26.08.2008
Corinne Lepage: De la décroissance subie à la reconversion voulue
Tribune publiée le 26 août dans le journal La Tribune
Nous sommes entrés dans une phase de décroissance subie et n'avons pas fait le choix d'une décroissance organisée comme certains le prônaient. D'où un cumul d'inconvénients dont il convient de sortir. Nous sommes entrés dans une phase de décroissance qui ne se traduit pas seulement par une stagnation voire une récession de nature purement cyclique, liée aux conséquences de la crise des subprimes. Certes, cette crise à la fois économique et financière, dont les effets ne se sont pas encore pleinement fait sentir, est à certains égards de nature cyclique. De nombreux analystes en ont mis en lumière les ingrédients, l'explosion de la bulle immobilière ou les restrictions de crédits consécutives aux risques gigantesques pris par certains établissements bancaires américains dans l'allocation de crédits à des ménages dont les finances ne leur permettaient manifestement pas de les supporter.
Mais il s'agit également d'une crise systémique, y compris sur le plan financier, qui se traduit en amont par les ravages d'un capitalisme financier de moins en moins intéressé par le développement de l'économie réelle et en aval par un endettement massif de l'économie américaine et un enrichissement sans précédent des pays producteurs de pétrole et des Bric, en particulier de la Chine.
C'est là précisément que la crise financière rejoint la crise énergétique. Le renchérissement du coût de l'énergie et des matières premières ponctionne les agents économiques et les ménages des pays industrialisés et enrichit les producteurs de matières premières, États et sociétés pétrolières, entraînant un appauvrissement encore plus grand des citoyens des pays industrialisés qui voient racheter à bas coûts leurs entreprises et leur système bancaire et assurantiel. C'est donc bien le système qui est en cause et pas seulement une manifestation momentanée de désordres passagers.
Les pays industrialisés vivent une décroissance qui ne dit pas son nom, mais qui est bien réelle et dont les conséquences seront bien au-delà d'une simple récession puisqu'il s'agit en réalité d'une réorganisation du pouvoir financier et économique dans le monde.
Changements de comportement.
À ce premier volet s'en ajoute un second qui est la conséquence directe des crises énergétique, écologique et alimentaire. Comment a-t-on pu imaginer un seul instant en prônant à juste titre une réduction de l'utilisation des matières premières, une réduction de la consommation énergétique, un comportement plus responsable et en appelant à des changements dans les modes de production et de consommation, que ces invocations resteraient dans le domaine du virtuel et qu'elles ne produiraient aucun effet ? Comment a-t-on cru que le " greenwashing " politique et économique tiendrait lieu de changements dans les modes de consommation et de production ? La hausse du prix de l'énergie et de l'alimentation a été l'élément déclencheur des changements de comportement des consommateurs, conduits à réduire les dépenses et à réorienter les choix d'investissement.
La situation du secteur automobile traduit très précisément cet état de fait et pas seulement en France puisqu'aux États-Unis les ventes de 4×4 de Ford ont baissé de 55 % en un an et le nombre de kilomètres parcourus en automobile a diminué de 4, 3 % pour la première fois depuis 1942. En France, la baisse de la production industrielle de 1, 6 % sur le premier semestre est largement due à la crise du secteur automobile.
Nous sommes donc bien entrés dans une phase de décroissance pour la production d'un certain nombre de biens et de services qui appartiennent à la société du pétrole et à celle du XXe siècle, mais qui constituent, malheureusement, le socle de notre activité industrielle. Nous sommes donc appelés à une reconversion industrielle d'une ampleur sans précédent. Plus nous réduirons notre dépendance au pétrole, plus nous réduirons la ponction que nous subissons, plus nous bénéficierons du développement des secteurs de substitution.
Nous en sommes loin, parce que nos intérêts industriels poussent encore en sens contraire et que nous nageons en pleine paranoïa. D'un côté, les politiques publiques ont poussé depuis plusieurs années aux changements dans les modes de production et de consommation pour entrer dans le développement durable ; mais, d'un autre côté, rien n'a été sérieusement engagé pour développer les secteurs industriels de l'économie post-pétrolière, sobre et orientée sur le mieux-être et non sur le toujours plus. Le grand tort des politiques publiques a été précisément de ne jamais penser global et de ne pas envisager un instant que les orientations qu'elles prônaient pourraient entrer dans la réalité.
Dès lors nous assistons, relativement impuissants, à la baisse d'activité de secteurs condamnés, sans avoir massivement investi dans les industries du XXIe siècle et l'organisation sociétale qui va avec. Bref : nous défendons l'industrie des bougies alors que celle de l'électricité est mature ! Nous entrons dans une nouvelle ère que nous ne devons pas subir mais construire. Cela implique d'abord une politique très active de restructuration industrielle autour des nouveaux secteurs porteurs en cessant de maintenir en survie des secteurs du passé, ce qui rend difficile voire impossible la réorientation massive des investissements dont notre économie a besoin. Barak Obama évoque le chiffre de 150 milliards de dollars de dépenses publiques pour créer 5 millions d'emplois en col vert liés à l'environnement.
Énergies renouvelables, maisons et produits à basse consommation énergétique, process de production industrielle économes, économie circulaire réutilisant systématiquement la matière première secondaire, nouvelle conception des villes faisant de la réduction du trajet domicile-travail un objectif prioritaire (dans certaines banlieues lointaines de Los Angeles, les prix de l'immobilier ont baissé de 40 % en un an), rapprochement des lieux de production des bassins de consommation, en particulier dans l'alimentaire, développement de tous les services liés au mieux-être... Les secteurs de développement ne manquent pas.
Remise à plat du système de valeurs.
Encore faut-il accepter cette reconversion, assez éloignée, il faut bien le reconnaître, de l'idéal jacobin, puisqu'elle est fondée largement sur la décentralisation, y compris énergétique. Une telle " révolution industrielle ", car il faut bien l'appeler par ce nom, ne fera pas l'économie d'une remise à plat du système de valeurs sur lequel fonctionne notre modèle économique, qu'il s'agisse de considérations éthiques ou de modalités de comptabilité. Le temps d'un nouveau modèle est venu, fait de décroissance dans l'utilisation des ressources, matières premières et produits, et de développement dans le mieux-vivre, le mieux-être et le mieux-connaître.
12:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : corinne lepage





Commentaires
Vous parlez de "révolution industrielle " en réponse à l'après pétrole .
Avez vous envisagé une révolution non industrielle , sans pour autant revenir à l'artisanat du passé ? Simplement à une réorganisation complète de la société ? En réduisant fortement l'industrie à quelques biens très ciblés d'intérêt public ?
Et ne pensez vous pas qu'une telle révolution se prépare , se travaille , s'imagine , se crée collectivement et que de ce fait le plus important en terme de revendication et d'action politique est de mettre en place un outil de gouvernance qui soit un outil de recherche développement sociétal ?
Ecrit par : Di Girolamo | 26.08.2008
Madame Le PAGE a raison, nous sommes en retard sur toutes les énergies renouvelables qu'elles soient issues de la biomasse, du vent, du solaire ou des déchets. Critiquer l'attitude des politiques ne suffit pas, il faut aussi se poser la question de " à qui profite le crime". les groupes du déchet français (particularité française) n'ont aucun intérêt à promouvoir la production d'énergie à partir des déchets et les grands groupes énergétiques publiques et privés ne souhaitent pas voir une concurrence s'installer. de plus, pour les gens de bonne volonté, il est très difficile d'innover dans les métiers de l'environnement en France, là encore à qui profite le crime.
Ecrit par : DARDION | 28.08.2008
OK. Tout cela est bel et bon. Mais il faudrait à mon avis examiner de plus près le rôle de l'état dans la gouvernance des ressources naturelles.
Je voudrais poser la question de la gouvernance de l'eau, sans attaquer pour autant les multinationales ou quelque grand Satan, en insistant sur la dispersion des responsabilités et l'appropriation des données collectées par les acteurs de cette gouvernance, sans aucune velléité de les mettre en commun, sinon pour leurs besoins propres.
Pourquoi est-ce que les ministres successifs chargés de l'environnement n'ont pas poussé à la roue d'un système d'information digne de ce nom sur les prélèvements autorisés et sur ceux qui sont soumis à redevance, ainsi que sur tous les mouvements d'eau enregistrés par ceux qui en ont la charge (lâchers d'eau énergétiques, soutien d'étiage), sur les situations de pénurie (interdictions de pompage) et sur les consommations facturées aux usagers (rendement des réseaux), non pour alimenter la polémique sur l'usage de l'eau mais pour délivrer une information fiable aux citoyens (combien je consomme en moyenne par an ? Est-ce que cela diminue, ou augmente ?) et aux chercheurs (comment évoluent les étiages, quelles sont les causes de cette évolution ?).
Oui, pourquoi ?
Pourquoi cette frilosité dans le domaine d'une information publique, fiable, qui nous mettrait à l'abri des démagogies qui flattent tel ou tel secteur de l'opinion selon la courbe des sondages, sans se soucier de l'utilité sociale et de la valorisation possible des données collectées par l'action administrative des acteurs de la gouvernance de l'eau.
Pourquoi est-ce que ce thème n'intéresse pas les journalistes ? (c'est pas vendeur coco, parle nous des OGM ou de la pollution des sols irrigués)
La guerre est une affaire trop sérieuse pour être laissée aux militaires.
L'eau me parait une affaire trop sérieuse pour être laissée entre les mains du petit monde qui s'en occupe sans restitution organisée d'informations utiles à tous.
Ecrit par : Jean-Louis JANIN | 28.08.2008
Madame Lepage
Je suis à la fois d'accord et pas d'accord avec votre analyse .
Oui nous rentrons en décroissance. Oui, le problème est global et systémique . Oui, au lieu de subir nous devons construire .Oui les comportements changent sous la pression de la hausse des prix de l'énergie et des matières premières....
Jusque là on est d'accord !
Si je comprends bien vous préconisez de lancer une politique industrielle répondant aux nouveaux enjeux ; exemple : mieux vaut construire des éoliennes et des panneaux photovoltaïques que des 4X4.
On a donc d'un côté d'autres comportements qui se mettent en place et de l'autre une politique industrielle pour y répondre.Manque le travail de l'état :
Il faudrait "avoir massivement investi dans les industries du XXIe siècle et l'organisation sociétale qui va avec".
Mon désaccord ou du moins mon interrogation est la suivante : l'industrie elle même telle qu'elle est organisée , ses méthodes , ses structures , ses pratiques etc n'échappe pas au système de croissance ; l'industrie a besoin de produire en masse , a besoin de capitaux importants, d'actionnaires , de marchés mondiaux etc l'industrie n'est pas un concept neutre : elle est au coeur du système elle fonde le système, le nourrit en même temps qu'elle s'en nourrit ; quand on parle par exemple d'agriculture industrielle on désigne la mécanisation , la concentration des terres des animaux , les engrais etc
De même concernant l'état et l'organisation politique du pays , ses pratiques , son organisation ne forment pas une réalité en dehors du système libéral de croissance mais bien plutôt là aussi fonde ce système en même temps qu'il en est un effet .
La recherche scientifique elle même est inscriste dans le système : on ne cherche que ce que l'on veut bien chercher ...
De même aussi pour les médias etc
A partir de là il me semble difficile de penser et d'agir global . Les éoliennes et les panneaux solaires vont venir s'empiler sans vraiment résoudre le fond du problème .
Je pense donc que c'est plus compliqué et à la fois plus simple : le passage d'un système libéral de croissance à une démarche sociétale assumant une certaine décroissance (que la réalité nous impose) , la passage d'un système à un autre ne viendra pas de l'une ou de l'autre composante de ce système .
OUI
"Le temps d'un nouveau modèle est venu, fait de décroissance dans l'utilisation des ressources, matières premières et produits, et de développement dans le mieux-vivre, le mieux-être et le mieux-connaître."
MAIS
Seule la création d'un nouvel outil politique capable de fédérer les acteurs autour de la réflexion sur le système et un travail d'imagination , peut nous permettre de construire ensemble une nouvelle organisation sociétale.
Ecrit par : Di Girolamo | 28.08.2008
>>Seule la création d'un nouvel outil politique capable de fédérer les acteurs autour de la réflexion sur le système et un travail d'imagination , peut nous permettre de construire ensemble une nouvelle organisation sociétale.
Certainement, mais a-t-on le choix ? Qu'on le veuille ou non, le tournant doit être pris. Ne rien faire ne repoussera l'échéance que de quelques années, et rendra la reconversion plus dure encore. Mais de toute façon, il faudra en passer par là. Le système actuel s'écroule tout simplement par faute de combustible, au propre comme au figuré. A dire vrai, je suis extrêmement pessimiste, il y aura forcément de la casse, et sans doute beaucoup plus que ce que l'on imagine, mais j'ai quand même l'espoir que la hausse du coût de l'énergie, donc des denrées alimentaires, soit un moteur efficace pour amorcer la prise de conscience de l'urgence de la situation.
En France, le vrai changement n'est pas à attendre de la classe politique, surtout celle qui est au pouvoir aujourd'hui, qui ne semble ni avoir pris la réelle mesure du problème, ni maîtriser la question, ni avoir de réelle solution à apporter (ni même souhaiter le changement). C'est forcément le peuple, et d'abord les plus pauvres, qui vont prendre de plein fouet les conséquences de l'inaction du pouvoir en place. C'est d'eux que viendra en premier lieu le mouvement de révolte. Il restera à l'organiser et à informer, de manière à ce que le phénomène soit bien compris par tous, et que les doléances ne se résument pas à "vouloir gagner plus" pour mieux consommer à la fin du mois. C'est à mon avis ce qui sera le plus dur : changer les mentalités en profondeur, et réussir assoir l'idée que le bonheur ne passe pas forcément par la consommation à outrance... Quand deux générations entières n'ont été élevées qu'à ça pendant plusieurs décennies, on peut se douter que ça ne se fera pas sans heurts.
Ecrit par : Rbobeda | 29.08.2008
"le tournant doit être pris" mais.... en laissant les choses aller au fil de l'eau ?....
On ne peut pas douter du fait que "la hausse du coût de l'énergie, donc des denrées alimentaires, soit un moteur efficace pour amorcer la prise de conscience de l'urgence de la situation."
Mais c'est un moteur mécanique; et si on ne s'appuie pas là dessus pour créer une vraie volonté politique collective "on peut se douter que ça ne se fera pas sans heurts" et le mot "heurt" est faible .
Il faut dès aujourd'hui mobiliser les citoyens autour de ces enjeux majeurs afin que puissent s'élaborer des solidarités et s'initier une dynamique ; confier nos destins aux politiciens et aux industriels c'est de l'inconscience à l'état pur.
Il faut dans les villages , les quartiers ...réunir les gens autour du diagnostic sociétal ; j'ai en cours un projet dans ce sens et je vais d'ici peu solliciter la participation de "poids lourds " nationaux sur ce projet . Corinne Lepage sera solicitée elle aussi .
Ecrit par : Di Girolamo | 29.08.2008
Trés bons sentiments et trés bonnes intentions,mais ne serait-ce pas un réveil un peu tardif?
Je suis de tout coeur d'accord avec vos propos.Le système politique installé est solide et nous laisse peu de moyens de persuasions;pourtant indispensables et urgentes.
Tout ce que l'on peut lire sur l'avenir de notre terre aimée est alarmiste:Alors agissons n'attendons pas de meilleurs lendemains.
CAP21 représente cette possibilité de se battre et d'inverser le système de gaspillage généralisé de notre planète pour une reconversion énergétique et industrielle puisque à 8 milliards d'habitants sur terre je vois mal des artisans(respectables certes)se lancer sur une tache aussi gigantesque.Je verrais volontiers certaines grandes entreprises en manque de revenus investir lourdement dans le seul domaine d'avenir et ... DURABLE.
Ecrit par : WILLY | 30.08.2008
La crise est globale et systémique : notre système repose sur le pétrole et la croissance ; les partis politiques ont des capacités de gestion (et encore ...limitée) mais pas de transformation de la société. Toutes les mesures techniques qu'ils peuvent prendre sont à double face et se heurtent au système global , qui n'est pas durable .
Transformer la société , s'organiser autrement .....c'est d'abord penser autrement
C'est le premier et indispensable travail à mener ; Les gens y sont prêts du fait même de la crise économique et parce qu'ils savent que la planète va mal .
Mais ni les médias ni les politiques , ni l'état (dont ce serait le rôle ) ne sont capables de donner aux citoyens un cadre de réflexion collective , un temps d'attention collective à ce problème majeur .
Le grenelle , au lieu de négocier des mesures techniques sectorielles , aurait du inaugurer cette mobilisation nationale et participative sur l'enjeu écologique pris globalement , fournir un cadre de travail organisé , public et participatif , permettant de répondre à la question : comment s'organiser pour durer ?
Cela n'empêche pas les gens d'adhérer à tel ou tel parti suivant leur sensibilité ; mais il faut un cadre public de démocratie directe portant sur le sens de la société .
C'est tout à fait possible d'organiser sur tout le territoire , concrètement , intelligemment , grâce à tous les nouveaux moyens de communication ( tv , visio conf , vidéo etc ) un grand retour sur soi collectif.
Si sur les territoires nous( tous ceux individus, associations, partis etc qui ont le sentiment d'une immense gravité de la situation ) sommes capables d'organiser dans chaque commune , d'une manière simple et conviviale , avec les élus locaux, les habitants un moment d'attention collective sur nous mêmes(les vidéos , conférences etc ne manquent pas!) , la situation de l'humanité sur sa planète
des dynamiques locales peuvent émerger , un changement national se faire jour .
Il faut créer un nouvel outil , une nouvelle méthode ..qui renoue avec la définition de ce qu'est une démocratie.
Ecrit par : Di Girolamo | 31.08.2008
D'accord, mais je trouve un peu lassant de paraphraser le propos de Mme LEPAGE.
Parlons du jeu des acteurs. Si l'état ne fait pas son boulot, il faut le dire et proposer quelque chose. Penser et agir autrement, c'est d'abord penser et agir.
Je pense qu'il faut s'occuper de la gouvernance quantitative de l'eau et de son suivi, exclus, sauf erreur, du Grenelle de l'environnement. Tout est laissé à la discrétion d'un petit monde quasi féodal et arrogant (celui des gens qui s'admirent mutuellement), soucieux de défendre son métier, c'est normal, mais aussi ses petites habitudes, c'est moins normal.
Réunir les gens dans une commune ne suffira pas pour aller plus loin dans ce domaine.
Ecrit par : Jean-Louis JANIN | 31.08.2008
" je trouve un peu lassant de paraphraser le propos de Mme LEPAGE."
Jean-Louis JANIN , si je donne cette impression je m'en excuse(auprès d'elle surtout ) ; j'ai beaucoup d'admiration pour madame Lepage , mais à tort ou à raison (et c'est l'intérêt de ces débats ) il me semble pouvoir proposer une approche complémentaire( et me semble t il indispensable)
"Si l'état ne fait pas son boulot, il faut le dire" ; je le dis ; le rôle de l'état et plus particulièrement d'un président (quelqu'il soit ) c'est de permettre à tous les courants de pensée de s'exprimer et quand on a un problème écologique aussi vital qu'aujourd'hui de mobiliser les citoyens sur ce sujet, d'organiser le débat SUR LE FOND afin que puisse s'ouvrir un avenir commun.C'est le contraire de tout laisser "à la discrétion d'un petit monde quasi féodal et arrogant" et de nous cantonner dans une approche médiatique et politicienne superficielle.
Oui "il faut s'occuper de la gouvernance quantitative de l'eau et de son suivi , mais d'abord de la gouvernance.
Oui "Réunir les gens dans une commune ne suffira pas pour aller plus loin dans ce domaine." C'est sur toutes les communes , à l'échelon national qu'il faut le faire ; mais une telle action a besoin d'un début , d'une expérimentation à l'échelon de quelques communes. Afin d'affiner et mettre au point une méthode de travail (attractive , accessible etc).
C'est ce que je vais tenter sur une échelle de deux communautés de communes en rhône alpes avec une méthode spécifique ; par exemple concernant l'eau :
1 approche globale du problème , on visionne des docs , le film d'arthus bertrand sur le sujet , d'autre docs , on rend compte de l'ensemble des problèmes et positions des acteurs sur le sujet ..
On met ce problème de l'eau en perspective et en lien avec les autres problèmes ( climat , énergie, démographie , aménagement du territoire , système économique et politique, nucléaire etc ....
2 approche locale : le rhône , les PCB , la gestion locale de l'eau , l'agriculture locale ....
On essaie de voir ce qu'on peut faire localement
Ecrit par : Di Girolamo | 31.08.2008
Nous sommes bien tous d'accord sur l'analyse de la situation. C'est sur les moyens d'agir qu'il faut aujourd'hui se concentrer. Les outils dont nous disposons sont nombreux, mais encore peu organisés.
Dans mon activité professionnelle (agence d'architecture spécialisée dans la construction bioclimatique) je vois un net changement dans les mentalités : il y a deux ans seulement je prêchais dans le désert, aujourd'hui il y a de plus en plus de monde convaincu que construire ou rénover doit se faire aujourd'hui en ne négligeant plus ni l'aspect énergétique ni la qualité de la construction. Le mouvement de prise de conscience est encore lent, mais il existe et semble prendre une ampleur exponentielle. Avec le recul, je peux dire que mes nombreuses contributions sur différents forums spécialisés ont eu un impact, les fils de discussion étant repris et diffusés largement. Donc ça n'a pas été vain, et on peut voir clairement l'évolution du contenu de ses forums dans le temps. Ce que je dis ici doit pouvoir se généraliser à tous les domaines.
Reste ensuite :
- à organiser tout ça, à rendre l'information accessible, à la rendre fiable et la débarrasser des sources parasites générées en général par le marketing puissant des lobbies industriels, ce qui n'est pas une mince affaire.
- à faire changer les mentalités en profondeur : un exemple typique dans un domaine que je connais bien (la construction), la clientèle est sensibilisée mais privilégiera la surface construite à la qualité de la construction, ou préférera 200 m² de terrain supplémentaires à une construction performante et pérenne mais mitoyenne, parce que l'habitat idéal reste encore la maison individuelle centrée sur sa parcelle, fût-elle ridiculement petite. Ce culte de la maison individuelle est encore très ancrée, bien que ne reposant plus sur rien de cohérent d'un point de vue environnemental : consommation d'espace, de ressources et d'énergie maximale. On pourrait dire la même chose de l'automobile : a-t-on réellement besoin de déplacer une tonne de ferraille pour véhiculer 80 kg d'humanité ? N'y a-t-il pas d'autres solutions ?
Le passage vers des véhicules plus légers, plus petits, vers une meilleure gestion des déplacements, vers une relocalisation du travail, est en train de se faire. Ce que je constate, c'est que ce n'est pas par la volonté populaire que le changement arrive, mais par la contrainte financière. Faites redescendre le baril à 40$ et le ventes de 4x4 repartiront de plus belle, j'en ai bien peur. Çà n'arrivera pas, fort probablement. Mais le constat est là : on ne bouge que lorsqu'on est obligé de le faire, et en dernier recours, et très majoritairement, la population cherche à conserver son mode de vie actuel.
Comprenez moi bien : je ne suis pas totalement pessimiste cependant. Il n'y a qu'une seule arme efficace contre cet immobilisme, et c'est celle mise en avant par Corinne Lepage (ou dans le rapport Stern) : investir aujourd'hui dans du durable, c'est faire des économies à long ou moyen terme. C'est un moteur puissant pour faire bouger les choses, efficace dès aujourd'hui dans les deux domaines les plus consommateurs d'énergie (donc qui ont un coût de fonctionnement de plus en plus élevé) : le bâtiment et les transports. Dans d'autres domaines, c'est encore moins évident et ce sera plus dur, notamment lorsque les coûts environnementaux sont supportés indirectement par la collectivité.
Ecrit par : Rbobeda | 31.08.2008
Bravo,souvent d'accord avec tous vos propos.Mais sachons que nous sommes qu'a l'aube de notre prise de conscience générale.Le DURABLE pour le bâtiment et les transports est en bonne voie,il reste aux collectivités et grandes entreprises à entreprendre les efforts équivalents à ceux consentis par de nombreux particuliers.
Il faut,faut qu'on,organisons,c'est très bien mais n'oublions pas que les plus gros efforts sont toujours supportés par nous la populace de base.Ne soyons pas trop stricte avec nous même,vivons! tout simplement.Et continuons dans des actions locales et personnelles à faire ce travail de sape mais restons vigilant car seul nous ne seront rien à l'échelle attendue.
Ecrit par : WILLY | 01.09.2008
Je me demande aussi, et c'est le fondement des verts (quand ils ne s'égarent pas ^^), si la question sociale n'est pas plus étroitement liée à la question écologique qu'on ne le dit. Pas la questions sociale française ou européenne, qui est déjà un sujet très discuté, mais la question "éthique" au niveau mondial.
C'est certainement toute la difficulté du nouveau modèle économique que le monde se cherche. Après tout, peut-on éternellement croire que le système actuel va s'autoréguler, devenir réellement moins néfaste pour l'environnement, respectueux de la santé de chacun, et permettre au moins au plus grand nombre, de vivre décemment ? Non, bien entendu. Rien qu'à aller dans un supermarché, on s'aperçoit que le système qui repose sur la "bienveillance des multinationales" est en train de s'effondrer. Les grandes marques se paient des campagnes marketing très efficaces qui évoquent la nature, la bonne santé, tout en dégradant chaque mois davantage, la qualité de leurs produits, et les conditions de production. L'augmentation des prix, qui, il est vrai, a aussi eu des effets positifs sur les modes de consommation français, tranche avec les conditions sociales des producteurs qui dans bien des cas se dégrandent également.
Le miracle chinois n'est pas une illusion, mais il est l'illustration parfaite du fait que l'économie ultralibérale ne peut pas tout. Ainsi, le plus grand pays communiste au monde est également celui où les inégalités de revenu sont les plus fortes (devant les USA!). L'esperance de vie a même décliné depuis 50 ans dans un certain nombre de province chinoises, et ne parlons même pas du niveau de pollution...
L'avenir n'est-il donc pas dans une balance commerciale incluant une part plus importante de commerce équitable ? Pas forcément du même type que ce qu'on peut trouver actuellement dans nos magasins. Mais ne serait-il pas possible, avec un peu de courage politique, de passer des accords avec des pays anciennement colonisés notamment (ce qui a créé des liens qu'on le veuille ou non), incluant des prix producteur garantis (d'une façon ou d'une autre), une qualité finale des produits garantie, et un certain nombre de règles écologiques de base à respecter ? Une formule de ce type, à la sauce libérale (pour qu'un tel accord ne ressemble pas à un cahier des charges non plus), n'est-elle pas possible ?
Que je sache, le système actuel repose sur des grands (multinationales entre autres) en qui l'on pouvait avoir une relative confiance jadis, mais qui ne semblent plus avoir de tabou (et qui de toute façon trouveront toujours un puissant pays - USA, Chine - pour soutenir leur façon de voir les choses), et des petits (paysans afghans, brésiliens, haïtiens, etc...), étranglés par le système, soumis à une méchanique qui génère des produits de qualité sans cesse dégradée, et qui, comble du comble, sont finalement obligés de produire dans les conditions environnementales les plus désastreuses pour avoir un salaire potable. C'est ainsi qu'on se retrouve, dans nos assiettes, avec de l'huile de palme hydrogenée, dont l'extraction aura coûté cher à la planète, et qui n'aura pas enrichi beaucoup de monde.
Merci en tout cas d'avoir partagé cet article en ligne.
Ecrit par : Jo | 05.09.2008
Merci pour votre article. Je m'irteresse beaucoup a ce sujet. Je pense que cette information peut etre utile pour moi. Si vous avez encore queque chose, ecrivez-vous.
Ecrit par : Acnezine Site | 16.10.2008
Remarquablement! C'est l'information réellement admirable. Merci pour les instructions précieuses. J'espère que vous continuez à écrire aussi d'une manière intéressante.
Ecrit par : Dwayne - Natural Breast Enlargement Review | 23.10.2008
Bonjour,
Comment se fait-il que des publicités comme celle de "Dwayne - Natural Breast Enlargement Review" et de Acnezine Size" arrivent à se glisser sur ce blog ? Est-ce une blague ou un défaut d'attention du web master ?
Merci d'apporter un démenti au soutien involontaire du blog de Corinne LEPAGE à ce type de message. Ses messages politiques devraient être à l'abri de ce type de manipulation.
Jean-Louis Janin
Ecrit par : Jean-Louis JANIN | 23.10.2008
bon jour! MERCI POUR VOTRE ARTICLE! La crise d'un cote c'est le fin de quelque chose, mais d'un outre cote c'est le commencement de quelque chose nouveau... qui sais quel commencemenet nous attend...
Ecrit par : Quentin - Article Resource | 04.11.2008
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