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07.07.2008

Corinne Lepage: la pieuvre nucléaire

La décision annoncée par le Président de la république de construire un deuxième EPR révèle s’il en était besoin, la gravité de la situation française au regard du fait nucléaire. Notre prisme de plus en plus déformé à l’égard de l’industrie nucléaire est en passe de nous plomber sur le plan intérieur comme sur le plan international.
Entendons nous bien. Il ne s’agit pas de sortir du nucléaire ou de contester le nucléaire a priori même si nos élites ont la fâcheuse habitude de nier tout inconvénient. Il s’agit de mesurer les ravages que le choix aujourd’hui de l’EPR va provoquer dans le domaine de l’économie, de la recherche, de la gouvernance,et de la politique étrangère.
Sur le plan économique d’abord, la réalisation d’un puis de deux EPR, sans aucune étude d’impact économique et sociale préalable aboutit à préférer créer 400 emplois là où la même somme, soit 2 fois 3,5 milliards d’euros aurait permis, si elle avait été investie dans les énergies renouvelables d’en créer entre 50 et 100 000. De plus, la création de ce deuxième EPR, alors qu’EDF elle-même indique que nous n’en n’avons aucun besoin avant 2020, va ruiner l’industrie et l’effort naissant en faveur du renouvelable, directement concurrent du nucléaire. Car le nucléaire ne nous apporte rien pour remplacer le pétrole dans le transport et a été un formidable encouragement au gaspillage énergétique, au retard français dans le développement de l’efficacité énergétique et l’industrie du renouvelable qui dopent l’économie de nos voisins. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, cette décision de surcapacité volontaire va tuer l’intérêt économique des énergies alternatives puisque EDF ou Suez devront vendre leur électricité nucléaire qui ne se stocke pas et a une efficacité énergétique très faible.
Alors pourquoi cette précipitation alors même que les immenses difficultés rencontrées par Areva dans la construction de l’EPR en Finlande comme à Flamanville justifierait au contraire une réflexion de fond sur la filière de troisième génération ?
Il faut chercher la réponse non pas dans une nécessité énergétique qui n’existe pas ou qui justifierait une solution en faveur des ENR mais dans le mécano financiaro-industriel consistant à permettre à Bouygues de mettre la main sur Areva après avoir marié GDF et Suez sur le dos des abonnés au gaz qui ont et continuent à  payer la facture . Cette décision s’inscrit donc dans le choix de privatiser l’énergie y compris le nucléaire, la création d’un nouvel EPR étant destiné à orner la corbeille de la mariée. Or, cette privatisation nous fait courir un risque immense en terme d’indépendance nationale et  de sécurité Alors que l’Allemagne s’interroge sur les fuites de radioactivité d’un de ses laboratoires souterrains, a-t-on imaginé ce que représenterait pour l’agriculture et l’industrie agro-alimentaire françaises un problème de cette nature ?
Mais, les effets pervers ne s’arrêtent malheureusement pas là. En effet, le fléchage de l’immense majorité des crédits publics vers le secteur nucléaire et le CEA privent de moyens des pans entiers de la recherche française en particulier dans les nouvelles énergies et focalisent par exemple sur le plateau de Saclay, les moyens quia auraient pu aller vers les universités.
Or, tout ceci se fait dans l’opacité qui est précisément une des grandes caractéristiques du choix nucléaire français. Si nous sommes si réticents à informer le public, si le secret défense joue un rôle si fort et en parfait décalage avec les pays démocratiques, c’est largement du au poids du nucléaire  qui ne vit que du secret, refuse les informations sur les risques, sur les coûts réels et contamine l’ensemble de la société même s’il dispose d’un droit spécifique dérogatoire du droit commun non seulement sur l’accès à l’information amis aussi sur le droit de polluer l’air ou l’eau. Or, bien loin de s’améliorer, la situation se détériore et contribue à la malgouvernance française.
Enfin même la politique internationale est fortement impactée par le retour au tout- nucléaire.. Pomme de discorde en Europe où le choix français n’est pas majoritaire loin de là qui participe du différend avec Madame Merkel , accusée de ne pas relancer le nucléaire  tout en défendant Siemens que Bouygues voudrait bien voir chasser. Instrument de la diplomatie française qui conduit à vouloir vendre des centrales à tous les pays du monde à commencer par ceux qui n’offrent aucune garantie ni en terme de sécurité ni en terme de dissémination et de devoir soutenir ces « clients «  y compris dans les plus mauvaises causes. Après la responsabilité historique que nous portons sur les risques en terme nucléaire qu’ont fait courir au monde l’Irak puis l’Iran, nous souhaitons aujourd’hui doter la Libye, l’Algérie et pourquoi pas un jour la Syrie de centrales nucléaires. Toute décence et toute défense des droits de l‘homme s’effacent devant l’impératif commercial et les liens profonds que le nucléaire impose de tisser avec les acheteurs. Ainsi, la diplomatie du nucléaire tend à s’imposer faisant dans le domaine international comme  dans le domaine interne l’alpha et l’omega de la politique française . Si l’industrie du nucléaire actuelle et future s’en réjouit, rien ne dit que la nation française y trouve son compte.

Tribune France Culture du lundi 7 juillet

Commentaires

juste, brillante et terrifiante analyse..
qui a la "gentillesse" de ne pas s'arrêter sur la dose de mépris populiste, simpliste et démagogique d'un président (dans son intervention au Creusot, vue sur BFM) vendant le nucléaire avec l'équation:
besoin énergétique = misère =terrorisme => nucléaire pour tous!
en rendant au passage responsable du "trou de la couche d'ozone" les ... gaz à effet de serre (sic). Vous avez dit compétent?..:
"j'ai pas fait les mines, j'ai pas fait l'ENA, mais j'ai été élu" (dixit NS) .
J'en tremble encore...
Il faudrait vraiment qu'une réaction unanime, (genre une tribune co-signée) traversant toute l'opposition (à NS) et toute l'écologie dénonce ce mercantilisme démagogique et mortifère.

Ecrit par : L.D | 08.07.2008

Ce qui est terrible, c'est que nous sommes complètement pris en otage par cette politique monstrueuse...
Quelles sont les alternatives, les solutions ?
Comment ne pas se sentir impuissant ?

Merci, merci Corinne Lepage !

Ecrit par : Le Gandhi Vert | 08.07.2008

"Il faudrait vraiment qu'une réaction unanime, (genre une tribune co-signée) traversant toute l'opposition (à NS) et toute l'écologie dénonce ce mercantilisme démagogique et mortifère." nous dit LD

A un moment donné il n'y a plus de "réactions unanimes " qui tiennent. Une révolution serait plus appropriée.

Ecrit par : Di Girolamo | 11.07.2008

je reviens sur mon précédent commentaire pour le préciser ; je ne suis pas va t'en guerre et ne souhaites pas de révolution violente. Simplement j'affirme qu'à un certain niveau d'enjeux , en rester sur des réactions , manifs , prises de position ..etc est en décalage avec le gravité de la situation et ne fait que verser de l'eau au grand moulin systémique ; il n'y a donc pas d'autre sortie qu'une révolution qui si elle se fait à temps est pacifique , non violente et baignée d'intelligence collective. Et il ne s'agit pas de prendre pour cible le pouvoir en place quelque soit les griefs justifiés qu'on peut avoir contre lui , mais le fonctionnement même de notre société , en premier lieu son organisation politique et médiatique .

Ecrit par : Di Girolamo | 11.07.2008

Corinne Lepage nous dit :
"Entendons nous bien.Il ne s’agit pas de sortir du nucléaire ou de contester le nucléaire a priori même si nos élites ont la fâcheuse habitude de nier tout inconvénient"

L'a priori de Corinne Lepage est donc :
- ne pas sortir du nucléaire
- ne pas le contester a priori

Il me semble qu'un vrai débat (sur le nucléaire) ne pose pas d'apriori . Mais un questionnement . La question étant ici : le nucléaire est il ou pourrait il être et dans quelles conditions un atout pour nous aider à mettre en place une société durable ? Les risques qu'il représente sont ils compensés par les avantages? Comment la société pourait elle s'organiser pour être durable ?

Il faut savoir que personne ne peut garantir aucun incident majeur , le propre d'un accident étant d'en être un ; et qu'un tel accident sur le territoire national risque de nous faire changer d'avis et faire nos valises . Ce n'est donc pas un "inconvénient " mais un risque majeur . Pour l'assumer il faut vraiment y être contraint et avoir exploré toutes les autres pistes.

Mais si l'apriori est
- ne pas sortir du nucléaire
- ne pas le contester a priori

Le débat devient difficile et l'imagination est condamnée à rester à la maison.

Ecrit par : Di Girolamo | 12.07.2008

Les révolutions et autres mouvements "d'intelligence collective" ont leurs lots de cadavres et leurs récupérateurs de tous bords.
Si "le système" médiatico-politique est discutable dans ses dérives, il s'inscrit dans la démocratie, garante des libertés, qu'il faut défendre par une vigilance accrue de la société civile, donc sur son information et sa mobilisation (pas -encore- gagnée).
L'unanimisme souhaité des associations et partis écologistes, de gauche et du centre concernant le contrôle du marché nucléaire ne peut se faire que sur les dénominateurs communs que souligne C. Lepage et pas (encore) sur une "sortie du nucléaire".
Même s'il reste souhaitable d'en sortir puisque:
"La catastrophe a ceci de terrible que non seulement on ne croit pas qu’elle va se produire, mais qu’une fois produite elle apparaît comme relevant de l’ordre normal des choses."
(J.P. Dupuy, Pour un catastrophisme éclairé, Ed. Seuil.)

Ecrit par : L.D | 12.07.2008

Et pour la scandale de déchets nucléaires à Tricastin plus celui de la fuite d'uranium non loin de là 4 jours après, aucune réaction?

Ecrit par : emachedé | 12.07.2008

20, 25 secondes sur la Deux ce soir au 20h sur les manifestations anti nucléaires. "le système" médiatico-politique s'accomode bien de cette démocratie là et est garant de ces libertés là.

Et par calcul "intelligemment stratégique " ne pas poser le débat du nucléaire sur le fond (pas encore en sortir ) , c'est se lier pour de nombreuses années , c'est accepter ce fonctionnement .
"L'unanimisme souhaité " , je dirai plutôt un consensus majoritaire large, ne pourra s'élaborer que sur la base d''un débat de fond , long , méticuleux , global , participatif et accessible au plus grand nombre . Où l'ensemble des éléments de ce problème complexe soient contradictoirement mis en évidence.
La révolution proposée consiste tout bonnement à créer un outil politique de réflexion globale sur le diagnostic sociétal et la recherche développement d'une société durable.
Rien de macabre et beaucoup de cadavres et récupérateurs évités.

Au lieu d'avoir 25 secondes à la tv sur des manifs dans la rue , on a un débat organisé visible à la tv . Ce qui est réellement sidérant c'est que ce type de démarche soit une démarche révolutionnaire ! La tv nous appartient .

Ecrit par : Di Girolamo | 12.07.2008

Si Corinne Lepage fait sa chronique sur France culture, c'est peut être aussi parce que tous les tuyaux ne se valent pas notamment en termes d'information. (Le 20h des TV ne tient pas la lutte avec l'équipe de Marc Crépin).

S'il est clair que le nucléaire, en plus d'être incontrôlé, n'est pas la solution à la crise énergétique (l'info est largement disponible pour qui la cherche, sans beaucoup de débat), l'auteur de la chronique (qui héberge gentiment nos commentaires) dénonce le cynisme mercantile immédiatement opérant de notre Président.
Cette dénonciation qui résonne aussi dans d'autres tribunes doit - me semble-t-il - prendre corps dans une démarche commune, rapide et percutante de nos tribuns, pour avoir une petite chance de contrarier le processus de privatisation-dissémination du nucléaire qui s'annonce.
Ce processus enclenché, la question de la sortie du nucléaire se posera malheureusement de moins en moins...

Ecrit par : L.D | 12.07.2008

Je ne pense pas que la démarche commune doive se porter contre Sarkosy mais pour une refondation démocratique .
Sarkosy , même si son tempérament pousse les choses à l'extrême, n'est en fait qu'un élément du système.
L'info est disponible pour certains et sur certains canaux ; en démocratie (où c'est le vote de tous qui se compte) c'est largement insuffisant; et le choix politique concernant l'énergie, même si des infos sont disponibles, n'est pas si évident car engageant trop de paramètres ; le débat n'est pas seulement un espace de temps délimité sur un sujet donné mais une tension collective de recherche permanente sur la globalité sociale . Hors cette recherche se fait mal ou ne se fait pas parce que nous manquons d'un outil politique pour ...Faire de la politique .
Le rôle du président constitutionellement serait d'animer et faire vivre l'activité politique de la nation ; c'est cela qu'il faut réclamer ; un changement de paradigme passe par un nouvel outil politique .

Ecrit par : Di Girolamo | 12.07.2008

Il faut "sortir du nucléaire géré par des financiers avides de profits et de contrats juteux" tel que nous le connaissons (Areva, CEA, Bouygues, Mittal...) mais pas "sortir du nucléaire" tout court. Ce serait un manque de lucidité et de pragmatisme flagrant.

Ecrit par : emachedé | 13.07.2008

La lucidité et le pragmatisme me font dire qu'on ne nous demande pas notre avis et donc que quelque soit cet avis , cela importe peu.
Concernant le nucléaire , on sait pertinnement que s'en passer dans la continuité de la demande énergétique est impossible à moins de le remplacer par des centrales à charbon; par conséquent au nom de la lucidité et du pragmatisme
-certain soutiennent le nucléaire
- d'autre le tolère en souhaitant des aménagements
- d'autres sont contre mais savent très bien qu'ils ne sont pas en situation de l'arrêter et sont donc contre en position de principe sans que cela ait de conséquences

Rares sont ceux qui demandent un vrai débat démocratique de fond ce qui pourrait permettre d'imaginer d'autres modes d'organisations de la société et de planifier éventuellement une sortie réaliste du nucléaire.

Les pour, les contre, les à moitié pour .....participent à la pérennité d'un système gestionaire non démocratique.

Ecrit par : Di Girolamo | 13.07.2008

aïe! ... dangereux ce ton.
Quel "vrai" débat? avec qui? où? la vraie démocratie contre la fausse?
E le chevalier blanc? ...
La France part en vacances: saisons des décisions rapides "pas vu pas pris",
pas d'élections en vue: On est bien seul non?
En attendant les affaires continuent, qu'il faut dénoncer vite et fort...
comme on peut.
C'est tout.
demain une nouvelle chronique ;-)

Ecrit par : L.D | 13.07.2008

La démocratie permet à tous de s'exprimer et débattre ; on est loin du compte ; c'est tout . le danger est bien dans ce que nous vivons : pas de débat démocratique organisé. Ce que je dis ne signifie pas "j'ai raison et c'est moi le chevalier blanc" . Par exemple sur le nucéaire j'ai tout à fait besoin du débat pour affermir et /ou corriger mes opinions .
De là à dire que tout se vaut et que démocratie rime avec toutes les sauces ..non
Oui il y a des démocraties plus "vraies " que d'autres parce que se rappochant plus en pratique de l'idéal démocratique.
Concernant le nucléaire un "vrai" débat incluerait des experts du domaines , les parlementaires, associations ..les citoyens. Un travail de fond sur le sujet est souhaitable avec une vision sur le long terme. On a les moyens techniques et les capacités pour organiser cela . Mais c'est vrai que ça peut être dangereux (pour certains ) .

Ecrit par : Di Girolamo | 13.07.2008

J'arrive un peu tard dans ces échanges.

Un vrai débat :

Nous savons qu'il n'est pas possible actuellement. Tous les débats (rares) citoyens organisés par le pouvoir en place ont été détournés outrageusement de leur conclusions citoyennes - j'invite chacun à les regarder (OGM, déchets du nucléaire ..). Sans risquer une grande erreur d'appréciation, ils n'ont eu aucune incidence (sauf du bruit, de l'agitation, du brassage de vent) sur les pratiques habituelles du "système".

L'information et la transparence n'existent pas. c'est vrai en nucléaire, c'est vrai en tout ce qui touche les grands comptes (énergies - les comptes d'EdF sont incompréhensibles aux experts, agro-alimentaire, distribution, armement-défense, finances-banques-assurances 50% des transactions mondiales sont opaques à toute investigation étatique, eaux, BTP, transports, média de masse, santé, ...) donc les grandes sources de profit. Préemption des décisions de la population par les intérêts mercantiles ... C'est le dogme !

J'ose donc le dire, pas de démocratie au sens simple de donner à chaque citoyen les informations nécessaires et suffisantes pour exercer son role qu'autoriserait un système vraiment démocratique. L'ignorance est un rempart contre la raison de chacun et la volonté de tous.

Notre gouvernement est dans l'illégalité en refusant l'accès aux archives du nucléaire. Il se permet des décrets de circonstance pour cacher des comportements (des pratiques) afin d'échapper au contrôle citoyen ...

C'est donc bien la démocratie dans son essence qui est en cause.

Je peux parler, mais cela ne sert à rien. Mon (notre) sphère d'influence n'a de limite que sa capacité de nuisance - si (quand) je (nous) dérange trop je suis exterminé.
Même nos législateurs sont parfois impuissants ! C'est dire que le citoyen au sens - la population - est à peu près impuissant en notre "démocratie".

Même nos gouvernements se disent incapables d'agir, face aux ravages de la mondialisation dans notre société qui fabrique pauvres - misère, destructions.


A se demander ce qui fait encore société ! Qu'est ce qu'une société si la solidarité, le partage des risques sont détruits systématiquement ? Si ce qui advient dans les échanges entre humains n'est pas leur choix ? Une société ne se justifie que par la réduction des risques, par des choix collectifs en toute connaissance de cause, par la construction de solidarités ... rien que de gros mots !

Pour revenir au nucléaire, c'est un risque d'accident peu probable mais qui pourrait s'étendre pour des milliers d'années, que jamais la population n'a pu choisir démocratiquement. Certes l'énergie électro-nucléaire est une réalité dont tout le monde profite, mais jamais nous, les usagers, n'avons accepté ou refusé d'en subir une possible conséquence - tant du point de vue accident (quelque soit la gravité), des investissements pharaoniques à défaut d'autres choix ou autres actions qui engage à ce point notre manière de vivre. Le nucléaire est un investissement qui a drainé de l'ordre de 90% des budgets de recherches publiques depuis 60 ans (et le service public que nous avons payé est maintenant privatisé - normal - les investissements ont été faits, reste la manne du rendement) ! Et le problème des déchets n'est pas résolu (et à mon avis insoluble). On pollue d'abord on répare ensuite, c'est une manière ignoble de tromper les populations... et de faire du profit sur son dos et au détriment de générations d'humains...


Que penser d'une industrie non choisie démocratiquement qui comme le pétrole (par le changement durable du climat) rend irréversible pour de l'ordre du million d'années la gestion de poisons mortels (et invisibles donc qui n'existent pas à notre conscience) à la vie complexe ?

Que penser de cette industrie dite propre mais dans la réalité très sale (de la mine aux déchets) ? Voir les pollutions radio-actives pourtant toutes récentes - à l'échelle de la radio-activité qu'elle va produire dans les temps à venir - et déjà incontrôlées dues à cette industrie ?

En plus nous (société) "sommes incapables" de mesurer les effets sur la santé : pas de registre cancer (et autres maladies graves) dans chaque département, mauvaise tenue de ces cahiers, enquêtes d'impacts sur la santé interdites autour des centrales et autres sites ( stockage, traitements ..) etc ....
Moyens d'intimidations des anti-nucléaires
Qui connait le vrai coût du nucléaire (recherches, investissements, travaux d'aménagements des eaux, des routes, santé, exploitation, retraitements, démantèlements, réhabilitation des sites, ...), personne ! Un peu comme si la sécurité sociale ne publiait pas ses comptes ! (Aux USA, ou l'on commence toujours par compter ses dollars, certains considèrent le nucléaire comme non rentable - vu les milliards engagés, cela fait désordre !).

Malgré toutes les paroles, les engagements, on observe que la transparence n'existe pas. Contradictions flagrantes paroles-actes.


Pas de débat possible dans ces conditions.
Quand le débat n'est plus possible - que reste-t-il ?
l'histoire contemporaine et passée nous le dit : la violence...

C'est un choix de société qui nous est imposé : la violence.
Le pouvoir non partagé, la concurrence entre chacun, les ennemis de l'intérieur et de l'extérieur... Toutes les techniques de contrôle des individus, de chaque individu sont utilisées. On a déjà vu ce modèle, c'était l'extraordinaire force de la Gestapo, qui terrorisait tous ceux qui n'en faisaient pas partie, amis ou ennemis.


Comment débattre pour obtenir des décisions conformes aux souhaits démocratiques, comment gouverner et accepter de faire des compromis avec ceux dont la puissance de nuisance est nulle ou presque, les citoyens.

Ecrit par : vieux rat | 17.07.2008

EH bé mon "vieux " , je signe avec toi ton comment !
La question qui me semble aujourd'hui essentielle c'est : comment nous (les citoyens) réaproprier collectivement "notre" pouvoir ?

A + je repars au boulot

Ecrit par : Di Girolamo | 17.07.2008

Beau papier de Corinne, et commentaires riches et pondérés.Je viens de recevoir un message de l'Association SAUVONS LE CLIMAT (SLC), qui défend le nucléaire propre, à la française et qui doit être gênée aux entournures avec ce qui se passe dans les nappes.Il reste qu'effectivement il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain, mais garder, impérativement sous le contrôle de la puissance publique tout ce qui touche a l'énergie.En ce sens SUEZ/GDF est un accroc grave a notre vision des choses.
S'agissant de révolution, membre de CAP 21 et président de LIBR'ACTEURS, je martéle, essayons de commencer par le commencement, usons du bulletin de vote pour éradiquer ceux qui font commerce de la politique et des mandats cumulés, pour laisser place a ceux et celles qui ont des convictions vraies.
Sur un autre plan, j'invite ,avec d'autres ,tous ceux et celles qui veulent stigmatiser le régime chinois, a ne pas allumer leur TV a "ecran plat" lors de la céremonie d'ouverture des jeux. Si cela marche les indices d'audience devraient en être significativement affectés.

Ecrit par : HASSELMANN | 17.07.2008

12 microgrammes d'uranium par litre d'eau = aucune conséquence sanitaire ! Ouf on est sauvé, surtout les adultes parce que pour les enfants de moins de 3 ans l'indice de sécurité d'absorption doit être de 10 ; sachant qu'un enfant de cet âge boit en proportion) 3 à 5 fois plus d'eau qu'un adulte.
Donc les études sanitaires doivent être faites à minima sur une durée de 30 ans et de façon individuelle ; Cap 21 doit demander à l'état d'imposer à la COGEMA la provision pour le suivi sanitaire. Non seulement on nous pollue mais en plus il faut payer pour savoir si on est malade ou pas. C'est ce foutre de la vie de nos gosses.

Ecrit par : lorton | 18.07.2008

3 incidents connus en quelques jours...c'est beaucoup.
Aucune réponse sur l'organisation de la sous-traitance, les améliorations à apporter etc..
L'arbre cache la forêt et je voudrais comprendre pourquoi ces incidents en quelques jours et pourquoi celle communication.

Ecrit par : corinne lepage | 23.07.2008

Madame Lepage doit être brouillée avec les chiffres et avec l'économie. Elle affirme qu'avec 3,5 milliards d'euros on aurait pu créer 100000 emplois. Ceci correspond à 35 K€ par emploi, soit un SMIC pendant moins de 3 ans, charges patronales non comprises.
Les 400 emplois créés dans le cas de l'EPR sont des emplois permanents affectés au fonctionnement du réacteur. Mais il semble qu'elle oublie les emplois créés par la construction dudit réacteur. Or le coût du réacteur c'est, essentiellement, de la main d'oeuvre (plus la rémunération du capital qui, pour AREVA, va essentiellement à l'Etat, donc au contribuable, et les impôts, qui, eux aussi, puisque l'EPR est largement construit en France, rentre dans les caisses de l'Etat).
En retenant donc un salaire annuel moyen brut (charges patronales incluses) de 30000 Euros par an, les 3,5 milliards d'euros correspondent à 100000 emplois-an (ne pas confondre emplois-an et emplois, chère Madame). Cela est vrai, approximativement dans tous les cas (EPR et ENR). La différence essentielle entre EPR et éoliennes est que les 2/3 du coût des éoliennes est payé aux fabricants étrangers d'éoliennes (Danemark, Espagne, Allemagne). Donc ceux qui resteraient à la France serait environ 30000 emplois-an. Trois fois moins que pour l'EPR.
Par ailleurs, pour le même investissement, à cause de leur intermittence, les éoliennes produisent annuellement environ 2 fois moins d'énergie que les réacteurs nucléaires.
Espérons que Madame Lepage aura fait quelques progrès en calcul et en économie avant de revenir au pouvoir....

Ecrit par : Nifenecker | 14.09.2008

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