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19.11.2007
La question du maintien de subventions publiques aux hydrocarbures doit être définitivement tranchée
Le débat sur le prix de l'essence est en fait un faux débat. La distorsion croissante entre l'offre et la demande d'hydrocarbures ne peut en effet conduire qu’à une hausse permanente du prix. Le très récent rapport de l’AIE (Agence internationale de l'énergie) prévoit que la demande mondiale, tirée par la croissance chinoise et indienne, devrait progresser de 55% d'ici à 2030. Pour tenir, il faudra consentir des investissements de l'ordre de 22.000 milliards de dollars pour améliorer les capacités de production et l'efficacité énergétique avec des conséquences évidentes.
D'abord le nombre de barils/jour nécessaire pour alimenter cette soif énergétique devrait atteindre 116 millions dans un quart de siècle, contre 84 millions de barils/jour en 2006. Or, il est plus qu'improbable d’y parvenir. Lester Brown* estime que sur les trois principaux pays producteurs de pétrole, 15 ont atteint leur pic de production et huit sont en croissance dont l'Arabie Saoudite pour laquelle de très fortes réserves pèsent sur la capacité de production supplémentaire. Au mieux, on pourrait éviter une réduction de la production globale à la condition qu'aucun des huit pays n’atteigne lui-même son pic dans l'immédiat. Certains estiment que le pic a été atteint fin 2005 ou qu’il le sera cette année. Quoi qu’il en soit, dans ces conditions, le prix ne peut que monter jusqu'à ce qu'un substitut au pétrole soit trouvé.
13:48 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : essence, pétrole, énergie







Commentaires
Vous citez le chiffres d'un coût réel du carburant en 2005 pour les Etats Unis de 2,88 $pour un prix supporté à la pompe de 0,53 $.
Le consommateur supporte donc 0,53 / 2,88 = 18,5 % du coût de l'essence.
Faisons maintenant 2 hypothèses:
1. le ratio de 18,5 % est transposable à la France
2. la TIPP et les taxes perçues sur l'essence ne financent pas les coûts externes
A supposer un prix de 1,20 € /l, il revient que le coût réellement facturé devrait être de 1,20 € / 0,185 = 6,49 €/l... ça aide à réfléchir
Il a été consommé en 2006 pour les transports routiers 41 Mtep (référence http://www.industrie.gouv.fr/energie/statisti/pdf/bilan2006.pdf).
En litre de gasoil (3/4 des 41 Mtep) ça fait 41 / 0,8 (densité du gasoil) = 51,25 milliards de litres.
Il revient que le coût supporté par la collectivité est de (6,49 € - 1,20 €) * 51,25.10^9 litre = 271,1 Milliards d'Euro...
Jolie somme... (raisonnement peut-être un peu caricatural car évacue l'élasticité prix de la demande...). Cette somme, soit elle est financée (surcoût du système de santé lié à la pollution par les carburants, subventions au secteur pétrolier...), soit elle est empruntée à nos enfants.
Un (r)établissement du vrai prix du carburant (donnons nous quelques années) aura pour conséquence de faire diminuer la consommation, de générer des ressources pour des investissements vertueux, et de responsabiliser le consommateur.
Gageons même que ça raménera les profits des sociétés pétrolières à une hauteur plus en adéquation à leurs contributions au bien-être social.
Vertu et marché vont de pair. Encore faut-il que le marché soit bien régulé.
Ecrit par : Alain D | 19.11.2007
Puis je me permettre de mettre en perspective cette préoccupation du maintien de subventions publiques aux hydrocarbures de cette autre question : http://www.kokopelli.asso.fr/articles/desertification.html
Et autour de cette mise en perspective de vous faire partager les réflexions suivantes :
http://www.pacte-ecologique.org/forum/viewtopic.php?pid=26292#p26292
Tout cela non pour minimiser l'intérêt de ce sujet et des autres soumis sur ce blog à nos avis
Mais pour solliciter un diagnostic plus global , un projet politique ,une stratégie pour commencer à construire ou préserver ce qu'on peut encore de notre avenir.
Ce blog ne fait il pas parti de ce "divertissement " dont parle Jefounet?
Ecrit par : Di Girolamo | 20.11.2007
l'établissement d'un véritable prix du carburant comme vous le proposez dans le commentaire ne suppose pas non plus une protection douanière permettant d'équilibrer la perte de compétitivité de nos entreprises, subissant une hausse du prix de l'énergie ? Certes cette baisse serait temporaire, étant donné que le prix des hydrocarbures est appelé à augmenter nécessairement. Finalement la hausse des taxes sur les hydrocarbures n'étant là que pour anticiper la hausse.
Dès lors, existe-t-il une volonté politique de mettre en place une telle régulation du prix ? Quel responsable politique est prêt à prendre le risque de parler de protectionnisme ?
Coridalement
Ecrit par : Clément B. | 21.11.2007
Bonjour,
Vous dîtes que la TIPP est assise sur le cours du pétrole et qu'elle est perçue sur l'e'ssence et fonction de son prix.
Ce n'est pas axact: la TIPP est une taxe fixe au litre, indépendante du prix du combustible taxé. C'est la tva sur les produits pétoliers qui est proportionnelle au prix.
Cordialment.
Yvon Sellier
Ecrit par : Yvon Sellier | 22.11.2007
exact pour TIPP et TVA. pour le reste, c'est une révolution qu'ilf aut faire da,s nos esprits , nos choix politiques n notre comptabilité ETC...
Ecrit par : corinne lepage | 26.11.2007
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