03.12.2007
La liberté de la presse
Je pensais parler de Bali mais, après avoir lu l'ouvrage de notre invité de ce matin, Mohammed Benchicou, j'ai changé d’avis pour rendre tout d’abord, très modestement hommage à tous ceux qui aujourd'hui dans le monde essayent de crier la vérité, au risque de leur liberté et pour certains de leur vie. On aurait pu penser que la mondialisation et la civilisation de l'information auraient pour corollaire une véritable liberté de presse dans le monde, l'ouverture des frontières virtuelles et géographiques aurait pour contrepartie l'impossibilité de faire taire les journalistes ,les organes de presse et plus généralement tous ceux qui défendent les droits de l'homme et la démocratie. Malheureusement, il n'en est rien et même si comme le répétait Nelson Mandela « on ne peut rien contre la volonté d'un homme », la mort est le prix payé par certains journalistes, la privation de liberté par d’autres.
Les nouveaux réseaux qui se créent entre intégristes et économie noire ou grise, dénoncés par Mohamed Benchicou,, entre corruption et réseaux mafieux qui empruntent souvent les mêmes circuits financiers doivent pour prospérer bénéficier de l’opacité et du silence. Dès lors, les pressions qu'elles émanent de dictateurs et de tortionnaires, de corrupteurs ou de corrompus, de groupes armés ou de mouvements intégristes de tous genres , ont toutes le même objectif : que leurs exactions restent méconnues du plus grand nombre faute de quoi la pression internationale, à défaut de pression nationale peut toujours se faire entendre. Ainsi, la semaine dernière, par exemple, une pétition d’internationale a circulé pour défendre une femme violée condamnée par un tribunal d’Arabie Saoudite, de même que des pétitions circulent régulièrement pour soutenir des femmes iraniennes ou des prisonniers politiques. Bien sûr, dans nos pays, nous semblons heureusement loin de ces préoccupations.
Mais, la faiblesse du droit à l'information en France, par rapport à la loi américaine ou anglaise, l'absence d'un accès très large aux informations et données publiques, qui permet par exemple dans les pays du nord de l'Europe d'accéder aux dépenses réalisées par tel ou tel ministre pour savoir s'ils ressortissent bien d'un intérêt général, nous éloigne dangereusement de la liberté d'information qui régne dans d'autres démocraties. De plus, la précarité de la situation de nombreux journalistes, le mauvais état de la presse écrite, la révérence à l'égard du pouvoir en place de certains médias les liens de dépendance capitalistique sans parler de la dépendance à l’égard des annonceurs ,rendent pour partie virtuelle l'information. La suppression d’émissions comme arrêt sur image, le départ de journalistes d'investigation, la tenue en main des rédactions de certaines grandes chaînes de télévision sont autant de facteurs qui font réellement douter de l'indépendance de l'information.
C’est pour cela que nous avons aussi des combats à mener pour assurer la liberté de la presse et surtout celle des journalistes. Nous ne mesurons pas à la fois la chance que nous avons par rapport à des pays où la presse est muselée et la limite de cette chance dans la mesure où la culture du fait divers qui éloigne les vrais problèmes, une certaine désinformation qui évite d'aborder le sujet qui fâche ou présente une vision très déformée de la réalité, règnent dans une partie de la presse française. Nous devons revenir au pluralisme et à l’indépendance de la presse, dans la forme proposée par le conseil national de la résistance, c'est-à-dire une indépendance par rapport au pouvoir politique comme au pouvoir financier.
Faute d'y parvenir, nous sommes constamment menacés d'être bien davantage des consommateurs y compris de la presse plus tôt que comme des citoyens.
Benjamins Barber, professeur de sciences politiques à l'université du Maryland , dans un ouvrage intitulé « comment le capitalisme nous infantilise », souligne la nécessité d'une souveraineté démocratique pour nous permettre d'exercer notre métier du citoyen. Or, ce métier ne peut être exercé qu'à partir de l'information et de la connaissance. L'abê la de la tissement comme la désinformation participent de l'hyper consumérisme qui cache au consommateur la réalité de sa situation de citoyens. Pour cette raison, plus que jamais, la confiance dans l'information qui ne peut venir que de la légitimité et du sérieux de celui qui la donne, est la condition de l'adaptation de nos démocraties aux défis contemporains. Dès lors, il est de l'intérêt des citoyens comme de celui des journalistes de retrouver cette confiance perdue entre les uns et les autres en déterminant de nouveaux types de rapports qui permettent de construire une alliance commune contre tous ceux dont l'intérêt évident est de flatter le consommateur pour lui éviter la moindre réflexion et permettre ainsi aux affaires de continuer. De même que les régimes totalitaires ne peuvent se maintenir sans le silence, silence qui s'étend même à Internet, si l'on en croit les récents événements de Chine ou du Pakistan, de même, nos démocraties , qui ont compris que le pouvoir politique passe par le pouvoir médiatique tentent d'étouffer l'indépendance de la presse. Dès lors que la communication, voire la publicité, dans le domaine commercial comme dans le domaine politique visent à remplacer l'information et la formation, c'est dans la nouvelle alliance entre journalistes et citoyens que pourra se faire l'adaptation du système démocratique au 21e siècle.
11:54 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : presse, médias
05.09.2006
Médias
"Femmes d'exception" Corinne Lepage sera l'invitée de "Femmes d'exception" sur Direct 8, vendredi 8 septembre à 10h28
Matin week-end
Corinne Lepage sera l'invitée de "Matin week-end" sur i-télé samedi 9 septembre à 8 h 20

Corinne Lepage interviendra dans "Direct matin" sur Direct 8, mardi 12 septembre
14:05 Publié dans MEDIAS | Lien permanent | Envoyer cette note | Tags : politique, médias
13.07.2006
"Parce que "90 Minutes" incarnait plus que d'autres la notion de contre-pouvoir........
Suite à la suppression de l'émission "90 minutes", le nouvelobs.com vient de lancer une pétition de soutien à Paul Moreira et Luc Hermann
Lire le texte de la pétition
Corinne Lepage vous invite à signer cette pétition
19:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : politique, médias




