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12.10.2006

Pour que notre futur ait un avenir


Depuis 30 ans, je me bats comme avocate ou responsable associatif contre la destruction de notre environnement. J'ai eu l'honneur, à ce titre, d'être classée par le Programme des Nations Unies pour l'Environnement parmi les 25 femmes dans le monde qui agissent pour l'environnement.

La prise en compte des facteurs environnementaux est aujourd'hui fondamentale. Nous ne pouvons plus concevoir d'action dans les sphères économiques, politiques ou sociales sans mesurer leur impact environnemental. Plus que de l'inconscience, c'est un acte criminel dont nous paierons les conséquences dans les dix ans à venir. Oui, seuls deux mandats présidentiels nous séparent de l'irrémédiable.

Oui, je suis candidate à l'élection présidentielle, et à ce titre, je défends un programme innovant qui place l'écologie au centre de notre vie démocratique. Mais je n'ai pas le monopole de la raison. Le temps des constats est derrière nous, nous entrons dans l'ère des solutions.

Pour cela, j'appelle toutes les candidates et tous les candidats à s'engager dans le respect de ces dix points qui sont le minimum vital.

Par-delà nos différences réelles, nous appelons à l'engagement de réformes structurelles minimisant notre emprise sur notre Terre. Nous signons cet appel et nous nous engageons une fois au pouvoir à bâtir toute politique dans le respect de ces dix points comme socle préalable à toute politique.

   1. Climat : Mise en place d'une politique ambitieuse de réduction de nos émissions de GES a minima de 20% en 5 ans.
   2. Recherche : Mise en place d'une procédure contradictoire scientifique pour toutes nouvelles technologies avant sa mise sur le marché ou essai à grande échelle (OGM, nanotechnologie…). Application d'un véritable principe de précaution.
   3. Energie : Mise en place d'une politique nationale d'économie d'énergie (lieux publics, entreprises, particuliers…) et développement des ENR. Moratoire sur l'EPR.
   4. Agriculture : Mise en place d'une politique agricole respectueuse de l'environnement en favorisant la filière de l'agriculture biologique et en divisant par deux l'usage des produits chimiques dans la filière classique. Abandon des pratiques agricoles surconsommatrices d'eau. Moratoire sur les OGM.
   5. Transport : Moratoire sur les autoroutes et report des crédits affectés sur des projets de transports collectifs et de frets à faible émission de CO2.
   6. Fiscalité : Mise en place d'une fiscalité favorisant l'émergence des Nouvelles Technologies Environnementales et leur financement. Arrêt des aides publiques aux activités destructrices de l'environnement.
   7. Santé : Interdiction des produits contenant des substances cancérigènes identifiées par le programme REACH.
   8. Déchets : Moratoire sur les incinérateurs et mise en place d'une politique de réduction à la source.
   9. Biodiversité : Interdiction des importations de produits portant atteinte à la biodiversité.
   10. International : Création d'une organisation mondiale pour l'environnement dotée d'un budget spécifique de financement de projets de développement respectueux de l'environnement et d'un tribunal international de lutte contre la pollution.

Corinne Lepage.

Communiqué de presse du 12/10/2006

 

Commentaires

Bonjour Corinne,


Mon blog a changé, et je viens vous demandez si vous êtes d'accord avec ce que j'ai écris.
http://pensee-unique.over-blog.com

Jérôme

Ecrit par : Gagniarre | 12.10.2006

Je fais écho à votre communiqué de presse d'hier, 12/10/06, qui comprend notamment le socle en 10 points de votre programme.

Il est très encourageant de voir que ces 10 points touchent à des problématiques précises et circonscrites.

Je vois en revanche 3 points sur lesquels j'aimerais connaître votre position.

Le 1er concerne le développement d'un véritable commerce équitable, qui je pense devrait aller un peu plus loin que le commerce "de" l'équitable a minima institutionalisé par l'article 60 de la loi d'août 2005, qui le réduit à un axe Nord-Sud très limitatif. Pour moi un vrai commerce équitable se doit de prendre en compte les enjeux du développement durable en privilégiant une démarche commerciale qui n’est pas préjudiciable à court ou moyen terme à l’équilibre environnemental, économique et social des zones où elle est déclinée. Donc s'appliquer, si l'on considère le maintien de cet équilibre, à l'ensemble de la filière commerciale en France, afin de privilégier le développement des tissus économiques locaux.

Le 2ème concerne le développement des énergies renouvelables. Promouvoir le bioéthanol e85 est un début, mais il ne faut pas perdre de vue qu'il ne s'agit là que d'une étape transitoire, compte tenu du bilan énergétique limité (il faudrait cultiver toute la surface de l'hexagone pour n'arriver à couvrir que 25% du besoin énergétique globale, en privilégiant qui plus est des monocultures intensives totalement contradictoires avec les principes d'une politique agricole respectueuse de l'environnement). Il conviendrait ainsi de privilégier et soutenir la R&D d'autres énergies renouvelables, comme l'éolien et le solaire, en mettant enfin au point des techniques rentables et à grande échelle, de captation et de stockage de ces énergies. Il est clair qu'aujourd'hui les industries automobiles et chimiques ne sont guère enclines à s'investir lourdement dans des technologies qui ne sont pas encore de nature à satisfaire leurs actionnaires...

Le 3ème est en lien avec le précédent : il s'agit de la promotion et du soutien au développement de formations pragmatiques pour le développement durable, en prise réelle avec les besoins liés au développement indispensable de ces technologies. C'est bien de formations pragmatiques, concrètes, sur des filières, dont l'économie a besoin aujourd'hui, pas de surdiplômés en "master de gestion de la planète", "produits d'appel" d'écoles de commerce qui surfent sur cette "mode". Ces diplômés "transversaux" ne répondent pas aux besoins des entreprises, si l'on en croît leurs directeurs du développement durable, du moins ceux pour qui le développement durable n'est pas une superbe opportunité de récupération marketing. Un exemple : la licence "énergie éolienne", mise en place depuis le mois dernier par le Lycée polyvalent Astier, à Aubenas, dans l'Ardèche. On estime à 5000 le besoin de techniciens et ingénieurs d'exploitation dans ce domaine, et à cinq fois plus d'ici 2010...

Bien sincèrement,

Hervé Lange

Ecrit par : Hervé Lange | 13.10.2006

En janvier 2001, la France reconnaissait officiellement l'existence du génocide arménien de 1915.
Hier, l'Assemblée Nationale, bien que pauvre quantativement de députés courageux, étandait la loi "Gayssot" à la négation du génocide arménien.
La loi adoptée en première lecture n'est pas encore acquise totalement ; en effet, le texte maintenant doit passer devant le Sénat et le gouvernement (contre cette reconnaissance) peut ne pas inscrire cette loi en deuxième lecture.
Si ceci était le cas, nous aurions eu alors hier seulement une démarche de drague électoraliste envers la communauté arménienne pour mieux la cocufier après les élections.

Mais, au delà, du geste symbolique de cette adoption, il serait salutaire que la France, qui s'autorise à donner des leçons au monde, fasse son devoir de mémoire (et cette dernière est encore fraiche pour certains) pour sa co-responsabilité avec les Hutus du massacre de plus d'un million de Tutsis au Rwanda.

A partir de quel quantité d'Etres massacrés la France appel cela un génocide ? et surtout au bout de combien d'années de silence ? Peut-être faut-il remonter également à nos agissements en Algérie, à Madagascar, ou encore au Vietnam ? A ce décompte, aurions nous encore le privilège de donneur de leçons ?

Les socialistes, qui sont à l'origine de la proposition d'extension de la loi, veulent-ils par l'occasion racheter leurs silences pendant les massacres du Rwanda eux qui ont couvert le soutien de Mitterrand aux Hutus ?

En prenant cet exemple, nous voyons l'intérêt d'amender cette loi de façon non restrictive afin de ne jamais pouvoir établir de hiérarchie dans les génocides.

Il faudrait également que nos politiques tout comme nombres de journaliste, ne disent plus "le génocide du Rwanda" (ce qui a un côté négationniste) mais le génocide des Tutsis au Rwanda. Mais pour cela, il faudrait certainement que quelques uns, qui siègent à l'assemblée nationale, ne fussent pas déjà des élus (responsables mais pas coupables...) pendant la période mittérandienne ; d'où l'intérêt de limiter les mandats dans le temps pour que jamais plus notre Histoire et avec, notre devoir de mémoire, ne puissent être réduit qu'à une seule façon de voir les choses.

Ce texte n'est peut-être pas à sa place, mais au moment des élections, nous ne pourrons occulter aucun passage de notre Histoire pour préparer, enfin, un avenir serein.

Ecrit par : jf broggio | 13.10.2006

Madame Lepage,

Que pensez-vous du projet de construction d'un musée LVMH en plein bois de Boulogne. Conçu par l'architexte américain très "in" Frank Gehry, ce bâtiment qui devrait ressembler à un immense lapin en verre, atteint de la mixomatose, devrait amputer considérablement le bois de Boulogne. Ce semble projet semble poussé par l'UMP et le PS mais se heurte à de vives réactions de la population. Quel est votre sentiment à ce sujet ?

Nous comptons beaucoup sur vous.

Ecrit par : furgole | 15.10.2006

Pour Furgole,
Merci d’avoir réagi au projet de la Fondation LV et interpeller Madame Lepage pour avoir son avis. Architecte, engagée dans la démarche Qualité Environnementale, je ne peux que d’être en complet désaccord avec ce type de construction. La mégalomanie, le désire d’apparaître en toute arrogance et supériorité sont insupportable à nos jours. J’espère que les Parisiens s’organiseront pour contester ce projet et défendre leur environnement.

Ecrit par : V.Truchetet | 15.10.2006

Pour répondre a Furgole,

La perspective de la construction et de l'ouverture d'un nouveau lieu culturel dans Paris est une bonne chose.
Le faire à l'Ouest de Paris peut faire débat.
Reste que ce musée sera implanté au Jardin d'Acclimatation. Tout le monde sait que ce lieu est en décrépitude, et qu'il a besoin d'un sérieux coup de fouet pour retrouver la fréquentation qu'il a connu dans les années 80.
L'arrivée d'un musée ne peut être qu'une bonne chose, cela permettra de redynamiser cette partie du Bois.

Néanmoins, il semble que ce projet sonne comme une réponse au projet avorté de fondation concurrente sur l'Ile Seguin. Il ne faudrait donc pas que le Bois de Boulogne devienne l'arbitre d'une luttre entre Mecènes, mais plutot l'acteur de sa redynamisation au travers d'une concertation entre tous ses défenseurs, les élus, les habitants et ceux qui proposent d'apporter leur argent pour faire revivre le lieu.
Un seul objectif: la re-dynamisation du lieu. Attention donc aux querelles complémentaires qui pourraient naitre d'une concertation préalable, l'Interêt Général devra être concilié avec l'interêt du Bois, dans un esprit d'ouverture et d'écoute.
C'est ma position, elle n'engage que moi.

Ecrit par : fred007 | 16.10.2006

Afin d'avoir un aperçu du projet, ci dessou l'article du Batiactu :

L’architecte Frank O. Gehry et le P-dg du groupe de luxe LVMH Bernard Arnault ont dévoilé lundi la maquette de la future «Fondation Louis Vuitton pour la création» : une serre en forme de nuage posée dans le Jardin d’Acclimatation à Paris.

La «Fondation Louis Vuitton pour la création», présentée le 2 octobre à Paris, a pour projet de «faire découvrir au plus large public l’art des XXe et XXIe siècles, mais aussi les grands maîtres du passé». Bernard Arnault, président-directeur général de LVMH, explique que cette fondation sera un «lieu d’expositions thématiques autant qu’un lieu de débats, avec des programmes de conférences, des rencontres entre artistes, scientifiques, musiciens». L'investissement du groupe de luxe pour ce bâtiment de 6.000 m2 s’élève à 100 millions d'euros.
L’édifice occupera un hectare du Jardin d'Acclimatation, dans le 16ème arrondissement de Paris. Un site qui a inspiré l’architecte Frank O. Gehry. «Avec la proximité du bois de Boulogne et du Jardin d’Acclimatation, l’idée d’une serre s’est très vite imposée, raconte-t-il. La structure vitrée qui abrite les espaces d’exposition, semblable à un nuage, permettra aux visiteurs de profiter de la vue sur le jardin au fur et à mesure de leur parcours», détaille-t-il. Un jardin d’hiver sera même installé sous les toits. Le côté ludique et coloré de l’environnement proche est également intégré dans le bâtiment. «Les galeries sont articulées comme un jeu de cubes sculptés, indique l’architecte. Elles sont traitées en blanc, offrant ainsi un fond aux projections et aux installations des artistes. Aperçues de l’extérieur à travers la structure de verre, elles paraissent mystérieuses et changeantes». Ouverture au public fin 2009-début 2010.


Batiactu 02/10/2006

Ecrit par : V.Truchetet | 16.10.2006

Je suis désolé de voir que notre industrie n'investisse pas dans la production d'énergie à base de vent et de solaire et que les milliards de profit de Total et des autres sont perdu pour des générations entières qui devront payer leur énergie avec leur santé . Je vous remecie et continuer .

Ecrit par : ROBIN | 19.10.2006

Je mets ici ces quelques "impressions" n'ayant pas touvé, mais je ne suis pas très fort pour chercher...une rubrique EDUCATION... Par ailleurs, je m'excuse auprès de mes éminents devanciers et leurs interventions de qualité d'être au raz des paquerettes!!! mais bon ...


Je souhaite que sur le site ou le blog de CAP21 une place soit réservée à l'EDUCATION A LA NATURE.

Animateur nature "bénévole" d'une association naturaliste de Seine-Saint-Denis, je reçois des centaines d'enfants chaque année des écoles primaires du département.

Je suis effaré de la méconnaissance totale de la nature tant bien entendu des enfants, ce qui est normal, mais surtout des adultes, enseignants comme parents, qui les accompagnent.

Parisien de 60 ans, j'ai été un gamin de la rue…et le Paris des années 50, ne permettait pas aux gosses de cette époque de faire de grandes escapades "naturalistes" mais, pour beaucoup d'entre nous, le lien avec la campagne était encore très fort…Peu nombreux étaient ceux qui n'avaient pas un pépé ou un tonton avec un jardin voire quelques terres cultivées et une écurie…

Aujourd'hui, en Seine Saint Denis, une grande majorité de nos gamins du béton vivent dans des cités d'où ils ne sortent pratiquement jamais et ne peuvent apprendre à connaître cette nature avec laquelle ils vont devoir vivre.

Certains disent que ces mômes de "banlieue" d'aujourd'hui ne s'intéressent plus à rien, ne sont plus curieux, n'ont qu'un plaisir, les jeux électroniques etc

Rien n'est plus stupide. Il faut prendre le temps de leur montrer, de leur faire toucher la flore ou la faune, et pour nous adultes blasés, ce sont des moments de partage inoubliables.

Bien entendu, il est plus facile de faire comme cette grand-mère qui dit à son petit fils qui lui tend un marron: "laisse ça c'est sale!"

Alors, en Seine-Saint-Denis, comme ailleurs, donnons les moyens de travailler à ces "obscures" associations qui font du bon travail en leur permettant de miser sur le long terme et non pas en cavalant tout le temps.

Créons des Ecoles de la Nature comme il existe des Ecoles de Musique, de Sports, de Théatre ou d'Arts Plastiques. Pourquoi un enfant d'aujourd'hui, n'aurait il pas envie de faire de la "nature" comme on fait du sport ou de la musique?

Le département de Seine Saint Denis propose les BIENNALES DE L'ENVIRONNEMENT, la dernière s'est déroulée le 1 octobre.

Certes, certains disent que c'est une grande messe mais, on peut tout critiquer et comme moi ne pas être d'accord sur l'ensemble de cette manifestation mais, elle a le mérite d'exister.

Grande messe sûrement car l'on n'y rencontre des intervenants de qualité et l'on participe à des débats de haut niveau. Mais honnêtement, outre une petite minorité de public averti, comme vous sympathisants de CAP 21, qui peut prétendre comprendre ce qui est dit lors des différents colloques?

 Services publics et mondialisation : paradoxe ou opportunité ?
 Ecologie territoriale et industrielle : innover pour une gestion partenariale des ressources
 Bâtir sans détruire : les collectivités s’engagent pour la protection des forêts tropicales
 L’environnement nuit-il à la santé ?
 Guerre et paix : quels effets pour l’environnement ?
 Climat : le temps presse !
 Biodiversité et changements climatiques : une catastrophe annoncée
 Sortir de l’âge des énergies fossiles, produire et consommer autrement. Comment faire ?
 L’eau, du conflit à la solidarité
 La gestion des déchets ménagers en Île-de-France ?

Commençons par le commencement, apprenons aux enfants ce qu'est un arbre, une fleur une limace un écureuil…l'utilité d'un vers de terre, une mare…

Oui, commençons tout simplement par le commencement!

Bien amicalement et bonne chance à CAP 21 même si les chances sont minces de se faire entendre vu le matraquage médiatique: Ségo / Nico…

Ecrit par : Jacques Digard | 22.11.2006

merci pour ces commentaires très constructifs

Ecrit par : corinne lepage | 22.11.2006

Bonjour Corinne et tout d'abord Bravo!

Bravo pour votre engagement sans faille depuis 30 ans et surtout Bravo pour votre vision claire et réaliste des nécessités environnementales. Il n'est pas simple de concilier à la fois développement économique et respect de l'environnement et pourtant vous y parvenez à merveille!

Je suis à 100% d'accord avec votre politique de tarification des déchets à la source. A ce sujet, je tiens à valoriser les travaux d’un économiste français de l’environnement, Eric Glachant.

Il modélise parfaitement la situation actuelle de gestion des déchets en France. La politique française de gestion des déchets se divise en deux groupes. Les communes qui appliquent une taxe forfaitaire sur les déchets ménagers et les communes qui utilisent une tarification incitative.

La première tarification étant calculée en fonction du loyer fiscale alors que la seconde est calculée en fonction de la masse de déchets émis par le ménage.

En France le premier groupe reste encore majoritaire alors qu'une transition massive vers le second groupe serait préférable pour l’environnement car cela favoriserait la conscience environnementale (ou l’internalisation des externalités négatives liées au choix de production et de consommation).

Une tarification à la source élevée des déchets ménagers (c'est a dire aux entreprises productrices) permet d'assurer cette transition.

Eric Glachant expose le triple bénéfice d'une taxe en amont (du producteur) élevée.

Lorsque la commune a choisi une politique tarifaire incitative, une taxe en amont élevée permet de réduire le montant de la taxe en aval (du consommateur). Si le coût de cette taxe est faible, cela dissuade le consommateur de comportements frauduleux (jeter chez son voisin, mise en décharge sauvage) puisque ces comportements seraient plus onéreux (en terme de temps perdu) que de payer la taxe.

Ensuite, une taxe élevée en amont incite le consommateur à acheter des produits émettant moins de déchets puisqu'ils sont moins taxés et donc moins coûteux pour le consommateur.

Enfin, une tarification élevée en amont a le mérite d'influencer les municipalités à s'engager vers une politique de tarification des déchets incitatives. Puisque la taxe en aval imposée aux habitants devient moins importante que la taxe forfaitaire initialement fixée, les riverains sont plus heureux et favorisent la réélection de leurs dirigeants.


Alors vive la taxe en amont ! Je comprends que ce genre de mesure se heurte aux puissants lobbies de producteurs. En tout cas l'Allemagne l'a fait pourquoi pas nous? De plus les producteurs français ne seraient-ils pas avantagés par une augmentation des exportations? Des produits respectueux de l'environnement ne seraient-ils pas plus convoités par nos voisins européens dont les préoccupations environnementales sont de plus en plus affirmées. Dans ce sens, l'harmonisation fiscale pour la gestion des déchets au niveau européen est aussi une condition à la bonne réussite d'une telle politique.

Ecrit par : Vincent Frémondière | 02.12.2006

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