28.05.2009

Lepage répond à Cohn-Bendit

AFP/Le Figaro 

Corinne Lepage, tête de liste du MoDem dans le nord-ouest pour les européennes, a récusé aujourd'hui les affirmations de Daniel Cohn-Bendit, selon lequel elle n'aurait pas rejoint Europe-Ecologie parce qu'elle souhaitait être ministre.

"Je ne sais pas s'il dit cela parce que lui est frustré de ne jamais avoir été ministre, mais moi ça n'a jamais été ma règle de conduite dans la vie", a déclaré à l'AFP l'ancienne ministre de l'Environnement, qui a vu dans ces propos une "agression un peu minable".
M. Cohn-Bendit avait affirmé que Mme Lepage n'avait pas voulu rejoindre Europe-Ecologie car "elle a préféré la possibilité de devenir ministre si (François) Bayrou devient président (en 2012)".

"Quand Nicolas Sarkozy m'a demandé d'être ministre en 2007, j'ai refusé", a indiqué la vice-présidente du Mouvement Démocrate (MoDem).

Elle a expliqué avoir refusé de rejoindre Europe-Ecologie parce qu'elle jugeait que "l'attelage avec José Bové ne donnait pas une vision cohérente des solutions". "La deuxième raison, c'est que quand j'ai posé à Daniel Cohn-Bendit la question de savoir, +mais après on fait quoi?+ il m'a répondu +rien+".

Or "je suis dans une construction d'un projet à moyen et long terme, pas dans un one-shot", a-t-elle dit. "J'ai toujours dit que je souhaitais que le MoDem devienne le parti du développement soutenable, et c'est à cela que je m'accroche".

 

27.05.2009

Haut Conseil des Biotechnologies : Corinne Lepage saisit la justice

Corinne Lepage : «  POURQUOI  JE SAISIS LA JUSTICE »

En exclusivité dans le Nouvel Observateur de cette semaine, L'ex Ministre de l'environnement attaque  devant le Conseil d'Etat le décret instituant le nouvel organisme  chargé d'éclairer le gouvernement sur les choix biotechnologiques. À commencer par les OGM.  A ses yeux, l'indépendance  et la pluralité  du HCB ne sont pas garantis

Lire la suite sur Planète, le blog de Guillaume Malaurie

26.05.2009

Allègre et l'oxymore gouvernementale

logo-notr.gifExclusif Dans une tribune transmise à nouvelobs.com, la vice-présidente du MoDem et présidente de CAP21, Corinne Lepage, dénonce l'arrivée annoncée de l'ex-ministre PS au gouvernement. "Afficher Grenelle et Allègre, c’est vouloir faire coexister Tchernobyl et l’agriculture biologique", affirme-t-elle.

Lire la tribune

25.05.2009

Green Business "Chat" de 13h30 à 14 h30 avec Corinne Lepage

logo_latribune_fr.gifPosez vos questions à Corinne Lepage pour le "Chat" de La Tribune

Corinne Lepage: les nouvelles conquêtes

La question de la dépossession des peuples et des cultures est à l’ordre du jour car elle explique largement le sentiment de désespoir résigné ou de révolte qui agite aujourd’hui nombre de peuples du monde du nord comme du sud.

La dépossession est multiforme :


· Dépossession territoriale par des Etats expansionnistes comme la Corée ou la Chine, qui, désireux de mettre la main sur les matières premières et les ressources alimentaires d’une population abondante , achètent des territoires entiers comme la Corée à Madagascar ou mettent la main sur les ressources minières africaines sous la forme d’un néo colonialisme qui n’a rien à envier à celui des ancienne puissances coloniales, du reste toujours présentes.


· Dépossession économique du fait du rachat du capital de grandes entreprises par l’intermédiaire de fonds souverains ou de fonds de grandes fortunes dont les conséquences qui commencent à se faire sentir ne sont rien à côté de ce qui se prépare la sortie du bouleversement que nous vivons actuellement . Car , les projets d’acquisition se font avec des stratégies très précises , soit purement financières et spéculatives-donc très éloignées de tout projet entrepreneurial- soit de mainmise sur des secteurs industriels majeurs comme l’acier ou certaines matières premières rares . Dans les deux cas, les salariés de ces entreprises, travaillant dans les pays « conquis » c’est-à-dire sans aucun moyen d’intervention, perdent tout espoir de pouvoir être traité autrement que comme variable d’ajustement d’où les licenciements Arcelor Mital ou « Conti ». De plus, le développement des économies devient dépendant du prix et de la quantité de matières premières ou de produits indispensables à leur propre production, c’est-à-dire perdent leur sécurité d’approvisionnement. Or, ce à quoi nous assistons n’est rien au regard de ce qui vient ; la baisse de valeurs des actions, jointe à l’accumulation de capitaux dans les pays émergents va changer al donne et l’Europe risque d’être al première perdante à la sortie de la crise.


· Dépossession du capital immobilier et du capital naturel de valeur. A force de nous être réjouis de voir notre patrimoine immobilier racheté comme  nos forêts, la structure même de l’aménagement du territoire change puisque la vocation des espaces acquis est le statu quo , ce qui est sans doute un bien en terme de protection des immeubles mais un risque en terme de déprise agricole et de développement rural. De plus, les joyaux que sont nos grands hôtels , le plus beaux immeuble parisiens ou provinciaux, les immeubles de l’Etat eux même sont vendus ouvrant la voie à des transformations qui , sur le plan symbolique comme sur le plan esthétique peuvent être problématiques.


· Dépossession du capital naturel nécessaire à la vie : de la privatisation de l’eau à l’artificialisation de la nature, des brevets sur le vivant à la monopolisation rampante des semences, c’est progressivement la faculté de vivre tout simplement qui nous est retirée.


· Dépossession de nos valeurs européennes humanistes et démocratiques. Au nom d’une concurrence qui emporte tout sur son passage, l’idéal de progrès social s’est effacé au profit (c’est le cas de l’écrire) d’un accroissement de compétitivité impossible à atteindre si ce n’est par un nivellement par le bas. L’idéal du coolie indien ou du salarié chinois qui permet à leur pays de progresser dans la voie de la compétition entre Etats, en réalité d’accroître les bénéfices des sociétés expatriées en deviendrait presque un !

Ces dépossessions à répétition traduisent en réalité une perte de pouvoir à tous les niveaux :


· Perte de pouvoirs des Etats, y compris de l’Europe devenus incapables d’assurer le progrès social et plus encore de mener de véritables stratégies face aux menaces planétaires


· Perte de pouvoir des individus sur leur propre avenir et sur leur propre vie puisque leur qualité de citoyen semble ne plus leur permettre de faire des choix réels par l’intermédiare de leurs gouvernants.


· Risque croissant de repli sur soi, de xénophobie et de violence du à une frustration, une angoisse et une désespérance croissante. Ce risque est d‘autant plus grand que Paul Virilio, avec justesse, analyse la situation comme celle « d’un exurbansime omnipolitain en attendant l’exode colonial vers l’outre-monde » ….qui  pourrait conduire à une guerre du tous contre tous

 

Face à une  telle situation, que faire ?

· L’Europe est le bon niveau de réponse à la condition de s’engager dans une voie différente de celle de l’hyper libéralisme qui nous a été servi notamment par la dernière commission. De nouvelles règle du jeu  doivent permettre de protéger l’acquis européen tout en répondant au besoin urgent de développement de l’Afrique. Certains secteurs, lorsqu’il en est encore temps doivent pouvoir faire l’objet de protection nationale et/ou communautaire. Dans tous les cas, le droit communautaire doit permettre aux Etats d’intervenir pour garder un capital national ou communautaire dans les  secteurs stratégiques ; les libéralisations des secteurs d‘intérêt général doivent cesser et le service d’intérêt général enfin être reconnu et défendu au niveau communautaire. Un droit de préemption doit être reconnu au niveau communautaire permettant aux Etats, aux collectivités publiques mais sans doute aussi à certaines formes de sociétés coopératives et au secteur de l’économie sociale et solidaire de s’opposer aux cessions de sites ou d’entreprises pour garder une économie locale. La fiscalité de l’actionnariat doit être repensée pour dissuader le opérations d’acquisition spéculatives par une fiscalité différenciée entre actionnaires stables et de passage et des droits e vote différents ans les conseils d’administration. La présence obligatoire de représentants de salariés et des actionnaires minoritaires doit être mise en place et des comités d’entreprise européens institutionnalisés.


· Les biens publics y compris le vivant doivent être exclus de toute appropriation privée et revenir dans la sphère publique. Le fait que l’Europe décide de procéder à une telle révolution conduirait immanquablement les autres à en faire autant et ce d’autant plus que le phénomène de rareté aidant, la revendication à pouvoir simplement vivre ne va cesser de croître. Entre une immigration massive et incontrôlable et une révolution déchirante des fondements de l’hyperlibéralisme, le choix devra se faire inévitablement.


· Ceci conduit donc à une réflexion sur la réappropriation du territoire et du local face à la globalisation. Le territoire doit redevenir la première brique du développement et donc d’une évolution soutenable et non le réceptacle de choix faits ailleurs. La décentralisation énergétique et le développement d’une économie qui y est associée, la priorité donnée à la proximité et au développement de l’économie numérique. L’application de la subsidiarité voulue par les Pères fondateurs de l’Europe à tous les niveaux, constituent autant de pistes de réponses auxquelles doit s’associer une démocratie rénovée.


· Au niveau international, seule une gouvernance mondiale peut mettre en place des règle assurant la souveraineté réelle de sénats notamment en protégeant le plus faibles et en luttant contre des dictatures qui pour des pots de vins ou/et le soutien à leur régime bradent les territoires et les populations qui vont avec.


· Il est plus que temps de se poser les bonnes questions pour essayer de trouver les bonnes réponses. Comme le propose Paul Virilio, investir dans le bien vivre ici plutôt que le mieux vivre ailleurs.


Chacun y gagnera et peut être l’Humanité aura-t-elle l’espoir de connaître un vingt deuxième siècle.

 

 

18.05.2009

Corinne Lepage: la révolution néoconservatrice à la française

La volonté réaffirmée de maintenir le cap des réformes dites libérales procède d’un double erreur, globale et nationale.


· D’une part, l’erreur de croire que ce serait les réformes engagées depuis deux ans qui permettraient à la France de subir moins brutalement que les autres pays industrialisés et notamment européens les effets de la crise actuelle. C’est évidemment faux. D’une part, en réalité, peu de réformes profondes ont été engagée si ce n’est celle de la réforme des heures supplémentaires et du temps de travail qui en réalité aggrave le chômage, conduisant les entreprises à augmenter les heures supplémentaires plutôt qu’à embaucher, si elles sont, ce qui est rare aujourd’hui, un surcroît de travail. D’autre part, c’est précisément le modèle social français, c’est-à-dire ce que le gouvernement n’est pas arrivé à détruire – qui a permis ce résultat. En effet, le système de protection sociale fonctionne encore, le poids de la fonction publique est important , enfin, le taux d’endettement est très inférieur à celui des pays anglo-saxons.

 Dès lors, même si le surendettement des ménages a considérablement augmenté , il n’atteint pas et de loin les proportions de  l’endettement américain  d’où une consommation  moins réduite même si le niveau moyen des salaires en France est désormais en dessous de la moyenne européenne. En conséquence, non seulement ce ne sont pas lés réformes récentes qui expliquent la meilleure résistance française, mais encore c’est précisément le modèle auquel elles prétendaient s’attaquer qui l’ont permise.


· D’autre part, il est pour le moins paradoxal, voire insane de vouloir choisir un modèle au moment même où ceux qui ont  fait ce choix, décident d’en sortir. En effet comment imaginer vouloir réduire le poids de l’Etat, accroitre le modèle inégalitaire et libéraliser au moment où le système financier a du faire appel aux Etats pour ne pas sombrer, où les mouvements sociaux réclamant une meilleure répartition de la richesses se multiplient et où l’incapacité du marché à s’auto-organiser a été démontrée. Non seulement nous avons une  guerre de retard, mais de surcroît risquons une fois encore d’agir à contretemps nous privant ainsi des avantages et de l’avance que nous donnent notre système.

 En particulier, le dogme du bouclier fiscal et d’une politique volontairement inégalitaire (en particulier en refusant de s’attaquer à la question des suppléments de rémunération des dirigeants) est doublement suicidaire pour notre économie et au-delà notre système social.
- d’une part, le renforcement du pouvoir d’achat des classes moyennes est indispensable si l’objectif est de maintenir un niveau de consommation, ce qui ne dispense évidemment pas d’orienter cette consommation vers une économie soutenable. C’est un débat essentiel mais complémentaire du présent propos. En effet à partir du moment où la substitution du crédit à l’augmentation des salaires fait partie du passé, seule la réduction des inégalités peut asseoir le développement. P.Artus évalue à 3% le niveau de dépenses des ménages en France contre 9% en Grande Bretagne, 5,7% aux Etats-Unis et 10% en Espagne. Nous avons donc un atout majeur qui doit être renforcé et non détruit.


- D’autre part, cette politique, qui tourne le dos à notre pacte commun, attise la violence et la frustration à u n moment où la solidarité devrait précisément progresser.

Enfin cette libéralisation dogmatique est à géométrie extrêmement variable. Elle n’exclut pas les aides aux grands de l’automobile mais oublie les aides aux sous traitants (moins de 5% de l’enveloppe), elle finance le nucléaire mais n’investit quasiment pas dans les renouvelables et l’efficacité énergétique. Elle sauve les banques sans contrepartie, joue au mécano structurel des établissements sans oublier de nommer les responsables qui devraient l’être par les établissements eux même, mais s’attaque à l’université et demain à la santé et  s’arrange pour supprimer les règles de concurrence dans les marchés publics, dans la limite extrême de ce que tolère les seuils européens.

 
En réalité, la révolution néoconservatrice à la française ne consiste t’elle pas à conforter dans notre pays les facteurs qui ont précisément eu les conséquences les plus tragiques pour les nations qui y ont été les plus exposées en refusant de surcroit d’investir dans les secteurs qui sont les plus porteurs pour sortir des crises : les hommes (éducation et santé) et l’économie verte.


Sommes nous vraiment condamnés à subir des erreurs historiques à répétition ?

 

11.05.2009

Corinne Lepage: les pigeons

Les citoyens français sont-ils indéfiniment condamnés à payer pour permettre à la corruption  et le trafic d’influence ?


Au regard de la condamnation très probable de la France, c’est-à-dire du contribuable français à la bagatelle de 1,5Md d’euros, par le tribunal arbitral, qui oppose Thomson à Taïwan  , la réponse à la question est positive.
Cette situation est d’autant plus insupportable qu’elle résulte de choix délibérés de gouvernements successifs PS et UMP (ou RPR) de faire payer cette somme par le Trésor public plutôt que de laisser trouver les bénéficiaires des rétro-commissions dont deux ministres au moins ont admis l’existence.


Comment en arrive t’on à faire payer par le contribuable une pénalité à laquelle se trouve condamnée une entreprise française, appuyée sur une direction de l’Etat, qui pour obtenir un marché ,a payé des pots de vins divers et variés alors même que le marché en question excluait le versement de commissions ? En effet, les termes du marché sont sans équivoque. L'article 18 du contrat Bravo interdit toute commission et tout recours à un intermédiaire, sans quoi la partie fautive aura à rembourser l'équivalent du pot-de-vin versé. Or, des commissions  auraient été versées en marge de la vente par Thomson, devenue Thales , de six frégates Lafayette pour 16,4 milliards de francs (soit 2,5 milliards d'euros)


· Tout d’abord , en faisant avaliser par le ministre des finances le versement de ces commissions, ce qu’il a reconnu et ce qui était alors une pratique courante aujourd’hui interdite, et en faisant supporter par la COFACE, c'est-à-dire par l’Etat, les risques inhérents au contrat. À ceci près que dans le cas de l’espèce, dans la mesure où le contrat excluait le versement de commissions, le risque juridique était immense et pris en connaissance de cause , ce qui signifie que dans l'intérêt d'une entreprise privée, c’est la collectivité qui a pris le risque financier.


· En second lieu, en acceptant dans une histoire rocambolesque et tragique parfaitement décrite par Thierry Jean-Pierre , dans son dernier ouvrage, que soient versées des rétrocommissions  à des citoyens français et taïwanais. Histoire rocambolesque puisqu'elle mêle les affaires Elf et clearstram, les services secrets et des intermédiaires dignes des romans de Hadley Chase. Tragiques car pas moins de 5 décès suspects sont liés à cette affaire. Quoiqu’il en soit, il semblerait en effet que la DCN ait, en  1994, crée , par l’intermédiaire de DCN International  une off-shore au Luxembourg. Cette société fiduciaire, Heine S.A., aurait eu pour but de « gérer des contrats d'ingéniérie commerciale ».Elle  aurait   en six ans, déclaré un chiffre d'affaires de 77 millions d'euros. Ainsi, les gouvernements successifs ont clairement couvert ce montage.


· En  troisième lieu, en empêchant  clairement de la justice de faire son travail . En effet, Eva Joly, saisie du dossier Elf, a très clairement évité d'instruire cette partie du dossier. Les juges Van Ruymbeke et  de Talancé (pour une période) en seront chargés, et mis dans l'impossibilité de mener à bien leur mission. En effet, pour pouvoir instruire sur les rétrocommissions, encore faut-il disposer des documents permettant de les établir. Ces documents existent en sont assez simples à trouver. Il s’agit  des Déclarations annuelles de salaires (volet 2), remises une fois par an à la direction des douanes, par les entreprises qui versent des commissions à des intermédiaires étrangers et sont autorisés par le ministère des Finances  à ne pas payer d'impôts sur ces sommes. Ces documents comprennent le nom du contrat, l'identité du bénéficiaire et le montant de la commission. Par trois fois, les juges saisis ont demandé la production de ces document . Par trois fois, le secret défense leur a été opposé , par les gouvernements de droite comme de gauche. De plus, comme par hasard, le juge Van Ruymbeke a fait l'objet d'une procédure disciplinaire liée à l’affaire Clearstream . En toute hypothèse, n’ayant pas les documents, le juge ne pouvait conclure qu’à un non-lieu. Dès lors, délibérément, en opposant le secret défense, les ministres des finances qui l'ont fait savaient que la France aurait à payer une amende colossale.


En effet, en 2001, débutait en  Suisse un arbitrage commercial entre la France et Taïwan précisément sur la base de l'article 18 du contrat Bravo. La procédure pénale avait ouvert une possibilité de faire payer par les bénéficiaires des commissions la pénalité, ce qui était bien le moindre. L'ordonnance de non-lieu permet donc au gouvernement de Taïwan  d’obtenir  le remboursement des commissions. Ainsi, le choix politique a été de préférer couvrir les heureux bénéficiaires des commissions et rétrocommissions  plutôt que de réduire la charge financière pour l’Etat
Quelles conclusions tirer de cette triste affaire ?
Tout d’abord, que dans notre pays, la justice ne fonctionne pas grâce aux mesures d’intimidation et au secret défense dont l’étendue ne cesse de croître.


Ensuite, que la corruption est clairement admise par la classe politique puisqu’elle préfère ne pas poursuivre la corruption plutôt que réduire la charge publique


Enfin, que notre pays est probablement l’un des seuls dans les pays développés où des mœurs aussi bananières sont admises sans qu’il y ait la moindre protestation même en temps de crise. Alors pourquoi se priver ? tant que nous vivrons dans un pays où l’irresponsabilité  pour les décisions les plus graves est la règle, nous serons  condamnés au statut de pigeon.

 

 

04.05.2009

Corinne Lepage: Vraies et fausses questions sur la grippe mexicaine

Avec l’annonce d’une possible pandémie, les théories du complot ont retrouvé comme aux plus belles heures du 11 septembre , un terreau fertile. Cette recrudescence est rendue possible par le fait que les vraies questions ne semblent pas posées et que l’alarmisme de l’OMS, soutenu par la plupart des gouvernements du monde apparaît incompréhensible pour les raisons qui sont avancées, alors qu’il l’est peut-être pour des raisons plus profondes qui ne sont pas exprimées.


Revenons sur la question première et sans doute, la plus importante pour le futur, celle de la cause initiale.


Comme le note , Michael Le Page, dans un article paru dans New Scientist, le nouveau virus est  un mixte de 4 virus : virus  porcin nord américain, virus aviaire nord américain, virus humain H1N1 et virus porcin existant en Asie et en Europe . Sans doute, est-il rare d’être infecté par deux virus en même temps et encore plus rare que ces virus viennent d’autres espèces. Mais cela peut se produire, notamment chez les porcs, qui peuvent réunir virus aviaires et humains . La recombinaison répétée peut produire des mélanges de la nature de ceux qui sont aujourd’hui observés. Il existe, du reste, des précédents de recombinaison  de virus humains et aviaires en Italie dans les années 80 et un virus H1N2 a été trouvé en Grande Bretagne dans les années 90 .


Dès lors, cet article n’exclut pas compte tenu de l'ignorance globale à l'égard de ce virus et de sa capacité de  se propager d’homme à homme qu’il ait pu être crée à  l'issue d’une erreur de manipulation dans un laboratoire de recherche ou de fabrication d’un vaccin. Mais, l’explication la plus plausible est que ce "monstre" viral soit le produit de puis longtemps prédit de notre mode de production.
Le vrai sujet conclut l’article est notre mode de production et non un complot de laboratoire pour créer une pandémie. 

 
De fait, 6, 5 milliards de personne sur la planète, 1 milliard de cochons et 70 milliards de poulets  constituent un paradis à virus.
Parce que les élevages fortement concentrés ont tendance à rassembler d’importants groupes d’animaux sur une surface réduite, ils facilitent la transmission et le mélange des virus», expliquaient des scientifiques de l’agence nationale des instituts de santé publique américaine (NIH).Trois ans plus tôt, Science Magazine  avait souligné le risque des élevages industriels et des vaccins comme accélérateurs du rythme d’évolution de la grippe porcine. Mais il n’existe toujours aucun contrôle , pas  système national officiel de surveillance pour déterminer quels sont les virus les plus répandus dans la population porcine américaine.


Dans l’affaire de la grippe mexicaine, tout semble avoir commencé avec une étrange maladie respiratoire qui  a sévèrement affecté  la communauté villageoise de La Gloria dans l’Etat de Veracruz ces derniers mois, à la suite de la pollution provoquée par la grande ferme porcine récemment installée  par Granja Carroll, une filiale de la société américaine Smithfield Foods, le plus grand producteur de porc mondial. Fin 2008, une enquête était enfin diligentée révélant que plus de 60% de cette communauté de 3 000 personnes souffraient d’une maladie respiratoire, mais le nom de la maladie n’a pas été officiellement confirmé. Avec 3 semaines de retard et après l’annonce officielle de la grippe , on apprendra  que le premier cas de grippe porcine diagnostiqué dans le pays avait été le 2 avril 2009 celui d’un petit garçon de 4 ans appartenant à la communauté de La Gloria. Le test confirmera qu’il s’agissait bien de grippe porcine. Or, dès le début du mois d’avril,  une société américaine privée d’évaluation des risques, Veratect, avait,  prévenu les responsables régionaux de l’OMS de la situation de La Gloria. De plus, indépendamment d’ une épidémie de grippe aviaire apparue en septembre 2008 parmi les volailles de la région, dont le caractère peu pathogène a été affirmé,  une autre épidémie de grippe aviaire s’est produite à environ 50 kilomètres de La Gloria, dans un élevage industriel appartenant à Granjas Bachoco, la plus grande entreprise de volailles du Mexique. Elle a été cachée pour ne pas nuire aux exportations mexicaines.


Telle est, semble t’il l’historique de cette épidémie.
C’est dans ce contexte qu’il faut analyser la réponse internationale au problème ; il est évident que tout doit être fait pour éviter une pandémie.
Cependant plusieurs questions méritent d’être posées, dans le domaine de la gestion sanitaire et médiatique de cette pandémie possible ?
 
 
· Dans le domaine sanitaire
 
- tout d’abord, le recours aux médicaments est évidemment une bonne nouvelle pour les laboratoires qui les produisent. Mais, en ce qui concerne leur utilisation, le nombre sera-t-il suffisant en cas de pandémie pour soigner le nord et le sud ?


- L’annonce de vaccins possible pose la même question avec un point supplémentaire. Les vaccins ne peuvent être qu’une réponse   partielle dans la mesure où d’une part il ne donne pas une protection à 100 % et d'autre part, si les vaccinations sont dispersées, elles peuvent créer une explosion virale qui resterait invisible   Des vaccins inefficients de plus,  pourraient entraîner  une évolution qui supprime l’immunité du vaccin. Le remède pourrait être pire que le mal, si le vaccin n’est pas utilisé de manière équivalente sur la surface de la planète.
 
· Dans le domaine de la communication


- alors qu’en réalité, ce virus ne parait, pour le moment, guère être plus dangereux que la grippe « normale » qui tue entre 300 et 500 000 personnes par an, faut-il être aussi alarmiste ?


- cet alarmisme ne vient –il pas en réalité de l’ignorance dans laquelle se trouve la communauté scientifique de la mutation potentielle de ce virus et dans ce cas, ne faudrait-il pas l’expliquer plutôt que de créer une psychose ?


-Cette psychose que l’on voit se développer notamment aux Etats-Unis avec une note du Trésor américain  évaluant à 1,5% la perte de PIB due à un scénario catastrophe entraînant durant 8 semaines d’inactivité partielle, et par exemple le couvre feu du fait de la baisse de policiers ou le ralentissement d’internet est elle justifiée ?


- La communication mondiale n’a-t-elle pas, a minima , aussi comme objectif de réduire doublement l’impact médiatique de la crise économique, d’une part, en attirant l’attention sur un autre fléau qui pourrait être vital , d’autre part, en imputant à la crise sanitaire à venir une partie des effets de la crise économique actuelle ?


-et surtout, en mondialisant la communication sur la « prévention » de nature « antiseptique », on occulte complètement le vrai débat sur les causes de cette pandémie possible. On ne prévient pas , on limite les risques de propagation sans s’attaquer aux causes. Or, les mêmes causes produisant les mêmes effets , il va de soi que le maintien d’une production industrielle ne peut que multiplier les catastrophes, réduire l’impact des antibiothérapies et augmenter les menaces pandémiques en tous genres.


-enfin, la question de santé publique doit être posée sérieusement. Les menaces pour la sécurité des consommateurs qui font partie intégrante de notre système alimentaire industriel sont exacerbées sont démultipliées par l’irresponsabilité généralisée et par une tendance générale à privatiser complètement les soins de santé, ce qui a réduit à néant la capacité des systèmes publics à apporter des réponses adéquates en cas de crise,  Le fait que la surveillance des épidémies soit confiée à des sociétés privées, que les gouvernements et les agences des Nations Unies cachent des informations essentielles dans un but économique, que la véritable sécurité alimentaire ne soit pas assurée à la base, n’est plus acceptable. Il est grand temps de savoir ce qui s’est passé et d’en tirer toutes les conséquences


Peut-être que le jour où l’Humanité acceptera de poser les bonnes questions, elle sera en capacité d’apporter les bonnes réponses,

Tribune du lundi 4 mai

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