15.12.2005

La France est-elle en voie de sous-développement?

La France est-elle en voie de sous-développement? La question, certes provocatrice, ne l'est pas tant qu'il y parait.
Comment se définit le sous-développement? Par de multiples critères qui ne sont pas seulement celui du revenu moyen par habitant. Ainsi, les pays du golfe ont-ils un revenu très élevé. Ils ne font pas pour autant partie des pays développés. L'inégalité des revenus, est également un critère. Sans doute, même si la disparité ne cesse de croître dans notre pays, même si le niveau de vie ne s'améliore plus pour le plus grand nombre, quoiqu'en disent les statistiques, nous ne sommes pas à cet égard un pays sous-développé.
En revanche, au regard de la dette publique, de la corruption des élites ou plus simplement du copinage en dehors de toute règle de droit, de la mainmise sur les médias, nous sommes en voie de sous-développement.
 Il est temps de regarder la réalité en face.
 Le rapport Pébereau, qui gomme (pour le moment ) le poids de la dette future (les retraites du secteur public)est accablant et rappelle l'Argentine. Le dernier rapport de Transparency publié le 9 décembre 2005, classe la France dans le groupe des pays dont la vie politique est corrompue de 51 à 70%, en compagnie de la Russie, de la Turquie, de l'Equateur ou de l'Indonésie.
Il est grand temps de changer nos pratiques et nos choix qui nous fait ressembler davantage à une République bananière qu'à une grande démocratie; pour laquelle nous nous croyons , de surcroît, autorisés à donner des leçons;
Tout est lié. tant que nous ne l'aurons pas compris, nous sommes condamnés à la descente aux enfers!

14.12.2005

D'un nuage à l'autre.....

L'extension du nuage venus des hydrocarbures londoniens laisse perplexe.

 Il rappelle d'autres nuages: celui de Tchernobyl dont chacun sait qu'il a été arrêté par les Alpes, celui de Béziers qui ne s'est jamais répandu alors qu'il émanait d'une petite soeur de l'usine de Bhopal et peut-être d'autres.
Autrement dit, ce qui frappe le plus, c'est la permanence des comportements publics, qui quelques soient les réglementations continuent dans le déni. Le nuage anglais n'est pas toxique. Soit!

Mais comment des hydrocarbures qui brûlent des HAP, hautement cancérigènes , ne sont-ils pas toxiques?

 N'est-ce pas plutôt l'incapacité de nos édiles à protéger les populations devant des phénomènes de grande ampleur qui les rend non toxiques?
Mieux vaut laisser des risques d'intoxications dont le lien de causalité ne pourra pas être prouvé que de gêner nos grands industriels, si enclins à exercer du chantage à la délocalisation!

Jusqu'à quand faudra-t-il attendre pour que les priorités changent et que les coûts réels des comportements et
choix publics soient évalués?
Jusqu'à quand faudra-t-il attendre pour que le sacro-saint secret qui est largement utilisé pour cacher les turpitudes s'efface devant l'intérêt de la santé humaine et de l'environnement?

09.12.2005

Sixième république.........

Hier soir au Cercle Républicain, en ce jour anniversaire de la loi sur laïcité que nous défendons depuis prés de quatre ans, lancement d'une réflexion sur une sixième République faite pour les citoyens et pas seulement pour ceux qui exercent le pouvoir en leur nom.
 Proposer une transformation du Conseil économique et social pour en faire un vrai conseil de la société civile doté de vrais pouvoirs, de moyens d'expertise et d'un droit de regard sur les nominations au Conseil constitutionnel et au CSA, instituer le réferendum d'initiative populaire, voici quelques unes des propositions débattues et dont j'aimerai qu'elles soient ouvertes au débat citoyen.
 Exprimez vous sur la nécessité ou non de mettre dans la constitution les moyens de redonner aux citoyens un droit sur les grands choix technologiques et scientifiques.


05.12.2005

Après Outreau

 

Outreau est un drame judiciaire et humain et chacune et chacun peut mesurer ce que c'est d'être emprisonné, perdre ses enfants, placés durant de longues années, être soumis à la vindicte générale.

Entre experts ahurissants, magistrat visiblement habitué à instruire à charge et non à décharge et un parquet peu regardant, chacun pourra se renvoyer la balle d'un fiasco judiciaire sans précédent.

Mais, c'est là que tout commence.

A s'arrêter aux personnes en oubliant le système, il va de soi qu'on ne résoudra rien. A aller jusqu'au système sans s'interroger sur la place réelle de la justice française aujourd'hui, on en restera aux effets sans s'arrêter aux causes.

Les réformes judiciaires ont succédé les unes aux autres depuis 10 ans: loi Guigou, loi Perben 1 et 2. Elles avaient soi-disant pour objet d'améliorer l'application du principe d'innocence, puis de d'encadrer le travail des juges d'instruction.

Mais, l'indépendance du parquet est partie aux oubliettes, les moyens de la justice n'ont pas changé et la création des juges de proximité a mobilisé des moyens sans régler aucunement le problème pénal.Le pôle financier a été dépouillé, les victimes de malversations financières ou sanitaires sont confrontées à des procédures sans fin qu'il s'agisse de Rhodia, de l'amiante ou de Tchernobyl. mais, si les lois ont été votées, ce n'est évidememnt pas pour autant que les moyens correspondants ont été dégagés.

Les juges d'instruction, dont le pouvoir est réel, voient leur existence contestée par une catégorie bien particulière de prévenus, ceux qui ont des moyens financiers leur permettant de préférer la procédure anglo-saxonne accusatoire à la procédure inquisitoriale. Si cette procédure aurait peut-être évité Outreau- une procédure accusatoire qui aurait bénéficié des conditions de la loi, d'un magistrat solide et non d'un débutant sûr de détenir l'affaire du siècle, les choses eussent été différentes.

Il est certain que tous ceux qui souhaitent mettre un terme à tout risque sérieux de voir juger les "affaires " délicates trouveront dans l'affaire d'Outreau une excellente occasion d'atteindre leur but. Il n'est pas sûr qu'il n'y ait pas d'autre affaire d'Outreau.

Il n'est pas sûr pour autant que la justice et la démocratie y gagnent.

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