05.06.2009

Le choix nucléaire, erreur historique, par Corinne Lepage

lemondefr_pet.gifFrançois Fillon, lors de sa visite au Tricastin, a qualifié de chance historique le choix nucléaire de la France. Il s'agit plutôt d'une erreur historique, car la situation de 2009 n'a rien à voir avec celle de 1973, mais les conséquences pour notre pays, en termes de responsabilité internationale, risquent d'être historiques.......
Lire la suite de la tribune publiée dans Le Monde

Commentaires

Bonjour à tous,
Comme à chaque fois que je lis dans la presse quelque chose au sujet du nucléaire, ce qui est dit est à moitié faux, et à moitié déformer.
Je ne suis pourtant pas défenseur de notre gouvernement, mais pour une fois qu´il ne dit pas n´importe quoi, on peut le souligner : LE CHOIX DU NUCLEAIRE EN FRANCE EST UNE CHANCE HISTORIQUE.


Mme Lepage descend ce type de production d´énergie(c´est si facile) alors que la France est un exemple en Europe du point de vue de l´environnement vis-à-vis de la production d´électricité. En effet, nous ne sommes pas ceux qui produisent le moins de CO2, mais nous nous classons 2ème, juste derrière les suédois. Ce qui signifie qu´un francais produit moins de dioxide de carbone qu´un allemand (environ 6 fois moins), qu´un danois ou qu´un néerlandais, qui sont poutant porteurs des technologies renouvellables. Et, pour un pays aussi industrialisé que la France (en tout cas en comparaison avec la Suède), c´est quand même pas mal. De plus, la géographie de la Suède est particulièrement adapté à l´implatation des éoliennes, ce qui est moins le cas de notre pays.

Alors oui, cette production comporte des risques, comme toute activité industrielle. Doit-on arrêter toutes les usines pétrochimiques de la région lyonnaise, et mettre ses milliers d´employés au chomage, parce qu´un risque minime existe qu´un jour tout explose (souvenez-vous d´AZF)? Je ne pense pas. Ce risque est gérable, et la prévention, ainsi que les moyens prêts à agir en cas de problème en central ont atteints de nos jours un niveau qui permet d´affirmer qu´un accident nucléaire dans le monde est extrêment imporbable, le risque 0 n´existant pas.

"Oui mais le nucléaire, ca produit des déchets radioactifs pendant des millier d´années". En effet, c´est un des gros soucis du nucléaires, les déchets. Dans ce domaine, l´industrie francaise est championne du retraitement, qui permet de réduire grandement les volumes et d´assurer leur confinement sur des périodes de l´ordre de grandeur cité précedemment. Les autres pays nucléarisés du monde nous envient ce savoir faire et cette technologie. Cela fait 50 ans en France, que l´on utilise l´énergie nucléaire. Le volume de ces "déchets radiactifs pendant des milliers d´années" représente, au total, pour ces 50 ans, un peu plus d´une piscines olympiques et demi. Ce volume, à l´échelle industrielle est très faible. Qui plus est, des solutions sont à l´étude (spallation, transmutation) pour réduire la durée et la dangerosité de ces déchets. Donc oui le nucléaire produit des déchets, mais encore une fois, cela est totalement gérable.

Mme Lepage prend l´exemple de Tchernobyl. C´est sans doute l´une des plus grosses catastrophes industrielles et humaines qui ait jamais eu lieu, ca, personne ne dira le contraire. Après, il est extrêmement facile de généraliser et de taxer toutes les centrales nucléaires de la planète de Tchernobyls potentiels. Plusieurs choses :
1) Ce type de central comportait un risque QUE NE COMPORTE PAS LES CENTRALES NUCLEAIRES ACTUELLES, en particulier francaises. La sûreté nucléaire est gérée en partie par des institutions internationnales qui, à l´époque de Tchernobyl, n´avait pas leurs mots a dire en URSS, qui n´ont ainsi pas pu interdire la mise en exploitation des centrales de type RBMK. Aujourd´hui, il serait impossible à un industriel d´exploiter une centrale présentant des risques pour la sûreté aussi important que ceux de Tchernobyl.
2) Au niveau national, la sûreté nucléaire est gérée par un organisme INDEPENDANT (l´Autorité de Sûreté Nucléaire) qui a le droit de vie et de mort sur n´importe quel projet nucléaire en France. Si le moindre risque est repéré par l´ASN, le projet est bloqué jusqu´à ce que le concepteur, AREVA en France, apporte une solution. Cet organisme indépendant est également présent sur site, et peut si la situation l´exige imposer l´arrêt immédiat de la centrale. Par exemple, si l´exploitant, EDF, ne respecte pas les consignes de sécurité. En URSS à l´époque, il n´existait pas de telle institution, et, si des consignes de sécurité et de sûreté existaient tout de même, lors de l´accident, elles n´étaient pas respectées, ce qui a conduit à l´explosion du réacteur.

Enfin parlons économie, puisque c´était avant tout le sujet de l´article écrit par Mme Lepage.

"Le plan Obama ne consacre rien au nucléaire" : en effet, bien que Obama soit plus concerné par l´environnement que son prédecesseur, ils vont continuer, de la même manière qu´avant, à faire tourner massivement leurs centrales classiques (charbon, gaz, etc, très productrices de gaz à effet de serre). De la même manière, l´Allemagne produit approximativement la moitié de son électricité au moyen de ces centrales à charbon. Ces 2 pays ont la chance d´avoir des ressources énergétiques que la France n´a pas. Comparer la situation énergétique francaise et la situation des autres pays du monde est un non sens.

Vous pouvez dire ce que vous voulez, lorsqu´il n´y a pas de soleil, une cellule photovoltaique ne produit pas d´énergie, quand il n´y a pas de vent, une éolienne ne tourne pas. Un pays industrialisé comme la France ne peut pas fonctionner uniquement avec ces deux types d´énergie. Il faut, en supplément, des centrales classiques à démarrage rapide, comme le sont celles au gaz ou au charbon afin d´assurer l´approvisionnement indépendamment des conditions climatiques ... pas très vert tout ca en somme. Et quand bien même, le fait que d´autres pays investissent dans les énergies renouvellables prouve-t-il que ces énergies peuvent être utilisées autrement qu´en supplément ?("Quant à l'argument selon lequel les énergies renouvelables ne pourraient qu'être subsidiaires, il est purement et simplement faux.") Dans ce qui suit, vous ne montrez absolument rien, seulement que des sommes considérables sont investies dans le renouvellable. Encore une fois, la situation francaise est une exception, et les comparaison dans ce domaine aucune valeur.


Enfin, concernant les 3 points finaux, je vous répondrais ceci:

1) La France est leader mondiale du nucléaire, nos connaissances et notre savoir faire s´exportent très bien, sur tous les continents. Nous avons, dans le secteur des énergies renouvellables, environ 15 ans de retard par rapport à nos homologues européens. Ce retard peut-il être comblé? Une grande majorité des francais travaillant dans le domaine du nucléaire vont partir à la retraite très bientôt, ce qui créera une quantité importante d´emplois dans le domaine. Vaut-il mieux créer, puis soutenir l´industrie renouvellable francaise, qui pourra hypothétiquement créer des emplois dans quelques années, ou soutenir le nucléaire et ainsi maintenir une activité engendrant des milliers d´offres d´emploi dans des entreprises stables, aux rayonnement international ? AREVA, par exemple, embauche un ingénieur par heure en ce moment dans le monde, et le rythme va s´accélerer. Sachant qu´une grande partie de son activité est située en France, cela représente de nombreux d´emploi dans le domaine.

2) La situation énergétique francaise est l´une des seules en Europe qui permettra de fournir durablement de l´énergie à ses concitoyens. L´Allemagne prévoit d´arrêter ces centrales en 2016 ; à ce moment là, elle aura sans aucun doute besoin de l´électricité francaise pour maintenir son activité industrielle (puisque pour le moment, aucune solution n´a été annoncée là bas pour combler les 30% de la production qu´assurent ces centrales nucléaires ; le renouvellable ne pourra tout simplement pas suffir : l´éolien côtier ne peut pas permettre de combler ces 30%, dans les terres, on est encore plus soumis aux aléas climatiques ; enfin, le solaire n´est actuellemt pas une solution si verte qu´il n´y parrait puisque la fabrication d´une cellule photovoltaique met en jeu un procédé très énergivore et qui, de plus, produits de nombreux effluents chimiques polluants. Il y a encore du chemin à faire dans le domaine).

3) Il est hors de question pour les industrielles de francais de vendre des centrales à l´étranger sans s´assurer qu´elles seront exploiter dans des conditions de sûreté total. Et si vous ne croyez pas à ce discours, imaginez qu´une centrale estampillée AREVA explose dans un pays étranger : c´est tout simplement la fin de l´entreprise. Elle ne pourra plus, nulle part, construire de centrale.Ce n´est pas franchement dans l´interêt des industrielles de vendre de centrale dans des zones sensibles où un risque accrue existe.


Enfin, je finirai en disant que les nouvelles énergies sont quelque chose de formidable, mais qu´il faut savoir utiliser avec parcimonie. Dès lors, cracher sur tout ce qui a été fait avant, et vouloir tout arrêter pour mettre du renouvellable partout est ridicule, d´un point de vue technologique, comme politique. La France est un exemple en matière d´environnement pour la production d´électricité, ce en grande partie grâce à son programme nucléaire, il ne faut pas l´oublier. Cette technologie est jeune, et doit encore progresser, tout comme les énergies renouvellables. Il faut lui laisser le temps de se parfaire.

Ecrit par : Bealroth | 10.06.2009

AH LE NUCLEAIRE !!!
Le centralisme démocratique et le nucléaire ont été les deux options qui ont précipité le Parti Communiste dans sa chute vertigineuse en France d'abord et mondialement ensuite.
Mais ne riez pas si le grenelle de l'environnement fait la part belle au solaire photovoltaique et à l'éolien c'est que les autorités et les groupes énergétiques peuvent contrôler toute la filière.
Il en va de même des transports en commun, des bio-carburants et de la biomasse impossible à petite échelle.
Quant au nucléaire civil il disparaitra lorsque le capitalisme aura fini de contrôler les énergies renouvelables et que ce qui représentait un immense espoir de libération individuelle ou associatif aura échoué.

Ecrit par : san agustin | 15.06.2009

Ecrire un commentaire