22.11.2006

La lettre de Corinne Lepage-n°9 - Habitat



CONSTRUIRE ET RÉNOVER ı

Le secteur du bâtiment a un impact environnemental,
économique et social considérable. Sur le plan environnemental, il transforme le paysage,
consomme de l’énergie (45 % de la demande énergétique en France), émet quantité de gaz à effet
de serre (25 % des rejets de CO2 dans l’atmosphère), produit des déchets. Il s’agit aujourd’hui de
minimiser cet impact, que ce soit lors de la fabrication des matériaux, lors de la construction et
de la démolition des bâtiments ou encore lors du recyclage ou de la valorisation des matériaux.

Télécharger la "Lettre de Corinne Lepage" n° 9 Election présidentielle

POUR LA FRANCE, CE QUE JE VOUS PROPOSE

1 Adopter un projet ambitieux de rénovation de 400 000 logements existants par an avec optimisation thermique
2 Créer un prêt à taux 0 pour la rénovation environnementale 3 Subordonner les permis de construire à la qualité
environnementale du projet
4 Individualiser les compteurs et responsabiliser les consommateurs
5 Taxer les bureaux illuminés
6 Intégrer les émissions de GES dans la taxe foncière
7 Adopter un programme de logements sociaux neufs à énergie positive
8 Sensibiliser à un usage responsable de l’eau, des déchets et du chauffage
9 Adopter une charte bâtiments publics neufs à énergie positive
10 Anticiper les conséquences du changement climatique (bio-climatisation, isolation…)

Commentaires

Bonjour à l'équipe et à madame Lepage

Mais .....

En Guyanne, il fait chaud, non ?
Donc, des constructions à économie de chaleur, ils n'en ont pas besoin !

Franchement, n'y a-t-il pas plus dramatique que de dépenser des sous ?
C'est bien beau de construire des tas de barraques chères et isolées, mais sans boulot, qui les achètera ???????

A moins que le parti des verts ne se préoccupent que des questions de verdure !!!!!

Cordialement

Ecrit par : Yfig | 22.11.2006

Bonjour à l'équipe et à madame Lepage

Mais .....

En Guyanne, il fait chaud, non ?
Donc, des constructions à économie de chaleur, ils n'en ont pas besoin !

Franchement, n'y a-t-il pas plus dramatique que de dépenser des sous ?
C'est bien beau de construire des tas de barraques chères et isolées, mais sans boulot, qui les achètera ???????

A moins que le parti des verts ne se préoccupe que des questions de verdure !!!!!

Cordialement

Ecrit par : Yfig | 22.11.2006

Bonjour à l'équipe et à madame Lepage

Mais .....

En Guyanne, il fait chaud, non ?
Donc, des constructions à économie de chaleur, ils n'en ont pas besoin !

Franchement, n'y a-t-il pas plus urgent que de dépenser des sous ?
Il est toujours temps de dépenser ..... quand on a des pépettes !!!

C'est bien beau de construire des tas de barraques chères et isolées, mais sans boulot, qui les achètera ???????

A moins que le parti des verts ne se préoccupe que des questions de verdure !!!!!

Cordialement

Ecrit par : Yfig | 22.11.2006

OUPS !!!!!


J'ai fait des corrections, mais il a enregistré toutes les versions !!!!!

désolé !

Ecrit par : Yfig | 22.11.2006

Bonjour,

dans l'usage de l'eau, il me semble qu'il faudrait imposer dans les bâtiments publics neufs des systèmes de récupération des eaux de pluie pour l'alimentation des toilettes, les eaux de machines à laver et l'arrosage.
les particuliers bénéficient d'une réduction d'impôts qui est passée de 40 à 15 % du montant des travaux à hauteur de 5000 €. le taux initial me semble plus incitatif.
Pour les Assainissements Non Collectif, ou individuels, la norme actuelle impose une obligation de moyen et non de résultat. de plus, les moyens proposés ne permettent pas, le plus souvent, de contrôler de la qualité des eaux (infiltration). Ne peut on pas s'aligner sur les normes européennes et imposer une obligation de résultat épuratoire aux ANC.

Amicalement

Ecrit par : Charles DARIDON | 22.11.2006

Et pourquoi ne pas imposer l'optimisation de l'isolation, à chaque mutation, donc quand le logement est vide, à la charge de l'acheteur, avec un prêt à 0%, en partie remboursable par l'économie d'énergie réalisée. Comme les gens ont un budget limité, cela fera baisser un peu les prix scandaleux de l'immobilier. Le top serait d'imposer ou de favoriser l'isolation avec des matériaux écologiques.

Ecrit par : Thouvenin Jean-Luc | 22.11.2006

Et pourquoi ne pas imposer l'optimisation de l'isolation, à chaque mutation, donc quand le logement est vide, à la charge de l'acheteur, avec un prêt à 0%, en partie remboursable par l'économie d'énergie réalisée. Comme les gens ont un budget limité, cela fera baisser un peu les prix scandaleux de l'immobilier. Le top serait d'imposer ou de favoriser l'isolation avec des matériaux écologiques.

Ecrit par : Thouvenin Jean-Luc | 22.11.2006

Les toilettes à eau sont une aberration. Il faut promouvoir les toilettes sèches. Même l'eau de pluie peut être récupérée pour un usage plus utile.

Ecrit par : Jean-Luc Thouvenin | 22.11.2006

Bonjour,

Pour répondre au commentaire précédent, j'imagine que se protéger de la chaleur et du froid relève des mêmes préoccupations...

Plus sérieusement sur les propositions ci-dessus, voici ma réaction :

Ces points apparaissent comme des lieux communs. Bien entendu qu'il faut le faire et encourager toute initiative et accorder les crédits nécessaires. Je vous suis à 100%.

Se pose quand-même la question du financement (prêts, logements sociaux, etc.). Nous sommes déjà taxés à mort (Revenu, TVA, Cotisations diverses et variées, Charges sociales, etc.), que proposez-vous de concret à ce sujet ?

Merci d'avance,

Ecrit par : FC | 22.11.2006

Favoriser la rénovation "écologique" me semble une bonne idée, notamment pour le logement social.

Taxer les bureaux illuminés, pourquoi pas, mais cela me semble un peu démagogique car comment faire? Faudra-t-il compter les ampoules? Comment traiter les ampoules basses consommations par rapport aux ampoules à incandescence? Dans le même ordre d'idée, pourquoi ne pas, taxer les entreprises qui n'éteignent pas (ou ne font pas éteindre) le matériel informatique?

Par contre ce qui a plus retenu mon attention, et qui peu avoir un effet collatéral est la proposition de taxer les GES. Cela veut il dire que l'on doit passer au tout électrique? et comment faire quand on a peu de moyen pour changer de chaudière pour une chaudière plus économe. Je ne crois pas que ce soit par choix que l'on utilise des vieilles chaudières comburivores.
A titre d'information, pour une famille de 6-7 personnes, changer une chaudière fioul coute en gros 6000 à 7000€ ; passer à une chaudière bois, associée à des panneaux solaires pour l'eau chaude sanitaire coute plus de 20000€!, faites le calcul, sans aide "significative" le passage aux énergies renouvelables est très lourd voir impossible financièrement.
Attention à ne pas "surtaxer" les plus pauvres...

Ecrit par : Bertrand Bitaud | 22.11.2006

Aucun investissement écologique n'est "cher". Car on récupère sur la facture énergétique ce que l'on a investi. Ce qui est cher et peu urgent c'est notre façon boulimique de consommer à court terme.

Ecrit par : Tovi | 22.11.2006

construire écologique je veux bien mais il faudrait qu'il yai des terrains disponibles en dehors des promoteurs qui n'ont aucune compétences ds ce type d'habitat;et les copropriété déjà contruite faire des travaux de rénovation pour diminuer les conso d'énergie ou simplement baissé d'un degré la température des appartement il faut convaicre aux assenblée gé nérales ...pas facile du tout (je le sais je fais partie d'un conseil syndical)

Ecrit par : patrick belliard | 22.11.2006

Pour tous ceux qui s'intéressent à l'Habitat Economique et Ecologique et tous les secteurs qui touchent de près ou de loin à l'économie au service de l'Environnement, à la fin du mois sort le nouveau livre blanc d'Ecoresp ou vous trouverez une partie de vos propositions ci-dessus ainsi que bien d'autres qui risquent de vous surprendre agréablement.
Ca avance, ça avance...

Ecrit par : jf broggio | 22.11.2006

Compteurs individuels : très bien. Il faudrait aussi revoir les principes de facturation d'eau et d'énergie pour que les tarifs soient progressifs au dessus d'un certain seuil (fixé , par exemple, en fonction du nombre d'habitants retenu pour la taxe d'habitation ) alors qu'aujourd'hui ils sont dégressifs.
Cordialement;
Dominique Planchon.

Ecrit par : Dominique Planchon | 22.11.2006

Pour apporter ma pierre aux différentes suggestions (dont certaines sont interessantes et d'autres à mon avis excessives), il faudrait promouvoir, par un moyen restant à définir (obligation, incitations fiscales ou financières,...) le bilan enegétique actuel des habitations et un analyse chiffrée des solutions alternatives possibles (isolation, nouveau moyen de chauffage ...) avec calcul du retour sur investissment.

Ecrit par : rdp | 23.11.2006

Bonjour
Je suis architecte à Lyon et si je suis sensible aux divers propos de ce blog, il faut reconnaître que notre situation est extrêmement complexe :

déséquilibre entre l'offre et la demande de l'immobilier, car insuffisance du parc immobilier en zone urbaine
hausse des prix impossible à réguler, au détriment des classes moyennes et des plus démunis
charges et taxes diverses qui asphyxient les meilleures volontés (pour une profession libérale, par exemple, plus de 55% des revenus)
rénover un bâtiment à l'aide de matériaux dits écologiques et de systèmes de production d'énergie économes tout en assurant une bonne isolation coûte plus cher à l'investissement et représente donc un investissement à moyen ou long terme, ce qui est plus difficile à mettre en œuvre actuellement car le retour sur investissement n'est pas immédiat

Sans aides de l'état significatives, incitations fiscales, baisse de la tva dans tous les secteurs du bâtiments par exemple, souplesse de la législation à améliorer, etc. , la rénovation urbaine du parc immobilier restera un vœux pieu.

Merci d'œuvrer dans ce sens car sans votre aide, les architectes sont de plus en plus isolés et impuissants face à la voracité des promoteurs. La haute qualité environnementale est au cœur d'un débat formidable et ne doit pas en rester là. Mais c'est un travail d'équipe avec un vrai partenariat entre élus, promoteurs, architectes et utilisateurs qui permettra de mettre en œuvre concrètement les solutions techniques et architecturales déjà mises en œuvre dans d'autres pays européens comme l'Allemagne par exemple.

Ecrit par : Lionel de Gournay | 23.11.2006

Bonjour,

Tout à fait d'accord avec Lionel de Gournay. Les couts de l'immobilier sont beaucoup trop élevés pour permettre le développement d'un habitat de qualité. Je vous fait part de mon expéience.
Nous sommes un jeune couple, un enfant, classe moyenne qui ne peut compter que sur son salaire pour se loger (revenu de l'ordre de 3000 euro net/mois). Nous avons un projet de construction de maison bioclimatique (vu notre budget nous songeons à construire plus petit que nécessaire) et nous cherchons un terrain depuis un an. Tout est trop cher...
Rénover une ruine : impensable, la ruine est vendue au montant de notre budget, nous ne pourrions plus faire les travaux.
Pour rentrer dans nos budgets il faudrait vivre : à plus de 50 km de nos lieux de travail et loin d'une gare (au niveau écologique et économique c'est impensable), mettre une maison de constructeur d'une valeur égale, voire inférieure à celle du prix du terrain, ces deux solutions sont impensables.
Du coup nous continuons de vivre dans une vieille maison très mal isolée, nous chauffons un maximum pour obtenir péniblement 18° dans les pièces et payons un maximum en électricité (+/- 2000 euro/an).

Nous ne faisons pas parti des personnes défavorisées (enfin nous ne pensons pas), notre revenu est supérieur à la moyenne des français, notre projet n'est pas extraordinaire étant donné que nous avons tous les deux toujours connu ce type d'habitat dans notre vie avec des parents ayant des revenus moins élevés.

Je reprends donc vos propositions une à une :

1 Adopter un projet ambitieux de rénovation de 400 000 logements existants par an avec optimisation thermique ----> Qu'advient-il des personnes ne pouvant ni devenir propriétaires ni accéder à ces logements rénovés ? Sont-elles condamner à des factures énergétiques délirantes ?

2 Créer un prêt à taux 0 pour la rénovation environnementale ----> Pourquoi pas ?, mais il faut que les gens prennent conscience de la rentabilité d'une telle rénovation et qu'ils aient les moyens de rajouter sur le crédit initial.

3 Subordonner les permis de construire à la qualité environnementale du projet ---> C'est une très bonne idée si cela ne repousse pas plus loin la possibilité pour les classes moyennes d'accéder à la propriété.

4 Individualiser les compteurs et responsabiliser les consommateurs ---> Pour cela il faut-être propriétaire, un locataire n'a pas d'incidence à ce niveau là.

5 Taxer les bureaux illuminés ---> Cela va de soi...

6 Intégrer les émissions de GES dans la taxe foncière ---> Bonne idée, mais attention à ne pas étouffer les propriétaires non plus, les jeunes acquéreurs ont souvent des mensualités de remboursement déjà très élevées.

7 Adopter un programme de logements sociaux neufs à énergie positive---> Oui, il est normal d'aider les plus faible à revenus à éviter les dépenses inutiles.

8 Sensibiliser à un usage responsable de l’eau, des déchets et du chauffage ---> Là je ne vois pas quoi dire, parfait...

9 Adopter une charte bâtiments publics neufs à énergie positive---> Logiquement c'est à l'Etat, aux départements ou aux régions de montrer l'exemple et de tout mettre en oeuvre pour que les projets soient le plus rentables possibles et les charges de fonctionnement les plus légères possibles pour les contribuables. Surtout que les fonds de départ sont plus faciles à débloquer pour une collectivité que pour un particulier.

10 Anticiper les conséquences du changement climatique (bio-climatisation, isolation…)---> S'inscrire dans l'avenir devrait être l'objectif de tous projets voués à durer dans le temps (mais certaines architectures actuelles sont-elles construites pour durer dans le temps ?).

Ecrit par : DL | 23.11.2006

il ne s'agit ici que de quelques propositions. l'ensemble du sujet et en particulier la question des fiannceemnts sera traitée dans Ecoresp 2 Qui sort le 30 novembre

Ecrit par : corinne lepage | 23.11.2006

Effectivement, cher DL, pour reprendre le dernier point, parler de développement durable implique de parler d'architecture, d'urbanisation, de matériaux durables, etc.

Or je ne suis pas convaincu que ces axes de travail soient au coeur des préocupations de nos dirigeants politiques.

Certes, des efforts sont faits et des réalisations exemplaires voient tout de même le jour. Mais quelle energie il faut dépenser pour convaincre nos élus, clients, administrations !!!

Nous savons quels matériaux mettre en oeuvre et comment, pour économiser de l'énergie et réaliser des conditions de vie saines pour habiter, travailler, être transportés ...

Mais pouvoir les mettre en oeuvre...
Les obstacles sont souvent nombreux, parfois insurmontables, toujours décourageants.

Ecrit par : Lionel de Gournay | 23.11.2006

Bonjour,

Il me semble que les réactions de ce fil sont assez symptomatiques. D'un côté, le citoyen qui n'a pas les moyens de faire construire propre et qui attend un coup de pouce de l'état, de l'autre l'architecte qui aimerait bien mais qui se heurte à l'inertie du système et à un législateur bien frileux, mal informé et sans doute sous l'influence des lobbies du bâtiment...
Rien de tout ça n'est vraiment faux. Mais ce débat m'a l'air déjà daté. Ces attitudes relèvent encore d'un certain attentisme, l'heure est maintenant à l'action, plus à la prospective.
Construire des logements basse énergie, on sait le faire, ça n'a rien de très complexe. On a d'abord besoin de matière grise plutôt que de technologie ou de nouveaux matériaux. Alors autant en faire son cheval de bataille dès aujourd'hui. La clientèle existe (je peux en témoigner, en ce qui concerne la maison individuelle) notamment parce qu'une frange de la population a déjà compris qu'il fallait arrêter l'hémorragie, construire mieux, et dès maintenant. Ce sont des particuliers, de plus en plus nombreux, de plus en plus informés, par le biais de forums et de blogs comme celui-ci, et décidés aujourd'hui à construire plus performant que ce qu'imposera sans doute la RT2015.

Dans ce secteur (maison individuelle) les lois restent assez permissives, on a donc une certaine liberté pour utiliser des techniques alternatives. Mais il reste des choses à faire dans le collectif et le tertiaire.
Il me semble que c'est là que le législateur devrait intervenir... et que malheureusement, c'est mou. La seule et unique façon, à mon sens, de forcer à construire plus performant sur ces secteurs, c'est de taxer l'énergie, pour invalider les solutions constructives rentables à court terme. On pourrait imaginer le système suivant : un tarif fonction de la consommation d'énergie (par tranches) avantageux dans les tranches basses et prohibitifs dans les tranches hautes. Pour le locatif, au-delà d'une certaine quantité (faible) suffisante pour couvrir en principe largement la consommation électrique domestique et le chauffage (qui ne doit rester qu'un appoint, quelle que soit l'énergie), le surplus devrait être supporté par le bailleur, au moins en partie.
Il faudra au moins 40 ans pour adapter le parc immobilier existant, autant commencer aujourd'hui à construire en accord avec les exigences de la décroissance énergétique.

RB

Ecrit par : Raphaël BOBEDA | 23.11.2006

lettre n°9: sur l'eau: précision sur le forfait d'eau pour les foyer à évaluer sur la composition de la famille,la consommation moyenne annuelle et après, alors augmentation du m3 - sinon !

Ecrit par : charrier | 23.11.2006

Aux dix points cités dans votre liste, peut etre faudrait-il rajouter un opus "maitrise du foncier".
Actuellement, et en m'excusant de contredire certains des commentaires, on peut construire écologique et à un cout global inférieur à la construction conventionnelle, avec des performances de très haut niveau.
Cela a été vérifié par des auteurs classiques du sujet, comme Olivier Sidler ou Jean pierre Oliva et bien d'autres.
Pour notre part nous le réalisons dans la pratique, assez quotidiennement.
On peut aussi construire un peu plus petit et de meilleure qualité.
Ceci étant dit, le problème du foncier reste essentiel, puisqu'il atteint dans certaines zones des valeurs de 1 à deux fois , voire plus, le prix de la maison à construire.
A ce problème financier "pur" peut s'ajouter en parallèle une autre dimension évoquée dans le dernier numéro de "l'écologiste" dans un article de deux pages, où l'auteur souligne la difficulté à gérer des problèmes d'empreinte écologique (et donc foncière par exemple) avec une population qui est passée de 40 à 60 millions d'habitants en quarante ans.
Il faut donc, en plus d'apprendre à raisonner en cout global, lorsque nous achetons un bien immobilier, apprendre à repenser notre urbanisme avec une empreinte humaine qui s'étend chaque jour.
Le réflexe qui consiste à se recroqueviller sur la théorie des centres denses, cher à nos urbanistes, est probablement déjà dépassé ou caduque.
A vos méninges, pour surfer entre la densité de l'hyper centre et son cortège d'inhumanité, et le mitage total de nos campagnes et son impossibilité écologique en l'état de nos systèmes (transports, réseaux divers, etc.)

Ecrit par : Roland STUDER | 23.11.2006

Tout à fait d'accord avec Roland Studer.

Le coût de l'habitat écologique et autonome est arrivé pratiquement au même niveau que l'habitat conventionnel (j'ai bien dit conventionnel et non traditionnel).
Et une chose importante est à souligner :
-Un habitat économique en énergie peut également être fait avec des produits d'isolation issus de la pétrochimie ou autre. Un habitat écologique n'est pas seulement un habitat qui consomme pas ou peu, il est avant tout un habitat où tous les matériaux utilisés garantissent une totalte innocuité sanitaire pour ceux qui les posent ou qui vivront à l'intérieur toute une vie.

Il est préférable de poser de la laine de mouton (ce n'est qu'un exemple) plutot que les laines minérales. essayer au contact vous aurez tous compris. Et si on tiens compte également de la durée de vie des matériaux, de l'énergie grise à la fabrication, et le taux de recyclabilité proche des 100 %, vous admettrez que la différence de coût est vite oubliée.

En ce qui concerne les maisons dites "sociales" type projet BORLOO (maison de 90 m² pour 100 000euros toujours en conventionnel), la maison autonome de 100 000 euros en matériaux écologiques existe également et pour une surface de 105 m². Qui à dit que l'écologique était plus cher ?

Et sur l'amortissement énergétique, la première maison, pour une famille de 4 personnes en tout électrique, (75 % des cas) dépensent une moyenne de 1800 euros par an (source ADEME) alors que la seconde pour le même confort (pas de retour à la bougie) approche une consommation inférieur à 400 euros l'an.

Dans le cas d'un accès social, la différence de 1400 euros correspond à un mois et demi pour le SMIC.

Ecrit par : jf broggio | 23.11.2006

Bonjour,

Je suis architecte (exercice libéral), membre du Collège National des Experts Architectes Français (CNEAF) et un des très rares experts immobiliers à la chambre des experts de la FNAIM qui ne soit pas agent immobilier…
Membre de CAP 21 depuis 2001.

Un seul participant à ce blog évoque la RT 2005. Il s’agit de la Réglementation Thermique appelée à remplacer la RT 2000. Une usine à gaz conçue et écrite par des gens dont on se demande s’ils ont un jour quitté les bancs de l’école pour construire. À moins qu’ils considèrent qu’on doit construire comme on a appris à l’école plutôt qu’enseigner les moyens de construire à l’école.
Il y aurait beaucoup à dire sur ces réglementations thermiques. Toutefois, force est de constater que la RT 2000 dont on semblait être fiers en 2000, doive être aggravée d’urgence. Manquerait elle d’efficacité ?

Pour faire simple, on est parti sur l’axiome “température constatée = étalon du confort”.
Il suffit d’aller à Val d’Isère au mois de février pour voir les dames en bikini sur la terrasse du bistro alors que l’air est à 5° pour comprendre immédiatement le bien fondé de ce postulat.
Donc, on va introduire un zeste de mesure de rayonnement, affiner les mesures de renouvellement de l’air, et s’efforcer de livrer des bâtiments qui seront conformes à la nouvelle règle… pendant quelques mois. Et dont l’entretien ne sera même pas prohibitif, puisque impossible à assumer dans la pratique (dépoussiérage des conduits quasi impossible, fenêtres conformes à leurs spécifications dans le camion, peut être jusqu’à la pose, et si miracle après la première ouverture-fermeture etc etc…)
Mais nous pourrons fournir tous les procès verbaux de conformité, et donc pas responsables pour un sou si ça cloche. Là, c’est le réel confort de l'architecte et de l'ingénieur. Mais pas de l'habitant.

Pour obtenir ce résultat, la recette est simple :
1/ Isoler.
2/ Remplir les conditions normatives de renouvellement d’air,
3/ Chauffer l’air du logement (ou du bureau etc…) jusqu’à la température requise par le manuel.
Pour y arriver dans un budget de logement social, la recette est unique :

1/
- Isoler par l’intérieur à l’aide d’un doublage en plaques de plâtre cartonné sur un isolant par laine de roche ou polystyrène ou polyuréthane collé sur le mur en béton de 16 cm d’épaisseur (minimum DTU ou de 20 cm de maçonnerie de parpaings).
- Isoler la toiture de la même manière.
- Isoler le dallage ou le vide sanitaire par des hourdis polystyrène ou un vague isolant sous chape.
Voilà pour l’isolation. J’ajoute que c’est la même pour les logements pas sociaux, il n’y a que la marge du promoteur et le marbre dans le hall qui font la différence.

2/
- Assurer le renouvellement d’air par des grilles plastiques mises en place dans les dormants des fenêtres. Les grilles sont vendues comme auto réglables, voir hygro réglables (c’est moins bête peut-être), et les fenêtres sont étanches à l’air selon les normes en fonction de l’étage, l’orientation etc…
- Extraire l’air par des réseaux de gaines et un gros ventilateur radial du commerce entraîné 24h/24 par un moteur électrique, des poulies et des courroies (incroyable mais vrai).
En général, les grilles sont efficaces quelques semaines avant d’être empoussiérées. Quant à l’extracteur, je peux garantir qu’il n’est jamais entretenu, et que les gaines sont elles aussi vite remplies de poussières etc… Ça ne fait rien car les joints des fenêtres ne traînent pas à déclarer forfait, les portes à se mettre de guingois et la maison est vite ventilée comme au 19 ème siècle… J’exagère à peine.
Voilà pour le renouvellement de l’air. C’est là aussi la même chose pour les logements pas sociaux du tout.

3/
Maintenant, il faut chauffer l’air pour atteindre la température du logement qui permettra d’envoyer promener ceux qui ne seraient pas contents du résultat.
Là encore il y a un moyen magique : Le convecteur ou, encore plus fort, le ventilo-convecteur (qu’on appelle désormais une cassette car ça peut aussi servir pour rafraîchir l’air, être placé au plafond, et qu’on trouve principalement dans les immeubles de bureaux au dessus de la tête de madame Michu qui reste enrhumée tout l’été. Mais il ne faut pas désespérer, on l’aura bientôt dans les logements, le confort moderne ne craint pas le progrès.
- Le convecteur électrique est très pratique pour rentrer dans les budgets car il ne coûte presque rien. Il est équipé d’un bulbe thermostatique à trois sous super fiable. On peut vachement bien le régler sur deux températures répertoriées : trop chaud et trop froid.
- Le convecteur à eau chaude, alimenté en calories par un générateur (chaudière) de chauffage central au gaz ou à mazout. On appelle souvent radiateur ce qui n’en est pas un, puisque le commun de ces équipements contemporains dispense en gros 30% de la puissance par rayonnement et le reste par convection.

Et nous sommes fiers d’avoir rempli le devoir, et de mériter la bonne note : nous sommes en tous points conformes à la RT 2000 (ou 2005), et si quelqu’un a froid avec les 20° constatés et mesurables par un thermomètre enregistreur selon la norme à 1 mètre du sol au milieu de la pièce et à l’abris du soleil pendant 24 heures, c’est qu’il est frileux !

Je vous garantis que vous aurez froid dans de l’air à 22° devant une baie vitrée sans rideaux (qui ruissellera d’humidité à l’occasion), et que vous serez très confortable à 3 m d’un gros radiateur de chauffage central en fonte dans de l’air à 16°.

Avec tout ça, que se passe-t-il l’été, par temps de canicule, comme nous devons nous y préparer vite fait.
On a encore un truc magique : la climatisation. On va rafraîchir l’air avec des belles machines modernes qui fonctionnent au courant électrique. Parce qu’on est intelligents !

On a toujours l’isolation et le renouvellement d’air qu’on avait mis en place pour le chauffage et jusque là tout va bien. Il suffit d’adjoindre à la chaudière un “groupe froid”, ou de la remplacer par un générateur réversible, et remplacer les convecteurs par des cassettes (les fameux ventilo-convecteur évoqués ci-avant).
Bingo, passez à la caisse messeigneurs.
Et ceux qui ont chaud par 25° sont des enquiquineurs jamais satisfaits. Sauf que derrière la glace de tout à l’heure, avec 10° j’ai trop chaud et je grelotte (voir la clime à fond derrière les glaces -même thermiques- de la voiture qui roule au soleil).

Maintenant, je propose un truc, puisque je suis architecte, que j’ai des diplômes, que je suis intelligent, et surtout que je ne doute de rien.

J’oublie provisoirement le printemps et l’automne où les problèmes de chauffage et de climatisation ne se posent pas encore.
Et comme je suis un gars du nord plutôt enclin à avoir chaud que froid, je vais essayer de régler mon problème de canicule. D’autant que depuis certain été, je me suis rendu compte qu’on en meurt aussi bien que du froid.

Je me suis aperçu (mais j’observe trop) que les maisons anciennes, avec des gros murs et des fenêtres raisonnablement étanches et de dimensions mesurées, sont confortables longtemps après le début de la canicule. En revanche la pièce aménagée dans le grenier de la même maison devient intenable après 48 heures d’offensive du soleil. Pourtant, j’ai fait poser sous le zinc ou les tuiles 20 centimètres de laine de verre retenue par un centimètre de plâtre cartonné s. Le gars a bien travaillé, et j’ai vérifié : pas un pont thermique. Et pourtant la température de l’air à l’intérieur est proche de la température extérieure aussi bien au rez-de-chaussée qui n’est pas isolé, que dans la soupente isolée. D’autant que comme il fait chaud on a tout naturellement ouvert les fenêtres.

Ceci tient à l’inertie thermique des parois, qui restent longtemps fraîches dans le cas des gros murs. Le manque d’inertie thermique de la laine de verre et le pauvre morceau de placo se réchauffe rapidement par les infra rouges qui passent à travers l’isolant. On pose un thermomètre sur la paroi en placo, et il n’est pas rare qu’il saute à plus de 30°. Vu sa surface, ça ferait un beau radiateur en hiver, mais l’été, ça craint.

Ayant par mes revenus professionnels quelques moyens, j’habite une maison ancienne qui a des gros murs, que je me suis bien gardé d’isoler par l’intérieur. Même pendant l’été meurtrier, nous n’avons pas eu chaud (fenêtres fermées bien entendu pour garder la fraîcheur).
Le marchand de clime passe son chemin.
À l’automne, les murs ont fini par se réchauffer un tout petit peu, et on tient bon jusqu’à l’hiver sans chauffer et en portant une petite laine le soir venu.

L’hiver maintenant. Avec le style ferme Picarde de la construction, le commun des mortels le pronostique : ça va cailler sévère !
Justement, non. Car le chauffage est assuré par des radiateurs (les anciens qu’on a pu garder lors du réaménagement) et des panneaux radiants plus modernes, ce qui prouve que ça existe dans le commerce. La température ne dépasse jamais 16° , est plus souvent aux alentours de 14° (je n’exagère pas) à un mètre du sol au milieu de la pièce bla bla bla. On remise la petite laine devenue inutile, le rayonnement des radiateurs chauffe les gens, les meubles, un peu la maison. On se croirait presque sur la terrasse du bistro à Val d’Isère. Mais on ne chauffe pratiquement pas l’air.
À condition bien entendu de mettre en œuvre de très grandes surfaces de rayonnement à température mesurée, les consommations sont les mêmes, voire inférieures, aux consommations relevées dans la maison bien isolée de l’intérieur, mais munie des convecteurs qui chauffent l’air. Et comme on ne chauffe pas l’air, le problème de la ventilation ( difficile à gérer dans tous les cas) devient moins pénalisant.
Pensez que les règles prévoient un renouvellement d’air par heure au minimum. Si le système de chauffage consiste à chauffer l’air en priorité, nous jetons aux petits oiseaux notre chauffage une fois par heure. Si on limite la température de l’air en améliorant le confort, c’est que du gain.

Et là, il y a une botte magique, réellement cette fois-ci : on peut isoler la maison depuis l’extérieur !

On peut alors encore baisser la température des surfaces rayonnantes, mieux profiter encore de l’inertie, les conditions d’habitation sont pratiquement les mêmes l’été et l’hiver sans climatisation et avec très peu de chauffage. Si on ajoute à ceci les ressources modernes (utiliser l’effet de serre pour l’eau chaude, voire le chauffage, la technique des puits canadiens, etc… on se rapproche de quelque chose de bien.

Mais voilà, la maison que je vous propose ici, et que j’ai expérimentée pour moi-même pour ma résidence secondaire dans le sud ouest où la canicule n’est pas réellement une nouveauté, et les hivers froids encore fréquents (quoi que), je ne peux pas proposer ce type de construction à mes clients.
Car jamais elle ne sera conforme à la RT 2000 (ou 2005).
Facteur aggravant, comme j’ai utilisé le bois comme matériau de façade et principal isolant par l’extérieur justement, (17 ans maintenant, pas une ride et un entretien réellement mesuré), je n’avais pas tous les agréments techniques pour assurer une garantie décennale réglementaire.
Donc, vraiment un truc à garder pour soi, puisque j’ai tout faux au regard de la réglementation actuelle.

Bilan financier : moins de 15% de surcoût pour une construction individuelle neuve en matériaux traditionnels (brique pleine hourdée à la chaux hydraulique), isolée de l’extérieur (bois et paille agglomérée) avec chauffage radiant dimensionné et basse température, eau chaude solaire toute l’année. Le combustible choisi pour la chaudière devient secondaire tant on consomme peu, mais il serait détestable de se priver du bois quand on est entouré de forêts.

En habitat collectif, on pourrait réduire le surcoût à environ 10%. Retour d’investissement extra rapide sur l’entretien (régulation plus simple en raison de l’inertie du bâtiment et de la grande quantité de fluide caloporteur, vitesses lentes de circulation etc…), et bien entendu l’économie d’énergie, quelle qu’elle soit !

Le principe est applicable à la rénovation du parc de logements sociaux. J’ai expérimenté sur une barre de 88 logements de 3 et 4 pièces sur 11 étages à Charenton orientée sud-nord (une copropriété par accession). Le surcoût par rapport au ravalement nécessaire était de moins de 30%.
Et ça marche !
Depuis 1996, le coût du chauffage (exploitation comprenant entretien et consommations de mazout dans le cas présent, est de 55% en moyenne de ce qu’il était précédemment, soit 45% d’économie). Retour sur investissement en 2 ans (inespéré même par mes estimations les plus optimistes).
Les périodes de canicule sont beaucoup mieux supportable qu’avant. D’autant que l’autoroute A4 passant sous les fenêtres orientées au sud, les velléités d’ouverture de vantaux sont naturellement réduites.
Et dans ce cas de rénovation, l’expérience reste possible car on n’est pas obligé de respecter la RT 2000 (ou 2005) !

Je précise enfin que les Italiens, et depuis quelques années les Portugais sont sûrement un peu moins colbertistes et peut être plus intelligents que nous dans l’acte de construire. Par exemple, depuis les années 50, les combles sont construits en maçonnerie recouverte de l’isolant (il est en revanche fait appel à des matériaux farfelus et pas toujours écolos qu’ils devraient réglementer, personne n’est parfait) puis de la couverture. Ce qui fait que ces combles sont habitables même l’été en Calabre et sans climatisation !

Pour ce qui concerne l’idée de faire poser l’isolation lors des mutations :
L’idée paraît séduisante, mais me semble difficilement applicable.
Tout d’abord, beaucoup de gens, surtout les plus modestes, aiment faire ce genre de travaux eux-mêmes et sont souvent fiers de trucs complètement mal foutus. Quand je suis appelé pour expertise, je ne vois bien entendu que la pathologie. Combien d’appartements sont inhabitables dans des copropriétés modestes et causent des ennuis au voisinage après avoir été isolés par des gens courageux et qui ont pourtant suivi les conseils du conseiller isolation de Castorama (ou un autre distributeur, car ils sont loin d’être les pires dans ce domaine) par suite de ponts thermiques, condensations en tous genres et j’en passe.
En revanche, je pense que les campagnes de ravalements devraient être l’occasion d’un audit des immeubles concernés et d’une aide dans le bon sens sous forme de prêts qui seront facilement remboursables aux frais de Total ou EDF dont les factures seront diminuées d’autant.
Il s’agit d’une autre périodicité applicable aux logements des plus modestes, souvent locatifs et donc jamais soumis à mutation. J’ajoute que c’est en cours pour quelques parcs, car je ne suis pas le seul bien évidemment, à avoir constaté ce qui précède.

Une isolation extérieure d’un immeuble en pierre de taille sculptée du IX ème (arrondissement) relèverait du gag…
Mais il n’est pas certain que les dits immeubles en pierre de taille gagnent à être isolés, car perdre l’avantage de l’inertie des matériaux de construction serait un préjudice plus important que ce qu’on peut gagner. C’est dans l’optimisation et l’adaptation des moyens de chauffage et la réduction des pertes par rayonnement qu’il faudrait orienter les recherches.
Je m’occupe de l’entretien d’un immeuble de bureaux dans le quartier des affaires, chauffé basse température par une chaufferie CPCU et dans lequel personne encore (à l’exception de la poste où ceci a été exigé par les syndicats) n’a ressenti le besoin de poser une climatisation. Et ce n’est pas un exemple unique.

J’ai lu que des règles de constructions plus strictes pourraient être adoptées si la rente foncière diminuait, ou quelque chose du genre. C’est vrai, mais beaucoup se sont cassé les dents sur ce sujet.
J’ai remarqué que le prix du logement est directement proportionnel à ce que les gens peuvent payer, et non pas à ce qu’il coûte.
La différence est engloutie par ce qu’on appelle le prix du terrain, (ou la rente foncière, voir le Capital de K. Marx). Les bénéfices de tous ceux qui participent à l’acte de construire est plus ou moins soumis à la concurrence.
Or ce que les gens peuvent en général payer, ne correspond pas directement au prix de la construction, mais à leurs capacités de remboursement qui elles aussi ne sont pas très modulables. Si les taux d’intérêt sont à 5%, on peut s’endetter sur 20 ans, voire plus, et payer un prix exorbitant. Le logement sera cher et les terrains seront chers. C’est le cas aujourd’hui. Si le taux d’intérêt est à deux chiffres (voir quelques années en arrière), on ne peut plus emprunter sur long terme et au delà de 13 à 15 ans, on ne rembourse que des intérêts et jamais le capital. Les prix des terrains se calment progressivement jusqu’à baisser comme ceci a été le cas de 1990 à 1996 en gros, tout comme le prix des logements “d’occasion”.
Chacun voulant camper sur ses positions, il y a un temps retard et la correspondance n'est pas absolue, mais la tendance bien réelle. Puis un déficit de construction par manque d’encouragement à la promotion et même comme on l’a constaté à la même époque, destruction de capacités de constructions par ruine d’entreprises et non renouvellement du matériel, voire de la formation des ouvriers qui est un réel problème. La pénurie se fait vite sentir par non renouvellement des logements vétustes, ce qui aggrave la situation lorsque les prix remontent.

Si on oblige des investissements de construction plus élevés par la prise en compte de ce qui nous intéresse (un meilleur rapport à l’environnement), les terrains baisseront de facto, avec un peu de retard car les propriétaire ont du mal à comprendre au début, mais sûrement. En effet, les autres paramètres ne peuvent pas évoluer de façon aussi nette.

C’était long, mais j’ai profité de l’occasion d’exprimer, disons pour ce qui concerne les réglementations thermiques, ma rage de voir ériger en règles des mesures inadéquates.

Amitiés à CAP 21, à Étienne DEBONNY et à ECORESP.

Ecrit par : Christian Ouvray | 23.11.2006

Rénover 400 000 logemens par an je veux bien mais il faut être réaliste: le secteur de la construction ne peut pas encaisser un tel programme comme ça, d'un claquement de doigts. Désolé mais c'est impossible...

Au-delà de la cruciale question de la main d'oeuvre, se pose celle aussi des compétences: ce type de travaux nécessite de l'expertise, des formations, un diagnostic fin du bâti sinon on va foutre en l'air notre patrimoine.

Attention car avec des mesures de ce type, on ouvre la porte aux margoulins qui vont vendre de l'isolation à tout va, qui vont rouler les gens et, comme le je crains, abîmer de manière définitive le bâti existant.

Oui il y a urgence mais le secteur du bâtiment mais la question est complexe car il ne faut pas faire les mauvais choix (énergétiques, ventilation...) et il faut aussi rentrer dans l'enveloppe budgétaire et là, je crains qu'un PTZ vert ne soit pas suffisant.

Pourquoi pas envisager une TVA à 0% ?

François
http://www.programme-presidentiel.com/

Ecrit par : François | 24.11.2006

bonjour,
Les commentaires de Christian Ouvray m'ont passionné. Je suis docteur en gestion et entrepreneur en BTP (ce n'est pas moi qui suis sur les chantier), et j'ai appri de nombreuses choses à cette lecture.
je suis tout à fait d'accord pour dire que les constructions "anciennes" sont bien plus efficaces d'un point de vue thermique que les constructions conventionnelles même "normées". les anciens comptaient plus sur leur intelligence que sur la technologie pour réaliser leur logis. comme C.O. il serais bien que les "normes" soient réalisées par un ensemble d'experts qui fréquentent régulièrement "le terrain". Je ne me permettrai pas de donner des conseils ou ordres à mon chef de chantier et associé, car c'est lui qui a le savoir. Une confrontation des idées est la rêgle.

autre chose: j'ai pu constaté que Corrine Lepage n'a pas signé le pacte pour l'environnement de Nicolat Hulot. il est vrai qu'il demande a être révisé et discuté, mais pour Cap 21 qui, il me semble, soutient les initiatives concernant le développement durable, cela est assez mal venu. Je suis désolé de le dire, mais aujourd'hui nous n'en sommes plus à nous demander que faire pour l'environnement, il faut agir, nous adapter aux bouleversement écologiques à venir et présent.
En cela, je suis vraiment déçu, et comme bon nombre d'acteurs politiques, j'ai l'impression que vous oeuvrez pour votre ambition personnelle. Enfin, cela n'est rien, nous commençons à avoir l'habitude. je m'étais inscrit pour soutenir l'effort de cap 21, mais là j'hésite à envoyer ma contribution.

Ecrit par : Pierre Piré-Lechalard | 24.11.2006

@Pierre Piré-Lechalard
En ce qui concerne le pacte de Hulot il est signé par Corinne Lepage et la réponse selon la grille de lecture de FNH est disponible sur le site de Cap 21 http://www.cap21.net/infos.php?page=pacte_ecologique.txt en attendant que le site du Pacte soit mis à jour

Ecrit par : br | 24.11.2006

Ne devrais pas obliger tout constructeur de proposer obligatoirement dans leurs gammes des modèles HQE.
je suis un ouvrier et je recherche actuellement à faire construire une maisons le plus écologiquement possible malheureusement mon budget trop petit m'obligent à me tourner chez des promoteurs qui ne proposent rien d'économique en énergie et plus grave mentent sur les qualité des autres systèmes que les leurs.

Ecrit par : vincelefou | 24.11.2006

Il ne faut pas confondre pour autant tous les bâtis ancien et je suis toujours d'accord avec Christian qui ne fait que confirmer les différents échanges que nous avons déjà eu à ce sujet ; toutefois j'ajouterai un bémol par rapport à ce que dit Pierre : Effectivement bien souvent les bâtis anciens sont plus confortables et mieux pensés mais ce que voulait dire Corinne Lepage, correspond surtout et en majorité aux bâtis d'après guerre qui, que se soit en individuel ou collectif, sont des gouffres énergétiques et c'est sur ceux-là que les efforts doivent porter.
Effectivement isoler un bâtis en pierre de taille par l'extérieur n'a pas de sens au niveau esthétique et notre démarche se rapproche fortement de l'idée défendu par l'Association "Maison Paysanne de France" sur la prise en considération de l'esthétique, de l'histoire de la Vie du bâtis par lui même. Il faut éviter les amalgames trop rapide d'un titre de proposition enlever de son contexte général, dont toute la difficulté de l'engagment politique.
d'autre part il est vrai que Corinne Lepage a été une des premières à signer le pacte de NH, tout en précisant qu'il fallait dès aujourd'hui aller plus loin et de façon plus global.
Pour François ;
Nous avons proposé une TVA à 5,5 % pour l'habitat neuf construit selon une efficacité énergétique correspondant à minima d'un habitat Passif, c'est à dire, 4 fois plus performant que la norme RT 2005.

Pour en finir dans la confirmation de beaucoup de commentaires ;
le bâtiment subit sa crise la plus grave de ces cinquantes dernières années : Trop de travail et très peu d'emplois offert trouvent preneur ; alors on entend en ce moment certains politiques dirent que c'est à cause de la rudeur de ce travail et des salaires peu attractifs ; encore une fois il s'agit d'une totale méconaissance des dossiers ; aujourd'hui un bon ouvrier du bâtiment gagne au bout de 5 ans autant sinon plus qu'un cadre commercial dans une banque ; c'est vrai que le bâtiment est dur mais tellement valorisant quant on le connait ; mais est-ce plus dur de travailler dans le bâtiment ou de ne pas pouvoir boucler ses fins de mois par fautes de travail.

Peut être que la réforme du bâtiment passe avant tout par une réforme de l'accompagnement à la formation pour des gens qui veulent (ou qui doivent par la force des choses) changer de travail. X millions de chômeurs et tellement de postes qui ne trouvent pas preneur ; j'aimerais que l'on m'explique....

Ecrit par : Broggio jf | 24.11.2006

"aujourd'hui un bon ouvrier du bâtiment gagne au bout de 5 ans autant sinon plus qu'un cadre commercial dans une banque"
Elle est bien bonne ...
Je suis artisan, et par ailleurs dans une vie antérieure ingenieur en informatique de gestion.
Je gagne aujourd'hui en 2006 a ^peu près la meme chose que je gagnais en 1983 c'est à dire 15000 frs de l'époque, donc 2200€ les bons mois.
Il est vrai que nous avons choisi de ne faire que de la construction écologique, ce qui réduit notablement le marché.
Mais OUI, le batiment est un secteur de metiers durs et mal payés, il n'y a pas photo.
C'est aussi un potentiel enorme d'interet pour les jeunes, si l'on sait leur proposer des conditions correctes et un travail motivant : oeuvrer pour le respect de la plante par exemple.

Ecrit par : Roland STUDER | 24.11.2006

Je pense qu'il faut arrêter de discuter et agir à présent.... La planète chauffe, et l'humanité va dans le mur !
Les pouvoirs publics ont le devoir d'informer officiellement les populations du risque encouru pour l'humanité, notre planète quant à elle, s'en sortira très bien toute seule...
Les tensions géopolitiques que vont engendrer l'augmentation du prix du pétrole et sa prochaine rareté, risquent de nous amener à plus ou moins long terme dans une situation de guerre.
Pour ces raisons, il faut prendre des mesures incitatives pour stopper au plus vite notre dépendance vis à vis des sources d'énergies fossiles, en lançant un vaste programme d'isolation du bati existant et en ne délivrant des permis de construire que pour les constructions passives,(qui peuvent se passer d'énergie de chauffage).
Construire passif doit devenir la règle, les nouvelles règlementations thermiques sont trop "frileuses" si je puis dire...
Les 15 à 20% de surcoût seront vite amortis par les économies d'énergie et la concurrence commerciale se chargera de faire redescendre les prix à leur niveau d'origine.
Je propose pour ma part de faire profiter du crédit d'impôt les particuliers qui font eux même des améliorations thermiques dans leur logement, cela boosterait le processus. (actuellement, il ne bénéficie de ce crédit d'impôt qu'en faisant réaliser par une entreprise)

Ecrit par : christian.c | 24.11.2006

Roland

Alors qu'effectivement en 1983 vous gagniez la même chose qu'aujourd'hui mais je confirme ce que je dits avec preuve à l'appuis s'il le faut :
- Un cadre commercial à la BNP avec 20 ans d'ancienneté gagne 2 200 euros net par mois primes incluses, et un poste similaire au crédit mutuel gagne la même somme avec 12 ans d'anciennneté.

C'est vrai que 2 200 euros ce n'est pas beaucoup mais cela représente quant même 2 SMIC alors imaginons ceux qui ne gagnent que 1000 euros par mois.

Quant à dire que le marché de la construction écologique réduit les possibilités, je ne sais dans quel région vous êtes, mais en Ile de France, nous autres avons plus d'un an de travail d'avance et encore parce que le boulot est refusé par manque de personnel.

Pour en revenir aux salaires, aujourd'hui j'ai discuté avec différents entrepreneurs, et en particuliers des charpentiers couvreurs ; entre mon activité de bâtiments et la leurs (4 entreprises) nous sommes prêts à embaucher pour l'ensemble une quinzaine d'ouvriers "qualifiés" et même à former s'il le faut ; salaire d'embauche moyen que nous constatons 2 500 euros net par mois et on ne trouve personne ; dans le cas ou il faut former, nous proposons un salaire de début à 1 350 euros net (la moyenne) + primes de panier et là non plus personne ou alors des rigolos fatigués dès le départ, d'autant qu'il n'y a pas beaucoup d'assistance de la part des organismes sociaux pour nous aider.

La création d'emplois, et la formation aux techniques écologiques peuvent créer des emplois rapidement faut -il encore que ce ne soit pas aux artisans de faire le boulot de l'administration, et que la valorisation du travail qui en débouche marque une vraie différence par rapport aux allocations chômage.

Allez travailler pour 1000 euros par mois lorsque l'on est indemnisé près de 850 euros par mois ne motive pas ; dans le cas d'un accès à une formation à l'emploi à l'entreprise, peut être faudrait-il envisager un accompagnement commun, entreprise/Assedic, afin que la rémunération au travail soit au minimum supérieur de 30 % aux indemnités, pendant la période de formation soit environ 2 ans.

Et je pousserai encore un coup de gueule envers les enseignants qui, pour certains, dénigrent les emplois du bâtiments comme étant le seul recours à l'échec scolaire. Non, Messieurs de l'enseignement, nous ne sommes pas le garage de vos échecs, et plus un élève apprend à réfléchir par lui même et plus il a de discernement, plus il peut être compétent même pour le bâtiment.

Quant le bâtiment va tout va, très bien, mais quant le bâtiment va et qu'il n'y a personne pour y aller, quel bordel...

Ecrit par : jf broggio | 24.11.2006

Désolé Roland,

Je viens d'aller sur ton site et je n'avais pas fait le rapprochement avant, je connais ta notoriété dans notre milieu, mais juste une question, ne crois tu pas que nous pourrions au niveau national, nous fédérer pour faire évoluer nos professions, en prenant exemple (une fois de plus ) sur ce qui se fait de mieux dans les autres pays européens ; je pense à l'Allemagne et aux pays scandinaves comme d'habitude ?

La trop grande disparité entre les revenus d'un même secteur va créer en plus, une dérégionalisation des emplois qualifiés. Il faut stopper l'hémoragie des emplois mais en 20 ans de bâtiment j'ai encore jamais vu les entreprises descendre dans la rue pour défendre leurs droits communs.

Ecrit par : jf broggio | 24.11.2006

Je trouve cette discussion très intéressante.
Actuellement en train de construire une maison écologique en Moselle, je souhaiterais revenir sur 2 points: le surcoût éventuel d'une maison écologique et le manque de personnel et de formation dans le secteur.
-1- beaucoup de techniques de construction écologique n'ont pas réellement de surcoût. Certaines coûtent même moins cher que les techniques conventionnelles. En fait, le bon sens ne coûte rien : bien orienter sa maison par rapport au soleil et faire des débords de toit suivant les principes des maisons bioclimatiques ne coûte rien. Installer un puits canadien ne coûte pas cher du tout si on le fait au moment de la construction et permet de préchauffer l’air entrant en hiver et de le rafraîchir en été pour beaucoup moins cher en frais d’investissement et de fonctionnement qu’une clim. Utiliser la paille pour construire sa maison, ce n’est pas cher du tout et ça isole très bien. Même les briques monomur, en frais d’investissement seulement, coûtent moins cher que le package parpaings en ciment + isolation en laine de verre + clim (totalement inutile avec les briques monomur).
Ceci dit, il me semble que la moindre des choses en termes de coût, serait de prendre en compte ce qui sort de notre poche tous les mois lorsqu’on rembourse notre prêt plus les frais de fonctionnement (principalement l’énergie et l’eau). La durée moyenne des prêts étant de 12-15 ans, je suis persuadé qu’une maison écologique, même avec un surcoût de 10-15% ne coûte pas plus cher tous les mois qu’une maison conventionnelle. Sans parler du prix de revente bien plus élevé pour une maison écolo, du coût total pour la société et les générations futures et « last but not least », du bien être que l’on ressent dans une maison écolo. Le surcoût pourrait même en partie être remboursé par la sécu !!!

-2- le manque de personnel est criant dans le domaine, en particulier en Moselle où le personnel compétent et motivé peut gagner beaucoup plus en passant la frontière Allemande, ou encore mieux, Luxembourgeoise. J’ai quand même fini par trouver, mais j’ai dû faire appel en grande partie à des Alsaciens, qui ont une fibre écolo assez proche de Allemands. Ça n’est pas idéal en terme écologique car ça occasionne pas mal de déplacements, mais je n’ai pas trouvé aussi bien plus près. Il me semble donc fondamental de former d’extrême urgence, de très nombreux jeunes et chômeurs à ces métiers et à l’approche HQE, ou encore mieux, à l’approche écologique. J’ai en effet pas mal de réserve sur l’approche HQE (avec un petit « r » derrière pour signifier « marque déposée). Cette approche est un peu un fourre tout qui donne bonne conscience et qui est gangrenée par des lobbys qui ont réussit par exemple à labelliser HQE les isolants minces qui n’ont même pas reçu l’agrément du CSTB. Mais ça c’est une autre histoire, bien symptomatique d’un double mal Français : le poids des Lobbys et de la « high tech » qu’on veut mettre partout…

Ecrit par : Vincent TRONET | 28.11.2006

Je suis architecte et comprends parfaitement les adaptations nécessaires à l'habitat dans un développement durable. L'ordre des architectes a d'ailleurs créer une charte du développement durable. La conception des bâtiments, avant leur construction, est donc un clé pour un avenir responsable. Les architectes sont donc des alliés dans ce changement de société souhaité par les français. il serait judicieux que plus de permis de construire passe par l'expertise des architectes et d'imposer le recours à un architecte pour les habitats de plus de 100m2 SHON, avec la contrepartie d'une conception écologique. Nous avons une profession en quête de plus de responsabilité dans les questions environnementales alors pourquoi ne pas imposer un recours plus large et systématique à son expertise. A l'heure où la dimension des logements se réduit, adaptons notre législation.
bien cordialement

Ecrit par : Kordus Fabrice | 05.01.2007

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