08.03.2009

Corinne Lepage: photo de campagne

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Corinne Lepage sur la marché de Lisieux le samedi 7 mars

06.03.2009

Déplacement Corinne Lepage, Olivier Henno et François Bayrou: région Nord Pas de Calais

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Programme lundi 9 mars: François Bayrou dans le Nord - Pas de Calais
 
Dans le cadre de son tour de France des régions à la rencontre des Français, le Président du Mouvement Démocrate : François Bayrou sera dans le Nord - Pas de Calais ce lundi 9 mars.
 
En présence des premiers de liste pour la circonscription Nord Ouest Corinne Lepage ancienne ministre de l’Environnement, Olivier Henno conseiller général du Nord - Maire de Saint André et de Jean-Marie Vanlerenberghe Sénateur - Maire d’Arras.
 
Le programme du déplacement est le suivant :
 
Pas de Calais à Arras :
 
·        13h14 : arrivée en gare d’Arras
 
·        13h15 : déjeuner avec la presse au restaurant Le Carnot (face à la gare)
 
·        14h45 : visite du Centre Hospitalier d’Arras
 
(objectif : au cœur du débat autour de la loi Bachelot – Hôpital/Prévention/Santé – la défense des services publics)
 
·        16h30 : départ pour Lille 
 
Nord à Lille :
 
·        17h30 : conférence de presse à l’espace Tween (face à la gare Lille Flandre) ;
 
·        19h00 : direct sur France 3 ;
 
·        19h30 : rencontre avec les militants.Salle des Fêtes de l'Hôtel de Ville de LESQUIN .39 rue Faidherbe 59810 LESQUIN

04.03.2009

Réponse de Corinne Lepage aux experts de l'AFSSA

Une lueur d’espoir semble enfin apparaître dans le dossier OGM. En effet, la bataille menée par le lobby pro-OGM pour éviter le progrès des connaissances quant à l’impact sanitaire des OGM semble quelque peu s’essouffler.


De quoi s’agit-il ? D’éviter que des études sérieuses, indépendantes et rendues publiques sur les effets des OGM sur la santé humaine ne puissent être menées à bien, a fortiori ouvertes à la controverse scientifique et au débat public.
La tâche pouvait paraitre ardue dans la mesure où la directive communautaire de 2001 exigeait avant toute mise sur le marché des études sur l’impact à moyen et long terme des OGM notamment sur la santé et interdisait que ces études puissent être dissimulées au public sous le prétexte du secret industriel.


Le combat a donc été engagé pour ne pas appliquer ce texte grâce au soutien sans faille de la Commission et à l’ambigüité pour ne pas dire le double discours d’un certain nombre d’Etats, dont malheureusement le nôtre. Comment ?


- tout d’abord, en faisant adopter en 2003 un règlement sur l’alimentation, beaucoup plus laxiste que la directive de 2001, qui ne prévoit pas  la publicité des études ni du reste leur caractère obligatoire et que les industriels peuvent choisir plutôt que le régime de la directive de 2001 pour solliciter les autorisations.


- ensuite , en se battant pour ne pas  réaliser les études sur les rats durant 90 jours, ce qui est le strict minimum , lorsque l’on sait que les OGM sont pesticides et que tout pesticide mis sur le marché doit comporter des études réalisées sur deux mammifères dont l’une durant deux ans. Mais aussi, en tentant  d’obtenir qu’aucun Etat ne réalise ces études afin d’éviter totu débat public ;


- en fin, en dissimulant les rares études faites par les firmes en brandissant le secret industriel, inopposable  au terme de la directive de 2001. C’est ce que vient de faire M.Barnier , au nom du gouvernement français en refusant de rendre publique l’étude sur le MON 810.

Or, cette triple stratégie commence à se fissurer.

Tout d’abord, parce que la contestation sur l’absence d’études sérieuses monte et vient en particulier des Etats-Unis. Vingt-six scientifiques américains viennent de rendre publique une déclaration dans laquelle ils affirment qu'« aucune recherche réellement indépendante ne peut être légalement menée sur de nombreuses questions de première importance ». Loin d'être anti-OGM, certains de ces chercheurs affirment même y être favorables. Dans le cadre de la mise en place de réunions consultatives sur les cultures OGM. Spécialistes des insectes du maïs, ces chercheurs ont dus ‘avouer incapables de fornir à l’Etat des informations dans la mesure où la recherche scientifique sur les OGM formellement interdite.

En effet, les vendeurs de semences génétiquement modifiées interdisent par contrat aux acheteurs de mener des recherches sur leurs produits et interdisent la publications d’études extérieures si ils ne les ont aps au préalable validées. «  Si une compagnie peut contrôler les recherches (...) elle peut réduire les aspects négatifs potentiels qui peuvent survenir dans toute étude » affirme Ken Ostlie, entomologiste à l'Université du Minnesota. Pour Elson J. Shields, professeur d'entomologie à l'Université de Cornell, les firmes «  peuvent potentiellement pratiquer le blanchissage des données et des informations soumises au Ministère de la Protection de l'Environnement (EPA) ». Mark A. Boetel, de l'université d'état du Dakota, raconte pour sa part qu'il a maintes fois essayé d'obtenir les autorisations nécessaires pour étudier la réponse biologique des semences transgéniques à un traitement insecticide. En vain. Ce sujet ayant été rendu public aux Etats-Unis, il est plus que probable que des évolution surviennent d’autant plus que la Californie débat d’un projet de loi mettant à la charge des firmes agrosemencières une responsabilité en cas de pollution.


En second lieu,  la contre-expertise menée par le CRII-GEN sur le MON 863 qui a fait l’objet d’un vaste débat européen, même si fidèle à sa tradition , l’EFSA a refusé de revoir sa position, a mis en lumière les anomalies déjà relevées par Monsanto qui devaient être dissimulées et quelques autres sur le foie, les reins le poids et la formule sanguine des animaux ayant consommé du maïs MON 863 durant 90 jours. Depuis lors, se sont ajoutées de nouvelles études concordantes , y compris les premières études publiques.  Tout d’abord , une étude publique autrichienne, la plus poussée au monde, qui porte sur plusieurs générations de rats met en lumière des différences significatives pour les rats qui ont consommé un mélange de MON 810 et de NK 603, sur des paramètres qui sont les mêmes que ceux relevées pour  leMON 863, ce qui confirme la possibilité d’effets secondaires. L’étude déjà menée par le Professeur BUIATTI, de Florence en 2008 sur le MON 810 met en lumière des caractéristiques génétiques inattendues.

De plus, après 10 ans d’atermoiements, l’INRA a fini par mener à bien une étude qui avait été bloquée et qui met en lumière le passage des génes modifiés dans le sang des animaux. Ces études toutes concordantes pour montrer la possibilité d’effets secondaires sur la santé humaine interviennent  alors qu’june association de consommateurs belge qui vient de révéler que de plus en plus de produits alimentaires contenaient des traces OGM, y compris des produits bio. Dans son numéro de février, Test-Achats a publié les résultats d'une étude portant sur 113 produits contenant du maïs et/ou du soja, dont 35 produits bio. Un test semblable, effectué il y a 6 ans avait montré qu'aucun de ces produits ne contenait d'OGM. De plus, publiée dans le 21 janvier 2009 sur le site NewScientist, une étude mexicaine démontre que des gènes de maïs génétiquement modifié ont contaminé des variétés sauvages. "Maintenant, c'est officiel", affirme en introduction cette étude, résumant les atermoiements des pro-OGM à reconnaître une réalité et la preuve que le risque de contamination est plus sévère que ce qui avait été envisagé.


Enfin, le secret parait devoir être immanquablement levé. Dans un arrêt rendu fin février, la Cour de Justice des Communautés européennes vient de rappeler que le secret industriel n’est pas opposable aux informations d’ordre parcellaire relatives à l’implantation des cultures OGM .Mais, la rédaction de l’arrêt est très générale et vise l’article 25 de la directive qui concerne précisément aussi les études sur la santé.
Ainsi se rapproche inéluctablement l’épreuve de vérité, le moment où les agrosemenciers set ceux qui les soutiennent ne pourront plus éviter de mettre sur la place publique le débat sur les effets des OGM sur la santé humaine. C’est sans doute la raison pour laquelle la violence est aujourd’hui considérable et les pressions n’ont jamais été aussi fortes  pour contraindre les européens récalcitrants à accepter les OGM. La course contre la montre est effectivement engagée mais le temps risque de manquer à ceux qui ont projeté de rendre la situation irréversible avant que l’étendue des dégâts ne puisse être connue. Et, leur acharnement pèsera certainement lourd lorsque sera venue l’heure de la recherche des responsabilités des uns et des autres.

Corinne Lepage, ancien ministre, présidente du Crii-Gen

 

Pour info communiqué des experts de l'AFSSA

« Les experts en ont assez ! »

« Les comités en charge de l'évaluation des risques potentiels liés aux OGM, sont constitués de scientifiques issus de la recherche publique choisis pour leurs

compétences reconnues et attestées par leurs publications dans des revues internationales.

Ils sont impérativement indépendants de toute appartenance à un groupe d'intérêts en relation avec leur mission et ils s’engagent à n'agir qu'en fonction de leurs

connaissances scientifiques.

Les avis collectifs qu'ils émettent découlent de la complémentarité de leurs domaines de compétence.

Chaque avis est basé au cas par cas sur l'analyse critique de toutes les données disponibles, des plus anciennes aux plus récentes et d’une analyse approfondie de

l'ensemble des informations que contiennent les dossiers à évaluer.

Les experts s'efforcent toujours de faire la différence entre conclusions fondées sur des connaissances sérieusement établies et interprétations abusives, voire erronées,

issues de publications et/ou rapports hâtifs qui font souvent plus de bruit qu'ils ne le mériteraient.

Les avis émis par les comités d'experts scientifiques ne sont d’ailleurs pas systématiquement favorables à tous les OGM et curieusement, les avis négatifs ne

sont jamais objets de récriminations.

Les experts signataires rappellent publiquement leur engagement d’indépendance.

Ils considèrent que les conclusions de leurs expertises ne doivent pas servir de prétextes à des prises de positions basées, en réalité, sur des arguments

économiques, sociologiques ou politiques de quelque bord qu'ils soient.

Les experts doivent pouvoir travailler dans la sérénité, ils en ont assez du dénigrement, voire de la diffamation dont ils sont l'objet de manière répétée. »

Liste des signataires (par ordre alphabétique) :

Eric Antignac, Membre du CES Biotechnologie de l’AFSSA

Louis-Aimé Aumaître, Membre du CES Biotechnologie de l’AFSSA

Francine Casse, Membre du CES Biotechnologie de l’AFSSA

Yves Chupeau, Expert ex-CGB

Yvette Dattée, Membre de l’Académie d’Agriculture, Membre du CES Biotechnologie

de l’AFSSA et de l'ex-CGB

Alain Deschamps, Membre du CES Biotechnologie de l’AFSSA

Jacques Dietrich, Membre du CES Biotechnologie de l’AFSSA

Françoise Ergan, Membre du CES Biotechnologie de l’AFSSA

Marc Fellous, Président de l’ex-CGB

Joël Guillemain, Membre du CES Biotechnologie de l’AFSSA, expert à l’AFSSAPS,

membre de l'Académie nationale de Pharmacie

Florian Guillou, Membre du CES Biotechnologie de l’AFSSA

Thomas Haertlé, Membre du CES Biotechnologie de l’AFSSA et l’AESA

Louis-Marie Houdebine, Membre du CES Biotechnologie de l’AFSSA et l’AESA

Philippe Joudrier, Membre du CES Biotechnologie de l’AFSSA

Martine Kammerer, Membre du CES Biotechnologie de l’AFSSA

Thierry Legavre, Membre du CES Biotechnologie de l’AFSSA

Patrice Mannoni, Expert à l’ex-CGB

Didier Montet, Membre du CES Biotechnologie de l’AFSSA

Georges Pelletier, Membre de l’Académie des sciences, Expert à l’ex-CGB

Georges Sicard, Expert à l’ex-CGB

Pascal Simonet, Expert au CES Biotechnologie de l’AFSSA

Henri-Eric Spinnler, Membre du CES Biotechnologie de l’AFSSA

Maria Urdaci, Expert au CES Biotechnologie de l’AFSSA

Sigles :

AESA : Autorité Européenne de Sécurité Alimentaire,

AFSSA : Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments,

AFSSAPS : Agence Française de Sécurité Sanitaire des Produits de Santé,

CES : Comité d’Experts Spécialisé,

CGB : Commission du Génie Biomoléculaire.

03.03.2009

Européennes: Corinne Lepage en Normandie

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Corinne Lepage, tête de liste Modem pour le Nord-Ouest pour les élections européennes a réservé son premier déplacement de campagne à une région à laquelle elle est particulièrement attachée, la Normandie

Déplacement samedi 7 mars

Lisieux
Corinne Lepage retrouvera les jeunes militants du Modem sur le marché de Lisieux vers 11 h 45 et ira à la rencontre des commerçants et habitants de la Place de la République.

14 h 00 Conférence de presse à "La Pomme d'Or", Place de la République

15 h 00 Débat organisé par les Jeunes Modem du Calvados autour du thème " L'Europe et la protection des consommateurs" à "La Pomme d'Or", Place de la République.

Cabourg
18 h 30 Débat à l'initiative du Mouvement européen à Cabourg sur le thème " Construisons l'Europe ensemble"
Salle des fêtes
Hôtel de ville de Cabourg

 

Suivre la campagne de Corinne Lepage et Olivier Henno dans le Nord-Ouest sur Facebook

02.03.2009

Corinne Lepage: la relance "verte"

Tout se passe comme si nous étions entrés dans une spirale négative, dans un cercle vicieux qui non seulement multiplie de manière exponentielle, les effets cumulés de la crise mais encore se révèle incapable d'offrir une perspective de sortie de crise. Pour y parvenir, il faudrait effectivement s’attaquer aux causes et non pas aux effets, c’est-à-dire accepter de remettre en cause le modèle de développement qui a échoué pour s’inscrire dans une autre logique.


Al Gore et Ban Ki Moon l’ont parfaitement résumé : « Les plans de relance annoncés par 34 nations s’élèvent à environ 2 250 milliards de dollars. Complétés par de nouvelles initiatives d’autres pays, ils doivent nous aider à catapulter l’économie mondiale dans le XXIe siècle, au lieu de maintenir en vie des industries mourantes et de perpétuer les mauvaises habitudes d’hier. Continuer à injecter des milliers de milliards de dollars en investissements dans des infrastructures qui reposent sur le carbone et en subventions pour les industries qui reposent sur les combustibles fossiles reviendrait à commettre la même erreur qu’avec les subprimes. La suppression des 300 milliards de dollars de subventions accordés annuellement en faveur de secteurs qui reposent sur les combustibles fossiles permettrait de réduire les émissions de gaz à effet de serre jusqu’à 6 % et contribuerait à la croissance du produit intérieur brut mondial. »


Or, bien peu de plan de relance dans le monde se sont donnés pour objectif de changer de trajectoire. Certes, de nombreux plans de relance comportent des mesures ponctuelles en faveur des économies d'énergie ou de voitures plus propres, bien que les mesures soient bien davantage destinées à aider l'industrie automobile qu'à améliorer le bilan énergétique global.


Mais quatre plans de relance seulement semblent prudemment envisager un possible changement d’orientation :

· Le plan Obama  qui s' inspire du programme " Repower America " élaboré par Al Gore et prévoit de mettre en place en dix ans un modèle énergétique rendant les Etats-Unis indépendants du pétrole . Le mot  power (pouvoir et énergie) prend ici tout son sens. Le plan prévoit une large contribution à l’efficacité énergétique. Plusieurs milliards de dollars pour économiser l’énergie  des bâtiments fédéraux dans un souci d’économies d’énergie à moyen et long termes. 11 milliards de dollars seront reversés aux technologies permettant de distribuer l’électricité du producteur aux consommateurs en utilisant la technologie digitale. Plus de 2 milliards seront dédiées à la recherche sur les batteries pour voitures électriques .Plusieurs dizaines de milliards de dollars permettront aux travailleurs de se former et de créer des « emplois vert » à travers le pays..

· Le plan de relance chinois pourrait marquer un vrai tournant : « Il n'y aura pas un centime de dépensé sur les projets qui favorisent la production de masse, ou les secteurs hautement polluants et gourmands en ressources », a prévenu Zhang Ping, le chef de l'agence de planification chinoise, en annonçant l'affectation de 35 milliards d'euros, soit 8 % du total, à la protection de l'environnement. S’y ajoutent des dépenses  consacrées à l'amélioration des infrastructures urbaines et rurales, ou à la promotion des énergies renouvelables. Déjà, 1,2 milliard d'euros d'investissements en faveur de l'environnement ont été approuvés dans le cadre du premier train de 10 milliards d'euros d'investissements annoncés au premier trimestre 2009. De son côté, le ministère de la protection environnementale annonçait, fin janvier, avoir rejeté 11 projets polluants sur 164, principalement des centrales thermiques ou des usines chimiques. 

· Le Japon a également adopté un ambitieux programme pour développer les énergies renouvelables

·  Enfin, le plan de relance de Corée du sud est le plus avance : 0,5% du PNB est consacré à la construction verte  et 1,2% du PNB à la décarbonisation , ce qui devrait créer 500 000 emplois. La Corée du Sud va consacrer 38 milliards de dollars (près de 30 milliards d'euros) à un "New Deal vert" qui permettra la création d'un réseau de transport écologique, la dépollution des quatre principaux fleuves du pays, des économies d'énergie dans l'habitat....

Mais ces plans  ne sont qu’une ébauche de ce qu’il faudrait faire pour redonner confiance et changer de perspective.

Dans un rapport qui vient d'être publié sous le titre « a global green New Deal « , le programme des Nations unies pour l'environnement  propose d’utiliser la relance keynésienne avec un triple objectif : la relance et l’emploi, la sortie du pétrole et la conservation des ressources, les objectifs du millénaire de lutte contre la pauvreté. Le rapport propose que 1% du PNB de chaque État soit précisément consacrer à l'économie verte. « Il ne s’agit pas seulement de mettre en place une économie plus verte » explique le PNUE. L’objectif du New Deal écologique est aussi de « répondre à des menaces imminentes contre le changement climatique, l’insécurité énergétique, la pénurie croissante d’eau douce, la détérioration des écosystèmes, et par-dessus tout, la pauvreté qui empire ».


Investir dans une économie verte n’est pas une option mais un investissement intelligent pour un avenir plus équitable et plus prospère. C’est donc l’ensemble du système économique et financier qui doit être repensé dans cette perspective.

Espérons que dans la préparation du deuxième plan de relance, la France qui n’a consacré que 8% de son premier plan de relance à l’économie verte, aura à l’esprit que pour répondre à la proposition du PNUE, elle devrait consacrer 24Mds par an à investir dans l’économie verte pour envisager un changement de cap.

Tribune France-Culture du 2 mars

26.02.2009

Corinne Lepage démonte Pérol

Pour Corinne Lepage, la nomination de François Pérol, secrétaire général adjoint de l'Elysée, à la tête de l’établissement bancaire résultant de la fusion des Banques Populaires et des Caisses d’épargne est une «affaire grave». Elle s'explique pour Marianne2.fr.

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23.02.2009

Corinne Lepage: Remettre l'éthique au centre de la politique


La crise guadeloupéenne illustre une fois encore à quelles impasses et quels dangers l’injustice et l’immoralité peuvent conduire. Comment contester le bien-fondé des revendications des ultra marins confrontés à des prix supérieurs de 30 à 40 % de ceux de la métropole avec des revenus très largement inférieurs ? Comment contester la légitimité de leurs demandes de voir appliquer la loi républicaine en outre-mer, à commencer par le droit de la concurrence où une entreprise est manifestement en abus de position dominante sans que cela ne paraisse émouvoir personne et contrôle par exemple 43% des surfaces de vente en Martinique alors que la limite maximale est de 25% ? De même que la SOLA, filiale de Total a le monopole de la fourniture d’essence avec les prix que l’on connait ? Comment ne pas partager leur exaspération de ne pas voir appliquer les mêmes normes sanitaires qu’en métropole s’agissant de pollution ou de produits toxiques comme le paraquat , maintenu en Martinique jusqu’à ce que la cour de justice des communautés européennes finisse par l’interdire ?  Comment ne pas comprendre le sentiment de mépris dont l’immense majorité de la population se sent l’objet quand lignes de partage sociales rejoignent les lignes de partage raciales et tout le pouvoir appartient aux mêmes ? Comment ne pas entendre la demande de République portée par l’immense majorité des ultra marins qui se considèrent comme oubliés par elle –et le long silence du Président a conforté ce sentiment- au sens où un traitement dans la dignité et l’égalité républicaine ne lui est pas accordé.

En réalité, la crise impose de revenir aux fondamentaux sans lesquels il ne peut y avoir que révolte et tensions sociales et politiques de plus  en plus graves. Quels sont ces fondamentaux ?

Assurer à chacun de quoi vivre décemment, faire respecter une loi égale pour tous en recherchant une amélioration constante de la justice, préparer l’avenir. Assurer de quoi vivre décemment, signifie obligatoirement dans le contexte actuel, en outre-mer comme ailleurs, mettre sur la table la question de la répartition des revenus et cesser le déséquilibre insupportable et dangereux en faveur des revenus du capital. A-t-on mesuré ce tête-à-queue historique que représente la situation des titulaires américains de fonds de pension ? Après avoir durant des années imposé des taux de rendement délirants qui ont conduit des millions de personnes au chômage, ces personnes se retrouvent pour beaucoup, en ayant tout perdu , sans retraite et sans couverture sociale, à l’instar de cet homme de 90 ans , contraint de distribuer des tracts publicitaires pour gagner de quoi se nourrir, après avoir perdu plusieurs centaines de milliers de dollars ? N’y a – t’il pas là une leçon à tirer sur le fait que l’égoïsme et le court-termisme peuvent se  retourner contre soi même et qu’une conduite éthique peut, en dehors de son aspect moral , être beaucoup plus intelligente . Si les titulaires de fonds de pension avaient pris en compte les conséquences des choix qui étaient faits en leur nom, ils n’auraient pas exigé des rendements aussi élevés, les acrobaties financières n’auraient pas vu le jour ou en tous cas, à moindre échelle et le retournement de tendance n’aurait pas été aussi violent.

Faire respecter une loi égale pour tous en recherchant constamment la justice tourne le dos à ce qui a été fait et l’est encore. Le refus d’assurer un minimum de solidarité en supprimant le bouclier fiscal, en plafonnant les rémunérations des établissements aidés à commencer par les banques comme l’ont fait les Etats-Unis et la Grande Bretagne, ou  la violence de la réaction de Madame Parisot rappelant qu’elle était là pour défendre la propriété privée, celle des actionnaires en l’espèce, participent d’une même philosophie très risquée car inadaptée au tsunami actuel. Il ne s’agit évidemment pas de supprimer la propriété privée, mais de débattre des droits respectifs des uns et des autres dans une communauté confrontée à des menaces économiques et écologiques sans précédent en particulier du fait de leur cumul. Le fait de s’arc bouter sur des attitudes obsolètes est un véritable péril alors que nous devons trouver de nouvelles modalités de coopération entre nous.

Enfin, préparer l’avenir ; Il n’y a de sortie de crise que dans la préparation de l’avenir. De nombreux jeunes n’ont pas peur de l’avenir ; ils ont peur de ne pas en avoir, ce qui est bien différent.

Ces trois principes pourraient aisément être appliqués à l’outre –mer. Tout d’abord en modifiant les propositions d’allégement fiscal pour qu’elles ne favorisent pas les entreprises déjà hyper privilégiées, mais qu’elles aillent vers les allégements de charge pour augmenter le pouvoir d’achat ou baisser les prix et vers des entreprises assurant la production des biens et services  en substitution aux importations, ou bien  la réduction de la dépendance énergétique (transports, production énergie renouvelable, maîtrise de la demande en électricité).Un véritable plan de développement durable pour l’outre mer devrait être lancé dans lequel certaines mesures annoncées comme  le maintien  des mesures de défiscalisation pour les investissements productifs  ou la défiscalisation du logement social  auront toute leur place. Devraient s’y ajouter des mesures plus structurantes comme le développement  des transports en commun ou l’instauration d’une prime de proximité pour tous ceux qui  travaillent à moins de 10 kms de son domicile. Enfin et surtout, nous devrions tous comprendre la richesse patrimoniale et humaine que représente l’outre-mer et en tirer toutes les conséquences. Nous pouvons et devons le faire

Tribune France-Culture du lundi 23 février