10.11.2008
Corinne Lepage: Barack Obama un formidable espoir
L'élection de Barack Obama constitue un formidable espoir aussi l'émergence d'une véritable économie durable.
Reprenons quelques points forts du programme :
- lancement une filière nationale d'énergies renouvelables sur la base d’investissements publics massifs de l’ordre de150 milliards de dollars destinés à créer 5 millions d'emplois
- objectif fédéral de 10 % d'énergies renouvelables dans l'énergie finale d'ici 2012 et une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 80 % d ici 2050 avec un seuil intermédiaire de 20 % en 2020
- l'engagement qu’aucune industrie ne serait autorisée à émettre gratuitement des gaz à effet de serre « le monde des affaires n’est pas propriétaire du ciel , qui est un bien public, et si nous voulons que les pollueurs cessent de polluer, nous devrons donner un prix à toute pollution. Cet engagement, qui est un gage d’optimisme pour les négociations du post-Kyoto devrait conduisirent à la mise aux enchéres des quotas d’émissions et non à leur attribution gratuite.
- Amélioration de 50 % de l'efficacité énergétique d'ici 2030 en réduisant la consommation pétrolière des États-Unis de 35 % en 10 ans. Le plan Obama-Biden comporte une amélioration de 40 % de l'efficacité énergétique de tous les édifices gouvernementaux dans les cinq ans , une réduction de 50 % la consommation énergie et des bâtiments existants ainsi que des constructions carboneutres à partir de 2030. Ce plan ambitieux s’accompagne d’un nouvel aménagement urbain périmé dans le développement de communautés à l'échelle humaine autorisant le déplacement à pied et le transport en commun.
- Barack Obama n’ exclut pas l'option nucléaire mais applique une forme de principe de précaution concernant la sûreté, la gestion des déchets et la prolifération.
- Enfin, il est favorable à la séquestration du CO2 ils le souhaitent en revanche consacrer les fonds publics aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique.
Il va de soi que si ce programme se mettait effectivement en place, il constituerait une véritable révolution de la politique fédérale et ce, d’autant plus que dans les derniers jours de l'administration Bush, plus de 90 projets sont en contradiction totale avec ce qui précède et sont directement une menace pour l'environnement comme par exemple l'ouverture à l’exploitation pétrolière d’espaces jusqu'ici protégés. Il n'est pas impossible que la nouvelle administration commence par devoir réparer les dégâts causés par les dérégulations des années Bush, a commencer par les toutes dernières. Il n'en demeure pas moins que les conséquences sur la vie et l'économie américaine d'une part sur la vie et l'économie du reste du monde d’autre part seront immenses. Le déblocage des négociations climatiques pourra enfin être envisagé , dans la mesure où les intérêts économiques viendront enfin soutenir les intérêts généraux des êtres humains que nous sommes. La Chine, en particulier, mais aussi l’Inde et le Brésil nous pourrons plus s’abriter derrière le veto américain pour refuser tout accord alors même que la Chine est devenue cette année le premier émetteur mondial de gaz à effets de serre.
La nouvelle conception des villes et de l’habitat conduira bien évidemment à une refonte d’un système centré sur l'automobile avec les reconversions industrielles induites et incontestablement un coup de fouet sans précédent à toutes les industries du bâtiment durable et des énergies renouvelables.
C'est une excellente nouvelle pour l’Europe qui, jusqu'à présent se trouvait bien seule au niveau international un effort planétaire en faveur de la lutte contre les changements climatiques mais c'est aussi une menace directe d'ordre industriel sur la volonté de l’Europe d'affirmer son leadership dans le domaine des cleantechs. Certes, les plans européens en faveur des éco technologies ont déjà plusieurs années et de nombreuses entreprises européennes ont conquis une place de leader dans le renouvelable ou les matériaux intelligents. Mais, il ne faut pas négliger les efforts déjà consentis par un certain nombre d'Etats américains à commencer par la Californie pour investir dans ces domaines y compris dans l'économie hydrogène et le fantastique appel d’air que va constituer le plan Obama.Dès lors, dans le contexte économique actuel, le paquet climat énergie et l'essor industriel qu'il suscite apparaît non seulement comme la dernière chance d’éviter le plongeon dans l’irreversibilité climatique mais encore comme un impératif économique majeur. À l'échelle française, il en va exactement de même. L'affaiblissement du projet de loi Grenelle 2 en particulier sur le plan des moyens et les critiques justifiées de l'absence de moyens budgétaires pour appliquer la loi Grenelle dans le projet de loi de finances laissent planer les doutes plus forts sur la réalité des investissements et des réorientations dans les choix économiques du gouvernement français.
Ainsi, alors les États-Unis font dans ce domaine comme dans bien d'autres leur révolution, il est à craindre qu’une fois encore la schizophrénie française de l'opposition entre les actes et les paroles l’emporte comme une malédiction.
07:30 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : corinne lepage





Commentaires
juste un bémol dans le programme d'Obama.
Depuis cet hiver, l'union européenne semble faire marche arrière dans le développement des bio ou plutôt agrocarburants. elle le fait car elle a pris, entre autre, conscience du danger de la compétition des sols (agriculture pour agrocarburant/ agriculture nourricière). cette volte face est en particulier lié au fait que cela poserait des problèmes de pollution ( pesticides) mais surtout qu'il y a un risque d'augmentation des cours des céréales comme constaté cet hiver.
dans le programme d'Obama il est fortement question de développer les agrocarburants. n'est-ce pas un danger à terme?
quelle est la responsabilité de l'occident face à ce problème qui risque de créer de graves tensions dans quelques années car la population mondiale va continuer de croitre mais que certaines terres agricoles sont déjà en péril ( pb de salinisation, non rotation des cultures, manque d'eau, problèmes climatiques etc....). de plus l'augmentation des terres cultivables n'est plus réalisable, surtout dans dans certaines régions du sud. Dans d'autres régions (amérique du sud) c'est le problème de la déforestation qui est posée...
Ecrit par : europium | 11.11.2008
Savez-vous madame Lepage, je toujours lis vos notes, et je vous respecte tres fort! Et pour ce moment je suis tres hereux car nous avons la meme opinion sur m. Obama! C'est a vrais dire tres important pour moi!
Ecrit par : Kyle | 04.02.2009
et moi, J'espere, que monseur Obama sera un president beaucoup plus meilleur que notre Nicolas Sarkozy... Je ne dis pas de George Bush, parceque il est si difficile imaginer un priesident pis que Bush! voila mon opinion...
Ecrit par : Kadin | 05.02.2009
- Amélioration de 50 % de l'efficacité énergétique d'ici 2030 en réduisant la consommation pétrolière des États-Unis de 35 % en 10 ans. Le plan Obama-Biden comporte une amélioration de 40 % de l'efficacité énergétique de tous les édifices gouvernementaux dans les cinq ans , une réduction de 50 % la consommation énergie et des bâtiments existants ainsi que des constructions carboneutres à partir de 2030. Ce plan ambitieux s’accompagne d’un nouvel aménagement urbain périmé dans le développement de communautés à l'échelle humaine autorisant le déplacement à pied et le transport en commun.
- Barack Obama n’ exclut pas l'option nucléaire mais applique une forme de principe de précaution concernant la sûreté, la gestion des déchets et la prolifération.
- Enfin, il est favorable à la séquestration du CO2 ils le souhaitent en revanche consacrer les fonds publics aux énergies renouvelables et à l’efficacité énergétique.
Ecrit par : winter coats | 04.04.2009
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