31.03.2009
Européennes: Corinne Lepage à Amiens
13:47 Publié dans européennes | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : corinne lepage, olivier henno, modem, cap21
30.03.2009
Développement durable: Cela ne doit pas être un cache misère selon Corinne Lepage
La semaine du développement durable qui vient de s'ouvrir a pour mérite de contraindre les entreprises et les acteurs à faire le point sur les progrès qu'ils ont accomplis ou qu’ils comptent accomplir. Multipliant les salons et les manifestations, elle permet de découvrir les nouvelles éco-technologies, ce qui, dans la période de marasme actuelle, constitue incontestablement une bouffée d’oxygène.
Cependant, la crise de notre modèle de développement montre de la manière la plus crue, combien il est à l’opposé d'un modèle soutenable. Ainsi, l'exemple des salariés de Clairoix, à Compiègne, est une illustration parmi beaucoup d'autres de ce qu’est un développement non durable, ne serait-ce que parce que non seulement l'usine va fermer, mettant au chômage plus de 1000 salariés, sans, en l’état de solutions de reclassement, mais encore et surtout parce que l'immense patrimoine que constitue le savoir-faire technique du personnel de cette entreprise, acquis en partie avec un partenariat, pour l'innovation, avec l'université technologique de Compiègne, va se dissoudre sans possibilité d’être transmis.
Cette double perte, sociale et culturelle, est le résultat du caractère particulièrement non durable du modèle financier qui sous-tend cette entreprise. Filiale d'une entreprise elle-même propriété d'une grande fortune allemande, continental Compiègne est une entreprise bénéficiaire (17 millions d'euros de bénéfices l'année dernière) qui est victime d'une gestion financière calamiteuse qui a conduit la société holding à être débitrice de plus de 22 milliards d’euros, en raison de montage type LBO que la crise a anéanti. Où est le caractère soutenable aux deux sens du terme d'une telle organisation ?
Ainsi, parler aujourd'hui de développement durable a changé de sens. Il ne s'agit plus d'une formulation à la Jean Yanne du «tout le monde , il est beau, tout le monde il est gentil » qui veut concilier le social économique et l'écologique. Le greenwashing et la communication verte, qu'ils soient économique ou politique ont lamentablement échoué sur les rives de la réalité. Jusqu'à présent, et à quelques très rares exceptions près, notre développement est tout, sauf durable.
Nous pouvons enchaîner les semaines du développement durable les unes aux autres sans que cela ne change quoi que ce soit. D'une certaine manière, les comportements actuels des dirigeants qui continuent à prétendre à des rémunérations supplémentaires et exceptionnelles sans être moindrement gênés de procéder dans le même temps à des licenciements et de bénéficier de l'argent public contribue à faire de la logorrhée autour du développement durable une immense plaisanterie.
Mais une plaisanterie de très mauvais goût pour deux raisons.
- elle risque de faire exploser en plein vol le seul modèle d’évolution possible en le décrédibilisant
- elle laisse supposer que le seul objectif est un retour ex ante que les bénéficiaires du système veulent - pour des raisons évidentes - obtenir en faisant du développement durable un alibi commode.
C’est la raison pour laquelle il est impératif de revenir aux fondamentaux de la soutenabilité , c’est à dire de la pérennité du modèle de développement. Il va de soi que les bases de l’économie que sont les règles de la gouvernance et le système financier sont primordiales puisque ce sont elles qui par leur goût pathologique pour l’immédiateté, l’investissement de très court terme et la rentabilité immédiate ont délibérément tourné le dos à tout espoir de durabilité.
Le choix en faveur de l’économie verte, qui est le seul de nature à s’attaquer en même temps à la crise écologique et à la crise de l’économie réelle, ne pourra se faire que lorsqu’il sera plus intéressant d’investir sur le long que sur le court terme, qu’il sera plus intéressant de favoriser le local et les PME plutôt que les multinationales qui ne poursuivent qu’un intérêt de profitabilité et non de développement économique. Et surtout, lorsque la priorité sera donnée aux nouveaux secteurs de l’économie verte qui ne demandent qu’à se développer, nouveaux matériaux, énergies renouvelables, chimie verte, mobilité durable, réseaux intelligents…au lieu de renflouer en permanence les secteurs industriels les plus efficaces en terme de lobbyisme , qui ne visent qu’à se maintenir le plus longtemps possible , quel qu’en soit le prix social ou environnemental.
L’économie doit être mise au service de l’homme et pas le contraire.
Mais les règles du jeu ne pourront changer que pour autant que le rapport de forces changera et que l’Etat redeviendra le garant de l’intérêt général et non le défenseur d’un modèle profondément injuste et de plus en plus inéquitable et mortifère. Cela implique donc de revenir sur ce qu’est l’intérêt général et nous retrouvons là la définition d’une évolution soutenable. D’où le caractère essentiel à notre sujet de la question des libertés publiques et de l’agression à l’égard des contre-pouvoirs.
La désinformation, la régression de liberté de la presse, la déconstruction de la justice ont pour objectif de rendre impossible le changement de rapport de forces et donc de choix politique.
Alors, oui à un développement authentiquement soutenable, qui traduit un changement de monde et offre le seul espoir réaliste de nous en sortir.
Non à un cache misère qui se transforme en alibi pour faire durer le système.
13:28 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : corinne lepage, développement durable
27.03.2009
Corinne Lepage: Sortir de la crise. L'Europe peut elle nous aider ?

La crise que nous traversons est brutale, beaucoup de familles se retrouvent confrontées au chômage d'un des leurs, nos territoires souffrent. Nous finirons par en sortir. Mais la question est de savoir, quand, dans quel état et avec quelles perspectives ?
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quand ? personne n'est en capacité de le dire mais il est évident qu'un plan de relance européen, appuyé sur un grand emprunt accélérerait certainement la sortie de crise. Ce plan de relance qui devrait être comparable au plan américain, soit environ trois fois ce que les Etats européens consacrent aujourd'hui à la crise pourrait être consacré à la réalisation de grandes infrastructures de transport, aux investissements dans la construction durable, à la reconversion industrielle des territoires, à la formation des hommes dans les nouveaux secteurs de l'économie, au soutien à l'innovation et au développement d'une économie verte (écotechnologies, nouvelles énergies, chimie verte…), à l'économie de la connaissance et l'éducation.
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comment ? l'injustice croissante, l'appauvrissement des classes moyennes et l'augmentation de la précarité qui se développent dans notre pays sont insupportables. Le gouvernement en est seul responsable. La suppression du bouclier fiscal, la limitation des bonus en particulier dans les entreprises soutenues par le contribuable, le gel de la suppression des emplois publics sont des impératifs. Nous ne pouvons imaginer sortir de la crise avec plus d'injustice et d'inégalités ni accepter qu'elle soit un prétexte à mettre en pièces le droit du travail. Dès lors, le renforcement de la solidarité par des actions de proximité et d'entraide doivent accompagner l'évolution de la règlementation internationale. Il faut réguler le système financier, la fiscalité des transactions internationales (taxe Tobin) et la répartition des bénéfices entre salariés, actionnaires, investissement et création de nouveaux emplois. Parmi les instruments de régulation, nous proposons une commission bancaire européenne, une autorité européenne des marchés financiers, un régulateur européen, de nouvelles règles comptables et une fiscalité harmonisée.
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avec quelles perspectives ? l'endettement massif qui est le nôtre n'est acceptable que s'il est fait pour préparer l'avenir. C'est en fonction de ce critère que doivent se faire les investissements d'aujourd'hui. Le monde change profondément. Nous avons des atouts immenses à faire valoir : territoire, produits, qualité de la formation, infrastructures. Mais les perspectives ne seront positives que si la justice, la solidarité, la confiance redeviennent les piliers de notre pays et de la construction européenne.
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23.03.2009
Corinne Lepage: Après EDVIGE, voici le temps de HERISSON
Le projet HERISSON risque de faire couler autant d'encre que le fichier EDVIGE et ce d'autant plus qu'il convient de le rapprocher du projet de loi HADOPI.
De quoi s’agit-il ?
Hérisson signifie Habile Extraction du Renseignement d’Intérêt Stratégique à partir de Sources Ouvertes Numérisées. Un appel d'offres avait été lancé en 2007 par la délégation générale de l'armement avec pour objet, la conception, réalisation et évaluation d'une plate-forme dédiée au traitement des sources ouvertes pour le renseignement militaire d'intérêt stratégique.
Il s'agit en réalité de surveiller tous les réseaux avec des technologies extrêmement poussées permettant le cas échéant de surveiller en réalité tous les acteurs du Web, en dehors de tout contrôle. En effet, le système s'intéresse à tous les contenus qui transitent sur les chats IRC, les mailings liste les forums, les réseaux sociaux, les newsgroups, les flux RSS, les blogs, podcasts, et les systèmes P2P , le système peut également gérer tous les e-mails et tous les formats de telle sorte qu'il n'y a plus aucun secret de la correspondance. Les radios et télévisions sont également visées puisque quel que soit le contenu (texte , image, son et vidéos), Hérisson peut les suivre. Il peut même faire mieux. En effet il accède aux caractéristiques brutes et aux métadonnées d’une image, peut identifier une personne dans une vidéo . Il peut bien sûr reconstituer les liens cachés et prendre ainsi en compte la problématique du Web invisible.
Toutes les informations sont ensuite stockées, mises à jour, archivées et peuvent être exploitées par un moteur multicritère.
Ainsi, non seulement les messages, l'image d'une personne pourront être aisément fichée par hérisson mais encore, les liens de cette personne avec d’autres qu'elle aura ou non choisis pourront faire l'objet de toute une série d'extrapolation. Bien sûr, personne ne peut être opposée à ce que la défense nationale ne fasse évoluer ses moyens de contrôle de la sécurité nationale mais la difficulté vient précisément de ce que aucune assurance n’existe bien au contraire que cet immense instrument de contrôle ne sera pas utilisé à d'autres fins. Pensons un instant au nouveau rôle d’internet dans les campagnes politiques !
En réalité, c’est bien une société de surveillance généralisée qui se met en place. Ainsi, rappelons qu’en novembre 2008 Xavier Darcos et Valérie Pécresse avaient chacun lancé, un appel d'offre, respectivement d'un montant de 100.000 et 120.000 euros dont l'objet est «la veille de l'opinion dans les domaines de l'éducation, de l'enseignement supérieur et de la recherche». La veille devait porter sur l'Internet ainsi que sur la presse écrite, les dépêches d'agence de presse, les baromètres études et sondages
Selon le cahier des clauses particulières, il s'agissait notamment d'«anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise», d'«alerter et préconiser en conséquence» ou encore de «repérer les leaders d'opinion, les lanceurs d'alerte et analyser leur potentiel d'influence….
Le projet de loi HADOPI qui permet la riposte graduée, est contraire au demeurant à une résolution votée le 10 avril 2008 par le Parlement européen qui "invite la Commission et les États membres à éviter de prendre des mesures qui entrent en contradiction avec les libertés civiques et les droits de l'homme et avec les principes de proportionnalité, d'efficacité et de dissuasion, telles que l'interruption de l'accès à l'Internet."
Lors des Assises du numérique, le président de l'Autorité de Régulation des Mesures Techniques et probable futur président de l'Hadopi s'est dit prêt à mettre en place "un processus de traitement automatisé permettant l’envoi de 10 000 messages d’avertissements par jour". 10.000 messages par jours, ce sont 3,65 millions de messages par an.
Pour les envoyer, il faut connaître l'adresse IP de l'abonné, et demander l'adresse e-mail correspondante au FAI. Pour mettre en oeuvre la riposte, le nom de l’internaute devra être inscrit dans un registre communiqué aux fournisseurs d'accès à internet. Or par le passé, la CNIL n'a autorisé ce type de fichage qu'à la condition expresse que le nom de la personne soit retiré dès lors que le dommage qu'il a causé est réparé Or ici, le fichage reste actif pendant un an, sans que l'abonné n'ait la possibilité de mettre fin au dommage qu'il a causé par sa négligence. Pour cette raison, la CNIL a rendu un avis très réservé sur le projet Hadopi en termes d’opportunité et pour des raisons juridiques en raison de l’absence de proportionnalité entre l’atteinte à la vie privée (collecte de masse d’adresses IP, coupure de l’accès Internet) et le respect du droit de propriété (la protection des ayants droit), via une base de données personnelle monstre.
Ainsi, ce fichage des les internautes qui se met en place vient s'ajouter aux 45 fichiers déjà existants sans compter les 12 qui sont en préparation (contre 34 en 2006). Près de 8 millions de personnes sont aujourd'hui répertoriés dans les fichiers STIC et JUDEX , dont des victimes, des témoins et des personnes innocentées.
Il est clair qu'au nom de la sécurité , qu'elle soit intérieure ou extérieure, nous sommes en train d'entrer dans une société de surveillance généralisée dans laquelle non seulement les organes de contrôle, à commencer par la CNIL n’ont pas les moyens nécessaires pour remplir leur mission, mais de surcroît ne sont pas suivies quand il donne des avis négatifs et ne sont même pas consultés pour les menaces les plus graves comme le projet HERISSON.
Il ne reste plus qu’ aux citoyens de défendre leur liberté.
13:56 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : corinne lepage, edvige, herisson
20.03.2009
Corinne Lepage: M. Sarkozy au Niger fin mars avec Mme Lauvergeon (Areva)
Conférence de presse
Mardi 24 mars 2009 - 10h
Mairie du 2e arrondissement
8, rue de la Banque - PARIS
Organisée par le Réseau "Sortir du nucléaire"
avec (par ordre alphabétique)
Olivier Besancenot (NPA)
Cécile Duflot (les Verts)
Corinne Lepage (Cap21)
Jean-Luc Mélenchon (Parti de gauche)
et
Issouf Ag Maha, maire Touareg dont la commune a été... vendue à Areva
Stéphane Lhomme (Réseau "Sortir du nucléaire")
Le Réseau "Sortir du nucléaire" a invité plusieurs personnalités politiques et de la société civile à s'exprimer, lors d'une Conférence de presse, juste avant le déplacement de M. Sarkozy au Niger fin mars. A cette occasion, M. Sarkozy doit assister à la signature de la convention entre le gouvernement du Niger et le groupe Areva pour l'exploitation du gisement d'uranium d’Imouraren, au nord du Niger.
L'objectif est d'extraire environ 5000 tonnes par an, ce qui en ferait la première mine d'uranium du monde. La société Areva a annoncé la création d’une société mixte dont elle détiendra plus de 66 % du capital contre seulement 33% pour le Niger lequel reste donc sous domination néocoloniale.
D'ailleurs, sur le plan économique, le Niger reste l'un des pays les plus pauvres du monde : 45 ans d'exploitation de l'uranium par Areva (auparavant Cogéma) n'ont rien apporté de bon aux populations du Niger, en particulier aux Touaregs, habitants traditionnels des régions du Nord du Niger, qui en sont chassés au profit des activités d'Areva.
Sur le plan environnemental, l'exploitation de l'uranium cause des dommages dramatiques (contaminations, assèchement des nappes phréatiques), et met en danger la santé des mineurs et des populations locales. De plus, d'immenses quantités de co2 sont émises lors des opérations d'extraction, de transformation et de transport de l'uranium.
A ce sujet, le Réseau "Sortir du nucléaire fait la lumière sur la surprenante "route de l'uranium", lequel est transféré du Niger vers la France par camions (1600 km à travers l'Afrique), bateaux, trains, en passant par Cotonou (Bénin) puis Nantes, Narbonne, Tricastin... Notons enfin que, du fait de l'importation de l'uranium (le combustible des centrales), le nucléaire ne contribue pas à l'indépendance énergétique de la France.
14:05 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : corinne lepage, réseau sortir du nucléaire, areva, lauvergeon, sarkozy, mélenchon, dufflot, besancenot, lhomme
19.03.2009
Corinne Lepage: Vivre autrement
Notre génération a la chance historique de pouvoir changer le monde. Le voudra-t-elle ?
extrait du prochain essai de Corinne Lepage "Vivre autrement" à paraître chez Grasset le 31 mars
13:04 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : corinne lepage, vivre autrement
17.03.2009
Manifestation 19 mars
Corinne Lepage participera à la manifestation parisienne du 19 mars et vous donne rendez-vous au niveau du bar "Le Pachyderme" 2,bis Boulevard Saint Martin à 14h
18:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : corinne lepage, 19 mars
16.03.2009
Corinne Lepage: des paradis fiscaux à la lutte contre la corruption
La remise en cause du secret bancaire dans un certain nombre de pays européens est incontestablement une bonne nouvelle et un premier pas vers une remise en cause des paradis fiscaux à commencer par ceux qui ne sont pas coopératifs et à ce titre vont figurer sur une liste noire établie par l’OCDE en vue du sommet du G20 du 2 avril.
4 critères définissent les paradis fiscaux :
· Une fiscalité inexistante,
· l’accueil de non-résidents avec une simple boite aux lettres,
· Le secret bancaire absolu
· Le refus de pratiquer l’échange d’informations avec d’autres Etats
La levée du secret bancaire est donc un élément clé, mais il n’est pas le seul et le chemin vers la réduction du rôle, voire la suppression de ces paradis sera long. L’échec, ce week end des ministres des Finances à Londres le démontre, s’il en était besoin.
Les raisons en sont nombreuses, à commencer par le fait que l’économie internationale est organisée autour de ces paradis qui bénéficient en premier lieu aux pays de l’OCDE, qui font plus que les tolérer puisque pour beaucoup, ils les ont suscités. Ainsi, une enquête menée par Alternatives Economiques montre que toutes les entreprises françaises du CAC 40 sont fortement présentes dans les pays offrant des services financiers de type « paradis fiscaux ».
Avec pratiquement 1 500 filiales offshore, réparties sur près d'une trentaine de pays, des Bermudes à la Suisse en passant par Malte et Panama et... le Royaume-Uni. Les banques sont les premières utilisatrices de ces entres off shore qui permettent des opérations qui vont de l’optimisation fiscale des multinationales à la gestion discrète de patrimoines en passant par la gestion des salaires de cadres à hauts revenus. Mais elles ne sont pas les seules puisque tout le CAC 40 utiliserait ces territoires. Selon l’étude d’Alternatives économiques, à partir des données de la Cnuced, un tiers du stock d'investissements à l'étranger des multinationales se situerait dans les paradis fiscaux. Le recours à ce système mélange allégrement des intérêts commerciaux de l’entreprise et les intérêts financiers personnels de certains de leurs dirigeants, des opérations parfaitement légales et d’autre qui servent à détourner des flux de l’impôt. D’où l’absence d’empressement à supprimer ces circuits qui servent également à blanchir l’argent des opérations authentiquement mafieuses et à permettre la rétribution de la corruption.
C’est la raison pour laquelle les associations qui luttent contre la corruption au niveau international comme Transparency ou national comme Anticor font de la lutte contre les paradis fiscaux et les centres off shore une priorité
Mais, un tel objectif restera une utopie si on ne comprend pas qu’il ne s’agit que d’un élément dans un système économique mondial dans lequel la corruption et le trafic d’influence sont des éléments devenus dominants, sorte de sous produit de l’hyper-capitalisme financier qui a progressivement admis que l’économie grise envahisse la sphère de l’économie tout court. A cet égard, en 1994, le rapport d’Aubert chiffrait déjà à 10% la fraude sur les subventions européennes, dénonçait la montée en puissance de l’Europe grise qu’il décrivait comme le mélange de la corruption, les marchés ultra spéculatifs « aux régles du jeu incertaines et à l’opacité inquiétante dont la city est l’épicentre ….des réseaux de recyclage d’argent sale et de blanchiment. »
Certes, les directives anti-blanchiment sont entrées depuis en fonction, mais avec quel résultat réel ? Ainsi, d’aucuns envisagent qu’une partie des milliards versés par les contribuables européens et autres aux banques auraient pu aboutir sur les comptes off shore !Il est plus que temps qu’à l’échelon national et au niveau communautaire puisse être lancée une enquête de la nature de celle que le gouvernement islandais vient de lancer pour rechercher les fraudes éventuelles à l’origine de l’effondrement du système islandais. Ils ‘agirait de mettre en lumière les enchaînements qui ont conduit à l’effondrement bancaire en France et en Europe et de suivre précisément l’utilisation des fonds donnés ou prêtés. laquelle permettrait de connaître les mouvements .
Mais il faut aller plus loin. Lorsque l’on consulte le classement de l’indice de perception de la corruption, il apparait à l’évidence que ce sont les Etats qui ont l’éthique et les régles internes les plus rigoureuses qui sont les mieux classés et en particulier les pays du nord de l’Europe. L’aggravation du mauvais classement français , rétrogradé en 2008 du 19 éme au 23 éme rang, traduit l’accumulation de scandales politico-financiers au plus haut niveau ( UIMM, Clearstream, affaires de corruption, classement de l’affaire des frégates au nom du secret défense) et une souplesse qui se retrouve dans plusieurs Etats développés à l’égard du comportement de leurs grandes entreprises à l’exportation. Or, il existe une chaîne ininterrompue entre les plus grandes affaires de corruption et d’argent sale et les petites affaires banales de copinage et de petits arrangements entre amis, entre l’affaire Madoff et les petites combines décentralisées.
Mettre un terme aux paradis fiscaux impliquerait de vouloir en finir avec toute la chaîne de la corruption et du trafic, de la cupidité et du détournement de fonds publics. La vraie question est celle de savoir si nos gouvernements y sont prêts et à supposer qu’ils le soient –ce dont on peut douter- si l’organisation actuelle du système leur permettrait de le faire.
08:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : corinne lepage, paradis fiscaux, corruption
13.03.2009
Corinne Lepage invitée de Ripostes
Corinne Lepage invitée de Serge Moati, dimanche 15 mars de 17h à 19h dans l'émission "Ripostes"
17:56 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note | Tags : corinne lepage, ripostes
12.03.2009
Fermeture de l'usine Continental à Clairoix (Picardie, Oise) : un tsunami social

08:32 Publié dans Communiqués de presse | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : corinne lepage, olivier henno, continental, clairoix




