26.05.2008

Corinne Lepage: les marins-pêcheurs victimes des temps modernes

Dans une conférence qui s'était tenue le 4 mars 1989 , Michel Serres avait rappelé le rôle et la force de  symbole des marins :

"Deux hommes jadis vivaient dans le temps extérieur des intempéries : le paysan et le marin, dont l'emploi du temps dépendait, heure par heure, de l'état du ciel et des saisons ; nous avons perdu toute mémoire de ce que nous devons à ces deux types d'hommes, des techniques les plus rudimentaires à la plus haute culture…..
 Or ces deux populations disparaissent progressivement de la surface de la terre occidentale ; excédents agricoles, vaisseaux de fort tonnage transforment la mer et le sol en désert.
(Ne vivant plus qu'à l'intérieur, plongés exclusivement dans le premier temps, nos contemporains, n'habitant plus que les villes, ne se servent ni de pelle, ni de rame, pis, jamais n'en virent. Indifférents au climat, sauf pendant leurs vacances, où ils retrouvent, de façon arcadienne et pataude, le monde, ils polluent, naïfs, ce qu'ils ne connaissent pas, qui rarement les blesse et jamais ne les concerne.)"


Ne nous y trompons pas. Le drame des marins-pêcheurs est notre tragédie : celui d’un mode de développement qui s'effondre, faute de ressources naturelles et du retour en force de la soumission aux contraintes extérieures que nous avons nous-mêmes déréglées, sans être à ce jour moindrement  capable d'en limiter les effets.  Les marins-pêcheurs ne sont que les premières victimes des temps modernes, au même titre que les premiers réfugiés climatiques.
Le secteur de la pêche est dans une impasse dans laquelle l’Etat porte une très lourde responsabilité : mauvais choix industriels favorisant les chalutiers de haute mer, opposition à tout effort organisé de réduction des capacités de pêche, l'interventionnisme pointilleux et inefficace. Pour acheter la paix sociale en attendant la prochaine crise, les plans d'urgence se sont succédé en France sans aucune vision stratégique du rôle de la pêche. Notre capacité de pêche a augmenté de 30 % en 10 ans et  l’Etat n'a cessé de privilégier le chalut particulièrement coûteux en termes de carburants et source de gaspillage avec un taux de rejet de poissons élevés alors qu'il existe des solutions pour mettre en oeuvre des politiques de préservation de ressources et susceptible d'assurer la viabilité des pêcheries. Nous ne sommes malheureusement pas les seuls à avoir choisi cette voie.  Les  trois quarts des subventions au niveau mondial n'ont servi qu'à augmenter les capacités de pêche alors que les ressources ne cessent de diminuer. Mais, si le mouvement de protestation  est plus puissant en France que dans les pays voisins, c'est que nos voisins mettent  en oeuvre des politiques différentes notamment des programmes de rachat de navires et prônent une pêche beaucoup plus respectueuse de la ressource. N'oublions pas que c'est toujours la France qui s'oppose aux mesures proposées par l'union européenne pour réduire les quotas pêche. Nous n’échapperons cependant pas à l'interdiction de la pêche du thon rouge en Méditerranée et à de nouvelles mesures de protection La hausse du prix du fioul, qui en France représentent 40 % du coût d’un bateau ne fait qu’acccélérer une chute inévitable.  C'est à une réorganisation totale de la filière qu'il faut s'attaquer avec des techniques économes en énergie fossile et permettant de réduire de 60 % les taux de rejet et uen véritable politique sociale à l’égard de la professions.  La chute des stocks de poissons et l'augmentation du fioul ne sont  pas de courte durée. Les mesures annoncées équivalent à mettre des rustines sur la coque du Titanic.

Le temps est donc venu de changer radicalement de politique. Ce qui se passe pour le poisson se passera, si nous continuons, pour la production alimentaire du fait de l'épuisement des sols et et du manque d'eau. Nous ne pouvons pas poursuivre des politiques qui mélangent  cynisme ,hypocrisie et incompétence en laissant supposer que nous traversons seulement une crise passagère, qui peut être gérée avec des subventions que nous n'avons même plus les moyens de verser.
Il va de soi que la solidarité nationale doit jouer en faveur en particulier de ceux, agriculteurs et marins , qui sont à la base de la satisfaction de besoins alimentaires à la condition bien évidemment que leurs techniques soient en adéquation avec nos besoins de moyen et long terme . Or, en matière de lutte contre la pollution des mers, les marins ont joué un rôle essentiel au cours du XXe siècle en s'opposant comme ils le pouvaient à la volonté de nombreuses industries de transformer les mers en poubelle. Il ne faudrait évidemment pas que les efforts d de reconstitution de la ressource se traduisent finalement en liberté de polluer sans limites En réalité, dans ce domaine comme dans la plupart des activités économiques du XXe siècle, c'est à une véritable reconversion que nous sommes appelés.
De même que la deuxième partie du XXe siècle a vu la reconversion industrielle, en particulier du nord et de l'Est de la   France, abandonnant les mines, la sidérurgie et le textile, nous allons assister ou plutôt nous allons devoir procéder à une véritable reconversion de notre économie pour l'adapter à un monde pauvre en ressources naturelles et économe en eau et en énergie. Aux délocalisations vont s'ajouter des phénomènes de relocalisation, permettant aux bassins de consommation de pouvoir trouver, à proximité, c'est-à-dire sans coûts de transport important, les produits nécessaires à la vie. Une nouvelle géographie économique dont il ne faut pas se dissimuler qu’elle aura ses propres gagnants et ses propres perdants se met en place . Outre les richesses initiales et le positionnement par rapport aux effets du changement climatique, nul ne peut aujourd'hui nier que la capacité d'anticipation et de gestion concertée avec tous les acteurs concernés sera un des  atouts majeurs. Il serait souhaitable d’ en prendre rapidement conscience.

Chronique France-Culture du lundi 26 mai

Commentaires

Je partage pleinement votre analyse au sujet de la situation des pêcheries et des ressources halieutiques. Cela fait longtemps déjà que nous réclamons un véritable plan de reconversion dans ce domaine, car il serait bien inutile, et même dangereux, de chercher à reculer encore l'échéance. Vous prenez les autres pays européens en exemple. Vous savez, cependant que la situation est loin d’y être toujours idyllique. Le dépassement systématique des quotas, la pêche illégale du thon, effectuée notamment sous pavillon de complaisance libyen constituant quelques exemples des difficultés auxquels les Etats membres sont confrontés, lorsqu’ils ne cautionnent pas ouvertement eux-mêmes les transgressions comme ce fut le cas récemment de la Pologne. Il me semble que la France fournit un effort de surveillance relativement important dans ce domaine, quoique celui-ci demeure plus qu'insuffisant pour enrayer le pillage. On oppose en outre les faibles quantités allouées aux pêcheurs de la Communauté comparées à la surpêche de pays comme la Russie. Plutôt que d’en faire un argument visant à réévaluer les quotas à la hausse, comme le font les pêcheurs, nous serions bien mieux avisés d’élaborer une véritable protection de la ressource au niveau international. Par ailleurs, tout en comprenant le désarroi des professionnels de la mer, j’avoue avoir été assez choqué par cet énième pillage de supermarchés. Pourquoi le vol caractérisé et la dégradation des biens seraient-ils tolérés pour les pêcheurs ou les agriculteurs et condamnés pour le reste de la population ? Evitons d'en revenir au pur clientélisme de type chiraquien. Enfin, je reconnais bien, dans le texte que vous citez, l’approche assez superficielle du philosophe Michel Serres. En effet, la réalité est un peu plus complexe que l’image d’Epinal du bon paysan ou du bon marin, préservant la nature, opposé au citadin qui n’y connaît rien. Des citadins sont parfois bien plus en avance sur la plan de la protection animale et de la défense générale de l’environnement que certains professionnels pêcheurs ou paysans. L’agriculteur industriel breton connaît peut-être les saisons, mais il ne se préoccupe pas toujours du taux de nitrate présents dans les sols et dans les cours d’eau. Il existe autant de différence entre lui et l'un de ses collègues engagé dans l'agriculture biologique qu'entre un citadin pollueur et un militant écologiste.

Ecrit par : Laurent Dingli | 26.05.2008

Pourquoi avoir supprimé mon commentaire ?

Ecrit par : Laurent Dingli | 26.05.2008

Excusez moi pour le message précédent. Il s'agit d'une erreur. Lire aussi "auxquelles" et non "auxquels" dans mon premier post. Merci.

Ecrit par : Laurent Dingli | 26.05.2008

Pas d'accord pour le THON , qui une fois capturé dans des filets , va tourner en rond sans se prendre dans les mailles ...

La pêche qui préserve l'espèce n'est pas celle du chalut , qui racle le fond et vide les océans . La crise est bien celle qui noie le poissons et qui veut donner une chance à la cause perdu du chalut .

Les bateaux coutent cher et le gazoil est un faux problème

Ecrit par : Bernard Mulot | 26.05.2008

Rien à voir avec le sujet, quoique....

pour ceux qui veulent voir un habitat autonome sain écologique et zéro déchets et surtout sans béton, allez sur le site zebrano.wordpress.com pour découvrir une réalisation en région parisienne pour comprendre comment une maison de 200 m² en PASSIVHAUS ne consomme que 18 euros de chauffage par moi ( et ce pour les frileux)

Ecrit par : jean françois | 27.05.2008

@ zebrano.wordpress.com

J'ai vu des blogs wordpress qui ne passent pas toutes les photo sur la même page .

Passer du blog moule-frite à l'ossature bois , c'est rassurant !

Créer des pages et des sous-pages , c'est possible avec wordpress ...

http://codex.wordpress.org/fr:WordPress_Fonctionnalites

Ecrit par : Bernard Mulot | 27.05.2008

oui ! un changement "RADICAL" est nécessaire ! c'est le comment qui fait problème .
Le changement "RADICAL" de méthode politique est sans doute le premier pas à faire .
C'est par là qu'il faut commencer !
Il n'y a pas cinquante solutions et pas besoin de se torturer l'esprit pour avancer : la première chose à faire est d'organiser localement (mais sur toute le France, dans une cohérence nationale ) des réflexions destinées à bien, poser et faire le tour du problème ( le problème est global et il est vain de vouloir laisser les pêcheurs résoudre seuls leur soucis) , chercher à mettre en place des solutions ; méthode locale , globale , participative. Recherche et développement sociétal .Expérimentations.
Rompre avec le marché mondialisé et la macro politique des puissants ; se prendre en charge sur les territoires.
On est loin du PS , de Sarkosy , de Royal ......Du modem !

Ecrit par : Di Girolamo | 28.05.2008

Pour la pêche , comme pour l'agriculture et tous les domaines consacrés à répondre aux besoins humains essentiels , la raréfaction des énergies fossiles et leurs effets désastreux sur le climat impose une autre mode de production , relocalisé mais aussi redéployant fortement l'ingéniosité et la main d'oeuvre humaine ; d'une économie recherchant le + de mécanisation , le moins de main d'oeuvre possible , il va falloir passer à une économie de l'ingéniosité organisant le travail du plus grand nombre possible d'hommes sur les tâches essentielles : il vaudra mieux cultiver des jardins que de produire des canons à neige , des grosses cylindrées ou des déodorants .
Et tout cela l'outil politique parisien ou européen est bien incapable et de l'imaginer et de le metttre en oeuvre ; c'est de l'auto organisation locale et volontariste des acteurs qu'on pourra remettre l'imagination au pouvoir ; comme Sarkosy je crois à la mondialisation , mais à celle là , celle des reconquêtes locales , pas celle de l'ordre au service d'une minorité qui si on n'agit pas va bientôt vouloir nous dicter autoritairement le chemin à suivre .

Ecrit par : Di Girolamo | 28.05.2008

Pour la pêche , comme pour l'agriculture et tous les domaines consacrés à répondre aux besoins humains essentiels , la raréfaction des énergies fossiles et leurs effets désastreux sur le climat impose une autre mode de production , relocalisé mais aussi redéployant fortement l'ingéniosité et la main d'oeuvre humaine ; d'une économie recherchant le + de mécanisation , le moins de main d'oeuvre possible , il va falloir passer à une économie de l'ingéniosité organisant le travail du plus grand nombre possible d'hommes sur les tâches essentielles : il vaudra mieux cultiver des jardins que de produire des canons à neige , des grosses cylindrées ou des déodorants .
Et tout cela l'outil politique parisien ou européen est bien incapable et de l'imaginer et de le metttre en oeuvre ; c'est de l'auto organisation locale et volontariste des acteurs qu'on pourra remettre l'imagination au pouvoir ; comme Sarkosy je crois à la mondialisation , mais à celle là , celle des reconquêtes locales , pas celle de l'ordre au service d'une minorité qui si on n'agit pas va bientôt vouloir nous dicter autoritairement le chemin à suivre .

Ecrit par : Di Girolamo | 28.05.2008

quelqu'un peut me dire pourquoi les marins pêcheurs n'ont pas transformé leurs bateaux à moteur en bateaux à voile?
la technologie a fait d'énormes progrès dans ce domaine.
alors... pourquoi ?
les subventions ne peuvent-elles servir à cette transformation ?

Ecrit par : miha | 28.05.2008

Parce que les voiles ne se manient pas comme un moteur diesel et qu'il faut un savoir faire ; parce qu'on est encore plus dépendant du temps ; parce qu'on a plus besoin de main d'oeuvre, parce que pendant que certains utiliseront les voiles d'autres auront des moteurs etc etc bref parce que cela ne rentre pas dans les critères de l'économie mondiale telle qu'elle est aujourd'hui organisée .
Parce que cette solution n'est pas étudiée parce qu'il n'y a pas d'outil prospectif de recherche , parce nous gérons ce qui se passe et que l'activité politique est incapable de prévoir et programmer à long terme , parce que personne ne peut prendre la décisision de changer tout cela.Parce que nous pensons à très court terme : le pétrole ça secoue ! et le climat?
Nous sommes des poissons prisonniers dans une nasse et nous sommes aussi les pêcheurs.

Ecrit par : Di Girolamo | 29.05.2008

@ miha @ giro -

Parce que le chalut est une folie qui racle le fond de l'océan et consomme énormément de carburant . Les armateurs de ce monstre des mers reçoivent les permis de construire de l'ETAT et après les pécheurs manifestent .

Le cercle vicieux est en place et personne ne peut l'arrêter .

Ecrit par : Bernard Mulot | 29.05.2008

la pêche c'est les océans ...et les océans nous parlent :

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2016

Ecrit par : Di Girolamo | 29.05.2008

Je suis globalement en phase avec votre discours, qui voudrait que l'anticipation prenne le pas sur la simple réaction. Et ceci ne concerne pas seulement les pêcheurs! Vous affirmez que notre planète a des ressources limitées: qui pourrait vous contredire?

Peut-être dans l'attente de l'émergence d'un gouvernement mondial, qui sonnerait le glas de la capacité des principales puissances à s'entendre au sujet de nos ressources (ce qui n'est pas rien entre parenthèses), nous ne pouvons aujourd'hui que constater les dégâts. Une hausse du prix du baril de pétrole, ... et c'est toute une filière de production qui se retrouve en faillite! Certes, cette hausse n'est pas amortie par les taxes que nous usagers de la route payons sur le carburant...

La question qui demeure est me semble t-il celle-ci: plutôt que de simplement constater les dégâts et engager des aides financières incompatibles avec notre propre déficit budgétaire, y avait-il moyen de prédire l'avenir, d'ANTICIPER?

Je crois que la réponse à cette dernière question est clairement "oui". Un "oui", d'où ressort la situation de détresse actuelle des marins-pêcheurs. Un "oui", qui signifie que le gouvernement (ou ses prédécesseurs) a failli dans sa tâche. Car celle-ci est selon moi autant d'anticiper les problèmes (la résolution en demeure toujours plus simple), que de simplement réagir lorsqu'ils se manifestent concrètement.

Si j'ai adhéré au MoDem, c'est entre autres pour voir se développer une véritable politique d'anticipation, qui fait défaut à nos gouvernements respectifs depuis des lustres. J'espère ne pas être déçu.

Ecrit par : JF le démocrate | 30.05.2008

Quand cela fait des lustres que les bateaux naviguent , le gouvernement ne peut pas anticiper la baisse , qui tout le monde le sait , est inévitable .

Il y a les pécheurs qui mettent la charrue avant les boeufs depuis des années . Il faut revenir à de la pêche plus modeste et artisanale .

Ecrit par : Bernard Mulot | 31.05.2008

"Il faut revenir à de la pêche plus modeste et artisanale"
Cela vaut aussi pour l'agriculture ; mais modeste et artisanale ne veut pas dire arriéré et rétrograde et demande un sacré effort de recherche , d'adaptation , de créativité ...Et pas seulement technique (bien que la technique soit importante) puisque c'est un entier nouveau système sociétal qu'il s'agit de mettre en place.
Et cela, il sera dificile de le mettre en place secteur par secteur : il faut une volonté nationale ...On retombe sur la politique !
Ce changement profond doit être préparé en amont : plutôt que de chercher des béquilles (baisse de la tva pétrole) mieux vaudrait poser le problème de l'après pétrole ,aujourd'hui , idem pour le réchauffement climatique (inquiétantes nouvelles à ce sujet). Il faut que la prochaine comission Atali , soit une comission nationale , publique, participative et dédiée au bilan et à la recherche sociétal ; qu'elle mobilise l'ensemble(le plus grand nombre possible) des citoyens (et les élus!). Qu'elle soit déployée à tous les échelons territoriaux et dispose d'une vitrine sur la tv publique , véritable outil national de recherche /expérimentation/ développement ...d'une société "plus modeste" et plus intelligente .

Ecrit par : Di Girolamo | 31.05.2008

La pêche au THON qui laisse l'animal en captivité un certain temps , c'est un contrôle intelligent de la ressource .

Il n'y a pas de volonté politique pour mettre le chalut au musée , le chalut c'est la poubelle qui ramasse tout et n'importe quoi .

Mais c'est une poubelle rendue sympathique avec des radars très puissants qui localisent la ressource , et fait aussi venir les copains qui tapent joyeusement dans la ressource .

Ecrit par : Bernard Mulot | 31.05.2008

J’ai discuté hier avec un marin pêcheur breton. Je comprends le désarroi de cet homme. Il exerce l’un des métiers les plus difficiles qui soit et la situation de la pêche française est plus que déprimante. Pour autant, le dialogue a été difficile. Lorsque j’ai évoqué la raréfaction de la « ressource » halieutique, j'ai été confronté à une sorte de déni : les scientifiques disent n‘importe quoi, la technique embarquée prouve que les poissons sont bien là, etc. Bien sûr, cet homme était très remonté contre le président de la République, les promesses d‘aides n‘étaient pas tenues… Il dénonçait aussi la pêche espagnole, un sujet récurrent, comme dans le domaine agricole. J’ai évoqué la question des navires usines affrétés par la grande distribution (Carrefour, etc.), qui ratissent les fonds, mais ce sujet n’avait pas l’air de l’inspirer. J’aurais pu aussi évoquer l’impulsion donnée jadis par l’Europe pour s’équiper et moderniser les flottes à une époque où l’on pensait - où plutôt l’on feignait de croire - que la ressource était inépuisable et qu’il n’y avait qu’à l’exploiter. En somme, il serait bien vain de désigner tel ou tel coupable, tous les intervenants ayant une part de responsabilité dans cette situation dramatique. Il est certain que, pendant des années, les responsables politiques n’ont pas adressé un message clair en direction de ce groupe professionnel, c‘est le moins que l‘on puisse dire. Le lobbying effectué dans les couloirs de Bruxelles par tous les ministres de le pêche français, quel que soit leur sensibilité politique, a conforté la vision que l’Europe exagérait ses alarmes et fixait des quotas trop importants, alors que dans le même temps, les associations écologistes telles Greenpeace ou le WWF, martelaient que les données de Bruxelles étaient largement sous-estimées. Force est de constater aujourd’hui que leurs alertes étaient fondées. Le manque de courage politique est toujours source de drames et ce sont des gens souvent modestes qui paient aujourd'hui le prix d'années d'incurie. Il faut donc aider les pêcheurs à se reconvertir, peut-être équilibrer les quotas alloués à certains pays et faire pression sur les Etats qui n‘appartiennent pas à l‘UE, un chantier particulièrement difficile à mettre en oeuvre. Protéger les océans de manière drastique est tout simplement une question de survie. On a beaucoup glosé sur l’Union pour la Méditerranée, mais si elle pouvait seulement atteindre son objectif environnemental, c’est-à-dire freiner l’agonie de ses écosystèmes, elle aura atteint un objectif majeur. Ce type de partenariat, extra-communautaire constituera peut-être, dans l’avenir, une réponse parmi d’autres au défi environnemental.

Ecrit par : Laurent Dingli | 28.07.2008

C'est un dialogue de sourd . Avec l'augmentation du pétrole , c'est ceux qui péchent beaucoup qui arrivent à amortir la charge que représente le carburant .

Donc quoiqu'il advienne , les plus petits ne pourront pas suivre avec ou sans l'Europe , la méditerrannée , les quotas , etc ...

Mettre la ressource et le pétrole au même niveau , c'est tromper le peuple ! Que faire pour réduire le prix du pétrole , rien , vu que la France est depuis 30 ans un état pétrolier , qui raffine le brut , énormément endetté avec des dépenses de structure incontrolées . Ces dépenses de structure viennent des matières premières que nous n'avons pas et c'est pas que les hopitaux , les fonctionnaires qui creusent ce déficit .

Alors avant d'entreprendre de grands travaux , il faut calculer les conséquences qui vont suivre 20 ou 30 ans après . Exemple , pour chauffer au solaire, un bilan thermique montre que le rendement maxi des capteurs est atteind à 100 m2 .

Avec 200 m2 le rendement sera plus faible et le prix exorbitant . En suivant cette logique , il faudrait casser les 2/3 du parc immobilier . Voilà à quoi mène les grands
chantier depuis 30 ans ...

Ecrit par : Bernard Mulot | 28.07.2008

Bernard Mulot
DE quels rendements parles-tu ? 100 m² de capteurs, de surfaces habitables ?
Sur quel base d'isolation, d'orientation, de sensation thermique le bilan thermique que tu présentes se base t il ?
Chaque cas étant différent il serait souhaitable que l'on sorte du du cas individuel que l'on a tendance à globaliser.

Ecrit par : lorton | 30.07.2008

lorton

100 m2 de capteurs , et c'est pas pour l'individuel mais avec des bâtiments collectifs . Pour le solaire c'est la structure collective des bâtiments qui est limitée .

La pêche , les transports , la structure collective est aussi limitée quelque soit l'état de la ressource .

Ecrit par : Bernard Mulot | 30.07.2008

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