je suis opposée au CPE dans le sens où je pense qu'il y a d'autres solutions et qu'il faut réformer les facs en profondeur, je suis contre le fait qu'un ramassis d'extrémistes prenne tout le monde en otage, mette tous les autres étudiants (ceux qui doivent faire des stages ou bosser cet été, pas les fils à papa) dans des situations pas possibles à cause d'un report des examens, imposent leur choix alors qu'ils ne sont même pas ouverts au dialogue.
L'affaire a pris une tournure radicale et moi ce que je vois c'est que mes amis boursiers et ceux qui doivent bosser sont en train de perdre patience et de piquer des crises de nerfs à voir que les facs sont encore et toujours bloqués. Ils s'en fichent maintenant du CPE, tellement ils sont ulcérés par le comportement radical et politisé à fond des syndicalistes étudiants : tu parles d'une victoire pour le mouvement !
On s'en fout que ce soit un outil efficace, il est temps que ça cesse et qu'on nous laisse passer nos exams en paix, bon sang ! On n'a pas payé 410 euros de frais d'inscription et un logement pour faire de la politique et ne me sortez pas les grands discours "mobilisez vous pour votre avenir" parce que l'avenir, en fac, c'est déjà assez triste comme ça alors qu'on ne nous empêche pas d'acquérir le peu de chances qu'on a avec nos diplômes.
Ou alors bloquez bloquez mais validez nos exams, allez expliquer l'affaire aux personnes chez qui on va travailler cet été, à nos maîtres de stages et donnez nous un boulot puisque vous êtes tellement persuadés que bloquer une fac changera notre avenir...
A un moment donné, peu importe la position sur le CPE, il faut savoir arrêter les dérives et respecter les autres.
Ecrit par : chevalier_bougnat | 25.03.2006
Bien que je n'aie jamais été un aficionado de feu François Mitterrand ex-fossoyeur de la République, il avait trouvé la bonne formule en qualifiant la Vème de "coup d'etat parmanent". Il ne faut pas s'étonner que dès lors tous les problèmes n'aient trouvé de solution que dans une élection présidentielle-plébiscite ou dans la rue.
Ecrit par : Blogbrailleur | 25.03.2006
Certes de Villepin a utilisé le 49-3 à la hussarde, mais de toute façon au départ le fond est mauvais.
Je ne suis pas de gauche, mais les 7 et 18 mars j’ai fait grève et manifesté, pour la première fois de ma vie. En effet, tout comme dans le CNE, une chose m’inquiète dans le CPE : la possibilité de rupture sans motif. Je travaille depuis huit ans mais à mes débuts j’ai eu des difficultés à m’adapter au monde de l’entreprise, j’ai notamment été licenciée en cours de période d’essai car on m’a reproché de ne pas savoir travailler en équipe, alors que je n’avais pourtant commis aucune faute. Je n’ai pas totalement compris ce que l’on me reprochait mais au moins en partant je savais que dans mon prochain poste je devais montrer que je n’étais pas individualiste. Avec le CPE, un jeune licencié sans savoir pourquoi devra non seulement digérer son éviction, mais s’il ne sait pas pourquoi il part, il risque d’échouer par la suite. Même si l’entreprise ne revient pas sur sa décision, l’entretien de licenciement permet aussi au salarié de révéler d’éventuels dysfonctionnements : si l’on vous agresse verbalement au bout de 4 jours, qu’on ne s’étonne pas que vous ne posiez pas de questions quand vous ne comprenez pas.
L’entreprise est un monde très normatif : les minorités ethniques, les gros ou les laids y trouvent plus difficilement leur place, et ce même quand les postes ne les mettent pas en contact avec la clientèle ; voilà pour le moment de l’embauche. Et même quand vous mettez le pied dans l’entreprise, dès que vous vous éloignez d’une moyenne, non pas universelle, mais qu’elle a définie, vous êtes stigmatisé. Deux élèves en cours de DESS très professionnalisants ont effectué 6 mois de stage dans mon ancienne entreprise, ces stages y servant alors souvent de pré-embauche. Aucune n’a été recrutée, l’une étant jugée trop exubérante, l’autre trop timide, alors que ces traits de caractère ne les avaient amenées à commettre aucune maladresse, et qu’elles avaient de très grandes qualités humaines. Avec le CPE, ces excès seront renforcés : comme il n’y aura pas d’entretien de licenciement pendant deux ans, un patron qui ne vous aime pas pour des questions de feeling pourra vous mettre dehors sans avoir le courage ni le respect de vous dire en face qu’il n’a en fait rien à vous reprocher. Le simple fait d’avoir à reconnaître devant quelqu’un qu’il est intolérant et subjectif pouvait encore jusque-là empêcher le patron de licencier sans réel motif. Je ne dis pas qu'il faille supporter des gens insupportables, mais je pense qu'on ne devrait quand même pas recruter des salariés de la même façon qu'on choisit ses amis, d'autant que ce sont parfois les gens qui ont le meilleur fond qui se font exclure. On se rend compte parfois qu'en entreprise Untel rejette un autre parce qu'il (pense qu'il) n'a pas les mêmes opinions politiques, ou parce que cette personne n'est pas souriante, donc abusivement identifiée comme hostile. Elle risque alors d'être licenciée, alors que si on gratte un peu on se rend compte qu'elle rechigne moins à la tâche ou a plus de compétences que des gens qui vont vous taper sur l'épaule (et ne vous aimeront pas forcément, d'ailleurs).
A force d'agressions antisémites, racistes, de l'embrasement des banlieues,..., on a identifié qu'il y avait en France une crise du vivre-ensemble. Ce que j'ai énoncé plus haut y participe, même si c'est de manière moins visible.
Ecrit par : Alexandra A. | 25.03.2006
Ce que je déplore le plus c'est que tous les étudiants bloqueurs ont la naïveté de croire dur comme fer qu'ils exercent une réelle pression sur le gouvernement. Mais enfin, pas besoin d'avoir BAC+8 pour comprendre que le gouvernement a tout intéret à laisser pourrir la situation, à laisser les facs se faire bloquer : anti blocus contre pro blocue, mélange des genres "si t'es contre le blocus t'es forcément pour le CPE", "police = SS" alors que pas un d'entre nous a été confronté à la seconde guerre mondiale ou aux SS, reprises des vieux slogans de mai 68 alors les contextes, les mentalités, tout est différent. Petit à petit les étudiants s'affrontent entre eux et ça nous mène à la vieille du "diviser pou mieux régner". Je déplore le fait que les étudiants n'aient même pas conscience de ça et du fait qu'ils sont en train de saborder eux mêmes le mouvement en persistant à employer des mesures radicales.
Extrême gauche quand tu les tiens...
Ecrit par : chevalier_bougnat | 26.03.2006
Tout n'est peut-être pas aussi simple que cela.
Ecrit par : "Debré 2007" | 26.03.2006
C'est tout aussi réducteur de tancer les bloqueurs d'affidés de l'extrême-gauche. Le problème, c'est que les "anti-CPE anti-blocages" ... on ne les voit pas beaucoup dans les manifs ! Si tous ces gens là manifestaient ... il n'y aurait pas besoin de bloquer les facs ! Le blocage des facs n'est peut-être pas une très bonne solution, mais cette radicalisation s'explique par l'apathie politique d'une bonne partie de la jeunesse qui ne veut même pas prendre la peine de descendre dans la rue ... ces gens constituent une sorte de "Marais" qu'il y avait du temps de la Révolution, un centre mouligasse sans idée, sans positions ... qui se font hélas récupérer par des mouvements réactionnaires tels que l'UNI, le RED ou le FNJ dont le fond de commerce repose sur la lutte anti-blocage ... et pro-CPE !
Si je suis l'analyse de certains d'entre vous, les bloqueurs seraient influencés par l'extrême-gauche ... alors cela voudrait dire que les anti-blocages sont de leur côté prisonniers, bien malgré eux, de la droite universitaire. Tout n'est pas blanc d'un côté et noir de l'autre ... Prenez un peu de recul.
Ecrit par : René | 26.03.2006
vive le débat!
les efforts faits par les uns et les autres pour clarifier leur pensée,défendre leurs arguemnts et essayer d'écouter les différences témoignent d'une volonté de changement dans ce pays que nos grands stratèges ne mesurent pas.
Il ne faut pas être naîf et il y a une récupération politicienne du CPE et l'occupation des facs contre la volonté des étudiants n'est pas acceptable.
mais celle ci n' a été rendue possible que par un Premier ministre qui pense que la politique à la hussarde est la seule qui vaille ...pour battre Sarkozy et qui est prêt à prendre des risques immenses dans son seul intérêt.
Cette manière de faire tue la réforme en en faisant un épouvantail et c'est sans doute cela le plus grave.
La réforme est indispensable mais avec les jeunes et les citoyens en général, pas contre eux.
Nous proposons donc, si le CPE était validé par le Conseil constitutionnel ce qui n'est pas encore fait, que la loi ne soit pas promulguée par le Président de la République ( ce qui équivaut rn fait à un retrait mais sans l'avouer explicitement), qu'une grande conférence s'ouvre sans délai sur les modifiacations indispensables de ce texte et que sur cette base le Parlement soit ressaisi et revote un texte amendé et accepté par les partenaires sociaux.
cette solution aurait pour avantage d'offrir une sortie par le haut à une crise qui doit conduire à une réforme majeure de la gouvernance dans votre pays.
C'est le préalable à toute réforme dans quelque secteur que ce soit.
Ecrit par : corinne lepage | 27.03.2006
Bonjour à tous,
Tout étant contre le CPE, tel qu'il a été pensé et imposé, je ne suis pas du tout favorable à cette manifestation de mardi 28.
Alors que les syndicats se disent vouloir protester dans le calme, comment peut-on imaginer ne pas avoir d'autres idées pour se faisant entendre par d'autres méthodes. Nos moyens modernes de communications, la presse et les médias en générale sont de bon support pour se faire comprendre me semble t'il !
Autant les citoyens que notre gouvernement actuel, font n'importe quoi.
Dans la rue, cela ne sert plus à rien et cela risque fort de tourner au drame, puisque les "casseurs" se joignent dans les cortèges et que les étudiants perde leur calme.
En fait le non au problème de fond du CPE, est mêlé à la crise très profonde qui a entraîné la précarité des citoyens des banlieues.
C'est très grave, les syndicats profitent de la ferveur et de l'insouciance des jeunes années de nos étudiants et la véritable colère des banlieusards pour faire de l'audience, sans eux, les cortèges serait moins étoffés.
De Villpin n'est pas prêt de lâcher, ses chances pour 2007 sont maintenant bien réduite qu'il tienne ou qu'il cède. Par contre le sang risque de couler, suite à des débordements de jeunes des banlieues, qui s'en prennent autant aux commerçant, étudiant, CRS et autres citoyens. Ce qui est certain, les jeunes des banlieues, font partie des exclus par excellence.
Vraiment, notre manière de vivre de plus en plus marqué, où l'on pense que tout doit nous être dû, et en train de rendre la race humaine folle…!
Pourquoi descendre dans la rue, manière archaïque digne des massacres des temps passés, pour montrer que l'on n'est contre le CPE, alors qu'il n'y a pas eu grands mouvements pour le grave problème des OGM. Visiblement le piège dans lequel nous nous enlisons en ce qui concerne la santé publique préoccupe moins les citoyens que la manière d'avoir notre notoriété dans la société. Nous vivons une époque très sournoise et glissons pitoyablement dans le chaos, car les intérêts de chacun prime sur une réflexion de fond et de partage.
Ce que dit Chevalier_Bourgnat est très pertinent, c'est vraiment déplorable et petit, que les syndicats trouve le moyen de prendre en otage les étudiants et je le répète, les manipules pour en tirer la part du gâteau.
Aucun syndicat, trop dangereux de s'engager dans des idées, propose le CPE (Contrat pour l'environnement), qui serait porteur de travail hautement glorifiant pour nos jeunes et non pas une perpétuelle rengaine de protection d'un contexte qui n'est plus le même que par le passé !
A lire: ECORESP, le livre débat des actions possibles pour développer une économie responsable.
A télécharger gratuitement: http://www.ecoresp.fr/
Comment pouvons-nous être aussi aveugle dans un monde qui bouge au niveau mondial. Un grave phénomène à pris le pas, la puissance de l'évolution et du bouleversement technologique n'est plus en phase avec la capacité de l'être humain à pouvoir faire évoluer ses mentalités. Une vague géante s'abat sur nous et nous estimons que la simple solution qui nous paraît satisfaisante, c'est de simplement ouvrir un parapluie…
Bruno
Ecrit par : ACCAREL | 27.03.2006
Je souhaite quant à moi que CAP 21 poursuive sa logique de réflexion.
CAP 21 a choisi majoritairement la Constitution européenne avec comme argument qu'il faut installer quelque chose de perfectible plutôt que rien du tout. Le CPE est loin d'être satisfaisant mais il est. On est dans la même logique.
Ce qui vaudrait qu'on aille dans la rue, ce sont de l'avis de tous, les méthodes utilisées pour imposer ce projet. Or la culture de la bipolarité en France, la pensée manichéenne prévaut sur celle du discernement. Et si nous allons dans la rue, nous serons happés par le tout-venant (non péjoratif, multiplicité des opinions) des manifestants. Et CAP 21 n'en ressortirait pas indemne. Ce ne serait pas un manque de courage de bouder la rue, ce serait une affirmation de notre indépendance. Utopiquement, il nous faudrait faire alors une manif spécifiquement contre les méthodes de gouvernance actuelles très contestables. Mais de manière réaliste, au travers des médias, on peut très bien les contester aussi.
Le 3ème point c'est celui de la question que je me pose : qui sont ceux qu'on appelle "les jeunes" ? On ne parle que des lycéens et des facs. Ne sont-ce que ceux-ci qui feront la France de demain ? Se résument-ils à des futurs bacc. et des bacc.+ ? Où sont nos valeureux CAP électriciens, boulangers, etc...en ce moment ? Ils bossent, parce que du travail artisanal, il y en a en pagaille. Dans le bâtiment il manque des dizaines de milliers de personnes. Un bachelier aurait-il honte de se diriger vers une formation artisanale ? Doit-on faire de chaque petit français un intellectuel paumé ?
Il faut certes, parfaire et multiplier les formations, quelles qu'elles soient c'est-à-dire étendre les revendications en terme quantitatif et surtout qualitatif ,le suivi, le logement (-foyer des jeunes travailleurs depuis toujours saturés etc...
Enfin, supposons que demain le CPE soit retiré. Quelqu'un connait-il la fin du film ? S'il s'agit de propositions des opposants inconditionnels au CPE, quelles sont-elles ? Un gouvernement sourd peut-il se permettre de ne jamais entendre d'autres propositions ? Je ne pense pas. S'il le fait c'est que celles-ci n'existent pas. Quelqu'un peut-il me rappeler ce que Hollande a proposé à la va-vite(tellement que je n'ai rien retenu) récemment dans l'un de ses discours ?
Rappelons que le CPE (affiné?) existe au Danemark et en Allemagne où ils affichent un taux de chômage de 8% tandis que chez nous, c'est 12%. y'a pas photo. Mais il est vrai que nous sommes les petits nerveux de la planète. On casse nos jouets.
Ecrit par : pathigora | 27.03.2006
CPE, CNE, CDD tout le monde propose son commentaire pour ou contre, descendre ou pas dans la rue. Mais pathigora a raison, qu'elles sont les contres propositions aux CPE.
J'aimerais savoir pourquoi personne ne se révolte contre ceux qui sont en CCDI.
Plus de trois millions de Francais bénéficient du CCDI et il est ouvert à tous sans différence d'age.
Ou sont les étudiants, les syndicats, les politiques qui se révoltent contre ce contrat.
Et oui, maintenant l'heure est arrivée de faire de vraies propositions constructives comme sait le faire CAP 21.
Il faut avant tout réformer globalement le système du travail et des chages sociales, et de mettre à plat tout ce qui ne peut aller dans le système éducatif. Car tout le monde parle d'une formation universitaire qui mène au chomage, mais pourquoi et que faire ? Quelles sont les propositions des étudiants qui échange sur ce blog ? La critique ne peut être que constructive si et seulement si chacun y met du sien.
Ceci est d'une absolu nécessité si on veut réformer le CCDI. (Le Contrat de Chômage à Durée Indéterminée).
Ecrit par : jf broggio | 27.03.2006
Bonjour,
Désolé je prend le débat en cours de route donc j'ai pas tout lu. Dans l'ensemble je trouve également que le débat est constructif et réflechi. Personnellement, je ne pense pas que les personnes qui sont dans la rue est autant réfléchi au problème que vous, et c'est bien dommage.
Pathigora a cité le cas du Danemark, de l'Allemagne sans oublier également l'Espagne, qui ont adopté le CPE. Etant résidant français en Belgique, je croit pouvoir dire qu'il existe un CPE également en Belgique, dans le cadre du plan Rosetta.
J'aurais souhaité avoir plus de précision sur l'efficacité réelle de ce type de contrat suite aux experiences européennes. Le simple chiffre du chomage (8% en allemagne contre non pas 12 mais 10% en France) ne peut pas être expliqué uniquement par un seul contrat de travail, mais par un ensemble de facteur inhérent à chaque pays membres. J'éspère Mme Lepage, que vous avez peut être accès à plus d'information et d'analyse que nous, simple citoyen. Entre autres, je me demande quel a été l'impact réel sur la situation sociale et le pouvoir d'achat.
Je voudrais souligner également que je trouve étrange que le gouvernement ne fasse pas d'effort pour communiquer un peu plus lorsqu'il met en place des projets tels que le CPE, notamment sur les effets attendus, le coût, et pourquoi pas les effets pervers potentiels. Il est évident que le gouvernement s'appuie sans aucun doute sur des analyses économiques (du moins j'éspère). Pensent-t-ils que les français ne sont pas assez cultivés pour comprendre? Ce serait une erreur.
Autre chose. Je n'ai pas compris pourquoi les syndicats étudiants ont refusés de rencontrer Mr De Villepin, sachant que le CPE serait maintenu de toute façon. Ce qu'il cherche depuis tout ce temps c'est l'écoute, et au moment ou ils ont la chance d'être écoutés, il refuse. C'est une erreur pour moi.
Alex,
Ecrit par : Alex | 27.03.2006
CPE ,CDD =précarité et c est tout le monde du travail qui est touché. pas seulement en entreprises....Si par exemple on embauche une infirmière diplomée d'état en cdd ,ou est la reconnaissance de ce diplôme?
Il y a quelque chose de très grave qui se passe dans le monde du travail ,c est l'incohérence du fonctionnement.
Méfiance envers les jeunes car ils n'ont pas d'expérience professionnelle.
Quand une personne a acquis de l expérience et se retrouve au chomage passée quarante ans elle est déja trop agée, passée cinquante ans c est l'horreur.
Par contre nous ne sommes pas trop vieux pour travailler trois ,cinq ans de plus dans un plan retraite ou même les retraités peuvent etre solliciter à reprendre du travail pour améliorer leurs conditions financières.
Ne sommes nous pas dans une incohérence de système ou de toute façon ,à tous ages, tous sont bons à prendre et à jeter?
Cette question est elle simpliciste, elle est en tout cas celle que bon nombre de gens se posent.
Sylvie
Ecrit par : sylvie | 28.03.2006
La qualité de notre débat et de notre écoute pourrait servir de modèle. Alors qu'il est, nous ignorons bien entendu comment tournera cette journée.
En revanche il est sûr que des risques immenses ont été pris pour une réforme qui ne vaut ni cet excès d'honneur ni cette indignité.
Derrière la révolte, qui n'est pas seulement celle de notre jeunesse, mais d'une grande partie de la population, bien sûr une manière de décider qui est condamnée. Mais, je suis étonnée que le symbole fort d'une jeunesse qui refuse les choix auxquels nous la condamnons ne soit pas mise en valeur dans les commentaires.
Peut-être parce qu'il appellerait une remise en cause de nos propres choix qui ne sont pas ceux d'un gouvernement déterminé mais d'une succession de gouvernements.
Certes, la récupération, la manipulation, une certaine forme d'autoritarisme inacceptable à l'égard des étudiants qui veulent travailler doivent être soulignés pour ce qu'ils sont. Mais, l'arbre ne doit pas cacher la forêt et c'est notre démocratie qui profondément malade. Réformer à plusieurs sens. Cela peut vouloir dire corriger, redresser, ramener à la vertu. Cela signifie également améliorer, changer en mieux. Une immense majorité des citoyens est d'accord pour le second sens de l'est pas nécessairement pour le premier. Peut-être est-il souhaitable que ceux qui veulent réformer précisent clairement ce qu'ils entendent par là. L'efficacité et l'honnêteté y gagneraient certainement
Ecrit par : corinne lepage | 28.03.2006
Bonjour,
Sylvie a soulevé quelque chose qui me surprend également. Dans bon nombre de pays, on encourage les seniors à continuer leur activité professionnelle. Pourquoi pas si la personne est d'accord. Il ne faut pas oublier que le travail est également un vecteur de promotion sociale et beaucoup de gens préfère travailler plutôt qu'être retraité, car ils auraient le sentiment d'être inutile. D'ailleurs, je pense que la jeune génération (dont je fait partie) devra se préparer à travailler au delà de 60 ans parce qu'on aura encore la retraite du papy boom à financer, qu'on sera globalement arrivé sur le marché du travail tard, et que normalement on sera encore en bonne santé.
Ce qui m'étonne, c'est que le travail des seniors soit encouragé alors que justement le travail des jeunes est relativement précaire. Le papy boom ne devrait pas justement désserrer la contrainte sur le marché du travail tel que les jeunes aient un pouvoir de marché par rapport aux employeurs, si bien qu'un contrat tel que le CPE devienne obsolete?
Il semble important de souligner l'importance du niveau de vie futur des 15-30 ans actuel pour le financement des retraites. Si cette classe d'age est trop précaire, le financement des retraites pourrait être problématique, notamment pour les seniors qui n'ont pas assez capitalisé (immobilier, action/obligations,...). Au final, ne tend-on pas vers un système encourageant la propriété plutôt que la redistribution?
Désolé, j'ai un peu digressé. Alex,
Ecrit par : Alex | 28.03.2006
La démocrarie participative consiste t elle à contester
toute réforme du moment ou elle émane du parti au
pouvoir et que l'opposition du moment qui na pas ,loin
s'en faut, fait preuve d'imagination pour traiter le chômage profite de ses relais syndicaux pour mettre en
difficulté un gouvernement qui ne lui plait pas.
Les parents qui défilent dans les rues le font-il pour
se dédouaner de n'avoir jamais voulu aborder les problèmes qui fâchent et qui bloquent toute évolution de notre société.
Ecrit par : Vautrin | 28.03.2006
Ma question ne portait certainement pas sur les libertés personnelles.Chaque personne ayant accomplit le temps légal de travail doit avoir le vrai choix de continuer ou non. et ce choix prend aussi en compte les possibilités financières.
Les retraités peuvent trouver une place dans la société ne serait- ce qu'en participant aux associations.Mais ils ont aussi le droit de préférer cultiver leur jardin, s'occuper de leurs petits enfants.voyager,vivre d'autres réalités que celle du monde du travail.
Les jeunes travailleront d'autant plus longtemps parce que les études sont de plus en plus longues et qu'une fois le diplome en poche ils galèrent pour trouver un boulot.
Il est urgent bien entendu de coordonner les années d'études avec le monde du travail. ce qui dans certains secteurs se fait déja.
Mais cela règlera-t-il pour autant la question de l'embauche et de la stabilté de l'emploi ?
Une chef d'entreprise à dit aux jeunes présents sur le plateau tv , que de toute façon il n'y avait pas de travail pour tout le monde. Coté confiance et espoir ,il y a sans doute mieux.
le CPE , révèle une crise très profonde qui touche tous les citoyens inquiets pour l'avenir.commun.
Ecrit par : sylvie | 28.03.2006
Pour ceux qui souhaitent un peu faire le point sur le CPE, je vous signale cet excellent billet de Maître Eolas :
http://maitre.eolas.free.fr/journal/index.php?2006/03/25/309-faisons-le-point-sur-le-cpe
On y apprend par exemple que le CPE ne permet _pas_ de licencier sans motif, mais dispense l'employeur de notifier ce motif. Devant les prudhommes, si l'employé licencié y a recours, l'employeur sera tenu de présenter son ou ses motifs. Pas d'employé "jetable" selon le terme repris ici ou là.
Il faut également lire les commentaires, Maître Eolas y répond. Malheureusement, ils ont été fermés depuis sur ce billet car les propos étaient trop agressifs. Encore un signe que la discussion est difficile, voire impossible, une partie de la population décrétant qu'un seul discours est possible et que tout autre n'est que manipulation. Triste et inquiétant...
Ecrit par : Delphine Dumont | 28.03.2006
AAAaahhhh enfin des infos concrètes! Mais pourquoi donc le gouvernement ne met-ils pas ces aspects là en avant! Il laisse le débat dériver vers de fausses verités! Il y a décidement une carence grave de transparence et d'objectivité.
De même j'entend souvent à la télé (Canal+ pour ne pas citer de chaîne) que le licenciement avec CPE est sans indemnité. Je crois bien que c'est completement faux.
Sylvie, je ne visait pas personnellement tout discours, bien qu'il m'aie fait penser à la condition des seniors.
@+
Ecrit par : Alex | 28.03.2006
Bonjour Corinne, j'apporte quelques éléments à propos du CPE.
L'argumentaire qui suit est un peu long mais je donne immédiatement la conclusion qui peut en être tirée en réponse à l'une de tes propositions: être solidaire des jeunes. Comment ?
En réponse à ce comment, je donnerais une liste "à la Prévert", non limitative:
- en acceptant, à partir de 60 ans, de cèder mon emploi de salarié à un jeune, quelque soit le montant de ma retraite, quitte à rester très actif, au sein de CAP 21 par exemple, ou à créer des activités nouvelles marchandes ou non marchandes,
- en luttant contre la flexibilité liée à mon comportement de consommateur "boulimiste", en restant davantage fidèle à des produits dûment répertoriés et appréciés,
- en décloisonnant complètement les filières d'études des le lycée ( j'y enseigne), pour pousser les jeunes à acquérir des compétences et connaissances à la carte; première mesure concrète: supprimer le groupe "classe",
- ajouter à chaque cursus scolaire, des la dernière année de collège, une période de 2 à 3 mois de voyage/étude dans un pays étranger, pour faire découvrir à la jeunesse française la solidité de ses atouts culturels, économiques,... dans un contexte mondial; une bonne moitié des français vont hériter en patrimoine de quoi créer immédiatement 2 ou 3 entreprises à l'autre bour du monde.
- transmettre à la jeunesse un modèle de développement économique et social ( écologique, équitable, à croissance zéro) qui leut donnera l'impression d'être à l'avant garde de l'évolution mondiale et non crispée sur des "avantages acquis",
j'arrête là.... à toi et à tous les lecteurs de continuer cette liste...
Cordialement. Gérard Straumann. Montpellier
ARGUMENTAIRE à propos du CPE:
Aujourd'hui 87 % des emplois salariés en France correspondent à un emploi stable de type CDI ou fonction publique selon l'INSEE *. Mais, c'est au niveau du recrutement que le CDD est devenu la norme avec 74 % des emplois nouveaux crées ( même dans l'éducation nationale avec les vacataires ). Pour le premier emploi des jeunes, en y ajoutant les stages, l'intérim et les contrat aidés par l'État, c'est donc déjà la précarité dans 90 % des cas !! Ces données ne sont pas nouvelles, elles sont enseignées en seconde Sciences economiques et Sociales depuis 15 ans. Qu'avons nous fait depuis 15 ans, à part créer des formules d'emplois aidés , en fait des CDD du secteur public sur 2 , 3 ou 4 ans maximum !
Le C.P.E se voulait une initiative pour rompre avec cette pente glissante qui transformait très lentement les CDI en CDD, il s'agissait en somme d'«encadrer cette précarité » en lui permettant d'évoluer vers de la stabilité ( le fait que le CPE est un CDI qui mûrit pendant 2 longues années).
Mais Dominique de Villepin a fait deux erreurs, sans doute du fait de ses calculs de futur présidentiable...
Il s'agit de graves erreurs psycho-sociologiques, entraînant, à tort ou à raison, un très mauvaise perception de son contrat par les jeunes; ce sont bien eux qui manifestent depuis plus d'un mois, tous les autres leur courent après.
La stigmatisation, une première erreur:
D'abord il a visé les jeunes, avec un contrat qui leur est spécialement destiné, à un moment de leur vie où il veulent se défaire de l'étiquetage « jeune » au moment du passage dans le monde des adultes avec un premier emploi ; c'est d'ailleurs devenu le seul et vrai » passage »,en 2006 ! tout le reste: réseau relationnel, argent de poche à dépenser, vie amoureuse, droit de vote et d'expression publique, maîtrise des outils de communication,... leur étant acquis.
L'opacité, une deuxième erreur:
Ensuite, il a prévu le licenciement sans motif, parce qu'il veut permettre le licenciement sans recours juridique , ce qui n'est pas du tout la même chose !! ( le CPE est sans recours juridique mais avec une petite indemnité ).
C'est contraire à toute l'éducation et à toute l'évaluation qui leur est dispensé par les parents, enseignants, adultes: dans le cas de l'enseignement par exemple, une mauvaise note est toujours accompagné des explications qui permettent à l'élève de comprendre et de s'améliorer. Un licenciement sans un minimum d'explications sur ce qui peut leur être reproché ou sur la situation de l'entreprise leur est intolérable « jeté comme un klenex » disent 'ils fort justement.
Après 30 ans d'exercice professionnel, un salarié sait bien que l'employeur aura toujours la possibilité de le licencier, fusse en fabricant de solides motifs de toutes pièces pour éviter l'action en justice.
Deux erreurs qui semblent peser très lourd dans une démocratie très affaiblie sur le plan institutionnel ( partis, élections, élus ) mais très vivace dans son nouvel habit de « démocratie d'opinion ».
Quant à la relation entre le niveau de flexibilité et le niveau d'emploi, elle est très complexe. Il ne faut pas confondre création nette d'emplois et embauche; ainsi, on a embauché 4, 8 millions de salariés en 2003 , 22.000 / jour ouvrable ( cf. Eurostat *) , mais on en a licencié ( ou fin de contrat, ou retraite) presque autant. En matière de flexibilité de l'emploi, la France serait bien placée, toujours d'après les statistiques d'Eurostat, avec 6,7 % des salariés ayant débuté leur emploi au cours des trois derniers mois. Le seul vrai problème français, c'est que ce sont toujours les mêmes qui sont, tour à tour, embauchés ou licenciés; notre marché du travail est devenu dual, avec d'un coté les emplois relativement protégés du chômage, de l'autre coté, les « précaires », dont les jeunes.
Nota bene: La flexibilité, c'est aussi le fait qu'en tant que consommateur, nous changeons bien trop souvent de produit, de fabricant, de quantités achetées.... les entreprises doivent suivre.
* INSEE: www.insee.fr
* Eurostat: http://epp.eurostat.cec.eu.int/
le 28/03/06 Gérard Straumann. Également sur www.midiblogs.com , puis manstrau
Ecrit par : Gérard STRAUMANN | 28.03.2006
Ce soir aux infos, des Bacc +2,3,4 qui ont décidé, après la galère de CDD en stages, en CDD, de suivre les cours du CAP fleuriste. Bravo ! A la fac, on aurait pu leur souffler cette idée avant. Mais des fleuristes avec une licence d'anglais, c'est très bien, ils seront les employeurs de demain. Ils sont très contents d'avoir pris cette initiative et ils aiment ce qu'ils font. Mêler le manuel à l'intellectuel, c'est sortir du marasme. Si nous avons eu peur des plombiers polonais, il y a peu de temps, ce n'est pas qu'à cause de Bolkenstein, c'est à cause de l'excellence de la main d'oeuvre de l'Est, mais on n'a pas osé le dire, ce n'est pas politiquement correct. Précisément des Bacc + x, des Bacc Pro qui sortent des ouvriers et artisans de très bon niveau, qui ne quittent pas leur travail à moins cinq ou font se succéder les arrêts maladie. Les Français devraient y réfléchir à deux fois, même si tous n'ont pas ce profil, mais quand même.
Ecrit par : pathigora | 29.03.2006
les difficultés évoquées d'avoir un discours défendant le CPE (quelle que soi la valeur des arguments ) démontrent que le ,dialogue est devenu difficile , voire impossible dans notre société. mais il faut comprendre que l'autisme du gouvernement retentit sur toute la société et que les frustrations se répercutent.
Tout le dialogue de la société avec elle mêem est à réinventer et des fora comme celui ci y partcipent évidemment.
Ecrit par : corinne lepage | 30.03.2006
Je n'ai pas tout lu mais presque de ce débat que j'ai pris en cours. Je n'ai pas retrouvé ce que je pense, alors voilà.
Pour commencer, et avec une pointe de cynisme, je ne comprends toujouts pas pourquoi le CPE mobilise autant d'opposition alors qu'il ne concerne que les moins de 26 ans. Le CNE, lui, est passé comme une lettre à la poste alors qu'il concerne potentiellement tout le monde jusqu'à la retraite.
Mais que les choses soient claires, je suis contre le CNE et le CPE parce qu'ils sont très semblables mis à part l'option jeune du CPE : même période de deux ans même méthode de licenciement pendant cette période.
Je suis allée voir les arguments de Maître Eolas, et je reste sceptique :
Si il est vrai que l'employeur est simplement dispensé de donner les motifs du licenciement :
- pourquoi le gouvernement n'argumente-t-il pas sur cela ?
- en quoi cela simplifie-t-il les procédures de licenciement si le motif doit de toute façon exister pour être éventuellement présenté au juge des Prudhommes ?
Si c'est réellement vrai, cette mesure ne va contribuer qu'à encombrer les tribunaux, à moins que le gouvernement ait fait le pari que les jeunes licenciés n'oseraient pas aller contester leur licenciement (parce que ça fait pas bien), et que ce pari se réalise.
Je suppose que le CNE est fait pareil, donc ces arguments valent aussi pour lui.
Pour revenir au CPE, et quoi qu'en pense Maître Eolas, il y a bien à mon sens discrimination. On n'est pas vu pareil si l'on a moins de 26 ans ou plus. A quand un CEF (Femmes) ou un CES (Séniors et plus Solidarité), etc. ? On ne va ségréger les Français à l'infini.
Pour revenir sur les manifestations, grèves et autre blocage de fac ou lycées, certains ont dit qu'il y avait manipulation et récupération. Ce qui semble probable, sinon je ne m'explique pas pourquoi les syndicats n'ont pas "lever les boucliers" lors du vote de CNE qui concerne tout les salariés. Mais les jeunes, ça fait du monde, ils ont souvent moins d'esprit critique et aiment s'amuser et s'opposer. Et si certains syndicats étudiants comme l'UNEF) en avaient profiter pour faire parler d'eux juste avant des élections aux CROUS qui généralement ne remuent pas les foules ?
Pour conclure sur ce sujet, je précise que j'ai 38 ans deux enfants de 6 ans et 6 mois, que je suis docteur et ingénieur en chimie (pour certains surdiplômée) et que je suis demandeur d'emploi en congé parental. Quand mon fils aura trois ans il me restera 10 mois de chômage et 25 ans pour tenter de me faire une retraite. Tout ça pour dire que si on me propose un CNE, je ne suis pas sûre que je refuserai même si je suis farouchement contre.
Pour finir sur un sujet qui n'a rien à voir, voici une question à Corinne Lepage :
je suis depuis environ deux mois l'actualité de CAP21 sur les blogs Rhône-Alpes et Loire et j'avoue que je suis globalement d'accord avec les prises de position qui y sont exposées.
Je suis depuis longtemps très intéressée par les questions d'environnement à tel point que j'aimerais bien travailler dans ce domaine, si je trouve.
Mais voici ma question : Si je veux bien voter pour des représentants de CAP21 à des élections locales, je ne voie pas ce qui pourrait me faire voter pour Corinne Lepage aux prochaines présidentielles après ce qui s'est passé en 2002. Le risque est trop grand à mes yeux de retrouver à nouveau JM Lepen au 2ème tour et si c'était demain je serait fortement tentée de voter pour l'un des deux grands partis afin d'être sûre d'avoir encore un peu de choix au 2ème tour. J'attends des éléments de réponse vu que par ailleurs les idées des deux grands partis ne m'emballe pas forcément.
Merci d'avance de votre réponse.
Ecrit par : Anne | 30.03.2006
Bonjour Anne,
Je comprends votre inquiétude pour le second tour des présidentielles, et je la partage complètement.
Votre interrogation sur le vote du premier tour semble etre aussi partagé par bon nombre de citoyen :assurer un vote" utile"
pour ma part le seul vote représentatif qui a du sens ,est celui ou l'on peut exprimer ses convictions pour un candidat , c est aussi pour cela que la candidature de Corinne Lepage est importante.
redouter la dispersion des voix ne fait que consolider le fonctionnement gauche droite dont nous aimerions sortir.
De toute façon, jouer cette carte de la peur ,n'évitera pas à mon sens les risques du second tour, et voter bon gré malgré pour tel ou tel grand parti politique ne va sans doute pas dans le sens démocratique de la libre expression citoyenne.
bonne journée
Ecrit par : sylvie | 30.03.2006
Anne,
Le CPE représente une descrimination jeune-senior, c'est un fait. Mais peut-etre tout simplement que cette inégalité est inévitable en raison de la démographie. On parle très peu de l'inégalité générationnelle, et pourtant elle existe. Ma génération (15-30 ans) devra assurer le paiement de la retraite du papy-boom et celle d'après. Pour ma part ça ne me fait pas peur, car j'éspère que parrallelement on observera un desserement de la contrainte sur le marché du travail. Ce qui m'ennuie un peu plus c'est qu'on néglige le train de vie des jeunes, qui est très différent de la génération de mes parents. Mes parents sont surpris qu'a 25 ans, je n'ai pas un CDI, ni une maison ou un appartement acheté, ni une femme. Le France à change et les moeurs aussi, mais il ne faut pas oublier que l'accès à l'immobilier est devenu très dangereux pour un jeune. trop cher pour investir, surtout sans CDI. Au final, c'est une (petite) inégalité de plus, car on est condamné à la louer à ceux qui ont l'immobiler (càd les senior). C'est vrai c'est un peu réducteur.
Sylvie,
J'ai l'impression que le suffrage universel montre ces limites alors que le paysage politique à tendance à s'étoffer. Ne serait pas un argument pour réformer la constitution?
@+
Ecrit par : Alex | 30.03.2006
Il me semble important de restituer la démarche gouvernementale de lancement du CPE à la lumière de l’ensemble des politiques économiques et des principes parfois erronés qui les inspirent. En effet, le CPE s'inscrit dans une démarche déflationniste qui part de l'analyse suivante :
nous sommes en économie ouverte et mondialisée en concurrence avec des pays à coût de main-d’oeuvre plus faible (100 euros par mois en Chine) et à protection sociale et environnementale moindre.
Dans ce contexte, chez nous les entreprises ne sont donc pas sûres de leur avenir, donc elles ont besoin de flexibilité. Il leur faut donc démanteler tout ce qui introduit des coûts et des "rigidités", par exemple le Droit du Travail.
Toujours dans la même analyse, pour rester compétitives, nos entreprises doivent aussi baisser le niveau de protection sociale et environnementale (protection de l’eau, de l’air, …) et pour que les salaires n’augmentent pas trop vite chez nous (toujours le soucis de la compétitivité mondiale), il faut qu’en tant que consommateurs, on accepte des produits à moindre coût et donc de qualité inférieure :produits de consommation périssables rapidement, boeuf et poulet aux hormones...
Dans cette optique, au lieu d'une attaque contre le Droit du Travail en général, le Gouvernement a aujourd’hui choisi de viser les catégories sociales les plus fragiles, donc les plus maléables: elles font l'objet d'une offensive sous prétexte de lutter contre la précarité (ce qui est une réalité à cause de la mondialisation dérégulée).
Je propose l'hypothèse inverse : nous sommes dans des pays où grâce aux conquêtes sociales nous bénéficions d'une qualité de vie et de protection sociale qu'il faut sauvegarder. Nous ne pourrons jamais nous aligner sur le coût de production des chinois ou des Indiens, sauf à tout démanteler pour être compétitifs : la sécurité sociale, le Droit du Travail, les lois sociales et environnementales…
De plus, les Chinois et d’autres ne sont pas plus bêtes que nous pour faire des produits " High-tech”; donc la solution réside dans la mise en place de systèmes intégrés à un niveau géographique pertinent (ex-: l'Europe) qui se protègent du dumping mais qui échangent avec les autres.
On change alors de registre car la sécurisation de l'avenir des entreprises permet les projets de qualification des salariés au lieu de leur précarisation, d'investissements à moyen et long terme, le financement des retraites et de la protection sociale...
On peut alors introduire de la flexibilité mais avec des sécurités pour les salariés.
Cette vision qui a permis le décollage après guerre (c’était le projet du Conseil National de la Résistance), n’est pas obsolète.
Elle doit être aujourd’hui transposée du niveau national à un niveau géographique plus large (l’Europe et les autres Continents) et complété par la problématique écologique, inexistante à l’époque.
C’est la seule vision d’avenir. Le reste c’est revenir au XIXe siècle !
Georges Fandos
Ecrit par : Georges Fandos | 30.03.2006
Quel régal de lire les positions de centristes qui cherchent à se parler.
La manifestation étant passée, je me permet de rebondir sur quelques disgressions qu'entrainaient naturellement le débat.
Je suis surpris (inquiét) par la peur de l'entreprise dont tu fais part Sylvie. Les entreprises sont faites d'hommes et de femmes, de jeunes et de plus anciens. A leurs têtes il y a soit des entrepreuneurs qui ont pris des risques pour créer leur emploi et se hisser socialement; soit des conseils d'administration (relayés par des cadres) opérants pour le compte d'actionnaires dont nous faisons plus ou moins partie indirectement (assurances vie, fonds de pension, épargne salariale,...).
(Notons au passage la nécessité citoyenne pour l'épargnant d'avoir une visibilité et une possibilité de choix sur la destination de son épargne.)
Dans tous les cas, une des finalités de l'entreprise est de faire du profit. Cette "méchante idée" n'est que celle des Hommes qui la compose.
Il s'agit par ailleurs d'organisations dont certains sociologues s'appliquent à décrire les règles (constatées) de fonctionnement.
Il ne s'agit pas d'avoir peur des jeunes et de jetter les vieux. Il s'agit de rapports humains. Le plus dur est probablement de rentrer dedans mais après ce n'est qu'une question de sociabilité, de rapport aux autres et d'adhésion à l'objectif de l'"organisation" (fut-elle toute petite).
Toutes les entreprises ne sont pas faites pour nous. Nous avons le droit d'en changer, de refuser d'adhérer à un objectif ou à des moyens.
Je ne crois pas à l'idée de donner massivement de l'emploi aux jeunes en quittant massivement le marché du travail à 60 ans (même si je respecte que ce soit une aspiration individuelle). Je pense que le travail amène le travail, l'emploi génère l'emploi par la stimulation de la consommation, générant la fameuse croissance (l'oeuf ou la poule ?). Tout ceci devrait créer un cercle vertueux qui en fait ne l'est pas pour toutes les raisons que l'on connait et contre lesquelles on se bat.
Gérard, je comprend et j'apprécie votre post. Je pense que la croissance 0 est un choix individuel que l'on peut faire quand on se sent à l'abris.
Le CPE s'inscrit dans un contexte d'égalité des chances. Le but de ce choix de croissance est de permettre à un plus grand nombre d'accéder à l'ascenseur social.
Le role de ceux qui ont trouvé l'étage qui leur convenait est de montrer l'exemple.
Le role de CAP21 est, je crois, d'encadrer cette croissance. De trouver des consensus par le dialogue, de les proposer et de les expliquer.
Laurent
34 ans
Ecrit par : Laurent | 31.03.2006
Alex
Je maintiens qu'il y a bien discrimination avec le CPE. D'ailleurs, vous avez 25 ans, vous allez bientôt faire partie des vieux puisque le CPE est réservé aux moins de 26 ans !
Moi j'ai 38 ans, pas de travail, certes un mari qui a une place sûre et deux enfants, mais nous sommes, nous aussi, toujours locataires, et même obligés d'aller quémander une caution solidaire à mes parents pour pouvoir louer l'appartement de notre choix dans un quartier qui nous plaise.
Mais cessons de nous lamenter, je ne suis pas malheureuse pour autant. Je garde encore espoir de trouver un jour un travail qui me plaise.
Mais je n'aimerais pas occuper un emploi réservé aux femmes de + de 40 ans avec enfants...
Ecrit par : Anne | 31.03.2006
Laurent... ne soyez pas naif... le CPE n'a rien a voir avec l'Egalité des Chances...
1 - LE CPE est d'abord et avant tout un outil de politique politicienne qui a mal tourné pour son concepteur.
Villepin cherchait à se présenter en 2007 avec un bon bilan sur l'emploi... vu que jusqu'à présent, les baisses du chomage ne sont dus qu'aux radiations effectuées sous Raffarin, et aux départs massifs en retraite, il fallait bien qu'il trouve quelque chose de plus 'volontariste'. Du coup, il a trouvé l'idée du CPE, qui n'est, somme toute, qu'un CDI en solde (baisse impressionnante du coût du contrat pour l'employeur tant au niveau des indemnités de rupture, des exonérations de charges, et des formalités de rupture). L'idée est vieille comme le monde : je casse les prix pour relancer la consommation.
Manque de bol pour Villepin, le CPE a créé une crise sans précédent... il s'est grillé tout seul pour la présidentielle.
Mais du coup, ca arrange bien Chirac, qui préfères voir un successeur de gauche à l'Elysée que Sarkozy... or, plus il s'entete à soutenir Villepin et le gouvernement, plus il contribue à plomber la candidature de Sarkozy. En effet, ce dernier est président de l'UMP, membre du gouvernement, et farouche partisan sur le fond du CPE... si la contestation dépasse la personnalité de Villepin pour s'etendre à l'ensemble de l'UMP, Sarko va avoir un sacré boulet à trainer...
D'ailleurs, Lellouch, député UMP, a reconnu implicitement cette analyse en disant : "solidarité avec le gouvernement ne doit pas conduire à soutenir un suicide collectif"...
2 - le CPE, personne n'en veux : ni les chefs d'entreprise, ni le MEDEF, ni les jeunes, ni les moins jeunes, ni les syndicats, personne...
La raison a cela est simple : le CPE n'apporte pas la flexibilité dans le temps que les chefs d'entreprises demandent. Pour eux, il fallait un contrat adapté au temps necessaire pour pereniser un emploi lié à un accroissement d'activité... soit des contrats de missions.
Le CPE n'apporte qu'une flexibilité de 24 mois, tres en-deca des demandes des entreprises.
Mais en plus d'être a coté de la plaque sur la flexibilité dans le temps, le CPE a ouvert la flexibilité dans la protection des salariés... bref, une carte blanche offerte a tous les chefs d'entreprises qui abusent de leurs salariés (soyons clairs, ils sont une extreme minorité, mais ils existent, et leurs dégats sont gravissimes).
Benoit, un centriste !
Ecrit par : Benoit PETIT | 31.03.2006
Juste une petite remarque à Georges Fandos. Le décollage de l'économie après guerre est avant tout le fait du courage et de l'opiniatreté des femmes qui ont pu ainsi maintenir la France à un niveau qui lui a permis de "remonter la pente". Sans elles, tout projet d'une reconstruction rapide était illusoire.
Ce qui m'mène à la réflexion suivante : les conflits qui minent notre pays sont le fait du machisme de la sphère politique (mondiale, sans crainte de l'affirmer). Si ces messieurs se départissaient avec intelligence de ce phénomène (naturel?) et incluent à leurs réunions de réflexions une quantité non négligeable de femmes, nous n'en serions certainement pas là. Ceci dit, qu'on m'épargne Thatcher, sinon contre Une, je fais une liste entière d'hommes, il suffit d'ouvrir le journal. Je reviens à la réflexion de Georges F. Flexibilité avec sécurités, certes le rêve, mais encore.? Tout le monde planche sur les moyens. Comment les envisagez-vous ?
Ecrit par : pathigora | 31.03.2006
Salut à tous.
" ...Cela ne signifie pas qu'il faille être d'accord avec le blocage des facultés lorsque une majorité d'étudiants qui est opposée ou avec les actes de violence quels qu'ils soient. ..."
Si j'interprète ce paragraphe, je comprends que si une majorité d'étudiants décident de bloquer un fac c'est légitime ?
Je m'étonne, mais le droit de bloquer une fac n'existe pas, même à l'unanimité. Pour personne d'ailleurs sauf crise majeure type guerre ...
De là à utiliser la violence physique (habeas corpus - liberté de circuler, ...) pour résoudre un problème important c'est inadmissible, que ce soit de la part d'un étudiant ou d'un policier, même aux ordres d'un pouvoir QUI NE SAIT PLUS QUOI FAIRE, et en conséquence fait n'importe-quoi.
Nos problèmes de société commencent avec la (délirante) liberté du capital de faire n'importe-quoi, sans souci des personnes, présentes ou à venir. La solubilisation en cours de l'appareil institutionnel qui détermine - donne sa raison d'être à - la société dans un profit immédiat et privé est un suicide collectif - . Une situation que la droite et la gauche imbéciles ont créé ou laissé créer. Que l'hummanité mettra des années à payer...
On ne peut pas se plaindre de se faire arroser par l'arroseur, si on le laisse faire au nom de sa liberté !
et au détriment de tous les autres.
Ecrit par : Jacques de Félice | 31.03.2006
Pathigora,
Sans vouloir tomber dans le matchisme le plus basique, je trouve que tes propos sont un peu extrême. C'est comme si tu considérait que les hommes n'étaient que des imbéciles égoistes et assoiffés de pouvoir alors que les femmes seraient pleine de vertues. Même s'il est vrai que la société, et c'est vrai surtout en France, n'est pas suffisamment paritaire, tu ne peux pas résumer les choses ainsi. Moi aussi j'ai été interloqué par les réactions suscités concernant Ségolène Royal. Je trouve surprenant qu'en France on se pose la question de savoir s'il était envisageable qu'une femme devienne présidente, alors qu'en Finlande, en Allemagne, au Chili, aux Philippines, etc... c'est déja le cas.
Malheureusement pour vous les femmes, la première des inégalités vous concernant est physiologique. Par exemple, ce qui explique la différence de salaire entre les hommes et les femmes, à mon sens, est qu'une femme est une susceptible de tomber enceinte, entrainant un congé de maternité. Un salaire proposé plus faible vise à desinciter les femmes pour cette raison. Pour vous libérer totalement de cette injustice, il faudrait inventer l'uterus artificiel. Attention, j'anticipe déjà que l'on va déformer mes propos en disant que je suis machiste et que je trouve normal que les femmes soit moins bien payé. C'est faux.
@+
Ecrit par : Alex | 31.03.2006
Alex, le bonheur d'être mère, malheureusement vous ne le connaîtrez jamais. Et je peux bien vous imaginer en train de câliner l'utérus artificiel qui vous aurait donné le jour ...
Plus sérieusement, vous aurez probablement remarqué que les femmes ne sont pas enceintes pendant leurs 40 ans de travail. Mais pendant 40 ans, elles sont payées 25% de moins que les hommes. Vous aurez remarqué également que les femmes "fabriquent" des enfants qui travailleront pour vous payer votre retraite, alors autant leur donner toutes les chances d'être en pleine forme, c'est pourquoi un petit investissement "congé maternité" mutualisé ne me semble pas superflu. C'est même carrément une action intelligente à long terme.
On n'est plus dans le sujet d'origine, cher Alex. Nous allons attendre que Corinne Lepage se manifeste dans ce domaine si vaste et peut-être vous répondre.
Ecrit par : pathigora | 01.04.2006
Un peu de respect s'il vous plait, tout le monde n'a pas votre sens de l'humour ;-)
Ecrit par : Benoit | 01.04.2006
Il ne s'agit pas d'humour, Benoït et vous le savez très bien. Heureusement que nous sommes le 1er avril, vous me rassurez. Si ce n'était une blague qu'un homme rappelle au respect une femme qui défend les femmes, il y aurait de quoi se faire vraiment du souci !
Ecrit par : pathigora | 01.04.2006
premier avril
un poisson que j'ai bien aimé
je vous le transmets pour se détendre
Le Requiem du CPE
Dans la rue comme un gueux
Je Crie, je hurle comme tous ceux
Qui ne veulent pas du CPE.
Ah que je suis bien malheureux
D’avoir voté Chirac en 2002 !
Bien sûr fallait barrer LE PEN
Et je ne voulais plus de JOSPIN
Alors j’ai eu le RAFFARIN
Puis j’me coltine le grand VILLPIN
Qui veut me précariser sans fin.
Ah que je suis bien malheureux
D’avoir voté Chirac en 2002 !
Je crie, je hurle contre le CPE.
Pour bosser et dire :« adieu ANPE »
Il faut attendre de devenir Vieux
Quand on a moins de 26 ans
La précarité c’est maintenant !
Si t’as pas l’aide d’ papa maman,
Avec le CPE t’auras que du vent,
Et tu te trouveras sans logement.
Ah que je suis bien malheureux
D’avoir voté Chirac en 2002 !
Si ça continue j’deviendrai pas vieux
Car après avoir bossé en CPE
Je mourrai pauvre en CNE
Et croyez moi c’est pas banal
Y’a le Hollande et la Royal
Qui jouent à l’anti-libéral
Alors qu’ils ont donné leur aval
En disant oui à la Banque Central.
Ah que je serai bien malheureux
De devoir voter rien que pour eux
Si j’ai pas l’choix comme en 2002.
Mais comme l’autre fois se serait mieux
Q’l’union des non entre dans l’jeu !
Alors on dirait au revoir à VILLEPIN,
A Hollande, Royal et RAFFARIN,
Et Speedy Nicolas serait bredouille.
Pour nous sortir de ce sac d’embrouille,
Faudrait ensemble se gratter..…la tête
Voir qu’sans les partis se serait la fête,
Et si l’espoir ne tient plus qu’à un fil
En Agde au moins, votez la société civil
Le tout petit poète
Stéphane Ravaille
Agrégé d’économie / gestion
Qui est-ce ? - Fiche TrominosCap : [ cliquez ici ]
PS Si cet article vous fait réagir, n’hésitez pas à me communiquer vos réactions par Émail à l’adresse suivante : 100.commentaires@caramail.com
Stéphane Ravaille (27-03-06)
Ecrit par : patachou | 01.04.2006
Pathigora,
La société ne rend pas ce qu'elle doit au femme en ce qui concerne la procréation et c'est une injustice. Ce que je voulais dire dans mes propos (qui on été déformé, mais je m'en doutais), ce n'est pas que c'est normal de sous-payer les femmes, c'est que ça s'explique par autre chose que des arguments purement machiste du style "qui va garder les enfants". Si une femme est payé 25% de moins toute ça vie , c'est à mon avis en premier lieu parce qu'elle peut potentiellement enfanter. Il est clair que la rétribution de la société n'existe pas, alors que pourtant tout le monde aurait a y gagner. Mais un patron préférera que ce soit une autre entreprise qui s'en charge. C'est le problème bien connu du "passager clandestin", on souhaite que ce soit les autres qui supporte les frais pouvant bénéficier à tous.
Un point quand même concernant la démographie, qui n'a rien a voir avec la condition des femmes. Je considère pour ma part que Malthus avait partiellement raison. Au XIXe siècle, il pronait la limitation des naissances car il considérait que l'agriculture ne pourrait pas suivre, entrainant une vaste famine. En raison du progrès technique, les faits anticipés ne se sont pas réalisé. Mais je crois que ne pas faire d'enfant aujourd'hui est presque un acte civique. Il me semble évident que la planète est surpeuplée, alors que les besoins de chacun vont grandissant, entrainant une surconsommation des ressources et une accumulation des pollutions de toute sorte. Cette argument rejoint ceux de la croissance 0.
Enfin, revenons au CPE. Je ne comprend plus les manifestants. Chirac a décidé d'assouplir la loi sur les points litigieux et ils veulent continuer le mouvement et l'amplifier. Franchement, ça devient du n'importe quoi. Ils veulent à tout prix le retrait du CPE, mais pourquoi en realité, puisque les principe fondamentaux de ce contrats ne me semble pas tellement "précarisant", excepté sur le licenciement sans motif (qui n'y sera plus) et la période d'essai (qui a été ramené à 1 an). Excusez moi du terme, mais c'est du jusqu'au-boutisme bête.
@+
Ecrit par : Alex | 02.04.2006
"les jeunes condamnés à louer" selon Alex je crois...
C'est tout de même dans l'ordre des choses. En quoi louer un appart' ferait d'un jeune français une victime? Il y en a qui sont SDF ou mal logés... Que tout jeune puisse être propriétaire à 25 ans, n' est-ce pas un peu exagéré comme demande? ET n'est-ce pas triste de voir des jeunes qui aspirent à devenier propriétaire? Etre jeune, c'est être propriétaire... SI on m'avait dit ça y'a 15 ans, je n'y aurais pa cru!!!
"les jeunes doutent de leur avenir"...
oui, et les entreprises aussi. Voilà pourquoi elles hasitent avant d'embaucher car pour elles c'est un mariage qui peut coûter cher si elles se sont trompées... SI on comprend la panne d'avenir des jeunes, il faut aussi reconnaître qu'elle est la même chez les entreprises...
Plus personne n'a de visibilité en fait. Riche ou pauvre. EMployé ou employeur...
"Croissance 0,c'est un choix quon peut faire quand on se sent à l'abri"... Je ne sais plus lequel d'entre vous l'a écrit, mais c'est très vrai je crois...
Ca m'amène à l'idée saint simonienne qui supposait que, le jour où les gens auraient suffisamment pour se nourrir, se loger, s'éduquer, ils donneraient automatiquement aux plus démunis les surplus... On enest loin, car la cupidité sévit.
Pour autant, cette idée que "quand on se sent à l'abri, on peut opter pour la croissance 0" revient un peu à ça. C'est mon cas aussi. ET je connais finallement pas mal de gens qui sont dans cette optique. Minoritaires, mais bien réels...
Benoît : tu dis que le MEDEF ne veut pas du CPE... c'est en partie inexact. Laurence PARISOT était hier maytin sur France INter. Elle a ouvert en grand une porte pour le dialogue avec les syndicats, notamment sur les point sd'achoppement. Mais elle a confirmé que le MEDEF avait besoin d'un contrat de ce type.
Une statistique aussi, à ceux qui raissonnent en termes de "vases communiquant"...
Les ordinateurs devaient nous fairte entrer dans l'ère sans papiers...
Les départs en pré-retraite étaient des places qui se lkibèraient pour les jeunes...
Les départs à la retraite des enfants du bébé-boum devaient embaucher les jeunes...
Je suis bien d'avis que l'emploi entraîne l'emploi, et non qu'un emploi libéré pour un plus jeune puisse change quoique ce soit...
Enfin, bien que nous soyons le 2 avril, et que je sois un homme, je me sens plus proche de Pathigora que d'Alex.
Le sexe masculin est peut-être dit "fort" parce qu'il est consubstantiellement belliqueux.... à moins que ce ne soit parce des deux sexes, c'est lui qui taquine le plus aux narines ! ;)
Alexis
Ecrit par : Alexis | 02.04.2006
Petit texte de réflexion pour Pathigora et Alex.
"L'acquisition de la connaissance, la prise de conscience, implique la découverte de sa propre androgynie.
La conscience et l'androgynie sont deux attributs fondamentaux de la divinité.
Qui plus est, la conscience et l'androgynie impliquant la perfection, la divinité est donc immortelle.
Elle est immortelle parce que l'immortalité est l'attribut de la perfection, et la perfection, à son tour, signifie personnalité non divisée.
L'individu ignorant de sa double nature ne fonctionne qu'avec la moitié de son être, sa personnalité est divisée et il vit dans la détresse spirituelle. Inversement, celui qui prend conscience de sa double personnalité partage les attributs divins".
Rien de sexuel dans ce texte sauf que l'homme est une femme comme les autres (et inversement), et qu'aujourd'hui encore, on paye une opposition issue du christianisme et de l'islam.
L'immortalité n'est rien d'autre que la continuité de l'homme et la femme par l'enfant.
Nous ne sommes pas des antagonismes mais des complémentarités ; et s'il faut rétablir une égalité sociétale peut-être doit on le faire par des textes de lois.
Le texte ci dessus à près de cinq mille ans, on peut se demander ou est notre évolution.
Ecrit par : jf broggio | 02.04.2006
Alexis,
Lorsque j'ai parlé de la location immobilière, je voulais en réalité mettre en opposition notre condition actuelle et celle de nos parents. A 25 ans mes parents était déja marié et propriétaire avec une situation stable, mais le coût de la construction n'était pas du tout le même. Aujourd'hui, j'ai 25 ans, je n'ai pas l'intention de me marier ni d'être propriétaire, ni même d'avoir un CDI. Je ne me plaint pas du tout de ma condition et je m'estime chanceux car mon travail me passionne.
Par contre, ce que je voulais souligner, c'est l'augmentation récente du cout de l'achat immobilier qui fait que ma génération deviendra propriétaire plus difficilement. Que ce soit bien ou pas, chacun l'interprète comme il veut tout compte fait.
Concernant l'autre débat (je vais commencer à regretter d'être intervenu), je le dit haut et fort JE NE SUIS PAS UN MACHO, et je suis tout à fait solidaire de la condition des femmes. j'ai juste voulu présenter les faits d'une façon pragmatique. Comme d'habitude, lorsque l'on parle de l'égalité homme femme, les ideaux prime sur la raison. Les ideaux c'est la discrimination positive: 50% d'hommes et 50% de femmes, voire dire que le monde ne tourne pas rond a cause du déficit de femme en politique. La raison c'est permettre le plus possible d'accéder au fonction et aux postes qu'elles souhaitent, à des conditions et des salaires égaux aux hommes. Au final on aura peut-être 60%/40% ou 40%/60%, mais c'est pas le chiffre qui est important, c'est l'accessibilité. Peut-être que le monde ne tournera toujours pas rond, mais au moins il sera un peu plus juste.
La raison c'est aussi dire que les hommes et les femmes sont différents sur plusieurs aspects. Vous même, Pathigora, vous l'admettez implicitement en affirmant qu'une politicienne est meilleure qu'un politicien. Remarquez que je n'ai pas remis en cause cet argument. Je pense juste qu'affirmer que tous les maux viennent du manque de femmes en politique est un peu réducteur. De même, si les conducteurs de bus sont majoritairement des conductrices, c'est parce qu'elle sont en général plus prudentes et maîtres de leur véhicule. Un dernier exemple, les femmes sont capables de faire deux choses à la fois car leur hemisphère gauche et droit sont reliés entre eux, ce qui leur permet de coordonner leur mouvement tout en soutenant une discussion. Pas chez les hommes.
Désolé pour cette digression.
@+, JE NE SUIS PAS UN MACHO, et vive les femmes.
Ecrit par : Alex | 02.04.2006
Alex, relisez consciencieusement jfbroggio que je remercie pour son intervention. Vos propos ne sont effectivement pas ceux d'un macho mais celle d'une personne très jeune et pour l'instant un peu dénuée de discernement, si vous me permettez. Néanmoins je souhaiterais que vous ne me pretiez pas des "affirmations" (qui ne peuvent être "implicites"...) que je n'ai pas faites. Je prétends (et je n'ai rien inventé) que la complémentarité des hommes et des femmes est essentielle dans l'élaboration d'un projet quel qu'il soit, en particulier un projet politique.
Quant aux conductrices de bus, j'ose espérer qu'elles sont embauchées exactement sur les mêmes critères que les hommes, c'est-à-dire avec le permis idoine. Point.
Par ailleurs, quant aux particularités féminines, il en existe de même pour les hommes, ce qui nous conforte dans le fait d'additionner nos talents respectifs, c'est très bon pour la créativité, et c'est précisément cela qui fait défaut depuis longtemps aux gouvernements qui se succèdent.
Etre propriétaire ou pas ne me semble pas être le problème du jour. C'est celui de l'accès au logement en général qui est en question. Le CPE effectivement ne permettra pas de pouvoir se loger et c'est le plus grave. Dans quelles conditions psychologiques peut-on travailler et être performant quand on ne sait pas où poser ses valises en rentrant le soir ? Les logeurs n'auront aucune garantie, à juste titre, d'être payés. Alors, au lieu d'installer à la va-vite ce projet, il eut fallu au préalable et sérieusement, régler ce problème. Parmi d'autres.
Ecrit par : pathigora | 02.04.2006
Pathigora,
Je suis tout à fait d'accord. Mais ne mêlons pas la religion, sous peine de complexifier encore plus les choses.
@+
Ecrit par : Alex | 03.04.2006
Le but n'est pas de méler les religions mais d'expliquer leur héritage parfois déformé.
Ecrit par : jf broggio | 03.04.2006
Le but n'est pas de méler les religions mais d'expliquer leur héritage parfois déformé.
Ecrit par : jf broggio | 03.04.2006
Le but n'est pas de méler les religions mais d'expliquer leur héritage parfois déformé.
Ecrit par : jf broggio | 03.04.2006
Jf Broggio,
Désolé, c'était de l'humour de mauvais goût. D'ailleurs je crois bien que le statut de la femme était bien mieux valorisé aux premiers temps du christianisme et de l'Islam, et c'est dégradé pendant le moyen-age. Mais je m'avance peut-être.
@+
Ecrit par : Alex | 04.04.2006
Bonjour,
On peut lire dans le courrier international du 6 Avril un article tiré d'El Pais à propos de la crise du CPE. Il y est dit que le CPE n'existe pas en espagne, mais que les jeunes espagnol se sente autant menacés par la précarité que les français. D'ailleurs, des jeunes espagnols ont manifestés au coté des français.
Ne serait ce pas en contradiction avec ce qui a été dit en France. Je croyait qu'un contrat similaire au CPE avait été mis en espagne. Si oui, quelle conséquence a-t-il eu sur l'économie et la qualité de vie?
@+
Ecrit par : Alex | 08.04.2006
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