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12.04.2007

Corinne Lepage : « J’ai convaincu Bayrou de changer de braquet sur l’éco-économie »

La Voix du Nord 

L’ancienne candidate à la présidentielle Corinne Lepage est venue, hier à Euralille, apporter son soutien à François Bayrou. Non sans garder son indépendance de pensée.
- Mme Lepage, pourquoi rejoindre François Bayrou ?
« C’est à mon sens le plus capable de rassembler des forces diverses. C’est aussi que je l’ai convaincu de changer de braquet sur l’éco-économie. Il s’est renforcé en appelant à un moratoire sur les OGM, les incinérateurs et, aujourd’hui-même (hier), il s’est prononcé pour une suspension de la décision d’utilité publique de l’EPR (réacteur nucléaire de nouvelle génération). C’est le seul à avoir une vision d’un développement économique inscrit dans le développement durable. Sarkozy n’a, sur ce thème, aucune sensibilité. Ségolène Royal n’a, quant à elle, pas pris la mesure de l’enjeu économique. »
- Quel est-il ?

« Il est capital. C’est notre activité économique entière qui doit être réorientée. Et c’est pourquoi nous préconisons un plan de 15 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Il faut se mettre en capacité de les réduire par quatre avant 2050. Il nous faut également atteindre 20 % d’énergies renouvelables en 2020. Cela nécessite un effort colossal en recherche et développement. Car la France a pris un retard considérable : en Allemagne, un million d’emplois a été créé dans les nouvelles techniques environnementales ; chez nous, 400 000. La prochaine révolution industrielle est là. »
- Sur la question du nucléaire, les divergences persistent ?
« François Bayrou a accepté le principe de la révision du mix énergétique et de l’attribution des crédits de recherche. Il faut savoir qu’actuellement, sur 100 E, 83 sont dépensés dans le nucléaire, 3 ou 4 seulement pour les énergies renouvelables. Par ailleurs, il refuse, comme moi, la privatisation du secteur énergétique. Sur l’EPR, ma position est tranchée, c’est non. Il est plus nuancé. »
- Vous a-t-il proposé le poste de vice-Premier ministre ?

« Non, il n’y a eu aucune négociation pour mon ralliement. Accepterais-je, s’il me proposait ? Oui, si le vice-Premier ministre a l’obligation de contre-signer toutes les décisions sur le long terme. À mon âge, on a envie d’être efficace. » RECUEILLI PAR J. LÉCUYER