24.08.2006

Yann Werhling, Nicolas Hulot, Michèle Rivasi, Alain Bougrain Dubourg, Corinne Lepage, Dominique Voynet, Jean-Marie Pelt, Dominique Belpomme, Philippe Desbrosses, Pierre Bousquet.......

9 septembre

Soirée-débat:

" L’écologie politique face aux débats de société "


à 20 h 30

L’USINE Fabrique d’événements
379, avenue du Président Wilson
93210 LA PLAINE SAINT-DENIS

ENTREE GRATUITE
(dans la limite des places disponibles)
Réservation par mail

 

avec

Yann Werhling, Nicolas Hulot, Michèle Rivasi, Alain Bougrain Dubourg, Corinne Lepage, Dominique Voynet, Jean-Marie Pelt, Dominique Belpomme, Philippe Desbrosses et des personnalités du monde environnemental

23.08.2006

Je me moque de savoir si la gauche a besoin de l'écologie

La question n'est pas de savoir si la gauche a besoin de l'écologie. Poser la question de la présidentielle dans ces termes contribue à ancrer l'écologie politique dans le ghetto dans lequel il est planté depuis 2 ans. Les Verts ont certainement besoin de la gauche pour exister car c'est grâce à elle qu'ils ont des élus. Et c'est précisément pour n'avoir pas compris le poids de l’écologie dans la société contemporaine que la droite n'a jamais voulu d'élus et est aujourd'hui un repoussoir. Mais, je me moque de savoir si la gauche a besoin de l'écologie. C'est la société qui en a besoin pour répondre aux défis et éviter les catastrophes. Poser la question en terme d'alliances électorales est sans doute réaliste, mais suicidaire pour l'écologie politique car elle contraint à se soumettre à une culture, qu'elle soit de droite ou de gauche, qui est incompatible avec la nouvelle vision qu'il faut avoir des rapports entre économie et écologie.
La solution ne se trouve pas dans l'altermondialisme et la priorité donnée à des rapports nord-sud qui de surcroît ne signifient plus grand chose dans la configuration géostratégique dans laquelle nous vivons. Les états pétroliers ou l'Iran sont-ils du nord ou du sud ? Du sud , mais ils sont plus riches que bien des Etats du nord et  pourtant leur population est largement deshéritée.
C'est évidement au centre, c'est à dire dans un espace politique où des personnes venues de la droite comme de la gauche peuvent se retrouver que se construit une écologie politique qui, un jour ne sera plus  groupusculaire, puis plus minoritaire. Dés lors, arrêtons de s' interroger sur ceux que nous pouvons aider dans une perspective purement électoraliste. Travaillons à convaincre le maximum de nos concitoyens par des propositions réalistes et appropriées que notre projet est le seul qui puisse permettre la vie dans le siècle qui a commencé  

 

21.08.2006

Politique extérieure de la France

Pourquoi la question de la politique extérieure de la France et accessoirement de sa politique de défense est –elle sortie du champ démocratique ?

 

Sans doute, ces sujets sont-ils délicats et une part non négligeable d’éléments d ‘information qui touchent à la sécurité nationale ne peuvent être divulgués. Mais, cette observation n’est pas dirimante sur un sujet majeur, car il conditionne notre sécurité et notre avenir ; Faut-il rappeler que dans les nouvelles formes de conflits auquel notre monde est confronté, les populations civiles sont souvent les premières victimes, et pas seulement sur le théâtre, hélas habituel des hostilités. Les attentats que nous avons connus en 1986 et en 1995 à Paris étaient le résultat de choix de politique étrangère ( la premier en relation avec le contentieux Eurodif et l’Iran, le second avec la politique en Algérie) et ce sont nos concitoyens qui en ont été les victimes, sans qu’aucun débat n’ait jamais eu lieu sur les origines de ces attentats, autres que la recherche de leurs causes immédiates (arrestation des terroristes auteurs de ces crimes).

 

Dans le monde très complexe dans lequel nous vivons, où intérêts économiques et intérêts diplomatiques sont parfois en opposition  frontale  (même si cette opposition n’est pas exprimée et surtout peut-être si elle ne l’est pas), il serait particulièrement important qu’un débat se déroule sur nos choix stratégiques, car une chose est certaine. C’est la communauté nationale qui en paiera les conséquences ;

 

Certes, nos journaux sont remplis d’articles plus ou moins compassionnels sur les horreurs des guerres, avec du reste des indignations très sélectives , inacceptables sur le plan éthique, car une victime civile est toujours une victime civile, et sans autre justification que des choix idéologiques et complètement déconnectés de ce qui devrait être les intérêts de notre pays sur le plan géostratégique. Or, c’est précisément là que le bât blesse ! Quels sont-ils ? L’absence de débat démocratique ne cache- t-elle pas une immense faiblesse quant à la définition de la hiérarchie de nos intérêts et la réalité de nos alliances à ce jour ?

 

L’exemple du Liban et au-delà de notre politique à l’égard de l’Iran sont à cet égard très éclairant. Tout d’abord, quelles sont nos priorités ? S’agit-il d’abord de sauvegarder, voire d’encourager des intérêts pétroliers et nucléaires français en Iran ou de s’inscrire dans une réflexion plus générale sur nos intérêts géostratégiques avec une république islamique iranienne , détentrice de la force nucléaire (à laquelle hélas nous avons pour partie contribué  en laissant à l’Iran 10% du capital d’Eurodif et en vendant notre savoir-faire nucléaire), capable d’atteindre Tel Aviv mais aussi Londres et Paris.

 

Comment expliquer que nous vendions , avec un certain nombre de pays du moyen orient de l’essence à l’Iran pour l’aider à constituer des stocks stratégiques, que nous poursuivions une politique de la main tendue, allant jusqu’à qualifier ce pays de puissance stabilisatrice ? quels intérêts nous animent ? Est-ce la peur d’attentats sur notre sol et dans ce cas, pour paraphraser la fameuse formule de Churchill, ne risquons nous pas d’avoir le déshonneur et la violence ? Est-ce l’intérêt de grands groupes gazier, pétrolier et nucléaire ? Mais , dans ce cas, encore faudrait-il que les choses soient claires et qu’il soit dit que les intérêts économiques de groupes français – qui ne se confondent évidemment pas avec les intérêts économiques de la France- doivent l’emporter sur toute autre considération.

 

 En définitive, quelle est notre politique diplomatique. Certes, la politique arabe de la France est une constante du Quai d’Orsay. Mais l’Iran chiite n’est pas arabe et les « valeurs «  véhiculées par ce pays, qui revendique de surcroît une hégémonie belliqueuse devraient mobiliser tous les démocrates et défenseurs de la laïcité et de l’égalité des droits dans une réprobation massive. Or, il n’en est rien et pire encore, aucun débat public ne s’ouvre réellement sur ce thème. Peur, indifférence, souhait des intérêts économiques de rester dans l’opacité, priorité donnée à l’antiaméricanisme et à la haine antisioniste expliquent probablement ce silence , où convergent des intérêts très puissants.
Mais est-ce profondément notre intérêt collectif ? Ne pas choisir est un choix : celui de laisser les autres le  faire à sa place. C’est aussi l’expression d’une incapacité collective qui nous renvoie à des questions encore plus profondes : celles de notre identité et de nos valeurs en ce début de XXI éme siècle. Or, précisément, notre indétermination, notre non-débat sur ces sujets majeurs est probablement notre plus grande faiblesse.  Quelle que soit la position choisie, elle doit être explicitée et ne pas apparaître comme un véritable choix stratégique et motivé.
Il est impératif que dans les semaines qui viennent, chacun ait le courage de répondre sur ses priorités. Les miennes sont claires. La bataille contre le totalitarisme intégriste est la priorité et ni les intérêts économiques (dont on a vu avec l’affaire pétrole contre nourriture ce qu’ils pouvaient dissimuler), ni l’esprit munichois ne doivent nous en détourner. Cela ne signifie pas entrer dans d’autres dérives liées aux présupposés de la politique américaine, mais choisir clairement son camp et en assumer les conséquences , y compris en terme de choix économiques.

 

 Certes, la tentation de la troisième voie est attrayante, amis encore faut-il avoir les moyens de sa politique ; or, la faiblesse de notre contingent au Liban après les envolées lyriques sur notre volonté de diriger la FINUL au Liban laisse planer plus que quelques doutes sur nos capacités réelles et les conséquences de notre désirs trop éloignés de nos réalités.
Les Français assumeront sur le plan international les décisions prises en leur nom. Le moins que l’on puisse demander, c’est que nous sachions ce que nous voulons et ce que nous défendons .

01.08.2006

Ne pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages...

Les déclarations de Nicolas Hulot auront   le mérite d 'avoir suscité le débat et mis la question écologique sur le devant de la scène. Mais, comme le souligne l'éditorial du Monde de ce soir, le risque est celui d'une instrumentalisation à laquelle Ségolène Royal est la première, mais sûrement pas la dernière à avoir procédé. A confondre médias et fond des sujets, le risque est grand de faire briller des miroirs aux alouettes. L'écologie est certainement un des domaines les moins solubles dans la peopolisation.

La gravité du sujet implique en effet un projet global et non pas des mesures contradictoires entre elles. Surtout, comment en effet, la candidate putative du PS va combiner son approche avec celle de ses amis, fanatiques des OGM ou du tout-nucléaire?

D'une certaine manière, un des risques est celui de voir les "grands candidats" reprendre quelques unes des propositions de Nicolas Hulot, lesquelles  ne sont pas violentes (rien sur le programme autoroutier ou sur le choix du tout-nucléaire par exemple) et donner l'illusion dans la droite ligne du syndrome de Johannesburg que l'écologie est devenue essentielle ...pour mieux continuer à ne rien faire de fondamental.

30 ans de combats écologistes m'ont appris à ne pas prendre les enfants du bon Dieu pour des canards sauvages...

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