10.04.2007

L'élection de François Bayrou est vitale

Lorsque j’ai décidé de rejoindre François Bayrou, je l’ai fait en jugeant  que son élection était souhaitable.

Elle m’apparaît aujourd’hui indispensable, voire vitale.
Les motifs qui la rendaient souhaitable sont toujours présents : la seule chance de sortir d’un système de monarchie bananière , caractérisé par des nominations de complaisance et de copinage que l’UMP comme le PS ont pratiqué goulument , d’établir un Etat honnête, impartial, une VIéme République, que seul, François Bayrou a la volonté et les moyens d’imposer. Egalement, la capacité de mettre en place un gouvernement d’union nationale, rassemblant de la droite républicaine à la gauche sociale-démocrate avec un pôle écologiste fort, dont l’urgence est à la hauteur des enjeux abyssaux qui sont les nôtres; en effet, aux défis que rencontrent les pays industrialisés confrontés à la mondialisation et à l’impact croissant du changement climatique et des pollutions chimiques (voir le monde 2 de cette semaine consacré à la baisse de 50% de la fécondité humaine), s’ajoutent les difficultés hexagonales : dette publique réduisant drastiquement les marges de manœuvre, chômage structurel massif accompagné de phénomènes de discrimination et de ghettoïsation des banlieues, paupérisation et croissance des inégalités, perte d’influence en Europe et dans le monde sans oublier une corruption  rampante et une pratique de trafic d’influence et passe-droit en tous genres qui nous rapprochent plus des pays en développement que des démocraties d’Europe du nord !

Or, François Bayrou a su se faire entendre , puis crédibiliser un programme réaliste mais qui peut également susciter l’enthousiasme , parce qu’il a eu le courage de ne pas avoir un discours catégoriel fait de promesses qui ne seront pas tenues, parce qu’il a su constamment garder le cap de la cohérence dans le projet, sans céder aux sirènes de propositions fluctuantes destinées à faire la une du 20 heures, parce qu’il n’ a pas hésité à s’attaquer aux grands lobbys médiatico-économiques qui conditionnent ce pays et tentent par leur maîtrise des journaux et des chaînes d’imposer aux citoyens un vote qui serve leurs intérêts et pas celui de la Nation,  parce qu’il a su avoir une attitude d’écoute et de respect de ses interlocuteurs sans leur faire croire qu’ils allaient décider à sa place, parce qu’il a su transformer un programme très classique où l’environnement  était un chapitre de fin, en un projet de développement durable avec des objectifs très ambitieux (réduction des émissions de GES de 15% en 5 ans, énergies renouvelables à 20% en 2020, changement d’indices économiques) et des mesures très symboliques (moratoires sur les OGM et les incinérateurs) ; l’enthousiasme vient de ce qu’ il est le seul à permettre d’envisager non pas que tout soit possible y compris une France fascisante et totalitaire, mais qu’une France réconciliée avec les valeurs qu’elle porte et le dynamisme indispensable qui s ‘appelle la confiance en soi soit possible. Cette élection est aujourd’hui non seulement  souhaitable; elle est indispensable.

En effet, les prises de position de Nicolas Sarkozy en faveur de thèses qui vont au-delà de celles soutenues par le Front National, représentent un réel danger pour la République.

Il ne s’agit plus seulement de contradictions avec les valeurs de l’égalité ou de la laïcité comme la discrimination positive, les atermoiements sur la loi de 1905, la défense de certaines sectes comme la scientologie, ou le communautarisme rampant de certains de ses propos.

C’est une conception de l’Homme et de l’humanisme, indissolublement liée à la Révolution française, à l’esprit des Lumières et aux valeurs républicaines qui est remise en cause : après le Ministère de l’immigration et de l’identité nationale , l’appel aux gênes pour expliquer la pédophilie (qui renvoie à la volonté récente de ministre de l’Intérieur d’imposer une sélection des enfants de 3ans pour déterminer ceux qui seraient porteurs de violence) est un acte fort, en rupture avec toute notre tradition.

Or, seul, François Bayrou a répondu comme il convenait, avec sérénité et gravité, à ce qui n’était pas une provocation, mais pire encore, l’affirmation d’une conception incompatible avec la République. Il est, de ce fait, devenu le seul candidat possible de ceux qui se réclament des traditions républicaines, quelle que soit leur sensibilité par ailleurs, et qui ne peuvent se reconnaître dans les propos de Nicolas Sarkozy. 

Pour toutes ces raisons, l’élection de François Bayrou est vitale si nous voulons éviter les menaces sérieuses auxquelles Nicolas Sarkozy nous expose non seulement des menaces sur les valeurs, mais également des menaces  la paix sociale elle même.

Corinne Lepage

Présidente de CAP21