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10.12.2007
Le contre-pouvoir financier
Parmi les dispositions les moins connues par nos concitoyens de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen figurent probablement l'article 14 aux termes duquel « tous les citoyens ont droit de constater, par eux-mêmes ou par leurs représentants, la nécessité de la contribution publique ,de la consentir librement, d'en suivre l'emploi et d'en déterminer la quotité, l’ assiette ,le recouvrement et la durée « et l'article 15 qui rappelle que « la société a le droit de demander compte à tout agent public de son administration ». En effet, ces dispositions qui auraient pu établir le fondement d'un véritable contre-pouvoir de nature financière, au regard de l'étendue du pouvoir exécutif sont en réalité, dans notre système constitutionnel, bien loin d'avoir abouti un réel contre-pouvoir.
Sans doute, l'impôt est-il voté par le Parlement, ce qui est essentiel mais, le Parlement contrôle en réalité bien peu l'usage réel des fonds et, si la cour des comptes est, en application de l'article L. 111 -1 du code des juridictions financières est le juge des comptes des comptables publics, elle ne se préoccupe pas sauf exception des ordonnateurs, c'est-à-dire de ceux qui décident des dépenses. De surcroît, la réduction en 2001 du pouvoir des chambres régionales des comptes en terme de contrôle de gestion des collectivités territoriales a supprimé la seule réelle ouverture qui existait sur le contrôle des choix publics au niveau local.
Ce jugement sévère doit probablement être nuancé
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-d'une part en raison de la nouvelle procédure parlementaire qui commence à permettre de rapprocher les moyens des objectifs pour un certain nombre de grandes politiques,
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d'autre part du fait de la mise en place d'un audit financier de l'État,
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enfin d’ une politique très volontariste manifestée par le Premier Président de la cour des comptes en ce qui concerne la nature des sujets abordés et les suites à donner aux remarques effectuées.
Il n'en demeure pas moins que nous restons loin d'un véritable contre-pouvoir financier, qu’il soit judiciaire ou politique.
Judiciaire tout d’abord. Il conviendrait que la Cour des Comptes voit ses compétences étendues de manière à ce que puissent être sanctionnés les choix déraisonnables et les politiques inefficaces qui constituent autant d’exemples de dilapidation des fonds publics. C'est la raison pour laquelle, dans le cadre d'une véritable réforme constitutionnelle qui accepterait de poser la question du pouvoir judiciaire, celui-ci devrait pleinement intégrer la juridiction financière, rapprochant en particulier le statut des magistrats des juridictions financières et le système de nomination de déroulement de carrière et de procédures disciplinaires sur celui des autres magistrats. Mais les ordonnateurs locaux et nationaux sont en réalité à l’abri de toute sanction réelle , en particulier du fait de la disparition de l’inéligibilité des comptables de fait qui représentait la seule mesure dissuasive au niveau local.
Politique en suite. La cour des comptes, dans ses formations administratives, devrait pouvoir être questionnée et mandatée par le Parlement et le conseil économique et social rénové c'est-à-dire devenu enfin le lieu de représentation de la société civile. Ainsi, le contrôle technique exercé sur l'exécutif pourrait-il être un considérablement renforcé et un suivi réel des observations de la Cour des Comptes pourrait-il être assuré. De plus, nous sommes dans la nécessité de disposer de nouveaux outils de pilotage et en particulier d'une comptabilité patrimoniale de l’État. Si nous souhaitons, comme en Grande-Bretagne, aller vers un indice de bien-être économique qui permettrait de relativiser l'utilisation du PNB, il est indispensable en effet de prendre en compte de nouveaux critères. La Cour des Comptes comme du reste feu le Commissariat au plan devrait pouvoir y être associé.
Mais l'essentiel est plutôt dans véritable politique d'évaluation de nos choix publics.. Nous avons besoin d'étude d'impact financière comme et nous avons besoin d'étude d'impact environnemental. Le temps est révolu où le seul dogme politique pouvait justifier l'utilisation de fonds publics, sans une évaluation précise des coûts et avantages économiques à court et à long terme des investissements publics qu’ils concernent la politique nationale ou la politique internationale de la France Or, nous en sommes loin.
Quelle évaluation économique et financière a –t-elle été faite pour justifier la construction de l’EPR à Flamanville ou de ITER à Cadarache et comment ces choix sont-ils justifiés par rapport à des utilisations alternatives de nos fonds publics, en particulier dans le secteur des énergies renouvelables ? Quelle évaluation financière de la décision prise de financer très largement l'acquisition par le Maroc d’un TGV ? Lorsque la France accepte, par différents canaux, de préfinancer ou de financer la vente de nos produits, quelle évaluation est-elle faite et quel rôle le Parlement joue-t-il dans cette décision ?
Un tel sujet paraîtra peut-être importun dans la mesure où il touche au domaine réservé du Président de la République en matière de politique extérieure de la France. Mais dans la mesure- et la venue à Paris du président Kadhafi en est un symbole particulièrement choquant- la France se montre capable de jeter par-dessus bord les valeurs universalistes que nous prétendons porter par ailleurs, voire de passer par pertes et profits la mémoire des victimes françaises du terrorisme, et ce, en considérant que l'économique pour l'emporter sur tous, ce qui est pour beaucoup très contestable,y- le minimum est que notre intérêt économique et d'emplois et pas seulement à très court terme soit assuré et donc mesuré, surtout lorsqu’il implique des investissements publics. Il est douteux qu'il en soit ainsi.
C'est la raison pour laquelle il serait plus que jamais nécessaire que les dispositions de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, dans leur plénitude, entre dans le domaine de la réalité et non dans celui de la virtualité.
14:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note







Commentaires
Hum, hum... Tjs cette affaire d'olligarchie contre la démocratie finalement.... Le problème ne serait-il pas moins aigu si les citoyens-électeurs étaient plus exigeants vis à vis de leurs édiles? Sans doute....mais ils réélisent presque tjs et les doigts ds le nez ces individus qui après avoir été condamnés et ayant purgé leur peine, se représentent à une délégation de leurs pouvoirs, bien qu'ayant apporté une fois la preuve de leurs abus. L'inégibilité de ceux qui se sont retrouvé ds cette situation ne serait-elle pas aussi une solution visant la transparence, 'a contrario' d'une non transparence des activités de l'administration permettant les jeux tordus dont ces édiles profitent...
Bref une question de management à deux niveaux; plus ce troisième, consistant à faire des électeurs autre chose que des machines à voter selon leurs intérêts....manipulés.
Ecrit par : Eugène | 11.12.2007
"Parmi les dispositions les moins connues par nos concitoyens".....
l'article 2 (al. 5) de la constitution , indiquant à propos de la souveraineté dans notre République : Son principe est : gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.
Ecrit par : Di Girolamo | 11.12.2007
Les élites décentralisent et le peuple ne sait plus qui gère sa région .
Résidant dans la Drôme , je viens de payer les impôts locaux avec un chèque envoyé à CRETEIL .
Ecrit par : Bernard Mulot | 12.12.2007
Des arbitrages au profit de l'économie sont faits au détriment du politique (deals passés avec la Lybie, avec la Chine...).
Dans le même temps, des décisions politiques sont contestées aux motifs de la logique économique (EPR, ITER, TGV Marocain).
L'état politique est mauvais économiste pendant que l'état économiste est mauvais politique.
Est-ce que ça ne pose pas en définitive la question des missions de l'état ?
Ecrit par : Alain D | 13.12.2007
Di Girolamo Vous avez raison, mais comment un traité Européen peut il être signé par le président sans repasser pour accord devant le peuple.
Comment peut on se dire democrate ( elu par le peuple ;) ) et soutenir la non consultation du peuple sur les changements important de notre vie Quotidienne.
Mais il y a une chose que les français ont oublié mais les homme politique eux ne l'on pas oublié.
"Nul n'est censé ignorer la loi et la constitution", donc pas la peine de leur remémorer ce que le code civil et la constitution contiennent.
Ecrit par : gaulliste | 14.12.2007
Dans la constitution le partage des ressources naturelles n'est soumis à aucun paragraphe , et donc implicitement l'Etat est propriétaire :
- du réchauffement climatique
- du nuage de Chernobyl
- de la migration de cigognes
Ecrit par : Bernard Mulot | 14.12.2007
gaulliste
Je le suis tellement qu'il m'est tout à fait impossible de "rentrer" dans un parti gaulliste !
Le Président au dessus des partis ,non pas assoupi dans un nuage , mais qui joue un rôle actif de veille sur la constitution et donc sur ce qui la fonde et est le plus essentiel : la souveraineté populaire
un président qui fait donc en sorte que cette souveraineté s'exerce , que les partis restent à leur place : des animateurs du débat public , pas plus ,
cela me va très bien
cela aurait permit depuis longtemps aux citoyens de comprendre les enjeux européens , nationaux et mondiaux , de se faire leur opinion et de bien voter : référendum exercé dans de bonnes conditions.
La parodie de démocratie consistant à l'alternance de partis au pouvoir , d'un président issu d'un camp et qui gouverne
ne me convient pas du tout
n'est pas constitutionel
Le fait de refuser le référendum est un acte anti démocratique mais ce n'est qu'un épiphénomène d'un dysfonctionnement démocratique chronique
qui comme toute maladie chronique , le réchauffement climatique par exemple , est insidieux et fait son oeuvre lentement mais sûrement
Nous ne répondrons aux défis écologiques qu'en réactivant la démocratie et le débat public , et que nous élirons des présidents , non pour leurs idées ou leurs programmes , mais pour leur sérieux , leur honnêteté à faire vivre l'expertise et le débat dans des conditions dignes d'une démocratie moderne.
On fera dèjà de grosses économies pour les campagnes électorales!!!!!
Ecrit par : Di Girolamo | 14.12.2007
J'ai beaucoup aimé votre site cela vous direz t-il de mettre un lien mutuelle entre nos deux sites si vous le désirez!!!
Mon blog est le suivant: http://segoleneroyal2012.over-blog.fr/
Ecrit par : arno | 15.12.2007
"Je le suis tellement qu'il m'est tout à fait impossible de "rentrer" dans un parti gaulliste !" dit Di girolamo.
Nous nous sommes tous posé cette remarque, mais les lieux où nous étions, nous avons tellement derangé que l'on nous en a chassé, où alors on ne nous reconnait pas, chez le Modem par exemple eh oui Monsieur Bayrou, vous ne voulez pas d'un courant gaulliste chez vous mais vous appellé les gaullistes à vous rejoindre hum!!!
Les gaullistes sont la droite et la gauche en même temps, nous somme au dessus des partis.
Les gaullistes nous avons decidé de ne plus servir un homme mais notre pays.
Nous faisons acte de resistance sur plusieurs domaine dont l'ecologie, l'economie, le social.
Voyez vous même les Radicaux Mendesistes nous rejoigne.
Ecrit par : gaulliste | 15.12.2007
Oui mais les gaullistes doivent aussi être la croissance et la décroissance , ce qui est difficile à tenir comme position!
Ce qui est important c'est que les individus et les groupes , les citoyens et les partis , les associations etc dans leurs différences puissent s'exprimer et débattre parce que c'est ce débat contradictoire qui est créateur d'avenir et qui est la démocratie .
Et ce positionnement ne doit pas être verbal mais structuré , organisé concrètement ; et c'est le rôle éminent du président , au dessus des partis de mettre à leur disposition cet espace public vivant ,participatif et médiatisé!
Le bi partisme est un simulacre de démocratie ; le centre ne résoud pas ce problème , ni aucun autre parti. Les partis sont utiles, d'utilité publique mais à leur place .
Ecrit par : Di Girolamo | 17.12.2007
L'organisation électorale lamine les petits parties . L'écologie ne peut pas ré-organiser la production mondiale, ni diminuer l'étendu de la pollution qui touche tous les secteurs de l'économie . Le réchauffement climatique est un des foyers qu'il faut éteindre , mais tant qu'il n'y aura pas des indices précis ( conso / pollution ) , le pouvoir d'achat et les sondage d'opinion guideront le peuple devant son écran pendant le journal de 20H .
Ecrit par : Bernard Mulot | 17.12.2007
http://www.futura-sciences.com/fr/sinformer/actualites/news/t/terre-3/d/les-glaciers-tibetains-seraient-en-train-de-fondre_13931/
Les essais nucléaires gaullistes servent à mesurer la fonte des glaces .
Ecrit par : Bernard Mulot | 18.12.2007
Bernard mulot.
Que vienne faire les essais nucléaires et les gaullistes?.
Ecrit par : gaulliste | 19.12.2007
Les gaullistes s'informent sur ce blog et je ne parviens pas à m'informer sur le blog upf .
Il n'y a pas assez de liens externes ou ce n'est qu'une impression subjective ...
Ecrit par : Bernard Mulot | 19.12.2007
Bernard mulot ce n'est qu'une impression subjective, regardez bien les liens vous pourrez même venir parler avec nous sur notre forum en plus du blog.
Ecrit par : gaulliste | 19.12.2007
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