12.05.2008
Corinne Lepage: gouvernance internationale
Le drame que connaît la Birmanie doit appeler à une triple réflexion
Tout d'abord, autour du droit d'ingérence. Le cyclone Nargis pourrait avoir provoqué la mort de 100 000 personnes ; les chiffres d'ores et déjà avancés font état de 22 000 morts et de 41 000 disparus. Avec maintenant , le risque épidémique. La région de Rangoun et de grandes villes comme Laputta ou Irrawadi sont dévastées à plus de 80 % .Le programme alimentaire mondial estime que la situation de la sécurité alimentaire qui était déjà grave devient problématique. Avant le passage de Nargis, plus de 30 % des enfants de moins de cinq ans souffraient de malnutrition et la population composée à 60 % de femmes et d'enfants étaient décrite comme vulnérable par l'Unicef. Les malheureuses équipes humanitaires en place ne peuvent faire face avec le stock de couvertures de tentes et de nourriture dont elles disposent. Le risque d'épidémie de typhoïde, de choléra, de malaria ne pourra être endigué .
Et pourtant, des avions chargés de jerrycans d’eau ont attendu pour décoller, les visas pour les associations humanitaires ne sont pas délivrés ; le Haut Commissariat aux Réfugiés parle de 20 t d'aide d'urgence bloquée à la frontière avec la Thaïlande. La solidarité internationale s'est rapidement mise en place : plus de 1O millions d'euros entre l'Europe et les Etats-Unis. Ces sommes sont restées en attente. Comment tolérer qu’un gouvernement sacrifie volontairement sa population dans le seul souci de se maintenir au pouvoir . Cette attitude que certains considèrent comme suicidaire est d'autant plus criminelle que les militaires sont accusés par les États-Unis et l’Inde de n'avoir pas averti la population. L’Inde affirme avoir prévenu la Birmanie 48 heures à l’avance de l’arrivée du cyclone.
Dans ce contexte , la résolution proposée par la France aux Nations Unies d'imposer une aide au gouvernement birman apparaît comme particulièrement opportune. Malheureusement, elle s'est heurtée à un rejet en raison en particulier de l'opposition de la Chine. Ainsi, non seulement le devoir, a fortiori le droit d’ingérence ne trouvent- ils aucune traduction au plan international mais encore les considérations de politique internationale et d’équilibre géostratégique des pouvoirs l'emporte-t-il, y compris lorsque des dizaines de milliers de victimes, totalement impuissantes, sont en péril. À quoi servent les organisations internationales et la référence aux principes de la charte des Nations Unies lorsque une aide concrètement disponible ne peut pas parvenir, pour des raisons purement politiques à des populations en détresse.
Ce questionnement conduit à une deuxième réflexion sur le lien incontournable entre un la protection des droits de l'homme et la solidarité internationale. L'absence de primauté évidente de la protection des droits humains sur les considérations économiques et politiques et seule de nature à expliquer cette attitude qui mériterait la saisine du tribunal pénal international chargé de juger des crimes contre l'humanité. Il n'en sera évidemment rien et pour quiconque. Mais, pour tout ceux qui , régulièrement, sont accusés de « droit de l’hommisme » comme s'il s'agissait d’un délit a minima d'une extrême naïveté, on rappellera que des comportements comme ceux de la junte birmane démontrent jusqu'où peut aller le délire totalitaire. À cet égard, il faut rappeler qu’en septembre dernier, le soulèvement de milliers de moines soutenus par la population s’était traduit par une répression sanglante des dizaines de morts et 74 disparus selon l'ONU. A l'époque, Rangoun a encore davantage fermé ses frontières et rejeté les faibles pressions internationales qui s’étaient exprimées. Mais, aujourd'hui la concomitance entre et les dizaines de milliers de victimes du cyclone passées et à venir et la tenue d’un référendum destiné à renforcer encore le pouvoir militaire illustre une situation à la fois tragique et dérisoire. Malgré la position de l'envoyé spécial de l'union européenne pour la Birmanie qui a jugé sage de reporter cette consultation à laquelle s'oppose le parti de l'opposition birmane conduit par Aung San Suu Kyi ce référendum doit se tenir dans un pays totalement dévasté. Quel symbole dérisoire de pouvoir !
Enfin, ce cyclone qui n'était évidemment pas le premier en Asie du Sud-Est , nous rappelle à la réalité conséquences du changement climatique, augmentation des phénomènes extrêmes en étant une des manifestations. La disparition d'une des zones de culture du riz les plus importantes à un moment où la planète manque de riz s'ajoute au sort des centaines de milliers de personnes qui se retrouvent sans abri, sans nourriture et sans travail dans un pays où des manifestations monstres contre la vie chère se sont déjà déroulées en septembre dernier. Une des questions majeures que l'humanité a à résoudre dans les années qui viennent sera incontestablement celle d'anticiper autant que faire se pourra l'exode des millions, voire des centaines de millions de réfugiés climatiques en leur permettant de le pouvoir vivre sur leurs terres. Seule, une gouvernance internationale nous permettra d’y parvenir. L’exemple birman n'incite guère à l'optimisme.
10:47 Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : corinne lepage
05.05.2008
Corinne Lepage: Une France bloquée dans un monde en crise
La réforme des institutions semble rester au milieu du gué car elle ne répond qu’à une très petite partie de la problématique démocratique. Il s'agit en effet pour la classe politique, de modifier à la marge le fonctionnement des pouvoirs publics, une présidentialisation accrue du régime ayant pour contrepartie un renforcement du rôle du parlement uniquement dans sa fonction de législateur, sa fonction de contrôle de l'exécutif ne se voyant dotée que de très peu de moyens supplémentaires.
Mais, le sujet le plus important sur le plan de la paix sociale et de l’équilibre général consiste dans les rapports à créer entre société civile et société politique et sur ce point, le projet est quasiment muet, si ce n’est l’exception d’inconstitutionnalité introduite modestement et à juste titre pour donner un gage au citoyen de ce qu’il n’a pas été totalement oublié dans ce partage du pouvoir entre ceux qui le possèdent.
Pas de referendum d’initiative populaire, aucune mesure permettant, comme le président s’y était pourtant engagé dans son discours de l’issue du grenelle d’ouvrir la voie à une action contractualisée avec la société civile dite groupe des 5 pour décider de projets structurants.
Pas de transformation du Conseil économique et social permettant à cet organisme de jouer le rôle d’une troisième chambre non délibérative mais dotée de réels pouvoirs : proposition de nomination, droit d’initiative parlementaire, doit de saisine du conseil constitutionnel par exemple.
Ainsi, dans une société promise à des bouleversements immenses et rapides tant pour des raisons intérieures qu’internationales, tant pour des motifs économiques qu’écologiques, le citoyen reste au niveau constitutionnel au stade d’un spectateur dont le pouls est mesuré semaine après semaine mais dont on ne sollicite l’avis qu’une fois tous les 5 ans. Comment comprendre que la démocratie d’opinion dans laquelle nous vivons, à tort ou à raison, n’ait aucune traduction juridique ? Il y a là une incongruité d’autant plus grave qu’elle coïncide avec un appauvrissement de la société française , une remise en cause du pacte social et un effort d’adaptation sans précédent à une nouvelle situation historique.
Le renforcement des pouvoirs décentralisés, d’une part, l’organisation de la démocratie participative d’autre part est précisément les moyens de permettre à la société dans son ensemble de mesurer les enjeux et de s’y adapter. A cet égard, les larges majorités qui ont pu se constituer dans certaines municipalités permettant une large représentation dans les exécutifs des tendances de l’opinion constitueront un excellent test.
Mais, le projet constitutionnel s’éloigne doublement de ce modèle d’une part en écartant toute démocratie représentative d’autre part en excluant la proportionnelle. Nous ne pouvons nous passer des deux simultanément. Le débat ne peut être binaire sauf à être obligatoirement faussé et conduire à des caricatures, qui certes, servent les états majors des partis hégémoniques, mais desservent l’ensemble de la Nation. A défaut d’instillation de démocratie participative, la proportionnelle est indispensable non seulement par souci de justice élémentaire, mais encore par nécessité politique. Il n’est pas concevable dans un pays à tradition pluraliste comme le nôtre, que le choix se réduise au bipartisanisme, qui constitue un étouffoir qui a déjà provoqué le phénomène Le Pen et pourrait provoquer bien plus encore.
La proportionnelle parce qu’elle oblige au débat nuancé et à la représentation des minoritaires est particulièrement nécessaire à notre temps.
Or, paradoxalement, le renforcement de la présidentialisation rend d’autant moins risquée et d’autant plus nécessaire en terme de gouvernance le régime proportionnel. Le poids du président dans nos institutions et la pratique actuelle qui réduit comme une peau de chagrin le rôle du gouvernement au sein duquel les tendances ne sont plus représentées et en tous cas ne peuvent plus s’exprimer rend indispensable le débat ouvert au Parlement et donc la représentation proportionnelle faute de quoi une très grande partie des citoyens sont exclus du débat. Quant au risque d’instabilité, il n’existe pas dans nos institutions actuelles et ne sert que d’alibis à tous les tenants de l’autoritarisme et de l’enrégimentement.
Et surtout, nos institutions ne doivent pas être modifiées pour satisfaire l’actuel président de la République ou un autre. Elles doivent l’être pour permettre à notre pays d’être le mieux armé possible pour passer le cap si difficile des années qui viennent et assurer le ciment national dans le maelström qui nous attend. Or, la classe politique, dans le petit débat qui l’agite ne semble pas percevoir les signes avant-coureurs du monde qui vient ni a fortiori les moyens constitutionnels adaptés pour y répondre. Or, précisément, et plus que jamais, le rôle du politique, qui va se renforcer, est comme le rappelle le livre de l’Exode, est de nourrir son peuple et de tracer la route pour l’avenir.
Chronique France-Culture du 5 mai
08:36 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : corinne lepage, institutions
28.04.2008
Corinne Lepage : l'exode climatique
Le changement climatique devient un enjeu géostratégique majeur, dans lequel nous sommes tous perdants à terme, car l’humanité est en péril, il y aura avant ce terme hypothétique des gagnants et des perdants. Et la folie humaine, ou plutôt l’appât du gain pour les uns, du pouvoir pour les autres et ce sont souvent les mêmes, est prête à oublier le risque qu’il y a, à l’évidence, à faire croître les émissions de gaz à effet de serre, pour augmenter la production de gaz et de pétrole ou encore de déforester pour produire des agrocarburants.
Lors d’un colloque qui s’est tenu la semaine dernière en Tunisie sur l’impact du changement climatique en Méditerranée, la question de la fonte de la banquise et de l’accès possible aux ressources fossiles immenses et matières premières que le sous sol de l’Arctique recèle et que revendiquent la Russie, le Canada, les Etats-Unis, le Danemark et la Norvège a été largement débattue avec la perspective que la première conséquence de l’adaptation au changement climatique soit de trouver le moyen de faire croître au-delà des prévisions du GIEC les plus pessimistes nos émissions de gaz à effet de serre.
Mais quelle autorité pourra dire à ces géants du monde que nous ne sommes pas suicidaires !
Car, dans certaines régions, et en particulier en Méditerranée , les effets du changement climatique se font déjà sentir et le problème de l’eau est croissant conduisant progressivement à compter en unité d’eau les produits alimentaires produits et exportés et à faire des choix. Car les pays de la Méditerranée seront , après la banquise et les populations du grand nord, et avec les iles de l’AOSIS, le Bangladesh une des zones les plus touchées par l’élévation de la température. Quel statut reconnaître aux 200 millions de réfugiés climatiques qui se préparent et quelle instance pourra les indemniser. Le moment n’est il pas venu de créer un statut international et un fonds d’indemnisation alimenté par les Etats producteurs de pétrole et de gaz qui ne cessent de s’enrichir et les Etats émetteurs de gaz à effet de serre qui ne modifient pas leurs comportements, les uns et les autres contribuant l’exode de ces nouveaux apatrides !
Dans l’actualité déjà, la menace de famines à une échelle impensable devient une réalité de plus en plus menaçante, mettant en péril non seulement des centaines voire des millions de vies humaines, mais également l’équilibre social et politique de nombreux pays, dont certains sont fondamentaux à l’équilibre du monde. Si le changement climatique est unes des causes de cette situation, il est une cause dont l’impact ne va cesser de croître, changeant les équilibres dans les productions agricoles du monde à moyen terme et aggravant la gravité de la situation des zones arides où la sécheresse ne cesse de chasser les populations vers les bidonvilles sans avenir. Cette situation a été aggravée par les grands financiers internationaux, qui, au motif qu’il fallait des devises, n’ont cesser de pousser, voire de contraindre nombre de pays à abandonner l’agriculture vivrière au bénéfice de cultures voire de monocultures dépendantes de marchés mondiaux où la spéculation ne cesse de jouer. Le résultat en a été l’exode des paysans, la perte de toute indépendance alimentaire et des rentrées de devises aléatoires. D’où un virage à 180 degrés recommandant aujourd’hui de relancer une agriculture locale …mais les sols sont épuisés et asséchés et il faudra des années pour essayer de rebâtir une agriculture de proximité, à condition qu’elle soit possible. Ces grands organismes sont ils prêts à réparer par une aide adéquate leurs erreurs de jugement ? Quoiqu’il en soit le riz et les céréales manquent aujourd’hui conduisant certains Etats comme l’Egypte, l’Inde , le Vietnam et le Brésil à interdire toute exportation. Aux Etats Unis, deux grandes chaînes , Cotsco , 4éme distributeur américain, et Sam’club ont décidé de limiter le nombre de grands sacs de riz pouvant être livré à chaque client, en raison de l’envolée des cours. La situation pourrait bien devenir la même pour le blé et d’autres céréales, car la folie des agrocarburants a rajouté encore au problème. Pour faire rouler les voitures, surtout au nord, mais aussi au Brésil, certains sont prêts à sacrifier l’alimentation de base de tout une partie de l’Humanité.
Sans doute, certains agriculteurs sont-ils gagnants à court terme grâce à la hausse des cours, mais à quel prix pour les autres !
S’ajoute enfin, un phénomène nouveau dont il faut s’inquièter tout particulièrement : une spéculation massive s’organise sur les matières premières alimentaires par la mise en place de nouveaux produits dérivés, à l’instar de ceux qui ont fait le succès que l’on connaît des subprimes. Une financiarisation massive du marché se met en place par l’achat par anticipation , semble –t il des quatre années qui viennent de production de céréales aux Etats Unis et par l’acquisition massive de silos, pour disposer des lieux de stockage des récoltes. Ainsi, non seulement tout ou partie de ceux qui portent la responsabilité de la crise financière actuelle referaient leur pelote, après avoir été renfloués par les banques centrales, mais en plus, ils disposeraient de la capacité d’affamer une partie de l’humanité et de faire payer l’autre.
Une telle perspective est insoutenable et ne peut que conduire à remettre sans délai –et c’est en train de se produire- à l’ordre du jour prioritaire des Etats la sécurité alimentaire, c’est-à-dire l’indépendance alimentaire, revenant sur le mythe d’un marché mondial sans limite. Les crises alimentaires et climatiques sont un facteur de remise en cause de la mondialisation telle que nous l’avons connue. Si nous sommes optimistes, nous pouvons espérer qu’elle se transformera en planétarisation
Chronique France-Culture du 28 avril
08:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : corinne lepage, changement climatique, réfugiés climatiques
21.04.2008
Corinne Lepage: consommation et valeurs universalistes
Alors qu’ en 1968 , certains mouvements se faisaient au nom du petit livre rouge de Mao, aberration décriée par le monde économique de l'époque, en 2008 c'est ce même monde économique qui cherche à donner comme modèle celui de la croissance chinoise, heureuse bénéficiaire d'un taux de croissance de l'ordre de 10 % de l'an. C'est tout autant une aberration.
Le choix fait par la Chine de produire en masse et pas cher, se fait évidemment grâce à une pollution sans précédent et à une politique sociale, si tant est qu'on puisse utiliser le mot, autant inégalitaire que dramatique pour des millions de personnes. Les occidentaux en portent une large part de responsabilité. En rejetant vers la Chine leurs activités polluantes et en investissant massivement sur ce nouveau marché, ils n'ont pas envisagé que la Chine puisse aussi décider de faire du monde une poubelle et de son pays un martyrologe sur le plan de l'écologie autant que sur celui des droits de l'homme. Car les deux sujets sont étroitement liés. Fin 2007 l'agence Chine nouvelle affirmait qu'un enfant atteint de malformations liées à la pollution de l'air ou de l'eau naissait toutes les 30 secondes, soit une augmentation de 40 % par rapport au début de la décennie. Le forum Europe Chine dans le comité fondateur duquel siège Michel Rocard, affirme que le nombre de pauvres en milieu urbain est passé de 4 millions en 2000 à 22 millions ,4 ans plus tard soit une croissance de 50 %. Du fait de la politique de déforestation massive, les déserts représentent désormais un quart du territoire et un tiers du pays connaît de sérieux problèmes d'érosion.
La réduction des surfaces cultivables est deux fois plus rapide depuis le début du XXIe siècle ce qui a deux conséquences. D'une part, le désert progresse de 2000 à 2500 km² par an depuis le début du XXIe siècle et 200 millions de réfugiés sont attendus venus des villages menacés par le sable. D'autre part, la baisse de la production agricole qui résulte à la fois des conséquences de l'assèchement (en 2006 , la FAO annonçait la perte de plus de la moitié de la récolte du blé hivernal dans de nombreuses provinces du Nord les plus exposés à l' avancée du désert) et d'un choix politique lié dans l'investissement de l'eau chinoise dans la production de l’acier et non pas dans celle du blé ,contribue largement à la crise alimentaire mondiale . De fait, en effet, le nombre de villes chinoises souffrant d'un manque d'eau a triplé au cours des années 1980. L'assèchement du Huang He et du Chang jiang ont conduit au projet pharaonique des trois gorges et au détournement de ce fleuve vers le Huang He. Outre la catastrophe humaine patrimoniale et écologique que représente la réalisation du barrage des trois gorges, la réalisation du barrage est aujourd'hui remise en cause par des fissures, des affaissements de terrain et une augmentation de la sédimentation qui menace l'approvisionnement en eau potable des populations alentour .
Enfin, la réalisation d'une centrale à charbon par semaine pour alimenter la croissance est une menace pour l'humanité tout entière. À terme, la Chine ne pourra pas répondre à sa demande agroalimentaire ni aux besoins en matières premières de son industrie .Elle doit donc impérativement trouver à l'extérieur la réponse à ces besoins ,d'où sa politique en Afrique et en Amérique du Sud.
Ainsi, le besoin de pétrole explique la realpolitik chinoise de soutien au régime de Khartoum, le Soudan étant devenu l'un des principaux fournisseurs de pétrole de la Chine : 8 milliards de dollars a minima ont été investi par Pékin dans l'exploration et la production . 10 000 Chinois vivent au Soudan dont 4000 sont chargés de protéger le pipeline du sud Soudan
C'est la raison pour laquelle la question du Darfour, comme l'a très bien rappelé Bernard Henri Lévy dans son éditorial de l'Express de cette semaine, doit revenir dans le débat concernant le boycott des jeux olympiques de Pékin.
N'oublions pas que la première fois où il a été parlé de boycott de ces jeux olympiques, c'était précisément lors de la soirée consacrée au Darfour, quelques jours avant le premier tour des présidentielles, soirée au cours de laquelle un certain nombre de candidats s'étaient précisément prononcé en sa faveur.
La question des droits de l'homme au sens auquel on l'entend habituellement et de droits de l'homme au sens de droit à la survie de l’espèce humaine en général et à la survie des êtres humains vivant aujourd'hui en particulier doit faire un tout.
Le boycott politique qu’Angela Merkel et Gordon Brown ont déjà accepté est une nécessité pour le Darfour comme pour le Tibet. La focalisation de la réaction chinoise au lamentable parcours de la flamme, contre la France, témoigne de la réactivité de notre société, et c'est tout à son honneur, contre les violences perpétrées au Tibet et au Darfour. Dans l'un ni l'autre cas, le pétrole et l'eau qui sont une des données sous-jacentes mais essentielles du problème, ne doivent pas être oubliés. Mais ne doit pas l'être davantage la responsabilité occidentale dans la soif chinoise d'eau et de matières premières dans la mesure où celle-ci s'abreuve principalement de la consommation de nos sociétés.
Refuser d'aller à Pékin pour la cérémonie d'ouverture des jeux olympiques, c'est non seulement démontrer que nous sommes capables, même avec des menaces de retombées économiques négatives, de faire prévaloir les valeurs universalistes que nous sommes censées défendre sur la scène internationale.
C'est aussi accepter de nous interroger sur les conséquences que notre mode de développement et nos choix de consommateurs induisent inévitablement sur le plan social comme sur le plan environnemental.
12:25 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : corinne lepage
17.04.2008
Corinne Lepage: Le Grenelle de l'environnement s'écrase sur le mur des OGM
Le vote par le Sénat en deuxième lecture du projet de loi OGM appelle trois réflexions :
- les conditions du vote démontrent une véritable parodie de démocratie puisque les sénateurs UMP comme le sénateur Legrand n'ont pas participé au vote et que l'opposition a quitté l'hémicycle. Un jour, les parlementaires qui ont voté ce texte et a fortiori ceux qui ont servi de porte-voix au lobby pro-OGM auront à répondre devant la nation française de leurs responsabilités historiques. En décidant de cacher les études sur la santé qui mettent en lumière les effets incontestables sur le foie et les reins de certains OGM, en prenant la responsabilité comme l'a fait le ministre de l'agriculture de nier tout impact sur la santé des OGM, la majorité UMP portera une responsabilité aussi lourde que ceux qui ont autorisé l'amiante mais ils ne pourront pas dire qu'ils ne savaient pas
-la modification de l'amendement 252 par la majorité parlementaire prend les Français pour des imbéciles. Il s'agit en réalité de renvoyer la locution "sans OGM" à une définition communautaire qui n'existe pas et donc, dans l'attente, de réserver cette définition à celle que le gouvernement voudra bien lui donner..... .
Mais, compte tenu du texte que ce même gouvernement a fait voter et compte tenu du fait que le Ministère de l'Agriculture ouvertement pro-OGM gardera la main sur le sujet et non le Ministère de l'Ecologie (on racontera un jour comment des responsables proches de ce ministère ont eu la peau du sénateur Legrand), il est clair que la France a voté un des textes les plus laxistes d'Europe à la différence du cadre allemand qui lui protège la santé et l'environnement.
La volonté de rupture dans le domaine de l'environnement en laquelle nous osions croire à l'issue du Grenelle de l'Environnement s'est écrasée sur le mur de la loi OGM. En effet, quel que soit par ailleurs le projet de loi qui portera les premières dispositions du Grenelle et dont j'espère qu'il comprendra de nombreuses dispositions pour réduire l'impact du changement du changement climatique, ce qui vient de se passer démontre que la majorité UMP est tout sauf sur une ligne de rupture en ce qui concerne ce sujet.
-Enfin, je regrette vivement que les sénateurs du groupe UDF/centristes n'aient pas suivi la position de François Bayrou à l'Assemblée Nationale puisqu'ils ont approuvé dans leur majorité le projet de loi....
11:58 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : corinne lepage, ogm
16.04.2008
OGM : lettre à François Fillon
Monsieur le Premier ministre,
Le 24 octobre 2007, ouvrant le Grenelle de l’environnement, vous déclariez : «Solennellement devant vous, je m’engage à ce que toutes les conclusions précises, concrètes et consensuelles soient mises en œuvre.»
Le 25 octobre, l’ensemble des négociateurs, y compris les représentants de la profession agricole et du gouvernement, concluaient à l’unanimité sur l’«adoption d’une loi sur les biotechnologies et les OGM avant la fin du printemps 2008», reposant notamment «sur les principes suivants : responsabilité ; principe de précaution ; transparence et participation ; libre choix de produire (règles de coexistence) et de consommer sans OGM». ................
08:59 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : corinne lepage, ogm
14.04.2008
Corinne Lepage: un choc alimentaire mondial
Risque de « tsunami » humanitaire prévient le commissaire européen au Développement, Louis Michel. « Un choc alimentaire mondial se profile », et l'Afrique risque d'être la région la plus touchée. Il est d’ailleurs de fait que de Haïti à la Côte d’ivoire, les émeutes de la faim se multiplient. Elles ont fait 40 morts au Cameroun en février et généré de violents incidents en Côte d'Ivoire, en Mauritanie et au Sénégal. Au Burkina Faso, plusieurs syndicats ont lancé une grève générale de deux jours. A Haïti, pays le plus pauvre des Amériques, des milliers de personnes ont manifesté à Port-au-Prince. De nombreux Mexicains ne peuvent plus acheter le maïs, pour fabriquer, leur plat de base, la tortilla. En Asie et en Egypte, l'envol du prix du riz atteint un tel niveau que l’exportation est remise en cause.
En effet, les grands pays producteurs réduisent leurs exportations pour protéger leur marché intérieur, poussant davantage encore les prix mondiaux à la hausse. La suspension annoncée des exportations de riz de l'Inde (troisième exportateur mondial), elle-même confrontée à une forte inflation, a généré une nouvelle poussée de fièvre. Au Bangladesh, grand importateur de riz, où les familles les plus pauvres consacrent 70 % de leurs revenus à la nourriture, l'explosion des prix constitue une vraie menace pour la stabilité politique. Il en va de même à Manille où l'armée philippine distribue du riz dans les quartiers pauvres. Le gouvernement indonésien promet lui aussi de distribuer du riz et subventionne désormais l'huile de cuisson. . L'inflation génère aussi des troubles au Vietnam et en Thaïlande, où le prix du riz a bondi de 50 % le mois dernier.
Les organismes internationaux tirent tour à tour la sonnette d’alarme : la BRI pour laquelle « Le poids de la nourriture dans les dépenses des ménages est élevé en Afrique. Cela veut dire que la hausse des prix mondiaux peut avoir un impact majeur sur les revenus réels. » Même le Fonds monétaire international (FMI), ce week-end, souligne l’urgence et considère qu'utiliser des denrées destinées à l'alimentation pour produire des agrocarburants "pourrait affecter davantage les réserves mondiales de terres agricoles et d'eau déjà rares, faisant par là même grimper encore plus les prix des produits alimentaires".Enfin,l'Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (la FAO) a annoncé que les réserves alimentaires mondiales sont les plus basses depuis 25 ans, ce qui menace de provoquer ce qu'elle appelle "une crise très grave".
Les causes de cette situation sont multiples : demande accrue soulignée par Pascal Lamy, directeur général de l’OMC liée à l'émergence de classes moyennes en Chine et en Inde,. « qui consomment de plus en plus de poulet et de porc, eux-mêmes transformateurs de céréales ». mais surtout, offre alimentaire en berne due au changement climatique (inondations au Bangladesh, intempéries en Chine, sècheresse accrue ...) et à l’essor des agrofuels qui n’ont rien de biocarburants. Paul Krugman l’affirme de manière crue : les biocarburants provoquent la famine. « Les terres consacrées aux cultures de biocarburants de synthèse ne sont plus disponibles pour les cultures vivrières, ce qui fait que les subventions aux biocarburants sont un facteur majeur dans la crise alimentaire. Un exemple parmi d’autres : Le Swaziland, qui perçoit des aides alimentaires d'urgence puisque 40% de la population subit une grave crise alimentaire, a décidé d’exporter des agrofuels fabriqués à partir de la cassave, aliment de base. Plusieurs milliers d'hectares de terres agricoles ont été alloués à la production d'éthanol dans le comté de Lavumisa, qui se trouve être le plus touché par la sécheresse. Et que dire de la déforestation à l’échelle industrielle pour produire de l’huile de palme, voire pour développer le jatropha. La catastrophe est autant humaine qu’écologique.
La hausse des prix, celui du riz qui a augmenté de 20% au cours de l'année dernière, celui du maïs de 50% et celui du blé de 100% menace de famine des millions de personnes en sus des 850 millions de personnes qui souffraient de la famine lorsque les prix étaient plus abordables.
Dès lors, l’Humanité se trouve confrontée à une défi qu’elle pensait avoir éradiqué : celui de menaces de guerres pour les causes les plus anciennes qui soient : s’approprier des terres pour se nourrir. L’aide alimentaire n’y suffira évidemment pas si tout le système économique et financier joue en sens contraire : subventions des pays riches à commencer par les Etats-Unis à leur agriculture, développement massif des agrofuels de la première génération aux lieux et places des cultures vivrières, monocultures à l’échelle industrielle dans les pays du sud chassant les paysans vers les bidonvilles et surtout absence de toute mesure sérieuse pour lutter à grande échelle contre le changement climatique. Un moratoire sur les agrofuels est indispensable que l’Allemagne a d’ores et déjà décidé.
Mais, il ne s’agit que d’une première étape. Les égoïsmes nationaux, le court-termisme, l’absence de prise en compte des coûts globaux , l’aveuglement peuvent nous ramener à la nuit des temps alors que nous disposons de tous les outils , technologiques, financiers, économiques, intellectuels pour reprendre la voie du progrès humain. Il ne nous manque qu’un paramètre : celui d’accepter de changer nos modes de réflexion, de ne pas résoudre un problème en en créant un autre encore plus grave, de replacer les outils économiques dans un contexte plus général. A quoi servent les instruments les plus sophistiqués quand les besoins vitaux ne sont pas remplis ? C’est un autre mode de développement qui doit être défini, qui ne sera possible que pour autant que nous acceptions de remettre en cause notre modèle univoque qui est à bout de souffle en nous posant simplement la question du sens .
Chronique France-Culture du 14 avril
08:54 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : corinne lepage, alimentation
11.04.2008
Corinne Lepage: "le mépris de la diversité démocratique"
Nous laissons ceux qui ont fait le choix de participer à ces manoeuvres pour assurer leur avenir politique, face à leur responsabilité.
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09.04.2008
Corinne Lepage: "le lobby des OGM a gagné" à l'Assemblée
PARIS, 09 avr 2008 (AFP) -
Le "lobby des OGM a gagné" et le projet de loi sur les organismes génétiquement modifiés en cours d'examen à l'Assemblée nationale "organise le droit à polluer et la rétention d'information", s'insurge mercredi l'ancienne ministre de l'Environnement Corinne Lepage.
Mme Lepage, qui se dit "catastrophée" et "scandalisée" par le texte, a indiqué à l'AFP que "le lobby des OGM a gagné, le Grenelle (de l'environnement) est enterré".
Après l'examen par les députés, estime Mme Lepage, "on avait deux ou trois avancées sur lequelles (le Premier ministre François) Fillon a déjà annoncé qu'on allait revenir".
Pour cette avocate spécialiste du droit de l'environnement, mobilisée de longue date contre les OGM, "le gouvernement est en train de prendre la responsabilité historique de mettre en cause la santé des Français".
Evoquant le rapport que lui avait commandé le ministre de l'Ecologie Jean-Louis Borloo sur la gouvernance écologique, notamment sur l'expertise et l'information du public, elle estime que le texte sur les OGM "tourne le dos à toutes (ses) propositions".
Quant aux députés UMP, "ils ne veulent pas nous entendre parce qu'ils vivent sur une autre planète: les engagements du président de la République sont foulés au pied", a ajouté Mme Lepage.
AFP
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08.04.2008
Corinne Lepage: les ravages du lobbying
La question du lobbying entre, avec fracas, dans le débat politique en France. Les passes d’armes entre le sénateur Legrand dont le courage et l’honnêteté intellectuelle doivent être salués et le président Accoyer, dont la brutalité des propos, lors de l’avis émis par le comité Legrand a interloqué, car elle n’était justifiée par rien, sont un véritable fait politique, et, ce , d’autant plus qu’elles opposent deux parlementaires de l’UMP.
Voici de longues années que le lobbying s’exerce à l’Assemblée Nationale, sans aucune règle du jeu. Un documentaire récent d’Arte montrait comment un des plus actifs des lobbyistes, qui s’était illustré dans la défense des chasseurs, avait su ménager ses entrées à l’Assemblée Nationale, avec un badge d’ « attaché parlementaire. » Il semblerait qu’il s’illustre du reste aujourd’hui dans la défense du lobby OGM.
Lorsque le sénateur Legrand dit pour la première fois que les parlementaires ont été « actionnés « par le lobby pro-OGM, il pose un véritable problème politique et démocratique, alors même que l’immense majorité de la population française comme du reste la population européenne, si on en croit le dernier eurobarométre est formellement opposée aux OGM. Dès lors, pour voter une loi, ouvertement laxiste et non protectrice comme l’est la loi allemande, il faut que les parlementaires de la majorité aient de solides arguments d’intérêt général. En effet, la coexistence entre culture OGM et non OGM est impossible et le projet voté par le Sénat organisait la pollution génétique sous couvert de permettre la coexistence. De plus, le refus d’imposer les études sur la santé, de rendre obligatoirement publiques celles qui existeraient témoigne de la volonté de persister dans le syndrome de l’amiante, c’est-à-dire de faire comme si un problème n’existait pas pour mieux, quelques décennies plus tard, considérer « que tout le monde savait » C’est ce qu’a dit le sénateur Legrand et c’est la raison pour laquelle le lobby veut sa peau. Mais pourquoi, des parlementaires participent –ils de ce lynchage, voire l’organisent ? Entre des parlementaires, qui par conviction et par tradition défendent une activité, par exemple le nucléaire- le lobby pro-nucléaire a été un des plus puissants de l’Assemblée Nationale- ou l’agriculture productiviste et ce que Anne Marie Robin décrit dans son livre, le Monde selon Monsanto, il existe une vaste palette. Sans doute, l’histoire racontera t-elle les dessous de ce qui se joue actuellement, et les vraies raisons des comportements auxquels nous assistons .
Mais il est sûr qu’en tournant le dos à une expertise indépendante et à une transparence dans l’information , alors qu’il est très facile –et le rapport que j’ai remis à jean Louis Borloo en atteste- de les organiser le projet voté par le Sénat- sous réserve des amendements que le PS, les VERTS, le MODEM et les députés UMP courageux comme M.Grosdidier- le Sénat a pris une responsabilité historique : celle de confier à un lobby le soin d’expertiser les premiers produits d’une technologie dont tout laisse penser qu’ils présentent des risques irréversibles qui seront assumés par le contribuable transformé en cobaye. Entendons nous bien. Il ne s’agit pas de condamner une technologie, qui peut s’avérer très prometteuse, sous conditions, et c’est la raison pour laquelle la recherche est indispensable. Il s’agit de comprendre comment les représentants du peuple puissent encourager les usages alimentaires, alors que l’avantage collectif n’est de loin pas prouvé et les présomptions d’inconvénients sont immenses.
Pour parvenir à un choix aussi déraisonnable, on peut effectivement mesurer l’efficacité du lobby ! Les « portes tournantes » décrites par Anne Marie Robin dans son remarquable ouvrage, existent aussi en France, mais la presse éprouve une très grande pudeur à en parler. Il s’agit du système qui consiste en ce que responsables, salariés, consultants ou avocats d’entreprises ou d’intérêts économiques occupent des postes de décision dans l’exécutif ou le législatif ou participent voire président des commissions d’experts . L’épopée Monsanto aux Etats Unis est un modèle du genre.
Alors, sans doute, la réponse des parlementaires pro-OGM consiste à se plaindre du lobby des anti-OGM. La technique est bien connue. Lobby contre lobby : la balle au centre.
Mais il n’y a aucune commune mesure entre des manifestations publiques, des livres, des films, et même les excès d’un José Bové , qui relèvent tous du débat public et démocratique et les milliards dépensés en lobbying par Monsanto et consorts, les officines qui s’activent pour déstabiliser, les invitations en tout genre , et surtout une désinformation sur papier glacé . Le sujet est suffisamment important pour que l’on sorte de la caricature et que les parlementaires s’informent de manière contradictoire des connaissances exactes. Le Grenelle s’est inscrit dans cette logique et si le sénateur Legrand a évolué, c’est précisément parce qu’il s’est donné la peine de se plonger dans le dossier .Si ses collègues sénateurs en avaient fait de même et si certains députés UMP décidaient de s’informer de manière autonome, ils ne pourraient que rejoindre les conclusions de l’avis parfaitement étayé et non contesté –seule l’a été la présentation du président- du comité de préfiguration,
Les ravages des lobbys viennent précisément de cette capacité à faire perdre aux décideurs leur autonomie de jugement et c’est la raison pour laquelle il est plus que jamais impératif que conflits d’intérêt des experts, distinction entre experts indépendants et experts lobbyistes, réglementation du lobbying fassent l’objet de règles du jeu claires.
Il en va de la confiance du citoyen envers le législateur. N’oublions pas que la loi est l’expression de la volonté générale et que les conditions dans lesquelles le législateur se prononce doivent demeurer au-dessus de tout soupçon.
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