30.08.2009
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22.09.2008
Corinne Lepage : "Changer ou disparaître"
Tout d'abord la sémantique du bâton a gagné, celle qui permet de présenter le changement de paradigme du développement soutenable comme une punition et non comme une solution. Bercy ,en créant le vocable de taxe pique nique qui n' évidemment jamais existé et Bernard Accoyer en lançant l'expression du » concours Lépine des taxes » ont cherché à anéantir tout l'effort pédagogique du grenelle , qu'il haïssent - et c'est un élément du problème-Le mieux vivre en dépensant moins grâce à une réduction des dépenses énergétiques, de santé ou de transport que permet un développement durable a laissé la place à une forme de dictature fiscale que représenterait le signal prix, Madame Parisot allant jusqu'à qualifier la réforme de quasi-soviétique.
En second lieu, l'UMP, canal bloqué, refuse a priori la démarche Grenelle et par voie de conséquence tout ce qui s'y rattache. La présentation devant le Parlement de la démarche avait donné lieu à des échanges surréalistes de parlementaires dont l'horloge du temps s'est arrêtée en 1960, voire 1970.Nous avons aimé le vote de la loi OGM. Nous allons adorer la loi grenelle précisément parce qu'elle est ressentie par ces parlementaires comme une dépossession du droit de la classe politique de tout décider et que l'expression de la société civile au XXiéme siècle est a priori exclue. Le temps est loin du discours de Nicolas Sarkozy proposant en octobre que les grandes orientations locales puissent être décidées par le groupe des 5 incluant les ONG. Nous sommes en face d'un esprit réactionnaire et revanchard sur ce qui pouvait apparaître comme des conquêtes de la société.
Ensuite, le deux poids , deux mesures dés lors qu'il s 'agit d'écologie devient fatiguant. Deux exemples parmi tant d'autres :La taxe senior annoncée en même temps que la fiscalité verte n'appelle aucune réaction. La hausse vertigineuse du prix du gaz et de l'électricité qui pèse sur les plus modestes et qui a été présentée comme nécessaire compte tenu de la hausse des prix du pétrole a fait peu de bruit alors que si ce motif avait été exact , les prix auraient rebaissé ce que personne n'a réclamé. La réalité est que ces hausses ont été consenties pour favoriser GDF dans le cadre de la fusion et renforcer les marges d'EDF, ce qui n'apporte évidemment rien à la société française dans son ensemble ; Mais là aussi, motus et bouche cousue.
Mais l'essentiel n'est pas là. Ce qui est dramatique, c'est le manque de compréhension de la crise de système que nous vivons. Le développement d'une économie verte, énergies renouvelables dont le nucléaire ne fera jamais partie - au passage la gravité de la situation à Tricastin ne devrait pas être passée sous silence- nouveaux matériaux, chimie verte, nouvelles mobilités, dématérialisation accrue, renaturation et protection accrue de la biodiversité, développement d'une économie de la matière première secondaire est la seule solution pour redynamiser l'économie française et nous accusons d'ores et déjà un retard abyssal. On peut comprendre que le séisme financier -au demeurant parfaitement prévisible- soit une cause supplémentaire d'angoisse. On peut admettre , à la rigueur, que le discours se focalise sur les responsabilités d'une finance immorale , comme si les pratiques françaises étaient un modèle de vertu. .En revanche, on ne peut pas accepter de continuer dans un système de pensée et d'action qui barre de son vocabulaire l'anticipation et la prévision, qui fait comme si la croissance allait reprendre sur les mêmes base que par le passé, avec les industries et les procédés du XX éme siècle . La crise actuelle a un côté salutaire en ce qu'elle démontre , comme le reconnaît Georges Soros dans son dernier ouvrage, la « faillabilité radicale »des construction s humaines à commencer par celle d'un prétendu équilibre des marchés. Nous changeons de paradigme et d'ordre du monde. Les gagnants seront ceux qui auront su comprendre les incertitudes mais aussi les tendances lourdes de ce nouveau mode. La transformation de l'économie réelle , d'un système de gaspillage à une économie sobre en fait évidemment partie ;
Puisque l'état de notre dette ne nous permet pas, à l'inverse d'autres Etats de mener une politique de soutien , voire de relance, profitons en pour aider à l'accélération du changement dans les modes de production et de consommation.
Cela suppose d'abord de sortir de la schizophrénie ambiante dans laquelle le gouvernement prône à juste raison les économies d'énergie et où le prix incite au changement de comportement, et dans le même temps se plaint, par une forme de culpabilisation des contribuables des moindres rentrées fiscales liées à la baisse des ventes d'essence (moins 15% en août) Bravo ! Vivent les voitures encore plus économes, les centrales de mobilité permettant de systématiser le co-voiturage et les ventes de vélos. La politique proposée par Jean Louis Borloo avait précisément pour objet, par ces temps de portefeuille désespérément plat, d'inciter les consommateurs à pouvoir procéder à ces investissements, très vite rentable et générateurs d'économies, grâce au bonus. Et c'est ce que refuse Bercy au motif que le malus doit équilibrer le bonus et que le bonus marche trop bien ! Que ce serait-il passé sans bonus dans l'industrie automobile ? une baisse de l'activité très lourde ressentie dans d'autres pays. Certes, nos constructeurs se plaignent de la faiblesse des marges sur les petites voitures. Mais mieux vaut de faibles marges que pas de ventes du tout !
En fustigeant la seule politique capable de préparer l'avenir dans ces temps particulièrement troublés, nul ne peut douter que les responsables se sont tirés une balle dans le pieds , ce qui n'est pas grave, mais en ont tiré une dans celui de la société française, ce qui l'est infiniment plus.
Corinne Lepage
Chronique France-Culture - 22/09/08
11:33 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (11) | Envoyer cette note | Tags : fiscalité écologique, bonus-malus, grenelle, environnement, borloo
29.10.2007
Y aura-t-il une révolution verte ?
Le discours du président Sarkozy concluant les cinq mois travaux de Grenelle de l'environnement constitue incontestablement un changement de cap de la part de la présidence de la république. C'est le moment de faire un premier constat de ce qui est acquis et de ce qui reste à acquérir.
Trois avancées majeures sont intervenues :
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tout d'abord, un changement considérable dans la manière de travailler. Les groupes de Grenelle qui ont conduit toutes les parties prenantes qui avaient davantage l'habitude de se regarder en chiens de faïence que de travailler ensemble est une innovation dans le fonctionnement d'une société qui était largement bloquée. Les O.N.G. ne sont plus considérés comme des empêcheurs de tourner en rond mais bien comme des précurseurs et des partenaires indispensables pour opérer la révolution nécessaire.
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Le président de la république, après l'allocution particulièrement convaincante d'Al Gore, a tenu à réaffirmer la responsabilité qui était la nôtre et à tordre le cou au déni de réalité que certains ont voulu propager au cours des dernières semaines. En soulignant l'intérêt du principe de précaution et en faisant sienne la thèse de l'internalisation des coûts externes dans les prix, il a montré un cap radicalement différent de ceux qui avaient été tenus dans le passé.
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Le discours dans son ensemble constitue un projet mobilisateur pour la France. L'écologie est devenue ce qu'elle aurait dû être de plus de longues années c'est-à-dire un projet fondateur capable de mobiliser les acteurs économiques, de donner un sens à notre développement et de nous permettre d'assumer la responsabilité historique et la nôtre.
Pour autant, le pari n'est pas gagné car les obstacles restent nombreux pour que la France non seulement rattrape son retard au niveau de l'Europe mais encore réponde aux voeux du chef de l'État de devenir un leader dans le domaine des politiques de développement durable et des nouvelles technologies environnementales.
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Le premier obstacle est incontestablement celui des moyens. Le discours du président de la république reste assez vague sur les financements et en particulier sur la possibilité d'instaurer dans des délais courts une taxe carbone, quel que soit le nom qu'on lui donne. Le principe de flècher les crédits venant de l'environnement aux opérations de reconversion écologique et le plus largement de le développement écologique est excellent mais, il se heurte en l'état au principe de spécialité budgétaire et il conviendra en toute hypothèse de commencer par déterminer lesdits crédits. Au rang des outils, il convient également de citer les instruments juridiques qui devront se mettre en place et bouleverser très largement les procédures actuelles comme les déclarations d'utilité publique, les règles de responsabilité ou encore l'information du public. De même, si le moratoire partiel sur les OGM est une bonne nouvelle, l'essentiel dépend bien sûr de la loi qui sera votée et en particulier de l'étendue de la responsabilité des producteurs d’OGM, des agriculteurs qui les planteront et surtout les détenteurs de brevets. L'obligation d'analyser les risques et en particulier de donner corps à la directive communautaire qui exige des études préalables sur l'impact sanitaire devra également être particulièrement soignée.
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Ceci conduit à la deuxième difficulté qu'est celle de convaincre les élus à commencer par les parlementaires. La fondation nationale des sciences politiques avait publié voici quelques années une étude consacrée aux parlementaires et l'environnement. L'étude était accablante puisque 3 % des parlementaires seulement considéraient que l'environnement est une priorité et la comparaison des réponses qu'ils apportaient aux questions posées par rapport aux réponses apportées par un panel de citoyens illustrait cette statistique redoutable. Le premier débat parlementaire sur le Grenelle a montré que malheureusement cette culture perdurait. La révolution culturelle devra donc toucher les parlementaires pour que les textes puissent être modifiés. De la même manière, il conviendra qu'au niveau local, les propos du Président de la république soient suivis d'effet. Comment comprendre en effet que , par exemple, le président du conseil général des Yvelines ait annoncé que le jour même de la conférence de presse du président de la république le le renforcement de la politique routière du département, au mépris eux deux de toute considération relative au bilan carbone ou que les les élus de la Côte d'Azur aient utilisé la réunion régionale de Grenelle pour relancer le programme de ligne à très haute tension dans le Verdon que le conseil d'État a annulé voici six mois. Les Français seront convaincus de la volonté politique de l'État lorsqu'ils en verront les résultats sur le terrain.
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Or, et le président de la république l’ a dit mezza voce, les pressions vont se faire très fortes de la part de tous ceux, conservateurs de tout poil qui ne veulent surtout pas voir changer les choses. Des intérêts économiques extrêmement puissants vont s'efforcer, dans les semaines qui viennent, de réduire l'impact des changements pour pouvoir continuer des activités incompatibles, sans évolution, avec l'urgence écologique. C'est donc dans la transformation des instruments de gouvernance et dans le renforcement d'un contre-pouvoir environnemental réel, capable de dialoguer avec les lobbys en place que l'essentiel va se jouer. Sans modification des rapports de force, la révolution verte ne pourra se mettre en place.
Si ces 3 obstacles sont franchis, la France aura vraiment changé et pourra envisager de parler environnement à l'Europe, voire au reste du monde. Les actes valent plus que les paroles et la valeur de l'exemple plus que tout le reste. Mais ne nous y trompons pas. Si nous étions capables d'accomplir cette révolution culturelle, elle ne resterait pas limitée à la question écologique. En effet, ce qui motive cette transformation, c'est la restauration de l'éthique et de la responsabilité comme mode de gouvernement. Dès lors, ce changement majeur ne pourrait se cantonner à la question écologique et devrait obligatoirement irriguer puis transformer toutes les autres politiques publiques. Il s'agit là d'un autre chantier
Corinne Lepage - 29/10/07
17:21 Publié dans MEDIAS | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : Grenelle, environnement, écologie, développment durable, corinne lepage
22.10.2007
L'environnement, le Grenelle et l'Europe
Nul ne sait en cette heure, ce que seront les mesures concrètes, chiffrées et financées qui seront annoncées en fin de semaine après cinq mois de préparation du Grenelle de l'environnement. Mais, au-delà des mesures, qu'elles soient du domaine du symbole fort comme le moratoire sur les OGM, les incinérateurs ou les autoroutes -- il est illusoire d'invoquer l’EPR qui est déjà en construction -- ou du domaine de la technique et de la fiscalité, c'est bien dans l'approche globale et sa remise en cause ou non qu'il faudra juger du résultat.
La vraie question est celle de savoir pourquoi la France reste si hostile à la restructuration écologique qu’impose la situation et que prépare la réglementation européenne.
Comment comprendre, alors que le Grenelle serait dans toutes les conversations et dans toutes les préoccupations, que la France vienne de vivre deux crises graves avec Bruxelles. La première, à propos des nitrates, du fait de notre refus aggravé d'appliquer non seulement la directive mais les arrêts de la cour de justice. L'autre, plus récente, puisque le 17 octobre , la commission a menacé la France d'une action devant la Cour pour n'avoir pas pris les mesures d'application de la directive sur la performance énergétique des bâtiments qui date de décembre 2002.
Comment espérer qu'un changement de cap et des mesures réellement structurantes puissent venir du Grenelle alors que nous sommes incapables d'appliquer même tardivement les orientations européennes a fortiori d'anticiper comme vient de nous le rappeler fort justement Jacques Barrot à propos du transport dans un article publié dans le monde du week-end ?
Comment, étape encore plus difficile, la France mauvaise élève de l'Europe pourrait-elle prendre des initiatives lors de la présidence pour accélérer un changement de cap qu'elle se refuse à choisir ?
La difficulté n'est plus dans l'état d'esprit de nos concitoyens puisque ,sondages après sondages, nous constatons la volonté d'agir, et ceux avec des le résultats tout à fait corrects par rapport à la moyenne européenne.
Elle peut être d'ordre politique et liée à la culture d'une génération politique encore très réticente, si l'on s'en tient aux premiers débats qui ont suivi la communication de Jean louis Borloo à l'assemblée nationale.
Mais la difficulté est surtout d'ordre économique. Notre offre industrielle est largement inadaptée à l'économie qui naît de la crise écologique . Ou plus clairement encore, nous n’avons pas ou peu d’intérêt économique, ou tout au moins d’intérêts économiques pesant au niveau des décideurs politiques qui plaident en faveur d’un changement de paradigme.
De même que la commission Attali réfléchit aux blocages à la croissance en France ,il eût été encore particulièrement utile de rechercher les causes de notre inadaptation économique aux besoins du développement durable,plutôt que de s'intéresser uniquement aux outils susceptibles de jouer sur les effets.
Si nous sommes en retard et finalement réticents au développement du solaire ou de l'éolien, c'est parce que notre offre nationale industrielle est nucléaire.
Si nous si nous n'avons pas développé les technologies permettant une réelle efficacité énergétique dans les bâtiments, c'est parce que nous avons fait le choix du chauffage électrique pour trouver des débouchés à notre production nucléaire et qu’il fallait consommer le plus possible.
12:48 Publié dans MEDIAS | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : environnement, grenelle, europe, corinne lepage
01.10.2007
Pour une loi sur la liberté d'accès à l'information
Parmi les très nombreuses propositions des six groupes de Grenelle de l'environnement certaines ont été fortement médiatisées , alors que d’autres , peut-être plus importantes sont passées inaperçues. Parmi elles, figurent les propositions du groupe cinq intitulé construire démocratie écologique : institutions et gouvernance en ce qui concerne le sujet majeur qu'est l'accès à l'information. Peut-être est-ce en raison de la timidité des propositions. En effet , si le programme d'action comporte le droit à l’information ,la liberté d'accès aux documents administratifs et la réutilisation des informations publiques, il s'agit de propositions encore bien timides au regard de la loi sur la liberté d'accès à l'information des Etats Unis ou sur les différents textes qui viennent d'être adoptés par un certain nombre de nos voisins. Ainsi, la Norvège a modifié voici trois ans sa constitution pour reconnaître le droit d'accès à l'information. La Grande Bretagne s’est récemment dotée d’une nouvelle loi, le Freedom of Information Act,qui a permis aux Britanniques d'accéder à toute une série d'éléments d'information récents de l'histoire anglaise. Les pays d'Europe de l'Est ont fait des progrès tout à fait remarquables qui leur donnent aujourd'hui en matière de transparence, une avance sur la France.
On ne peut donc que s'étonner que les que propositions de Grenelle n'aient pas été beaucoup plus radicales pour améliorer le dispositif français dont les modifications les plus récentes ont été dans le sens d'une recrudescence du secret et non d'une ouverture à la transparence :
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extension de la notion de secret industriel y compris dans les domaines des études concernant la santé et l'environnement qui, pourtant,au regard des textes communautaires , devraient être systématiquement publiés
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extension du champ d'application du secret défense
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pénalisation de la publication d’informations dont l'accès a été autorisé par la commission d'accès documents administratifs, lorsque ces documents pourraient être couverts par un secret
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poursuites pénales à l'encontre de journalistes suspectés d'avoir porté atteinte à un secret, lorsqu'ils refusent de fournir leur source.
Cette politique s'inscrit à contre-courant des politiques de transparence menées dans les pays démocratiques qui reconnaissent l'accès à tous les documents officiels détenus par les pouvoirs publics, quelle que soit leur nature, par toutes les personnes accomplissant une mission de service public. Ils exigent une publication régulière sur la totalité de l'action administrative et gouvernementale, qu'il s'agisse de ses règles de fonctionnement interne, de ses décisions ou de ses dépenses. Cette liberté d'accès à l'information s'accompagne de règles de procédure extrêmement précises et contraignantes garantissant l'effectivité de son exercice.
Certes, la liberté d'accès à l'information publique dépasse largement le cadre de l'environnement et de la santé. Cependant, ce domaine est particulièrement sensible car il ne peut y avoir de véritables controverses scientifiques et de responsabilité citoyenne que pour autant que l'accès à la totalité de l'information disponible, hormis le domaine très restreint qui couvre la sécurité de l'État, soit garanti. Du reste, la convention d'Aarhus, qui fait désormais intégralement partie du droit communautaire et qui a été ratifiée par la France est ainsi plus exigeante en matière d'accès à l'information que le droit français actuel.
C'est la raison pour laquelle une des conséquences du Grenelle de l'environnement devrait être a minima un très fort toilettage de la loi du 17 juillet 1978 modifié par l'ordonnance du 5 juin 2005, réduisant la part du secret industriel, excluant du secret toutes les informations concernant la santé et l'environnement, prévoyant la mise en ligne de toutes les informations détenues par les autorités publiques et les autorités privées remplissant une mission de service public ou possédant des informations concernant la santé ou l'environnement. Cette modification de la loi devrait s'accompagner d'un renforcement des pouvoirs de la commission d'accès aux documents administratifs lui permettant d'enjoindre, avec sanctions à l'appui, aux autorités la publication des documents réclamés, inversant ainsi la procédure qui obligerait le détenteur de l'information à saisir la justice et non le demandeur à l'information.
Cette transformation dans l'exercice de la liberté d'accès à l'information dans le domaine de l'environnement et de la santé pourrait bien évidemment avoir des conséquences dans tous les autres domaines.
Outre une refonte devenue indispensable après l'affaire Clearstream du secret défense, la mise sur le chantier par le conseil de l'Europe d'une convention sur la liberté d'accès à l’information devrait être une excellente occasion pour la France de montrer que dans ce domaine également, elle est sur une attitude de rupture. Or, tel ne paraît malheureusement pas être le cas. En effet, dans le cadre actuel des négociations, la France bloque tout progrès et toute évolution vers une législation proche de la législation américaine, en cherchant à niveler par le bas les réglementations existantes en Europe. Une telle position n'est acceptable ni pour l'image de la France en Europe et dans le monde ni pour l’exercice de leurs libertés par les citoyens français. Cette dernière situation mérite particulièrement d'être soulignée à un moment où la question de la liberté de la presse en France, qu'il s'agisse de son indépendance financière par rapport aux grands groupes qui la détiennent ou par rapport à ses annonceurs est un sujet prioritaire.
Aux mesures qui seront concrètement prises sur ce sujet dans le Grenelle et à la position française dans le cadre de la négociation sur la convention actuellement discutée au conseil de l'Europe, il sera tout à fait facile de mesurer la cohérence entre les actes et les paroles.
Texte de ma chronique hebdomadaire sur France-Culture du 1er Octobre 2007
10:18 Publié dans MEDIAS | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : grouvernance, information, grenelle, environnement
06.04.2007
18 avril: François Bayrou en meeting à Paris-Bercy !!!
14:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Corinne Lepage, François Bayrou, environnement, écologie
Corinne Lepage en campagne au côté de François Bayrou
Corinne Lepage sera en déplacement dans le cadre de la campagne de François Bayrou
le 11 avril: Lille
Espace international - 299 boulevard de LEEDS à Lille ( tout près de gare Lille europe)
18 heures conférence de Presse
19 heures à 21 heures réunion publique avec la participation de 3 "grands témoins" :
Frédéric Lambin, président de CGPME
Etienne Cauchy - Agiculteur - FDSEA et Jean-Louis Salomez- Professeur de santé publique au CHU de Lille
le 12 avril: Sens
19 heures 15 : réunion publique avec Fabien Cool vice président UDF Yonne
le 15 avril: Port Saint Louis du Rhône
Réunion publique sur l'incinérateur
14:40 Publié dans MON AGENDA | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Corinne Lepage, François Bayrou, environnement, écologie
23.03.2007
Positions de François Bayrou en matière de Développement Durable

Positions de François Bayrou en matière de Développement Durable
(programme ré-actualisé le 25 mars, suite à une erreur de mise en page le programme était incomplet)
16:55 Publié dans Blog | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : Corinne Lepage, François Bayrou, environnement, écologie
16.02.2007
PRÉSIDENTIELLE. CORINNE LEPAGE HIER À TOULOUSE
PRÉSIDENTIELLE. CORINNE LEPAGE HIER À TOULOUSE
Dur combat pour l'écologie
Semaine bien remplie pour Corinne Lepage, la présidente de Cap 21 candidate à l'élection présidentielle et ancienne ministre de l'environnement. Mercredi, Toulouse, jeudi la Picardie, vendredi Strasbourg et samedi Marseille.
« Je n'aime pas prendre l'avion pour être en accord avec les principes que je défends. Je préfère le train… Mais parfois, je ne peux faire autrement ».
Hier midi elle s'est accordé une petite pause pour prendre un repas en coup de vent à la brasserie des Pins à Tournefeuille en compagnie de Martine Susset, la représentante régionale de Cap 21, Olivier Lambeaux, le départemental de Haute Garonne et des membres de divers départements de Midi-Pyrénées.
Visite au « cluster » bâtiment économe le matin chemin des Sept Deniers à Toulouse pour rencontrer le président Robert Monné et ses collaborateurs, interviewes diverses, conférence débat sur l'élection présidentielle organisée à l'Institut d'Études politiques de Toulouse par l'association Cactus… Pas beaucoup de temps pour souffler avant le retour à Paris pour étudier les gros dossiers de son cabinet d'avocats dont celui de l'Erika. Depuis un an, la candidate vit à ce rythme, tout en sachant qu'elle n'est créditée que d'à peine 1 % dans les sondages.
« Oui, mais cela lui permet de faire passer son message », avance Olivier Lambeaux.
Jean-Michel Lamotte
08:30 Publié dans PRESSE | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : blogs, blogs politiques, environnement, écologie, réchauffement climatique, présidentielle
14.02.2007
Corinne Lepage invitée d'IES




Corinne Lepage invitée par Marc d'Héré, président d'Initiative européenne et sociale
Crédit photo: F.Parmentier, F.Badina
18:35 Publié dans Photos de campagne | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : blogs, blogs politiques, environnement, écologie, réchauffement climatique, présidentielle







