29.11.2005

Le chien, la science et le papillon

Lu dans Libération du 27 novembre sous la plume de Didier VAN CAUWELAERT

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Merci les Verts

Colloque sur les OGM à l'Unesco. Les dangers qu'on connaît aujourd'hui furent révélés dès 1997, au festival Science Frontières, par Jean-Marie Pelt et Gilles-Eric Séralini. Convaincue par leurs arguments, Corinne Lepage, alors ministre de l'Environnement, décida d'interdire les OGM. C'était une mesure de droite que Dominique Voynet, qui lui succéda, supprima donc aussitôt. J'ai cessé de voter écolo.

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Que peut-on faire pour agir comme consom'acteur?

Une bonne occasion nous en est donnée avec les cadeaux de Noël. Tout d'abord, nous pouvons manifester une sobriété dans les cadeaux et surtout boycotter tout ce qui peut être facteur de consommation énergétique pour favoriser au contraire ce qui est
économe, voire mieux encore, qui contribue à améliorer l'environnement. Nous
pouvons, si nous optons quand même pour des appareils à consommation énergétique (télé, hi-fi, portables et autres) faire de la consommation un critère essentiel. mais, surtout, nous pouvons , vis à vis des enfants , avoir pour une fois , un comportement responsable en leur offrant des produits et jeux porteurs de sens et à énergie solaire par exemple , s'il s'agit de jeux nécessitant de l'énergie.

C’est l'occasion de prouver par des actes que les temps changent et que tous nous devons agir différemment.
Peut-être, de cette façon, les citoyens seront-ils entendus par les producteurs?

28.11.2005

OGM et démocratie................

Pour ceux qui douteraient de la différence entre un pays démocratique et un pays qui ne l'est pas, je propose une comparaison entre la Suisse et la France à propose des OGM.

En Suisse, un premier refendum dans lequel les firmes agrosemencières avaient obtenu de globaliser la question posée pour mêler OGM et médicaments à base du génie génétique avait échoué. Les citoyens ont repétitionné pour obtenir une nouvelle votation ne concernant que les OGM à usage alimentaire cultivés en Suisse et ils ont largement gagné, après un débat digne de ce nom, où les informations ont effectivement été fournies au public.
En France, l'omerta et le non-droit sont la règle: refus de communiquer les études sur les animaux montrant des effets significatifs, malgré l'avis favorable de la CADA, refus de transposer la directive communautaire pour
multiplier les hectares OGM, sans aucun contrôle, annulation des arrêtés anti-ogm alors que le ministre ne peut légalement intervenir.

 Pire, l'Etat fait interdire la tenue d'un référendum OGM dans le département du Gers alors que plus de 10% des citoyens l'ont réclamé et le tribunal administratif de Pau statue en catimini.

Il est évident que le gouvernement n'a pas voulu laisser faire un référendum dont ils avait qu'il pourrait
constituer un désaveu cinglant de sa politique. Il ne veut pas que soient connues les études qui jettent plus qu'une suspicion sur la prétendue innocuité des OGM sur la santé humaine.

Bel exemple de démocratie!


Bel exemple de cohérence quand sort en même temps un rapport accablant du Sénat sur les connivences entre l'Etat et les industriels de l'amiante qui ont permeis de maintenir un produit qui tue 3000 personnes par an et coûte
un maximum à la sécurité sociale. Le précédent ne suffit pas. Il faut continuer.


Décidemment, une VI éme République promouvnat une véritable démocratie des
choix scientifiques est plus que jamais indispensable.



24.11.2005

La galère des transports

 

 Je rentre d’une conférence faite à la fac de Lyon pour lancer une chaire de risk management.

J’ai eu le bonheur de bénéficier d’un train à l’aller et d’un autre au retour, de telle sorte que je n’ai pas à me plaindre même si j’ai passé quatre heures dans le train pou ne rester qu’une heure et demie sur place, compte tenu de la suppression des trains.

Mais quand même ? Nous avons, nous voyageurs, le sentiment d’être pris en otage avec des sentiments contradictoires. Ras le bol, bien sûr, et sentiment d’injustice, le voyageur lambda n’étant pas responsable de la situation, mais aussi compréhension d ‘un monde angoissé pour son avenir, certes arc-bouté sur une situation acquise, mais aussi héritier d’une histoire et d’une tradition qui nous sont chères.

Aussi, la question est celle de comprendre notre incapacité à trouver des solutions consensuelles et à réformer progressivement plutôt que de nous retrouver en face de situations totalement bloquées dans des contextes financiers ingérables.

 Certes, la concurrence est inéluctable et la dette publiQue rend impossible le maintien des poltiques du passé. Mais, n’y-a-t-il pas, en dehors des considérations purement politiques qui peuvent animer tel ou tel syndicat, le sentiment récurrent de ne pas être considéré, de ne pas voir apprécié le travail accompli, de ne pas voir reconnu un service public qui est aussi un service du public comme un élémeznt majeur de la vie de nos concitoyens.

21.11.2005

Responsabilité politique............

Nous sommes au bout d'un système, qui prend l'eau de toutes parts.

 La menace de déclassement de la France par les agences de notation financière est peut-être ce qui m'a le plus frappé la semaine dernière. S'interroger sur le point de savoir si la signature de la République devait rester AAA, compte tenu de la réalité de notre dette devrait résonner dans notre tête comme un sérieux avertissement.

 Comment sommes nous parvenus à un passif aussi massif de nos finances publiques avec des résultats aussi lamentables en terme de solidarité, de politique de la ville, de recherche-développement, d'investissements pour l'venir? On a le sentiment d'un immense gâchis d'argent public, de successions d'incompétences et de prétention, de lâchetés cumulées couteuses et inefficaces pour acheter une "paix"artificielle.

Les critiques de plus en plus sévères de la Cour des comptes sur les choix publics et l'inefficience des politiques publiques, les afffaires révoltantes comme celle de l'amiante dont le coût financier astronomique s'ajoute au coût humain, la multiplication des affaires Crédit Lyonnais et autres que le contribuable assume traduisent une gestion aberrante et méprisante des deniers publics.

 Jusqu'à quand continuera t-on à refuser toute responsabilité à ceux qui ont fait des choix insupportables pour le contribuable? Jusqu'à quand considérera t-on sans conséquence le fait de prendre des décisions dangereuses et couteuses.

Peut-être que si une responsabilité personnelle, qui s'appelait autrefois une responsabilité politique et qui n'existe plus aujourd'hui était instaurée, la France perdrait moins d'argent et serait plus efficace.

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17.11.2005

Revoir nos critères de choix et de jugements?

 

Le résultat du procès de José Bové, rendu public le lendemain de l'émission consacrée par Canal + aux rapports cachés par l'Etat sur les les effets sanitaires des OGM consommés par des rats appelle à une réflexion de fond sur la justice et sa représentation.
Nous sommes pilonnés par une représentation d'une justice devenue extrêmement sévère pour les politiques et les chefs d'entreprise, confrontés à un  principe de précaution omni présent qui serait un frein à tout développement en ce qu'il interdirait toute prise de risque, que les responsables par ailleurs éviteraient par crainte d'une pénalisation forcenée de la vie politique et économique.
A l'opposé, les actions destructrices des faucheurs volontaires, atteinte au droit de propriété incontestable, obstacle à la recherche en particulier médicamenteuse, seraient des menaces graves à l'ordre public et mériteraient les sanctions les plus sévères.
Qu'en est-il réellement?
La vérité est qu'en France au moins, les actions pénales menées dans les domaines sanitaires, environnementaux et même financiers échouent . Qui a été puni pour le sang contaminé, le prion, le distylbène, l'amiante, les ethers de glycols? personne ou quelques lampistes.
 Pour les OGM, l'etat se permet en toute immunité de rééditer les conditions de l'affaire de l'amiante.
Jusqu'à quande devrons nous supporter des choix collectifs absurdes, couteux et contre-productifs au nom d'une vision économique de court terme qui est infiniment onéreuse à long terme?
N'est-il pas temps de revoir nos critères de choix et de jugements?

10.11.2005

Je suis triste et même accablée............

Je suis triste et même accablée ...

Entre le vote par le sénat français d'une loi créant un organe de régulation de la publicité sur l'alcool, composé majoritairement de professionnels de la viticulture et la régression monumentale de REACH à Bruxelles grâce à l'Allemagne et à la France , on a le sentiment non seulement de ne pas avancer mais encore de reculer. Non
seulement les leçons du passé ne servent à rien, mais encore nous avons le sentiment de n'être jamais défendus ni comme êtres humains ni comme contribuables par nos politiques.

Peu importe que la santé européenne gagne 60 milliards d'euros avec Reach, que nos enfants aient moins de cancers et de malformations et que nous adultes soyons confrontés au cancer dans un cas sur deux si on est un homme, dans un cas sur trois si on est une femme. Le lobby chimique est le plus fort, sous prétexte d'emplois qu'il ne crée du
reste même pas forcément en Europe et en passant par pertes et profits les scandales sanitaires et/ou financiers comme Rhodia.
Nous vivons la révolte des banlieues. Nous vivrons la révolte de la société civile qui, à un moment, ne supportera plus ces choix débiles faits en son nom, qui l'exposent comme victime potentiellement et comme contribuable
certainement.
Ces choix sont d'autant plus absurdes qu'ils bloquent le développement de produits et de technologies de substitution qui seraient créateurs d'entreprises et donc d'emplois. A cet égard, j'invite tous ceux qui sont intéressés par ce sujet à aller sur le site d'ecoresp www.ecoresp.fr
Nous avons mis en ligne un questionnaire très simple qui va permettre la réalisation d'un livre blanc pour comprendre pourquoi l'éco-économie ne parvient pas à se développer en France et quelles solutions concrètes sont proposées.


Puisque l'Etat ne veut pas entendre, à nous de nous organiser pour changer à la base et chercher chez nos amis étrangers les solutions qui ont marché

09.11.2005

Du rôle des femmes............

A une époque où une véritable incapacité française à dialoguer apparaît comme une évidence, le rôle des femmes dans la société mérite d'être reposé.

Comme pour les banlieues ou l'environnement, les engagements se succèdent alors que sur le terrain, les situations ont tendance à se détériorer. Si les sujets ne sont pas directement pris en charge par ceux qui sont concernés, il ne se passe rien.

Or, c'est le signe d'une société mature que de ne pas tout attendre de l'Etat.

Nous avons, à quelques unes, avocates du barreau de Paris, décidé de prendre une initiative pour permettre une meilleure représentation des femmes dans le conseil national des barreaux. En effet, alors que les femmes représentent plus de 40% de la profession, elles sont ultra minoritaires dans les instances de représentation.

La liste Femmes et Droit est intéressante dans la mesure où elle réunit des femmes d'horizon politique diversifié y compris responsable syndicale, connues comme l'ancienne Bâtonnière (unique à ce jour) du barreau de Paris, moi même, d'anciennes membres du Conseil de l'Ordre. Elle n'est pas féministe en ce qu'elle défendrait des valeurs particulières, mais son existence vise à assurer une égalité et une vision complémentaire de l'évolution de la société.

Il s'agit d'une « Première » et il n'est pas neutre que ce soient des juristes qui y aient eu recours.

Les réactions agacées que cette liste a suscitées, mais aussi l'intérêt d'un grand nombre d'avocats hommes et femmes sont en soi révélatrices. Nul ne doute que le score de cette liste atypique présentera un grand intérêt. ....pas seulement pour les avocats

06.11.2005

Le sens des responsabilités...............

Comme beaucoup d'entre nous , je suis scotchée devant les images des banlieues en feu et en proie à des réactions contradictoires.

D'une part, ces soulèvements s'inscrivent dans un mouvement inexorable qui a conduit d'un urbanisme absurde au ghetto, de politique de regroupement familial dont les effets n'ont été ni appréciés ni préparés à la desespérance de jeunes français issus de l'immigration devant un avenir bouché, de l'acceptation par lâcheté, calcul politicien et incapacité de zones de non-droit , fermées à la République et ouvertes aux mafias comme aux règles de la charia
(entraînant, voiles et asservissement des filles, tournantes et mariages forcés ) aux émeutes que nous voyons aujourd'hui.

Désespoir de ces jeunes qui comprennent les acteurs de la violence et cherchent à ne pas y être assimilés, exaspération des Français de souche confrontés à une vie insupportable, incompréhension de tous devant ces nuits d'émeutes qui sont un cauchemar.
Mais, cette montée en puissance de la violence est extraordinairement dangereuse, car une démocratie ne peut la tolérer et le maintien de l'ordre et un a-priori, préalable à toute discussion. En particulier, la destruction des services publics, des écoles, des centres commerciaux, des magasins frappe avant tout une population déjà fragilisée et défavorisée. L'absence de tout sens à ces incendies volontaires , qui s'assimilent à la violence pour la violence, dans un engrenage destructeur et compétitif entre bandes, est une nouveauté dans notre pays.

Donner l'impression de céder de quelque manière que ce soit à cette guerre de rue ne pourrait que conforter une spirale de violence, renforcer les extrêmes et donner en particulier à Le Pen et ses imitateurs une puissance difficilement mesurable.
Mais, rétablir l'ordre à tout prix ne signifie évidement pas ne pas faire notre auto-critique qui commence par le caractère insupportable et désormais insupporté des politiques successives de la ville qui ont contourné les réalités:

le règne de la force, la non application des règles républicaines applicables ailleurs sur le territoire, le démembrement progressif du monde associatif, courroie de transmission indispensable, l'inéluctabilité du chômage confronté à l'argent facile des drogues et trafics divers, réseaux non démantelés pour cause de nécessité de faire "vivre" les cités etc...
Il est déjà très tard et le silence étrange du Président de la République laisse supposer une volonté de laisser Nicolas Sarkozy affronter seul la contestation, comme si la politique menée jusqu'alors n'était pas celle du gouvernement et comme si l'ordre et la sécurité n'avaient pas été le cheval de bataille du candidat Chirac en 2002.

A l'opposé, l'attitude particulièrement digne et responsable de l'opposition ( à l'exception comme à l' accoutumée de l'extrême gauche) démontre davantage que la mesure est prise de la gravité de la situation.
La montée des périls et surtout la concomitence avec la quelle ils apparaissent appelle de notre part un vrai sens des responsabilités.
Espérons que cet réalité n'échappera à personne pour cause de vindicte et d'ambition personnelle faute de quoi le pire serait alors à redouter


 

 

02.11.2005

La place pour une majorité de projet...............

De retour de Calvi et plus précisément du « Festival du vent« ,je me suis fait trois réflexions.
Tout d'abord, la proximité entre Michèle Rivasi ex-PS, Marie-Christine Blandin , sénatrice verte et moi même est profonde alors que sur l'échiquier politique nous sommes prétendument différentes.

Cela signifie qu'il y a largement place pour une majorité de projet autour d'un vrai développement soutenable, hors des clivages politiques qui ne servent aujourd'hui qu'à conserver un ordre productiviste exangue.
Ensuite,en écoutant Jacques Baratier, 82 ans aux fraises, ancien patron de grande entreprise, créateur d'Agrisud (15000 entreprises, 60000 emplois) parler de l'entreprise, on est saisi de l'enthousiasme qu'il y a à créer et inventer et indigné des dérives du capitalisme financier dont des acteurs du système eux même commencent à critiquer le caractère auto-destructeur.
Enfin, quelle bouffée d'oxygène que de rencontrer plus de 600 personnes, animées d'espoir, d'idées, d'enthousiasme. Plus cela va, plus la comparaison avec le débat politique de plus en plus débile qui nous est servi tous les jours est flagrante en faveur de la société civile.

C'est elle qui va trouver les voies de la transformation urgente à laquelle nous devons procéder et non nos coqs tout fiers de comparer leurs ergots respectifs plutôt que de s'attaquer à des problèmes dont on a le sentiment qu'ils ne les comprennent même pas!

 

 

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