27.10.2005
Une bouffée d'oxygène
Je viens de terminer un ouvrage fort intéressant intitulé "Infiltration: une taupe au service de Philip Morris". Il raconte comment un professeur de médecine environnementale à l'Université de Genève et de Göteborg, simultanément consultant de Philip Morris, a durant des années alimenté une controverse sur l'absence de preuve de la nocivité du tabagisme passif.
Il s'agit d'un procès en diffamation intenté par ce professeur contre un ancien cadre de l'OMS et un médecin qui ont dénoncé une "fraude scientifique".
Ce livre qui démonte le mécanisme et les complicités dans le domaine du tabac pourrait être décalqué pour l'amiante dont un très récent rapport sénatorial examine , bien tardivement, les responsabilités.
Sans tomber dans la paranoïa du complot, il va de soi que les millions investis par certains lobbys pour défendre contre vents et marées des produits parfaitement toxiques pour la santé humaine et les finances publiques, servent à alimenter des scientifiques peu scrupuleux qui se battent d'abord pour éviter la controverse scientifique qui pourrait naître sur la dangerosité du produit, puis maintiennent une controverse quand celle-ci n'a plus lieu d'être, grâce à des méthodes éculées mais toujours réutilisées.
Le plus grave dans tout cela, outre la question de savoir comment des médecins qui ont prêté le serment d’Hippocrate peuvent tomber dans ces pièges est l'attitude des gouvernements qui se mettent, au départ au moins, toujours du côté des industriels. Outre le fait que l'intégrité des personnes est le premier devoir de l'Etat, ce comportement, sans cesse répété, est parfaitement contre-productif, empêche l'innovation technologique et coûte une fortune au contribuable, devenu victime et assureur d'un Etat irresponsable, dans tous le sens du terme.
Il serait si simple et si efficace sur un plan économique d'adopter la position contraire, celle d'une recherche publique capable de répondre aux questions posées, d'écarter des controverses stériles et de s'associer aux recherches de produits de substitution .
Il serait éthique et démocratique que ceux qui délibérément mentent soient sanctionnés, lorsque leurs mensonges contribuent à causer la mort d'autrui .
C'est pour cela que ce livre est une bouffée d'oxygène. la seule question est celle de savoir si le même procès aurait pu avoir lieu en France?
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26.10.2005
La grande hypocrisie
La gestion de la crise de la grippe aviaire restera un monument de l'hypocrisie française et des raisons pour lesquelles le non au referendum était inévitable.
Reprenons brièvement l'historique.
Le 15 août, un certain nombre de pays européens commencent à prendre des mesures de confinement de la volaille en raison de l'apparition de l'épizootie en Europe (ouest de l'Oural).
En France, silence radio. CAP21, seul, réclame des mesures permettant le moment venu le confinement et un contrôle sur le commerce des oiseaux.
Aucune mesure n'est prise ni même annoncée.
Début septembre, grandes envolées lyriques au plus haut niveau de l'Etat sur le risque sanitaire. Engagement du Président que la santé primera sur toute autre considération, et que tous les fonds nécessaires seront mis à disposition. Un Monsieur Grippe aviaire est nommé (vieille habitude franchouillarde pour faire croire qu'on traite sérieusement un sujet). Le premier ministre déclare que tous les Français seront vaccinés ...sic!( le vaccin n'existe pas encore) et que toutes les commandes de masques et de rétroviraux sont faites.
Bravo pour les paroles .Quid des actes?
Sur le plan animal, rien n'est fait si ce n'est un renforcement des contrôles. Pas question , pour ne pas déplaire aux chasseurs d'interdire les appelants, mesure que CAP21 réclame depuis fin août. Pas question d'envisager le confinement, c'est-à-dire le rendre financièrement et techniquement possible. Pas question d'interdire le commerce d'oiseaux.
Clientèle électorale prime sur considérations sanitaires.
Sur le plan humain, les déclarations internationales de la France suivent ses déclarations nationales; mais quand on pose des questions précises sur la réalité des stocks de masques (dont la durée de vie est de 4heures) de
tamiflu (10, voire 20 doses nécessaires par personne ce qui signifie que 5 millions de doses en stocks équivalent à soigner 500 000 personnes au mieux) aucune réponse.
Début octobre, l'épizootie s'étend alors que le discours lénifiant habituel joue à plein. Il n'y aura pas d'épizootie en Europe occidentale nous a-t-on dit à Bruxelles et à Paris depuis fin août. Bien sûr!
Les consommateurs réagissent et boudent le poulet. Ils sont passionnels, déraisonnables! mais de qui se moque-t-on?
Cette réaction s'explique par la manipulation dont les Français se sentent victimes. Mais, il n'est toujours pas question de ne pas satisfaire la FNSEA et les chasseurs. Alors, l'AFSSA ne parvient pas à émettre un avis. On imagine pourquoi.
Dès lors, lâchement, le gouvernement attend que Bruxelles prenne les mesures indispensables. Et elles sont prises. Interdiction des appelants publiée au JOCE du 21 octobre, interdiction du trafic d'oiseaux, forte recommandation de confinement.
Alors, Paris obéit en invoquant la folie précautionneuse de Bruxelles et ces eurocrates qui décident sans consulter les malheureux chasseurs... qui peuvent continuer à chasser.
Quant au confinement, comme rien n'a été prévu sérieusement depuis 1 mois et demi, ce sont les agriculteurs qui se retrouvent pénalisés.
Ainsi, le gouvernement a essayé de gagner sur tous les tableaux... et ce sont les Français qui , comme d’habitude ont perdu.
Un seul mot: bravo
11:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
21.10.2005
Le pot de yaourt..........
11:14 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
19.10.2005
Un congrès de pyromanes................
La convention de l'écologie de l'UMP qui se tient aujourd'hui a tout d'un congrès de pyromanes consacré à la lutte contre les feux de forêts. Quand on mesure la catastrophe écologique qui s'est abattue sur la France depuis 2002 ,il faut une certaine dose de culot pour oser monter une convention sur l'écologie quand on s'appelle l'UMP.
12:55 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
18.10.2005
J'ai signé "l'appel pour la vérité sur l'assassinat du juge Borrel".
«Un magistrat français a été assassiné le 19 octobre 1995 à Djibouti; par crainte de perdre une base militaire française et une capacité d'intervention dans une zone sensible au plan géopolitique, tout aura été tenté pour maquiller ce crime en suicide; depuis près de 10 ans, pressions et manipulations se multiplient pour empêcher la vérité d'éclater; seuls le courage et la détermination d' Elisabeth Borrel ainsi que les soutiens reçus ont évité que ce dossier ne soit définitivement enterré.
Le 19 octobre 1995, à 80 km de Djibouti, est découvert au pied d'une falaise le corps en partie carbonisé du magistrat français Bernard Borrel, conseiller auprès du ministre de la justice djiboutien. Ce décès entre rapidement dans cette catégorie de "cadavres exquis" sur lesquels il est urgent de plaquer une vérité officielle, celle du suicide. Malheureusement pour les fabricants de cette thèse, les malfaçons de l'enquête (pas d'autopsie, disparition des radiographies…) et de l'instruction jusqu'en juin 2000, mises en évidence par la veuve du magistrat, Elisabeth Borrel, et ses avocats, avec le soutien du Syndicat de la magistrature, sont dénoncées publiquement; le dessaisissement des deux juges d'instruction en juin 2000 va permettre un tournant décisif dans l'instruction.
Aujourd'hui, l'hypothèse de l'assassinat de Bernard Borrel est confirmée par les développements de l'instruction et par des expertises médico-légales et techniques précédées d'un transport sur les lieux en février 2002. En effet, la découverte d'un traumatisme crânien provoqué par un instrument vulnérant et d'une lésion de défense matérialisée par une fracture du bras, ainsi que la mise en évidence d'un second produit inflammable provenant d'un récipient distinct du bidon retrouvé sur les lieux, confortent définitivement le scénario de l'assassinat.
La raison d'état contre la justice
La progression de l'instruction n'en est pas moins retardée et entravée par des blocages et des pressions émanant directement du gouvernement lors des demandes de déclassification de documents détenus par la DGSE et la DST. Ces tentatives d'obstruction conjuguées à une avalanche de procédures visant les avocats d'Elisabeth Borrel, le Syndicat de la magistrature et des témoins décisifs ayant osé impliquer l'entourage présidentiel djiboutien font craindre de nouvelles tentatives d'intimidations; une information a dû être ouverte à Versailles début 2003 pour subornation de témoins, suite aux déclarations circonstanciées de témoins djiboutiens mettant en cause de hautes personnalités djiboutiennes parmi lesquelles se trouvent notamment l'actuel procureur de Djibouti et le chef des services secrets.
L'annonce faite le 29 janvier dernier par le quai d'Orsay de la prochaine transmission du dossier français aux autorités djiboutiennes, en violation du principe de la séparation des pouvoirs, n'a suscité aucun rappel à l'ordre du Garde des sceaux, Dominique Perben, alors que la juge d'instruction avait déjà opposé un refus à la demande de son homologue djiboutien, estimant qu'elle constituait un détournement de procédure eu égard à l'implication possible de personnalités djiboutiennes. Le nouveau ministre de la Justice vient de s'engager à ne pas transmettre le dossier contre l'avis de la juge d'instruction; il est regrettable qu'il ait fallu une telle mobilisation pour obtenir simplement du ministre de la Justice… qu'il respecte la loi.
Un pas supplémentaire a été franchi dans le sens du cynisme à l'occasion de la réception du chef d'Etat djiboutien par Jacques Chirac le 17 mai 2005: alors qu'Ismael Omar Guelleh était convoqué comme témoin par la juge chargée d'instruire l'assassinat du juge Borrel, le quai d'Orsay faisait savoir qu'il était normal qu'il ne réponde pas à cette convocation compte tenu de son immunité de chef d'Etat; de son côté, Jacques Chirac réaffirmait ostensiblement son soutien au président Guelleh et rappelait la justice à l'ordre en insistant sur la durée excessive de cette procédure.
Informer sur l'affaire Borrel: mission impossible?
Enfin, il y a lieu de s'inquiéter de la multiplication des poursuites pénales visant les journalistes et les organes de presse "coupables" de s'être écartés de la thèse officielle qui a prévalu jusqu'en juin 2000, celle du suicide. A cette avalanche de procédures visant «Libération», «Le Monde», «Golias», Canal plus et le «Canard enchainé» sont venus s'ajouter courant 2005 deux épisodes de censure émanant cette fois de la direction d'une radio emblématique par son audience internationale: RFI.
L'information sur les affaires franco-africaines ne relève pas d'un "domaine réservé" aux communications du quai d'Orsay ou de la présidence de la République. L'Etat français doit désormais s'interdire toute tentation de limiter la liberté des journalistes sur les développements de l'affaire Borrel.
Tout doit être entrepris désormais pour permettre à la juge d'instruction de poursuivre ses investigations sans avoir à redouter de pressions de la part du gouvernement; l'État français doit désormais lever lui-même les obstacles qui jalonnent la procédure, notamment en remettant au juge d'instruction la totalité des documents émanant des services de l'État et pouvant avoir un lien avec cet assassinat.»
Sur le même sujet
- Dix ans après, l'appel pour la vérité sur la mort du juge Borrel
- Dix ans de procédure et d'enquête
- Les premiers signataires
- Un prétendu suicide à Djibouti
Paru dans Libération du 18 octobre 2005
13:11 Publié dans Blog | Lien permanent | Envoyer cette note
16.10.2005
Amiante
C'est faux : ils savaient et ont continué en toute connaissance de cause, alimentant des comités théodule pour empêcher toute interdiction et de pseudos débats scientifiques sur l'"incertitude" quant aux méfaits de l'amiante.
A cette première injustice criante, s'en ajoute une seconde: celle de ne pas parvenir à faire juger ces mêmes responsables , alors que le Conseil d'Etat a reconnu voici deux ans la faute lourde de l'Etat dans l'absence d'interdiction en 1977 de l'amiante.
Quand les moyens seront-ils donnés à notre justice pour fonctionner en toute indépendance avec des moyens suffisants. la création du pôle santé-environnement peut être un progrès à la condition que le Parquet conquiert son indépendance et que les dossiers ne soient pas systématiquement retirés à la magistrate la plus pugnace au bénéfice d'une autre connue pour son taux particulièrement élevé de non-lieu.
Comment admettre qu'après tant d'années, aucun procès pénal n'ait encore eu lieu.
La révolte est d'autant plus grande que tout continue puisque cette impunité de fait encourage à persévérer pour les nouveaux sujets qu'ils s 'appellent téléphonie mobile, OGM, ou pesticides. De rapports cachés au nom du secret industriel en rapports télécommandés par l'industrie elle même, nous continuons à tourner le dos au principe responsabilité et au principe de précaution. nous continuons à faire peser sur les années qui viennent le poids sanitaire, économique et moral des présupposés de certains dont les intérêts ne sont que trop évidents.
Combien d'affaires de l'amiante faudra t-il compter avant que les critères de choix ne changent? Il est évident qu'il y a un lien étroit entre le retard à juger et la poursuite d'une politique délibérée de faire l'impasse sur les "dégats" du progrès.
Combien de temps la société française acceptera-t-elle de le supporter?
14:50 Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
13.10.2005
Regarde mes biceps ou ma compagne
D'un côté, du people à outrance sur le mode "regarde mes biceps ou ma compagne" et rêve...ainsi tu voteras pour moi.
Beau programme
D'un autre côté, j'explique comment j'élimine mon petit camarade en m'affichant avec tel ou tel. Soit.
Mais pour faire quoi?
Enfin, j'organise des colloques pour disserter sur le mal français. c'est un bon départ, quoiqu'il est plus utile d'aller voir les gens à la base.
Mais, le temps des solutions n'est-il pas enfin venu?
Aussi, force est de constater que le débat politique a bien lieu, mais ailleurs, sur internet, dans des salles de petites ou grandes villes qui réunissent des centaines de personnes, le grand public, pour parler de l'avenir et de la manière de pouvoir influer sur les choix, se solutions concrètes et novatrices aux problèmes de société.
Comment construire une démocratie du XXIéme siècle, quand nos débats officiels sont si pauvres, que la culture du secret revient au galop et dans tous les domaines? Il est dommage que la parole soit confisquée à tous ceux qui pourraient précisément, hors des clivages droite -gauche, proposer des systèmes innovants.
17:00 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
10.10.2005
Espoir
Ces assises m'ont paru très réconfortantes dans la mesure où , pour la première fois, les médecins libéraux, principalement de médecine générale, prennent le sujet en main. Malgré les multiples blocages de la grande presse et la désinformation sur certains sujets dits sensibles, le message passe et la société civile s'empare de son avenir. J'ai longuement discuté avec une femme, inspectrice du travail qui m' a donné la pêche (si j'en avais besoin), pour une semaine. Après m'avoir expliqué son travail et ses difficultés, elle m' a dit partager mon diagnostic et surtout que j'étais pour elle un espoir et une raison de continuer à se battre.
Comment expliquer que la nouvelle société dans laquelle nous vivons est si bien comprise par le monde "profane" et si dénié par les élites politiques?
A-t-on vraiment besoin des évaluations qualitatives décrites par Karl Zéro au Vrai journal auxquelles recourent les grands partis politiques pour savoir ce que pensent les gens?
Pourquoi ne va-t-on plus le leur demander en direct?
Bonne question. A raison de 3 ou 4 réunions par semaine, en province, on finit par se faire une idée assez précise de la vie de nos concitoyens et de leurs soucis. Prendre en compte ces soucis et cette demande, sans pour autant être suiviste, c'est-à-dire populiste, voilà l'enjeu.
08:29 Publié dans Blog | Lien permanent | Envoyer cette note
06.10.2005
On vous a montré la publicité !
Comment ne pas être en permanence révolté, même quand on est un citoyen paisible, devant un système qui crée l'enfermement et prive jour après jour les citoyens de moyens d'actions politiques et juridiques.
Il ne reste alors que la violence et la contestation à l'état pur, qui, à mes yeux, sont l'ennemi d'une démocratie moderne.
Quelle cécité de la part de nos gouvernants!
Comment nous croient-ils assez stupides pour tomber dans le panneau de la pub politique permanente que nous offre la télé. Cela me rappelle une petite histoire drôle.
Un homme sage monte au ciel et on lui propose l'enfer ou le paradis.
Il demande à voir.
On lui montre un enfer où tout est gai, drôle, plein de rires
On lui montre un paradis triste, fade, neutre. il choisit l'enfer....
Et il se retrouve au milieu des flammes.
Il interroge et se plaint de la différence. Et, on lui répond.
Mais, on vous a montré la publicité.
13:25 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
03.10.2005
Plus cela change, moins cela change!
Et pourant, j'avais les chiffres de pollution du Rhin, de la Meuse et ceux approximatifs de l' Alsace communiqués par les services de l'eau de la Hollande et le Land de Sarre.
C'est pareil aujourd'hui. est-ce que par hasard cela s'expliquerait par la présence des mêmes dirigeants aux manettes?
14:25 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note




